{"id":118375,"date":"2013-05-20T16:30:42","date_gmt":"2013-05-20T19:30:42","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=118375"},"modified":"2013-05-20T17:24:03","modified_gmt":"2013-05-20T20:24:03","slug":"cap-sur-la-bagasse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/cap-sur-la-bagasse\/","title":{"rendered":"Cap sur la bagasse"},"content":{"rendered":"<p><em>Publi\u00e9 en septembre 2009<\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_118384\" style=\"max-width: 213px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-118384\" alt=\"La tonne de bagasse s\u00e8che coute 15 dollars US au Br\u00e9sil, soit moins de la moiti\u00e9 du prix pratiqu\u00e9 aux \u00c9tats-Unis\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/usina-203x3001.jpg\" width=\"203\" height=\"300\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">EDUARDO CESAR<\/span>La tonne de bagasse s\u00e8che coute 15 dollars US au Br\u00e9sil, soit moins de la moiti\u00e9 du prix pratiqu\u00e9 aux \u00c9tats-Unis<span class=\"media-credits\">EDUARDO CESAR<\/span><\/p><\/div>\n<p>La recherche br\u00e9silienne sur l\u2019\u00e9thanol de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration s\u2019est articul\u00e9e d\u2019une mani\u00e8re in\u00e9dite. Les \u00e9tudes en mati\u00e8re d\u2019\u00e9thanol extrait de la cellulose, jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent limit\u00e9es aux exp\u00e9riences isol\u00e9es d\u2019entreprises et de groupes de recherche, mobilisent actuellement un nombre croissant de chercheurs encourag\u00e9s par des politiques visant \u00e0 augmenter la production d\u2019\u00e9thanol de canne \u00e0 sucre br\u00e9silien. L\u2019objectif est d\u2019exploiter la bagasse et la paille de canne \u00e0 sucre, sources de cellulose et qui repr\u00e9sentent les deux tiers de l\u2019\u00e9nergie de la plante non convertis en biocarburants. \u00ab Il y a une course mondiale pour le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9thanol de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration \u00bb, d\u00e9clare Rubens Maciel Filho, professeur de la Facult\u00e9 d\u2019Ing\u00e9nierie Chimique de l\u2019Universit\u00e9 Publique de Campinas (Unicamp) et l\u2019un des coordonnateurs du Programme FAPESP de Recherche en Bio\u00e9nergie (Bioen), \u00e0 l\u2019origine du rapprochement de la communaut\u00e9 scientifique de S\u00e3o Paulo. \u00ab Bien qu\u2019ayant peu d\u2019exp\u00e9riences dans ce domaine, le Br\u00e9sil poss\u00e8de de grands avantages comparatifs, comme l\u2019\u00e9norme quantit\u00e9 de mati\u00e8re premi\u00e8re disponible et peu on\u00e9reuse de la bagasse pr\u00e9-cueillie ainsi qu\u2019une infrastructure d\u00e9j\u00e0 op\u00e9rationnelle en mati\u00e8re de production d\u2019\u00e9thanol \u00bb, d\u00e9clare-t-il.<\/p>\n<p>Les copeaux de bois, la bagasse de canne \u00e0 sucre ou les \u00e9pis de ma\u00efs sont des d\u00e9chets form\u00e9s de cellulose qui peuvent se transformer en biocarburant quand ils sont soumis \u00e0 des r\u00e9actions d\u2019hydrolyse, proc\u00e9d\u00e9 chimique qui rompt les mol\u00e9cules. Un des grands avantages de cette approche est qu\u2019elle r\u00e9duit la comp\u00e9tition entre biocarburants et aliments et, dans le cas de la bagasse, produit davantage d\u2019\u00e9thanol par superficie plant\u00e9e. Il ne faut pas se m\u00e9prendre sur les bas prix de la production d\u2019\u00e9thanol de ma\u00efs aux \u00c9tats-Unis qui est fortement subventionn\u00e9e, contrairement \u00e0 l\u2019\u00e9thanol br\u00e9silien. D\u2019un point de vue technologique, il y a plusieurs proc\u00e9d\u00e9s d\u2019hydrolyse test\u00e9s mais les rendements et les investissements ne sont pas \u00e9conomiquement viables. Cette articulation scientifique comprend de nouvelles initiatives comme la construction de diff\u00e9rentes usines pilote pour d\u00e9velopper de nouveaux proc\u00e9d\u00e9s technologiques en mati\u00e8re d\u2019\u00e9thanol cellulosique. L\u2019entreprise Dedini Industries de Base est en train de construire une nouvelle usine d\u2019hydrolyse acide, proc\u00e9d\u00e9 qui rompt les mol\u00e9cules de cellulose en utilisant un acide comme catalyseur. L\u2019usine innovera en mati\u00e8re de mat\u00e9riaux et de proc\u00e9d\u00e9s, profitant des connaissances acquises par une autre usine de l\u2019entreprise qui a fonctionn\u00e9 entre 2003 et 2007, l\u2019usine S\u00e3o Luiz, \u00e0 Pirassununga (SP).<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019exp\u00e9rience nous a montr\u00e9 qu\u2019il nous faut r\u00e9soudre certaines conditions critiques de fonctionnement de l\u2019usine \u00bb, d\u00e9clare le vice-pr\u00e9sident de Dedini, Jos\u00e9 Luiz Oliv\u00e9rio. \u00ab Nous sommes en train de tester des mat\u00e9riaux plus r\u00e9sistants car les conditions abrasives du processus provoquaient une usure qui finissait par compromettre le fonctionnement continu de l\u2019usine \u00bb, dit-il. Selon Oliv\u00e9rio, l\u2019entreprise Dedini croit en la viabilit\u00e9 commerciale de sa technologie \u00e9tudi\u00e9e depuis les ann\u00e9es 80, gr\u00e2ce \u00e0 un processus innovateur appel\u00e9 Dedini Hydrolyse Rapide (DHR). L\u2019entreprise maintient un accord de coop\u00e9ration scientifique avec la FAPESP en mati\u00e8re de proc\u00e9d\u00e9s industriels destin\u00e9s \u00e0 la production d\u2019\u00e9thanol.<\/p>\n<p>L\u2019une des plus grandes entreprises br\u00e9siliennes du secteur chimique, Oxiteno, s\u2019int\u00e9resse au processus d\u2019hydrolyse de la bagasse et de la paille pour la fabrication de produits qui seront utilis\u00e9s dans l\u2019industrie chimique et pharmaceutique et qui sont actuellement obtenus au moyen d\u2019un proc\u00e9d\u00e9 p\u00e9trochimique. L\u2019entreprise a \u00e9galement lanc\u00e9 en novembre 2006, en partenariat avec la FAPESP, un appel \u00e0 proposition public dans 16 domaines th\u00e9matiques de recherche et s\u00e9lectionn\u00e9 des projets technologiques pour la production de sucres, d\u2019alcools et de d\u00e9riv\u00e9s. La majorit\u00e9 des 7 proc\u00e9d\u00e9s retenus et li\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9thanol de cellulose sont actuellement d\u00e9velopp\u00e9s en partenariat avec des chercheurs de l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo, de l\u2019Institut de Recherches Technologiques et du Laboratoire National Luz S\u00edncrotron. Les partenariats \u00e9tablis entre la Fondation et les entreprises Dedini et Oxiteno font partie du programme Bioen.<\/p>\n<div id=\"attachment_118383\" style=\"max-width: 274px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-118383\" alt=\"Bagasse dans une usine de l\u2019\u00e9tat de S\u00e3o Paulo: mati\u00e8re premi\u00e8re prometteuse pour l\u2019\u00e9thanol de cellulose\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/bagaco2-264x3001.jpg\" width=\"264\" height=\"300\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\"> H\u00c9LVIO ROMERO\/AE<\/span>Bagasse dans une usine de l\u2019\u00e9tat de S\u00e3o Paulo: mati\u00e8re premi\u00e8re prometteuse pour l\u2019\u00e9thanol<br \/>de cellulose<span class=\"media-credits\"> H\u00c9LVIO ROMERO\/AE<\/span><\/p><\/div>\n<p>Petrobras investit dans l\u2019hydrolyse enzymatique en utilisant des enzymes produites par des microorganismes \u00e0 la place des acides. Ces enzymes sont capables de rompre le sucre de la cellulose et sont ensuite transform\u00e9es en \u00e9thanol apr\u00e8s fermentation. Une usine pilote install\u00e9e au Cenpes, Centre de Recherche de l\u2019entreprise situ\u00e9 dans l\u2019\u00eele du Fund\u00e3o, \u00e0 Rio de Janeiro, a commenc\u00e9 \u00e0 fonctionner en 2007. L\u2019objectif de l\u2019entreprise est de ma\u00eetriser la technologie et de parvenir \u00e0 exporter l\u2019\u00e9thanol de cellulose au cours de cette prochaine d\u00e9cennie.<\/p>\n<p>Une usine pilote sera construite d\u2019ici 2010 \u00e0 Campinas, \u00e9tat de S\u00e3o Paulo, et sera utilis\u00e9e par les chercheurs de tous les \u00e9tats. Elle est le symbole de cette union d\u2019efforts et sera construite dans le tout nouveau Centre de Sciences et de Technologie du Bio\u00e9thanol (CTBE), li\u00e9 au Minist\u00e8re des Sciences et de la Technologie. Elle sera structur\u00e9e en six modules, allant du traitement physique du mat\u00e9riau lignocellulosique \u00e0 la fermentation, \u00e0 la production de microorganismes et \u00e0 l\u2019hydrolyse. Les chercheurs pourront ainsi r\u00e9aliser diverses exp\u00e9riences en utilisant des parties sp\u00e9cifiques d\u2019une m\u00eame plateforme. \u00ab Le but est de favoriser des avanc\u00e9es simultan\u00e9es qui vont nous aider \u00e0 surmonter les diff\u00e9rentes barri\u00e8res technologiques li\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9thanol de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration \u00bb, explique Carlos Eduardo Vaz Rossell, coordonnateur de l\u2019usine pilote du CTBE.<\/p>\n<p>La recherche de base sur l\u2019\u00e9thanol de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration est en train de gagner de l\u2019\u00e9lan. Des chercheurs d\u2019Embrapa Agro\u00e9nergie, par exemple, sont en train de mener des \u00e9tudes pour caract\u00e9riser la paroi cellulaire de la canne \u00e0 sucre. Les \u00e9tudes sont men\u00e9es au Laboratoire de G\u00e9n\u00e9tique Mol\u00e9culaire d\u2019Embrapa Ressources G\u00e9n\u00e9tiques et Biotechnologie en partenariat avec l\u2019Institut de Botanique de l\u2019USP. L\u2019objectif est de mieux comprendre la composition et la structure de la paroi cellulaire de la canne \u00e0 sucre pour la manipuler de mani\u00e8re sp\u00e9cifique dans le but d\u2019augmenter la production d\u2019\u00e9thanol de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n<p>Des pays comme les \u00c9tats-Unis, le Canada et la Su\u00e8de ont une production scientifique plus avanc\u00e9e que le Br\u00e9sil en ce qui concerne le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9thanol de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration. Les \u00c9tats-Unis, premier producteur mondial d\u2019\u00e9thanol, essuient de nombreuses critiques pour avoir mis\u00e9 sur le ma\u00efs, source d\u2019alimentation humaine et pour les \u00e9normes subventions accord\u00e9es qui ont un impact sur les prix de vente. La recherche sur l\u2019\u00e9thanol de cellulose exploit\u00e9 \u00e0 partir des d\u00e9chets agricoles ou de plantes qui ne sont pas destin\u00e9s \u00e0 l\u2019alimentation vise \u00e0 garantir un approvisionnement renouvelable en carburant sans porter pr\u00e9judice \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire du pays.<\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat br\u00e9silien pour l\u2019\u00e9thanol issu de la cellulose a une toile de fond bien diff\u00e9rente. Le pays veut rendre l\u2019\u00e9thanol de canne \u00e0 sucre encore plus comp\u00e9titif en augmentant sa production sans pour autant \u00eatre oblig\u00e9 d\u2019augmenter les zones plant\u00e9es. Des \u00e9tudes men\u00e9es dans le cadre du projet Bio\u00e9thanol, r\u00e9seau de recherche financ\u00e9 par le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral, indiquent qu\u2019une distillerie de canne \u00e0 sucre qui produit aujourd\u2019hui 1 million de litres d\u2019\u00e9thanol par jour, pourrait dans un premier temps, gr\u00e2ce \u00e0 la technologie de l\u2019hydrolyse, produire 150 mille litres d\u2019\u00e9thanol suppl\u00e9mentaire issu de la bagasse. Cette production pourrait, en 2025, atteindre 400 mille litres suppl\u00e9mentaire gr\u00e2ce \u00e0 des proc\u00e9d\u00e9s plus performants utilisant la bagasse. La paille de canne \u00e0 sucre est une autre source potentielle pour la production d\u2019\u00e9thanol. L\u2019abandon des br\u00fblis dans les champs de canne \u00e0 sucre pourrait \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9 comme une source de cellulose.<\/p>\n<p>Il faudra que ce proc\u00e9d\u00e9 devienne bon march\u00e9 pour compenser le changement d\u2019utilisation de la bagasse, d\u00e9j\u00e0 efficace au Br\u00e9sil, mais bas\u00e9 sur le br\u00fblis pour produire de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 dans les usines de sucre et d\u2019\u00e9thanol. Rubens Maciel Filho, de l\u2019Unicamp, rappelle qu\u2019il ne suffit pas uniquement de trouver des solutions technologiquement viables car il est essentiel qu\u2019elles soient \u00e9galement moins ch\u00e8res. \u00ab Il n\u2019est pas facile de justifier de grands investissements pour am\u00e9liorer l\u2019\u00e9thanol de premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration car ce proc\u00e9d\u00e9 a d\u00e9j\u00e0 une productivit\u00e9 tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e, il faut donc que la production d\u2019\u00e9thanol de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration soit financi\u00e8rement comp\u00e9titive \u00bb, d\u00e9clare-t-il. Il est important de souligner que la technologie de premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration poss\u00e8de encore une marge de perfectionnement. L\u2019entreprise Dedini investit dans le d\u00e9veloppement de l\u2019hydrolyse mais continue de miser sur d\u2019autres technologies comme des usines d\u2019\u00e9thanol autosuffisantes en eau et la production d\u2019un engrais-bio utilisant diff\u00e9rents d\u00e9chets comme la suie et la vinasse de canne. \u00ab La canne \u00e0 sucre poss\u00e8de d\u2019\u00e9normes atouts en mati\u00e8re de stockage d\u2019\u00e9nergie \u00bb, d\u00e9clare Jos\u00e9 Luiz Oliv\u00e9rio, de l\u2019entreprise Dedini.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-118388\" alt=\"\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/bagaco-300x1991.jpg\" width=\"300\" height=\"199\" \/><span class=\"media-credits-inline\">EDUARDO CESAR<\/span>Il est difficile de pr\u00e9voir quand l\u2019\u00e9thanol de cellulose sera \u00e9conomiquement viable, en raison du peu d\u2019informations disponibles sur les avanc\u00e9es de certaines entreprises qui sont gard\u00e9es secr\u00e8tes. \u00ab Mais s\u2019il y avait r\u00e9ellement un processus comp\u00e9titif pour transformer la bagasse de canne \u00e0 sucre en \u00e9thanol, ce produit serait d\u00e9j\u00e0 disponible sur le march\u00e9 et les usines seraient en train de l\u2019exploiter \u00bb, affirme Rubens Maciel, de l\u2019Unicamp. Le chercheur estime que le Br\u00e9sil a cinq ans devant lui pour surmonter les d\u00e9fis technologiques. \u00ab Dans le cas contraire nous d\u00e9pendrons de proc\u00e9d\u00e9s et d\u2019intrants import\u00e9s. Mais il nous faut poursuivre nos efforts car nous avons l\u2019avantage d\u2019avoir la bagasse \u00e0 notre disposition dans les usines de production d\u2019\u00e9thanol \u00bb, d\u00e9clare-t-il, se r\u00e9f\u00e9rant au prix de la tonne de bagasse de canne \u00e0 sucre sec, d\u2019environ 15 dollars US et qui pour la m\u00eame quantit\u00e9 co\u00fbte 35 dollars US aux \u00c9tats-Unis. Il y a m\u00eame des avantages en ce qui concerne les co\u00fbts de transport car il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de transporter la bagasse jusqu\u2019\u00e0 l\u2019usine, elle est pr\u00e9sente sur place.<\/p>\n<p>Le bagasse et la paille sont constitu\u00e9es de cellulose, un polym\u00e8re du glucose form\u00e9 de six atomes de carbone (les hexoses), d\u2019h\u00e9micellulose, compos\u00e9e par des sucres poss\u00e9dant cinq atomes de carbone appel\u00e9s pentoses mais qui ne sont pas encore utilis\u00e9s pour la production de sucre. Elles sont aussi compos\u00e9es de lignine, un mat\u00e9riau structurel de la plante associ\u00e9 \u00e0 la paroi v\u00e9g\u00e9tale cellulaire qui lui conf\u00e8re sa rigidit\u00e9, son imperm\u00e9abilit\u00e9 et une r\u00e9sistance aux attaques contre le tissu v\u00e9g\u00e9tal. Pour que les biomasses puissent \u00eatre utilis\u00e9es comme mati\u00e8res premi\u00e8res dans des processus chimiques et biologiques, elles doivent \u00eatre soumises \u00e0 un pr\u00e9traitement capable de d\u00e9sorganiser le compos\u00e9 lignocellulosique r\u00e9calcitrant. La lignine est un grand obstacle dans ce processus car sa rupture lib\u00e8re des substances qui inhibent la fermentation.<\/p>\n<p>Diff\u00e9rentes barri\u00e8res doivent donc\u00eatre surmont\u00e9es pour parvenir \u00e0 un processus \u00e9conomiquement viable. Le premier obstacle concerne le pr\u00e9traitement de la bagasse et de la paille. \u00ab Les mati\u00e8res premi\u00e8res se d\u00e9composent lentement. L\u2019enjeu est d\u2019arriver \u00e0 pr\u00e9traiter cette structure pour la rendre plus labile. Les premiers proc\u00e9d\u00e9s \u00e9taient tr\u00e8s destructifs et entra\u00eenaient une grande perte en sucre \u00bb, d\u00e9clare Carlos Eduardo Vaz Rossell, du CTBE. \u00ab Nous ne ma\u00eetrisons pas compl\u00e8tement les propri\u00e9t\u00e9s chimiques, physiques et m\u00e9caniques de la bagasse, de la paille et de leurs fractions. Il nous faut conna\u00eetre davantage la mati\u00e8re premi\u00e8re pour d\u00e9velopper dans l\u2019avenir des proc\u00e9d\u00e9s efficaces \u00bb, affirme-t-il.<\/p>\n<p>Un second obstacle concerne les catalyseurs utilis\u00e9s pour d\u00e9composer la cellulose. Dans le cas de l\u2019hydrolyse acide, il faut am\u00e9liorer l\u2019efficacit\u00e9 du proc\u00e9d\u00e9 qui actuellement ne permet pas un contr\u00f4le pr\u00e9cis de la rupture des liaisons chimiques. \u00ab Alors que l\u2019acide sulfurique d\u00e9truit une partie du sucre form\u00e9, l\u2019acide chloridrique qui est plus efficace, est plus corrosif, d\u2019o\u00f9 le besoin d\u2019alliages m\u00e9talliques on\u00e9reux \u00bb, affirme Carlos Eduardo Vaz Rossell. Dans le cas du processus d\u2019hydrolyse enzymatique, le probl\u00e8me r\u00e9side dans le co\u00fbt des enzymes et l\u2019\u00e9norme quantit\u00e9 n\u00e9cessaire pour provoquer la transformation de la cellulose en glucose. L\u2019un des d\u00e9fis de la recherche sera de d\u00e9couvrir des microorganismes capables de cr\u00e9er des enzymes plus productives.<\/p>\n<p>Les \u00c9tats-Unis ont mis\u00e9 sur un proc\u00e9d\u00e9 appel\u00e9 bio-traitement consolid\u00e9, dans lequel les quatre transformations biologiques n\u00e9cessaires \u00e0 la production de bio\u00e9thanol (production d\u2019enzymes, saccarification, fermentation d\u2019hexoses, fermentation de pentoses) se d\u00e9roulent en une seule phase. Des microorganismes g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9s produisent dans un processus ana\u00e9robique des enzymes plus actives que celles utilis\u00e9es dans les autres proc\u00e9d\u00e9s. Ces types de microorganisme doivent \u00eatre test\u00e9s parfaitement, car m\u00eame lorsqu\u2019ils se comportent bien en laboratoire, ils peuvent \u00eatre attaqu\u00e9s par d\u2019autres microorganismes qui s\u2019adaptent mieux \u00e0 l\u2019environnement. Nous ne devons pas ignorer le d\u00e9veloppement de microorganismes sophistiqu\u00e9s car ils peuvent nous aider \u00e0 mieux comprendre les processus en cours et agir en notre faveur\u00bb, d\u00e9clare Rubens Maciel.<\/p>\n<p>Il y a encore d\u2019autres obstacles \u00e0 surmonter comme l\u2019utilisation ad\u00e9quate des sucres de cinq atomes de carbone appel\u00e9s pentoses. \u00ab Il n\u2019y a pas de proc\u00e9d\u00e9s efficaces pour transformer ces sucres en \u00e9thanol. La plupart des levures n\u2019en ont pas la possibilit\u00e9 o\u00f9 sont si faibles qu\u2019elles n\u2019ont aucun impact. La cr\u00e9ation de nouvelles levures ou de nouveaux microorganismes est n\u00e9cessaire pour la transformation des pentoses en \u00e9thanol. Aujourd\u2019hui nous ne pourrions commercialiser que de l\u2019\u00e9thanol d\u2019hexoses \u00bb, d\u00e9clare Carlos Eduardo Vaz Rossell. Il y a encore d\u2019autres aspects \u00e0 r\u00e9soudre, comme les besoins encore \u00e9lev\u00e9s en eau, n\u00e9cessaire au processus de pr\u00e9traitement et l\u2019utilisation de la vinasse de canne, d\u00e9chet de la distillation, pour la transformer en \u00e9thanol. Quand la production d\u2019\u00e9thanol est issue de l\u2019hydrolyse, le d\u00e9chet ne contient ni potassium, ni phosphore et ne peut donc plus \u00eatre utilis\u00e9 comme engrais. Comme ce d\u00e9chet est un polluant, il faudra lui r\u00e9server une destination plus s\u00fbre. Carlos Eduardo Vaz Rossell voit l\u2019avenir avec optimisme. \u00ab Le nombre de chercheurs et de techniciens impliqu\u00e9s dans la recherche augmente de mani\u00e8re exponentielle \u00bb, dit-il. Selon le professeur Maciel, de l\u2019Unicamp, des efforts articul\u00e9s sont fondamentaux pour faire valoir les avantages comp\u00e9titifs de notre pays. \u00ab Dans toutes les lignes de recherche, il est bon qu\u2019il y ait une certaine dose de redondance pour comparer les diff\u00e9rentes mani\u00e8res d\u2019aborder le probl\u00e8me. Dans le cas de l\u2019\u00e9thanol de cellulose, nous aurons peut \u00eatre besoin de davantage d\u2019usines pilote. Gr\u00e2ce \u00e0 ces usines et une mobilisation organis\u00e9e de nombreux chercheurs, nous obtiendrons de meilleurs r\u00e9sultats \u00bb, conclut-il.<\/p>\n<p><strong>Union pour la durabilit\u00e9<\/strong><br \/>\n<em>Un workshop r\u00e9unissant des nord-am\u00e9ricains, des br\u00e9siliens et des argentins, <\/em><em>aborde l\u2019impact des biocarburants sur l\u2019utilisation de l\u2019eau et de la terre<\/em><\/p>\n<p>Il y a un vaste espace de concertation possible o\u00f9 les chercheurs br\u00e9siliens, argentins et \u00e9tatsuniens peuvent r\u00e9unir leurs efforts pour comprendre et r\u00e9duire l\u2019impact des technologies de production de biocarburants sur l\u2019utilisation de l\u2019eau et de la terre. Toutefois, pour viabiliser ces collaborations, il faudra surmonter des obstacles comme le manque de donn\u00e9es standard favorisant des \u00e9tudes comparatives et la construction de mod\u00e8les capables d\u2019expliquer les effets de ph\u00e9nom\u00e8nes complexes ou, trouver des mani\u00e8res d\u2019analyser scientifiquement les rapports existantes entre l\u2019augmentation des zones de ma\u00efs cultiv\u00e9es aux \u00c9tats-Unis et la d\u00e9forestation en Amazonie br\u00e9silienne. Cette conclusion est apparue suite aux discussions finales d\u2019un workshop qui a mobilis\u00e9 des scientifiques des trois pays, int\u00e9ress\u00e9s par la production de biocarburants. Alors que le Br\u00e9sil et les \u00c9tats-Unis sont les principaux producteurs de bio\u00e9thanol, l\u2019un d\u00e9riv\u00e9 de la canne \u00e0 sucre et l\u2019autre du ma\u00efs, l\u2019Argentine poss\u00e8de aussi un \u00e9norme potentiel, tant pour la production d\u2019\u00e9thanol que de biodi\u00e9sel. \u00abCes pays du continent am\u00e9ricain veulent d\u00e9finir collectivement des strat\u00e9gies alli\u00e9es \u00e0 une science de qualit\u00e9, afin d\u2019utiliser les ressources naturelles de mani\u00e8re durable\u00bb, d\u00e9clare Marcos Buckeridge, professeur \u00e0 l\u2019Institut de Biosciences de l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo et coordonnateur du workshop. Cet \u00e9v\u00e8nement, r\u00e9alis\u00e9 dans le cadre du programme FAPESP de Recherche en Bio\u00e9nergie (Bioen), est sponsoris\u00e9 par des agences de financement comme la FAPESP, le Conseil National de D\u00e9veloppement Scientifique et Technologique (CNPq), la Fondation Nationale des Sciences \u00e9tasunienne et des institutions comme l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo, l\u2019Universit\u00e9 de Buenos Aires et l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Iowa. \u00abL\u2019utilisation de l\u2019eau et de la terre associ\u00e9e \u00e0 la production de biocarburants a des cons\u00e9quences sociales, \u00e9conomiques et environnementales importantes, outre la complexit\u00e9 des proc\u00e9d\u00e9s technologiques. De nouveaux mod\u00e8les et des \u00e9quipes multidisciplinaires internationales seront n\u00e9cessaires pour \u00e9tudier ce th\u00e8me\u00bb, d\u00e9clare Robert Anex, professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Iowa.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Cap sur la bagasse","protected":false},"author":11,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1191],"tags":[],"coauthors":[98],"class_list":["post-118375","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-politique-st"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/118375","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=118375"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/118375\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=118375"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=118375"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=118375"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=118375"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}