{"id":118135,"date":"2013-05-15T17:42:04","date_gmt":"2013-05-15T20:42:04","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=118135"},"modified":"2013-05-15T17:44:41","modified_gmt":"2013-05-15T20:44:41","slug":"folie-artistique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/folie-artistique\/","title":{"rendered":"Folie artistique"},"content":{"rendered":"<p><em>Publi\u00e9 en f\u00e9vrier 2011<\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_118140\" style=\"max-width: 590px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-118140\" alt=\"Folie de Dali dans La maison du docteur Edwardes\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/art4342img1.jpg\" width=\"580\" height=\"315\" srcset=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/art4342img1.jpg 580w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/art4342img1-300x162.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><p class=\"wp-caption-text\">Folie de Dali dans La maison du docteur Edwardes<\/p><\/div>\n<p>Parmi toutes les formes d\u2019art, le cin\u00e9ma est celui qui se pr\u00eate le mieux \u00e0 la repr\u00e9sentation des troubles mentaux. Parano\u00efaques, psychotiques et autres malades mentaux fascinent ou perturbent le spectateur, parce que la folie interrompt l\u2019ordre immanent du monde et les modalit\u00e9s habituelles de sa perception. Premier du genre publi\u00e9 au Br\u00e9sil, l\u2019ouvrage Cinema e loucura \u2013 Conhecendo os transtornos mentais atrav\u00e9s dos filmes [Cin\u00e9ma et folie \u2013 Connaissance des toubles mentaux \u00e0 travers les films, \u00e9d. Artmed], de J. Landeira-Fernandez &amp; Elie Cheniaux, propose une classification syst\u00e9matique des troubles mentaux de personnages cin\u00e9matographiques. Chaque chapitre d\u00e9crit les aspects cliniques d&#8217;un trouble mental donn\u00e9 et offre une pr\u00e9sentation comment\u00e9e d\u2019exemples cin\u00e9matographiques. Au total, les auteurs se penchent sur 184 films, la plupart d&#8217;entre eux tr\u00e8s connus du public. J. Landeira-Fernandez, professeur du D\u00e9partement de Psychologie de l&#8217;Universit\u00e9 Catholique Pontificale de Rio de Janeiro (PUC-RJ), voit ce livre comme \u00ab un outil universitaire pour l&#8217;enseignement de la psychopathologie et de la psychiatrie ; il fournit des exemples concrets qui, en salle de classe, sont trait\u00e9s de mani\u00e8re plus abstraite \u00bb. Et pour Elie Cheniaux, professeur de l&#8217;Institut de Psychiatrie de l&#8217;Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de Rio de Janeiro (UFRJ), \u00ab utiliser des films motive l&#8217;\u00e9tudiant et est tout particuli\u00e8rement int\u00e9ressant dans les cas d&#8217;\u00e9tudiants qui n&#8217;ont pas acc\u00e8s \u00e0 des patients en chair et en os \u00bb.<\/p>\n<p>Le rapport entre le cin\u00e9ma et le psychisme est une \u00e9vidence, car le septi\u00e8me art repr\u00e9sente l&#8217;humain sous toutes ses formes \u2013 des plus cocasses aux plus sombres. D&#8217;un autre c\u00f4t\u00e9, le dispositif cin\u00e9matographique lui-m\u00eame (la salle obscure o\u00f9 sont projet\u00e9es les images, avec un spectateur en situation de passivit\u00e9 relative, d&#8217;immobilit\u00e9) d\u00e9termine un \u00e9tat r\u00e9gressif artificiel qui renvoie au r\u00eave. Si dans le r\u00eave le sujet s&#8217;\u00e9loigne du r\u00e9el et est impliqu\u00e9 dans ses images, le spectateur vit quelque chose de similaire au cin\u00e9ma. En outre, l&#8217;exp\u00e9rience du r\u00eave avec ses associations libres peut \u00e9galement \u00eatre compar\u00e9e au montage cin\u00e9matographique qui fait coexister des mondes apparemment h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de ces analogies, il convient de rappeler que le cin\u00e9ma et la psychanalyse, issue de la psychiatrie, sont pratiquement n\u00e9es en m\u00eame temps : entre la fin du XIXe si\u00e8cle et le d\u00e9but du XXe. Et tous deux ont r\u00e9volutionn\u00e9 l&#8217;approche de la r\u00e9alit\u00e9. Disciple de Freud, Hans Sachs fut l&#8217;un des premiers psychanalystes \u00e0 s&#8217;int\u00e9resser au cin\u00e9ma. Jacques Lacan, autre pionnier de la psychanalyse, a effectu\u00e9 dans son s\u00e9minaire une analyse du personnage principal de Tourments (1953), de Luis Bu\u00f1uel, un c\u00e9l\u00e8bre cas de parano\u00efa.<\/p>\n<p>Fl\u00e1vio Ramos Tambellini, professeur coordonnateur de l&#8217;\u00e9cole de cin\u00e9ma Darcy Ribeiro, de Rio de Janeiro, observe : \u00ab La dramaturgie se base sur le conflit. Dans le mod\u00e8le classique, un film comprend trois actes : l&#8217;introduction des personnages, le d\u00e9veloppement de conflits entre eux et la r\u00e9solution des conflits. La plupart de ces conflits sont de nature mentale. Un film avec des personnages \u2018normaux\u2019, sans difficult\u00e9s ni conflits, n&#8217;attirerait pas l&#8217;attention du public. Mais un film avec des figures perturb\u00e9es, en marge de la normalit\u00e9, apporte des conflits qui font avancer le r\u00e9cit. Le personnage \u2018fou\u2019 est plus cin\u00e9matographique. La d\u00e9viance s\u00e9duit ; la norme, non \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Dans Cin\u00e9ma et Folie\u00a0<\/strong><br \/>\nConnaissance des troubles mentaux \u00e0 travers les films, les personnages cin\u00e9matographiques sont envisag\u00e9s comme des cas cliniques. Le poison (1945), de Billy Wilder, retrace parfaitement la richesse des sympt\u00f4mes pr\u00e9sents dans le tableau clinique d&#8217;abstinence d&#8217;alcool. Annie Hall (1977), de Woody Allen, pr\u00e9sente le trouble dysthymique (caract\u00e9ris\u00e9 par des sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs moins intenses que ceux observ\u00e9s dans une d\u00e9pression typique) ainsi que le trouble de l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e.<\/p>\n<p>Cependant, nombreux sont les films ou les troubles mentaux ne sont pas bien repr\u00e9sent\u00e9s, notamment quand ils ob\u00e9issent \u00e0 des injonctions artistiques et commerciales et ne visent pas un objectif \u00e9ducatif. Elie Cheniaux remarque que \u00ab les sc\u00e9naristes et les cin\u00e9astes ne sont pas oblig\u00e9s d&#8217;\u00eatre fid\u00e8les \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Le cin\u00e9ma n&#8217;est pas tenu d&#8217;\u00eatre didactique. C&#8217;est de l&#8217;art, pas de la science \u00bb. Mais de telles distorsions ne discr\u00e9ditent pas l&#8217;approche propos\u00e9e par les auteurs. Au contraire. Dans Un homme d&#8217;exception (2001), o\u00f9 Ron Howard pr\u00e9sente la biographie de John Nash, math\u00e9maticien et prix Nobel d&#8217;\u00e9conomie, la schizophr\u00e9nie du personnage est mal d\u00e9crite. Landeira-Fernandez observe qu\u2019\u00ab il a des hallucinations visuelles, c\u00e9nesth\u00e9siques et auditives. Or, les schizophr\u00e8nes ont des hallucinations unimodales, la plus commune \u00e9tant la modalit\u00e9 auditive. Dans la r\u00e9alit\u00e9, le vrai John Nash ne pr\u00e9sentait que des hallucinations auditives. M\u00eame si elle est incorrecte, la repr\u00e9sentation du sympt\u00f4me sert d\u00e9j\u00e0 d\u2019exemple n\u00e9gatif \u00bb.<\/p>\n<p>Dans d&#8217;autres cas, le personnage a un comportement qui ne rentre dans aucune cat\u00e9gorie diagnostique. Souvent, cette \u00ab folie \u00bb refl\u00e8te le sens commun, tr\u00e8s diff\u00e9rent des sympt\u00f4mes d&#8217;un vrai malade mental. Le livre effectue aussi une compilation des films emprunts de ces distorsions. Dans R\u00e9pulsion (1965), de Roman Polanski, le personnage de Carole &#8211; tenu par Catherine Deneuve &#8211; a horreur de la p\u00e9n\u00e9tration et pr\u00e9sente une s\u00e9rie de comportements \u00e9tranges. \u00c0 quel trouble mental pourrait-on associer ces caract\u00e9ristiques ? Les troubles de Carole ne rentrent pas dans les cat\u00e9gories d\u00e9crites dans le Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux (DSM-IV-TR), qui a servi d&#8217;orientation aux auteurs.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, les probl\u00e8mes de diagnostic sont loin d&#8217;\u00eatre une sp\u00e9cificit\u00e9 du cin\u00e9ma. D&#8217;apr\u00e8s Cheniaux, \u00ab en m\u00e9decine les maladies sont d\u00e9finies \u00e0 partir de leurs causes. Mais en psychiatrie les cat\u00e9gories sont d\u00e9crites seulement \u00e0 partir des sympt\u00f4mes et cela reste tr\u00e8s discutable. Souvent, un m\u00eame patient pr\u00e9sente en m\u00eame temps les crit\u00e8res diagnostiques de plus d\u2019une cat\u00e9gorie nosologique. Il est pourtant difficile de croire qu&#8217;il a trois ou quatre maladies psychiatriques au m\u00eame moment. C\u2019est donc jusqu&#8217;\u00e0 un certain point quelque chose d&#8217;arbitraire \u00bb.<\/p>\n<p>Au cours des premi\u00e8res d\u00e9cennies du si\u00e8cle dernier, les \u00ab fous \u00bb \u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralement confin\u00e9s au genre fantastique et la plupart du temps criminels. Avec Le cabinet du docteur Caligari (1919), film classique de l&#8217;expressionnisme allemand r\u00e9alis\u00e9 par Robert Wiene, la folie entre dans les modalit\u00e9s de repr\u00e9sentation cin\u00e9matographique. De m\u00eame que dans d&#8217;autres films expressionnistes, les d\u00e9cors fortement stylis\u00e9s et la gestualit\u00e9 brusque des acteurs traduisent symboliquement la mentalit\u00e9 des personnages et leurs \u00e9tats d&#8217;\u00e2me. Caligari affirme une volont\u00e9 de pouvoir parano\u00efaque ; c&#8217;est un m\u00e9decin fou qui hypnotise C\u00e9sar, son assistant, pour qu&#8217;il commette des crimes. Le personnage principal de Dr Mabuse le joueur (1922), de Fritz Lang, est une autre figure perverse et intelligente de cette \u00e9poque. Il s&#8217;agit d&#8217;un psychiatre qui recourt \u00e9galement \u00e0 l&#8217;hypnose pour manipuler les personnes et commettre ses crimes. Mabuse est rong\u00e9 par le d\u00e9sir de gouverner au moyen de l&#8217;argent, tandis que la soif de pouvoir de Caligari est abstraite. La folie de Mabuse et la passivit\u00e9 morbide de ses victimes montrent la d\u00e9cadence de la soci\u00e9t\u00e9 allemande de l&#8217;\u00e9poque et le chaos qui r\u00e9gnait alors sur le pays.<\/p>\n<p>Dans M le maudit (1931), Fritz Lang s&#8217;int\u00e9resse de mani\u00e8re plus r\u00e9aliste \u00e0 la psychologie des personnages. La figure centrale est un tueur de jeunes femmes, toutefois il est montr\u00e9 avec humanit\u00e9 dans son horreur. Mais la soci\u00e9t\u00e9 n&#8217;est pas meilleure : devant l&#8217;incapacit\u00e9 de la police \u00e0 l&#8217;arr\u00eater, il est \u00ab jug\u00e9 \u00bb par d&#8217;autres d\u00e9linquants, pr\u00e9figurant ainsi ce qui allait se passer en Allemagne quelques mois plus tard avec l&#8217;arriv\u00e9e des nazis au pouvoir.<\/p>\n<p>\u00c0 partir des ann\u00e9es 1940, la psychanalyse gagne davantage d&#8217;espace dans les milieux de communication. Apparaissent les thrillers psychanalytiques, qui utilisent l&#8217;arsenal de la psychanalyse de mani\u00e8re rustique et na\u00efve. Le prototype de ces films est La maison du docteur Edwardes (1945), d&#8217;Alfred Hitchcock. Constance (Ingrid Bergman) est une jeune psychiatre d&#8217;un asile qui tombe amoureuse du nouveau directeur. Mais tr\u00e8s vite elle se rend compte que l&#8217;homme qu&#8217;elle aime (Gregory Peck) est en fait un malade mental qui se fait passer pour le docteur Edwardes. \u00c0 partir des r\u00eaves du malade et apr\u00e8s une s\u00e9ance d&#8217;analyse, Constance d\u00e9couvre qu&#8217;il a perdu la m\u00e9moire et comprend pourquoi il a assum\u00e9 un crime qu&#8217;il n&#8217;avait pas commis : il a \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin de la mort du v\u00e9ritable Edwardes, assassin\u00e9 par l&#8217;ancien directeur de l&#8217;asile, et en plus il a \u00e9t\u00e9 indirectement responsable de la mort de son jeune fr\u00e8re au cours d\u2019un jeu d\u2019enfants. Au-del\u00e0 de l&#8217;angoisse en face de la folie, le film montre l&#8217;angoisse de la folie. La peur du personnage est figur\u00e9e par des r\u00eaves (dessin\u00e9s par Salvador Dali) qui r\u00e9v\u00e8lent un monde rempli d&#8217;hallucinations et de symboles pr\u00e9tendument produits par l&#8217;inconscient. Dans ce film et dans d&#8217;autres tourn\u00e9s \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode, la psychanalyse est r\u00e9duite \u00e0 une m\u00e9thode capable de r\u00e9soudre les conflits obscurs par le biais du d\u00e9chiffrage d&#8217;un ensemble de signes g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s clairs.<\/p>\n<p>\u00c0 partir des ann\u00e9es 1950, et sous l&#8217;impact des horreurs de la Seconde Guerre mondiale, on commence \u00e0 questionner la r\u00e9clusion du malade. Dans le m\u00eame temps surgissent de nouveaux m\u00e9dicaments psychotropes, qui provoquent de graves effets secondaires et am\u00e8nent beaucoup de patients \u00e0 refuser le traitement. L&#8217;antipsychiatrie qui voit le jour en r\u00e9action \u00e0 la psychiatrie de l&#8217;\u00e9poque occupera une place importante dans les ann\u00e9es 1960, lorsque la contre-culture bat son plein. Certains films retracent ce moment avec justesse, \u00e0 l&#8217;exemple de : Family Life (1971), de Ken Loach ; Une femme sous influence (1974), de John Cassavetes ; ou encore Vol au-dessus d&#8217;un nid de coucou (1975), de Milos Forman, qui critique une soci\u00e9t\u00e9 pr\u00e9f\u00e9rant confiner les malades plut\u00f4t que de les aider \u00e0 soulager leur souffrance, en offrant comme seuls traitements la camisole de force, les \u00e9lectrochocs et les m\u00e9dicaments.<\/p>\n<p>Ces films proposent une nouvelle vision du cin\u00e9ma sur la folie, en s&#8217;attachant \u00e0 d\u00e9voiler le poids de la soci\u00e9t\u00e9 sur les individus. Certains d&#8217;entre eux interrogent la \u00ab folie \u00bb de cette soci\u00e9t\u00e9 et de la famille en posant la question de la normalit\u00e9.<\/p>\n<p>Le grand pr\u00e9curseur de cette approche est Ingmar Bergman, qui a fait de la folie un de ses th\u00e8mes obsessionnels. Pourtant, malgr\u00e9 les modifications de repr\u00e9sentation de la folie par le cin\u00e9ma, la grande majorit\u00e9 des films continue \u00e0 banaliser la folie en privil\u00e9giant de vieux clich\u00e9s qui font des malades mentaux des criminels de film policier ou des nigauds de com\u00e9die.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Folie artistique","protected":false},"author":73,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1188],"tags":[],"coauthors":[361],"class_list":["post-118135","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-humanites"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/118135","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/73"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=118135"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/118135\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=118135"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=118135"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=118135"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=118135"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}