{"id":117817,"date":"2013-05-14T13:01:55","date_gmt":"2013-05-14T19:01:55","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=117817"},"modified":"2014-09-20T02:46:25","modified_gmt":"2014-09-20T05:46:25","slug":"memoires-dorigine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/memoires-dorigine\/","title":{"rendered":"M\u00e9moires d\u2019origine"},"content":{"rendered":"<p><em>Publi\u00e9 en f\u00e9vrier 2011<\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-117821\" alt=\"\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/art4352img1.jpg\" width=\"580\" height=\"273\" srcset=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/art4352img1.jpg 580w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/art4352img1-300x141.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><span class=\"media-credits-inline\">J. ZBAEREN\/EURELIOS \/ SCIENCE PHOTO LIBRARY<\/span>Les cellules ont une m\u00e9moire. Toutes n\u2019ont pas cette possibilit\u00e9, mais certaines parviennent \u00e0 indiquer quelques temps plus tard les conditions de l\u2019organisme et de l\u2019environnement dans lequel elles ont \u00e9t\u00e9 extraites. Cette capacit\u00e9 de retenir et de transmettre des informations aux descendants n\u2019a pas \u00e9t\u00e9, comme on pouvait l\u2019attendre, observ\u00e9e sur les neurones qui sont les cellules c\u00e9r\u00e9brales qui transportent les informations sous la forme de signaux \u00e9lectriques d\u2019un point \u00e0 l\u2019autre de l\u2019organisme et qui les stockent dans le cerveau. L\u2019\u00e9quipe de la pharmacologue Regina Pekelmann Markus a identifi\u00e9 cette m\u00e9moire cellulaire dans l\u2019endoth\u00e8le, couche de cellules qui rev\u00eat l\u2019int\u00e9rieur des vaisseaux sanguins.<\/p>\n<p>Ce type de m\u00e9moire, observ\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent sur des souris et d\u00e9crit dans un article du mois de novembre de la revue PLoS ONE, devrait susciter un int\u00e9r\u00eat m\u00e9dical car il pourrait avoir une influence sur les greffes d\u2019organes et le d\u00e9veloppement de tissus rempla\u00e7ant les originaux. \u00abSi ces d\u00e9couvertes se confirment sur l\u2019\u00eatre humain, il faudra dor\u00e9navant pr\u00eater attention \u00e0 la m\u00e9moire cellulaire afin d\u2019obtenir des cultures de tissus plus homog\u00e8nes et r\u00e9duire ainsi le risque de rejet lors de greffes\u00bb, d\u00e9clare la chercheuse de l\u2019universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo (USP).<\/p>\n<p>La m\u00e9moire cellulaire a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte de mani\u00e8re inattendue dans le laboratoire de Chronopharmacologie de l\u2019Institut de Biosciences (IB) de l\u2019USP. L\u2019\u00e9quipe de Regina cultivait dans des r\u00e9cipients d\u2019acrylique des cellules endothales de souris saines et d\u2019animaux soumis \u00e0 un test qui simule une inflammation aigu\u00eb, d\u00e9clench\u00e9e par l\u2019injection de mol\u00e9cules (lipopolysaccharides (LPS)) de la paroi cellulaire des bact\u00e9ries. Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre reproduites in vitro durant trois semaines, les cellules descendantes de celles extraites se comportaient encore comme leurs a\u00efeules.<\/p>\n<p>Les cellules extraites d\u2019un rongeur atteint d\u2019inflammation, reproduisaient les processus physiologiques qui se d\u00e9roulent dans l\u2019endoth\u00e8le d\u2019une r\u00e9gion endommag\u00e9e, en attirant et en retenant les cellules de d\u00e9fense (principalement les neutrophiles, qui sont les plus abondantes dans l\u2019organisme) et les premi\u00e8res \u00e0 arriver dans la r\u00e9gion enflamm\u00e9e, alors que les cellules endoth\u00e9liales descendantes de celles extraites des souris sans inflammation agissaient comme si elles se trouvaient dans un environnement sain.<\/p>\n<p>Si ce ph\u00e9nom\u00e8ne se produit chez les souris, mod\u00e8le exp\u00e9rimental utilis\u00e9 pour \u00e9tudier diff\u00e9rentes maladies, il est possible qu\u2019il se manifeste \u00e9galement chez l\u2019\u00eatre humain car la physiologie et la structure des organes des tissus humains et des murins sont tr\u00e8s similaires. Si cela se v\u00e9rifie chez l\u2019\u00eatre humain, cette m\u00e9moire peut expliquer, du moins en partie, le rejet apr\u00e8s les greffes. En effet, aussit\u00f4t apr\u00e8s un infarctus, par exemple, les cellules de l\u2019endoth\u00e8le produisent et pr\u00e9sentent sur leur superficie des mol\u00e9cules qui attirent les neutrophiles. Ces derniers, qui sont normalement transport\u00e9s \u00e0 grande vitesse par le courant sanguin, adh\u00e8rent aux cellules endoth\u00e9liales qui les freinent jusqu\u2019\u00e0 les arr\u00eater.<\/p>\n<p>Les neutrophiles se pressent ensuite entre les cellules de l\u2019endoth\u00e8le, traversent le vaisseau sanguin et se d\u00e9placent entre les tissus jusqu\u2019\u00e0 atteindre les cellules endommag\u00e9es. Ce processus, le m\u00eame qui se produit lors d\u2019une infection par bact\u00e9ries, provoque des enflures, une augmentation de la temp\u00e9rature et une douleur localis\u00e9e. Selon Regina, il laisse \u00e9galement une cicatrice mol\u00e9culaire dans l\u2019organisme. Il est donc possible qu\u2019un rein retir\u00e9 d\u2019une personne ayant eu un infarctus porte dans ses cellules la m\u00e9moire de ce cadre inflammatoire augmentant ainsi le risque de rejet. \u00abCe concept est important et peut, en principe, influencer le r\u00e9sultat de greffes, mais il n\u2019est pas encore possible de le savoir\u00bb, commente l\u2019immunologiste Mauro Teixeira, de l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de Minas G\u00e9rais.<\/p>\n<p>Salvatore Cuzzocrea, chercheur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Messine, en Italie, et sp\u00e9cialiste en inflammation, rajoute; \u00abl\u2019id\u00e9e de contr\u00f4ler l\u2019\u00e9tat d\u2019activation des cellules du donneur semble un bon d\u00e9part pour r\u00e9duire le risque de rejet. Nous ne devons pas oublier que les dommages provoqu\u00e9s dans l\u2019endoth\u00e8le sont les principales causes d\u2019\u00e9chec des greffes\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019hypoth\u00e8se que des cellules puissent conserver la m\u00e9moire d\u2019un \u00e9tat donn\u00e9 durant de longues p\u00e9riodes est apparue en 2008. Le biologiste Eduardo Tamura qui \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e9tait doctorant, travaillait dans le laboratoire de Regina sur une standardisation de tests inflammatoires et cherchait \u00e0 savoir si la production d\u2019un compos\u00e9 synth\u00e9tis\u00e9 par les cellules de l\u2019endoth\u00e8le durant l\u2019inflammation (l\u2019oxyde nitrique (NO)), qui permet aux vaisseaux sanguins de relaxer en augmentant le flux de sang dans la r\u00e9gion endommag\u00e9e, variait au cours de la journ\u00e9e. Des ann\u00e9es auparavant, Regina et la pharmacologue Cristiane Lopes avaient d\u00e9montr\u00e9 que l\u2019intensit\u00e9 de l\u2019inflammation oscillait en cycles de 24 heures, \u00e9tant plus forte le jour et plus suave la nuit. L\u2019oscillation est contr\u00f4l\u00e9e par l\u2019hormone m\u00e9latonine dont la production augmente apr\u00e8s le coucher du soleil. La m\u00e9latonine, synth\u00e9tis\u00e9e par la glande pin\u00e9ale (situ\u00e9e \u00e0 la base du cerveau), indique \u00e0 l\u2019organisme qu\u2019il fait sombre et que ses cellules doivent ex\u00e9cuter les t\u00e2ches qu\u2019elles r\u00e9alisent normalement de nuit.<\/p>\n<p>La physiologiste Celina Lotufo, chercheuse \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale d\u2019Uberl\u00e2ndia et ancienne \u00e9l\u00e8ve de Regina, a constat\u00e9 que la m\u00e9latonine inhibe l\u2019inflammation en agissant sur l\u2019endoth\u00e8le. Elle emp\u00eache les neutrophiles d\u2019adh\u00e9rer aux cellules endoth\u00e9liales et de d\u00e9clencher la r\u00e9ponse inflammatoire. Mais il fallait encore d\u00e9tailler cette interaction d\u2019un point de vue biochimique. Eduardo Tamura a d\u00e9couvert que la m\u00e9latonine bloquait la production d\u2019oxyde nitrique en r\u00e9duisant la relaxation des vaisseaux sanguins et l\u2019arriv\u00e9e du sang et des neutrophiles jusqu\u2019\u00e0 la r\u00e9gion endommag\u00e9e.<\/p>\n<p>En 2008, \u00e0 cause d\u2019un cours d\u2019hiver offert par le D\u00e9partement de Physiologie de l\u2019IB, Eduardo Tamura a d\u00fb changer l\u2019horaire durant lequel il pr\u00e9parait les rongeurs pour ses exp\u00e9riences et a \u00e9t\u00e9 surpris par le r\u00e9sultat obtenu. Au lieu d\u2019injecter le compos\u00e9 inflammatoire au cours de la journ\u00e9e il s\u2019est mis \u00e0 le faire \u00e9galement la nuit. En comparant les r\u00e9ponses inflammatoires, il a d\u00e9couvert que les animaux qui recevaient des lipopolysaccharides la nuit produisaient moins d\u2019oxyde nitrique, signe d\u2019inflammation moins intense. L\u2019effet anti-inflammatoire observ\u00e9 r\u00e9sultait de l\u2019action de la m\u00e9latonine qui r\u00e9duit l\u2019oxyde nitrique produit par les neutrophiles et par les cellules endoth\u00e9liales.<\/p>\n<p>En cultivant des cellules de l\u2019endoth\u00e8le durant des p\u00e9riodes plus longues, Eduardo Tamura et les biologistes Marina Mar\u00e7ola et Pedro Fernandes ont d\u00e9couvert qu\u2019elles stockaient pendant environ 18 jours la m\u00e9moire de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 des souris. Les cellules retir\u00e9es des rongeurs atteints d\u2019inflammation se comportaient encore comme si elles vivaient encore dans un organisme enflamm\u00e9.<\/p>\n<p>Cette m\u00e9moire a \u00e9t\u00e9 effac\u00e9e par la m\u00e9latonine dans certains cas. \u00abCe type de m\u00e9moire n\u2019a pas eu lieu quand la substance a \u00e9t\u00e9 administr\u00e9e \u00e0 l\u2019animal avant de stimuler l\u2019inflammation,\u00bb d\u00e9clare Regina. \u00abMais nous ignorons encore si l\u2019action de cette hormone sur les cellules endoth\u00e9liales est directe ou indirecte, ni s\u2019il est possible d\u2019inverser la m\u00e9moire de l\u2019inflammation in vitro\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Les projets<\/strong><br \/>\n1. Glande pin\u00e9ale et m\u00e9latonine \u2013 m\u00e9canisme de temporisation des r\u00e9ponses neurales et des processus inflammatoires\u2013 n\u00ba 2002\/02957-6 2. Axe immuno-pin\u00e9al: production endocrine et paracrine de m\u00e9latonine en conditions pr\u00e9judiciables \u2013 n\u00ba 2007\/07871-6 <strong>Modalit\u00e9<\/strong> 1 et 2. Projet Th\u00e9matique <strong>Coordonatrice<\/strong> 1 et 2. Regina Pekelmann Markus \u2013 IB\/USP <strong>Investissement<\/strong>523.465,57 r\u00e9aux (FAPESP) 932.222,87 r\u00e9aux (FAPESP)<\/p>\n<p><em>Article scientifique<\/em><br \/>\nTAMURA, E. K. et al. Long-lasting priming of endothelial cells by plasma melatonin levels. <strong>PLoS ONE<\/strong>. v. 5(11). 12 nov. 2010.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"M\u00e9moires d\u2019origine","protected":false},"author":16,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1183],"tags":[],"coauthors":[5968],"class_list":["post-117817","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-strategies-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/117817","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=117817"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/117817\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=117817"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=117817"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=117817"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=117817"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}