{"id":118079,"date":"2013-05-15T16:40:14","date_gmt":"2013-05-15T19:40:14","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=118079"},"modified":"2013-05-15T16:52:44","modified_gmt":"2013-05-15T19:52:44","slug":"des-documents-qui-valent-de-lor","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/des-documents-qui-valent-de-lor\/","title":{"rendered":"Des documents qui valent de l\u2019or"},"content":{"rendered":"<p><em>Publi\u00e9 en avril 2011<\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_118087\" style=\"max-width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-118087\" alt=\"Peinture de Jan van der Straet de 1570, repr\u00e9sentant un alchimiste dans son laboratoire\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/art4405img1.jpg\" width=\"290\" height=\"389\" srcset=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/art4405img1.jpg 290w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/art4405img1-223x300.jpg 223w\" sizes=\"auto, (max-width: 290px) 100vw, 290px\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">Alchemist \/ Etching, 1625 \/ Album \/ akg-images \/ Latinstock<\/span>Peinture de Jan van der Straet de 1570, repr\u00e9sentant un alchimiste dans son laboratoire<span class=\"media-credits\">Alchemist \/ Etching, 1625 \/ Album \/ akg-images \/ Latinstock<\/span><\/p><\/div>\n<p>C\u2019est en prenant au pied de la lettre la devise de la Royal Society, Nullius in verba (\u00ab ne croire personne sur parole \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il est essentiel de \u00ab mettre la main \u00e0 la p\u00e2te \u00bb en science) que les chercheuses Ana Maria Alfonso-Goldfarb et M\u00e1rcia Ferraz, du Centre Sim\u00e3o Mathias d\u2019\u00c9tudes en Histoire de la Science (Cesima) de l\u2019Universit\u00e9 Catholique Pontificale de S\u00e3o Paulo (PUC-SP), ont fait une d\u00e9couverte surprenante en 2008. Apr\u00e8s avoir \u00e9pluch\u00e9 des montagnes de documents de l&#8217;institution anglaise, elles ont trouv\u00e9 la \u00ab recette \u00bb de l\u2019alkahest, un pr\u00e9tendu \u00ab dissolvant universel \u00bb alchimique qui pourrait dissoudre toute substance en la r\u00e9duisant \u00e0 ses composants primaires. Il manquait cependant quelques \u00e9l\u00e9ments pour \u00ab clore le dossier \u00bb, et plus particuli\u00e8rement le nom de l&#8217;auteur de la copie de la recette retrouv\u00e9e. En se replongeant dans les archives, les chercheuses ont finalement mis fin \u00e0 un myst\u00e8re pour en r\u00e9v\u00e9ler un autre, encore plus \u00e9tonnant : la d\u00e9couverte d&#8217;une recette de la fameuse pierre philosophale qui, selon la croyance, transmuterait des m\u00e9taux \u00ab vils \u00bb en or.<\/p>\n<p>Ana Maria Alfonso-Goldfarb d\u00e9clare : \u00ab Ce fut une grande surprise, presque embarrassante parce qu&#8217;en tant qu&#8217;historiennes de la science il est de plus en plus difficile de v\u00e9rifier combien l&#8217;alchimie a jou\u00e9 un r\u00f4le majeur dans la consolidation de la nouvelle science en plein XVIIIe si\u00e8cle. Mais il est important de souligner que cette permanence de la qu\u00eate pour la transmutation \u00e9tait plus pens\u00e9e \u00e0 partir de son caract\u00e8re chimique, surtout comme un instrument d&#8217;avanc\u00e9e de la m\u00e9decine, que de son caract\u00e8re \u00e9sot\u00e9rique. Cela appara\u00eet clairement dans les propos d&#8217;hommes de renom comme Boyle ou Newton, par exemple, qui croyaient en l&#8217;existence de la pierre philosophale \u00bb. Les chercheuses consid\u00e8rent que les travaux sur la pierre philosophale \u00e9taient r\u00e9alis\u00e9s dans le cadre de la science de l&#8217;\u00e9poque, m\u00eame s&#8217;il existe d&#8217;autres points de vue. D&#8217;apr\u00e8s l&#8217;historien Theodore Hoppen, professeur de l&#8217;University of Hull et auteur de l&#8217;\u00e9tude The nature of the early Royal Society, \u00ab le baconisme est entr\u00e9 \u00e0 la Royal Society distordu par la perspective d&#8217;un groupe li\u00e9 \u00e0 Samuel Hartlib, un des fondateurs de l&#8217;institution. Ce cercle poussait \u00e0 l\u2019extr\u00eame les pr\u00e9ceptes de Bacon sur l&#8217;\u00e9tude \u2018du nouveau, du rare et de l&#8217;\u00e9trange\u2019 et les unissait \u00e0 un int\u00e9r\u00eat tenace pour la d\u00e9couverte d\u2019inventions \u2018utiles\u2019, sans laisser de c\u00f4t\u00e9 les id\u00e9es herm\u00e9tiques en reprenant des travaux de Paracelso et Helmont. Il suffit de voir combien Boyle entretenait un int\u00e9r\u00eat pour le moins d\u00e9licat pour des questions de philosophie naturelle ; il \u00e9tait dispos\u00e9 \u00e0 accepter tout type de ph\u00e9nom\u00e8ne du moment qu\u2019il pouvait \u00eatre expliqu\u00e9 selon des principes m\u00e9caniques. Cela incluait la pierre philosophale. Dans une lettre \u00e0 Henry Oldenburg, secr\u00e9taire de la Royal Society, Newton en vient \u00e0 se plaindre de son coll\u00e8gue, qui devrait selon lui \u2018se taire\u2019 et ne pas diffuser des \u2018secrets d&#8217;un v\u00e9ritable philosophe herm\u00e9tique\u2019 \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Latin<\/strong><br \/>\nHenry Oldenburg est d&#8217;ailleurs au centre du nouveau myst\u00e8re r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par les chercheuses br\u00e9siliennes. Apr\u00e8s plusieurs tentatives d&#8217;identification de l&#8217;\u00e9criture de la recette de l\u2019alkahest, elles ont rencontr\u00e9 un document \u00e9crit en latin qui contenait en marge des observations en fran\u00e7ais. \u00ab L&#8217;\u00e9criture nous a sembl\u00e9 connue et nous avons vu qu&#8217;elle \u00e9tait d\u2019Oldenburg, qui \u00e9crivait ses annotations personnelles en fran\u00e7ais. Le myst\u00e8re \u00e9tait alors r\u00e9solu : c\u2019est lui qui avait retranscrit la recette de l&#8217;alkahest. Mais quand nous avons lu le texte en latin \u00e9crit d&#8217;une autre \u00e9criture, nous avons vu qu&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;une recette de la pierre philosophale \u00bb, raconte les chercheuses. Le titre du texte, qui daterait selon elles de 1659, \u00e9tait : Processus de bois. Au d\u00e9part, elles ont cru qu&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;exp\u00e9rimentations sur le br\u00fblage de bois, mais en v\u00e9rifiant la pr\u00e9sence d&#8217;\u00e9l\u00e9ments de la pierre philosophale elles ont compris qu&#8217;il s&#8217;agissait du nom d&#8217;une personne. En France, elles ont recherch\u00e9 un Du Bois qui aurait travaill\u00e9 sur la c\u00e9l\u00e8bre transmutation et d\u00e9couvert, apr\u00e8s un v\u00e9ritable travail de d\u00e9tective, l&#8217;histoire de No\u00ebl Picard, dit Du Bois, pendu \u00e0 la Bastille en 1637 sur l&#8217;ordre du cardinal Richelieu. La raison ? Il avait tent\u00e9 de tromper le puissant ministre de Louis XIII en affirmant \u00eatre capable de produire de l&#8217;or \u00e0 partir du plomb. Apr\u00e8s une vie rocambolesque de voyages et de conversions de p\u00e8re capucin \u00e0 luth\u00e9rien, Du Bois rentre \u00e0 Paris et s&#8217;attire la sympathie du p\u00e8re Joseph, confesseur de Richelieu. D&#8217;apr\u00e8s M\u00e1rcia Ferraz, \u00ab le cardinal y a vu l\u00e0 la chance d&#8217;augmenter la richesse de la France et de r\u00e9soudre les probl\u00e8mes financiers que connaissait le royaume. Il a alors fait appel \u00e0 Du Bois pour qu&#8217;il fabrique de l&#8217;or avec sa \u2018poudre de projection\u2019, et ce en pr\u00e9sence du roi, de la reine et d&#8217;autres notables, parmi lesquels Richelieu \u00bb. Muni d&#8217;une coupelle et d&#8217;un creuset, Du Bois est all\u00e9 au Louvre et s&#8217;est mis \u00e0 travailler en demandant aux gardes de lui apporter des balles de mousquet. Apr\u00e8s les avoir chauff\u00e9es et asperg\u00e9es d&#8217;une poudre, il les a recouvertes avec des cendres. Enthousiaste, le roi a tenu \u00e0 souffler personnellement sur le m\u00e9lange, couvrant ainsi sa royale figure, celle de la reine et des membres pr\u00e9sents. Mais l&#8217;\u00e9motion compensait tout dans la mesure o\u00f9 on pouvait voir de l\u2019or au fond du r\u00e9cipient. Louis XIII \u00e0 \u00e9treint le pauvre Du Bois, lui a donn\u00e9 le titre de noble sur-le-champ et m\u00eame conc\u00e9d\u00e9 le privil\u00e8ge de chasser sur les terres royales. Richelieu, ravi, a entra\u00een\u00e9 le p\u00e8re Joseph dans un coin et l\u2019a salu\u00e9 comme s&#8217;il tenait entre les mains un futur chapeau cardinalice. L&#8217;entrain g\u00e9n\u00e9ral n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 par les orf\u00e8vres de la cour, qui ont v\u00e9rifi\u00e9 qu&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;un or \u00e0 22 carats. Du Bois leur a r\u00e9pondu que c&#8217;\u00e9tait seulement un \u00e9chantillon des possibilit\u00e9s.<\/p>\n<div id=\"attachment_118089\" style=\"max-width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-118089\" alt=\"Vision ironique de la tentative de faire la \u00ab grande \u0153uvre \u00bb\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/art4405img2.jpg\" width=\"290\" height=\"283\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">Artwork of an alchemist creating life \/ Jean-Loup Charmet \/ Science Photo Library \/ SPL DC \/ Latinstock<\/span>Vision ironique de la tentative de faire la \u00ab grande \u0153uvre \u00bb<span class=\"media-credits\">Artwork of an alchemist creating life \/ Jean-Loup Charmet \/ Science Photo Library \/ SPL DC \/ Latinstock<\/span><\/p><\/div>\n<p>Richelieu lui a dit que le roi avait \u00ab seulement \u00bb besoin de 800 000 francs hebdomadaires en or, et il lui a donn\u00e9 20 jours pour d\u00e9buter la production. Il avisa le roi que cela allait permettre de ne plus faire payer d\u2019imp\u00f4ts au peuple et de devenir le monarque au pouvoir le plus puissant d&#8217;Europe. Toutefois, Du Bois a utilis\u00e9 le d\u00e9lai pour chasser avec ses amis. Soup\u00e7onneux, le cardinal a ordonn\u00e9 qu&#8217;on le surveille ; et irrit\u00e9 par le retard, il a fait construire un laboratoire pour que le pr\u00e9tendu alchimiste r\u00e9alise, cette fois en tant que prisonnier, la \u00ab grande \u0153uvre \u00bb au ch\u00e2teau de Vincennes. Mais ce fut un nouvel \u00e9chec, qui conduisit le \u00ab noble \u00bb \u00e0 la Bastille o\u00f9 il fut tortur\u00e9 et finalement tu\u00e9 pour ne pas avoir fourni la recette de la pierre philosophale. En d\u00e9pit des \u00e9v\u00e9nements, ses bourreaux pensaient qu&#8217;il \u00e9tait r\u00e9ellement capable de produire de l&#8217;or mais qu&#8217;il essayait d&#8217;en cacher le secret. Vingt ans plus tard, en 1659, Oldenburg se trouvait en France et il a fini par tomber sur la recette de Du Bois ; il l\u2019a envoy\u00e9e en Angleterre o\u00f9 elle a semble-t-il \u00e9t\u00e9 re\u00e7ue de mani\u00e8re exaltante. Et Ana M. Alfonso-Goldfarb d&#8217;ajouter : \u00ab \u00c0 la Royal Society, en plein XVIIe si\u00e8cle, ces hommes brillants \u00e9taient persuad\u00e9s que Du Bois avait vraiment r\u00e9ussi \u00e0 \u2018ouvrir l\u2019or\u2019, c&#8217;est-\u00e0-dire \u00e0 le dissoudre pour pr\u00e9parer d&#8217;autres mat\u00e9riaux, une fonction attribu\u00e9e \u00e0 la pierre philosophale \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Pierres\u00a0<\/strong><br \/>\nDe l\u2019avis d\u2019Ana M. Alfonso-Goldfarb, \u00ab au centre de tout cela se trouvait le souci de r\u00e9soudre des probl\u00e8mes de sant\u00e9, en particulier la dissolution de pierres de l&#8217;organisme \u2013 l&#8217;une des principales causes de d\u00e9c\u00e8s \u00e0 cette \u00e9poque. On pensait que la solution id\u00e9ale \u00e9tait de les dissoudre avec des acides min\u00e9raux, mais sans porter atteint \u00e0 la vie du patient. Il fallait trouver quelque chose qui ait le pouvoir de l&#8217;acide et pas ses probl\u00e8mes. Et c&#8217;est alors que sont apparus l\u2019alkahest et la pierre philosophale qui, r\u00e9unis, seraient le m\u00e9dicament id\u00e9al \u00bb. Le premier allait r\u00e9duire les effets n\u00e9gatifs de l&#8217;acide et la pierre constituait le compl\u00e9ment parfait parce qu&#8217;elle \u00e9tait suffisamment puissante pour dissoudre un m\u00e9tal noble et r\u00e9sistant comme l\u2019or et en m\u00eame temps \u00ab faible \u00bb contre l&#8217;organisme. \u00ab Bien s\u00fbr, cela n&#8217;emp\u00eachait pas de penser \u00e0 la pierre comme un \u00e9l\u00e9ment capable de produire de l&#8217;or pour des raisons financi\u00e8res, mais les raisons p\u00e9cuniaires n&#8217;\u00e9taient pas les seules ni m\u00eame les plus importantes \u00bb observe M\u00e1rcia Ferraz. Tout \u00e9tait reli\u00e9. Si la pierre avait le pouvoir de \u00ab perfectionner \u00bb des m\u00e9taux en les changeant en or \u2013 cons\u00e9quence de la croyance des alchimistes en l&#8217;unit\u00e9 de la mati\u00e8re \u2013, cette \u00ab m\u00e9decine \u00bb des m\u00e9taux pourrait \u00eatre \u00e9tendue \u00e0 la m\u00e9decine des hommes, qui serait alors \u00ab perfectionn\u00e9e \u00bb \u00e0 son tour. Partant de l\u00e0, beaucoup \u00e9voqu\u00e8rent la pierre comme l&#8217;\u00e9lixir de la vie ou le grand \u00e9lixir, une panac\u00e9e pour toutes les maladies et capables de prolonger la vie. Puisque l\u2019or en tant que m\u00e9tal ne rouillait pas, on a commenc\u00e9 \u00e0 le voir comme symbole de l&#8217;immortalit\u00e9. La cons\u00e9quence fut de penser \u00e0 son utilisation dans la m\u00e9decine des anciens et dans l&#8217;alchimie chinoise qui recherchait l&#8217;\u00e9lixir de la long\u00e9vit\u00e9.<\/p>\n<p>Pour Paulo Alves Porto, historien de la chimie et professeur de l&#8217;Institut de Chimie de l&#8217;Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo, \u00ab les travaux de Paracelso et de Van Helmont, entre autres, se sont d\u00e9velopp\u00e9s \u00e0 un moment o\u00f9 l&#8217;on reconsid\u00e9rerait la m\u00e9decine gal\u00e9nique. Il y avait \u00e9galement de nouvelles maladies qui exigeaient d&#8217;autres solutions plus efficaces. Leur recherche pour l\u2019alkahest, par exemple, r\u00e9v\u00e8le cette pr\u00e9occupation m\u00e9dicinale \u00bb. Dans son article Alchimy and iatrochemistry, l&#8217;historien am\u00e9ricain Allen Debus \u00e9crit qu\u2019\u00ab entre les XVIe et XVIIIe si\u00e8cles, la signification de la chimie doit \u00eatre recherch\u00e9e au niveau de sa relation avec la m\u00e9decine, m\u00eame si la transmutation est rest\u00e9e une constante jusqu&#8217;au si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, y compris quand on op\u00e9rait d\u00e9j\u00e0 la s\u00e9paration entre la chimie et la m\u00e9decine \u00bb. Selon lui, la relation s\u2019\u00e9tablit au d\u00e9part \u00e0 partir de la rivalit\u00e9 avec les gal\u00e9nistes pour progresser au niveau des explications chimiques de processus physiologiques \u2013 la base de l\u2019\u0153uvre de Van Helmont \u2013, ce qui a fini par entra\u00eener la s\u00e9paration entre la chimie et la m\u00e9decine pour d\u2019autres objectifs non pharmaceutiques : \u00ab le travail de Lavoisier n\u2019a pa eu besoin de s\u2019adresser \u00e0 une chimie bas\u00e9e sur la m\u00e9decine \u00e0 cause de ce long processus. L\u2019importance qu\u2019a eu la m\u00e9decine dans l\u2019ascension de la science moderne \u00e9tait quelque chose de peu \u00e9voqu\u00e9 \u00bb. Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 la fin du XVIIIe si\u00e8cle que la transmutation a perdu un peu de sa force. Du point de vue de l\u2019historien Lawrence Principe, de la Jons Hopkins University et auteur de Alchemy tried in the fire, \u00ab un mouvement est parti de l\u2019Acad\u00e9mie Royale des Sciences de Paris pour laisser de c\u00f4t\u00e9 la pratique et domestiquer la chimie dans une discipline professionnelle qui est entr\u00e9e \u00e0 l\u2019acad\u00e9mie. Il fallait rompre une fois pour toutes avec le pass\u00e9 alchimique et tout recommencer de z\u00e9ro pour donner \u00e0 la chimie une nouvelle identit\u00e9 et un statut. N\u00e9anmoins, la d\u00e9marche n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 totalement un succ\u00e8s \u00bb. Ana M. Alfonso-Goldfarb pense que \u00ab le r\u00e9seau de documents et de personnes intimement li\u00e9s \u00e0 la transmutation et mis en avant dans notre recherche s\u2019enrichit chaque jour de nouvelles ramifications et de nouvelles donn\u00e9es. Cela peut \u00eatre la pointe d\u2019un grand iceberg documentaire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Des documents qui valent de l\u2019or","protected":false},"author":370,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1188],"tags":[],"coauthors":[684],"class_list":["post-118079","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-humanites"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/118079","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/370"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=118079"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/118079\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=118079"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=118079"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=118079"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=118079"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}