{"id":118529,"date":"2013-05-21T16:49:45","date_gmt":"2013-05-21T19:49:45","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=118529"},"modified":"2013-05-21T18:11:48","modified_gmt":"2013-05-21T21:11:48","slug":"lavenir-de-la-nature-et-de-lagriculture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/lavenir-de-la-nature-et-de-lagriculture\/","title":{"rendered":"L\u2019avenir de la nature et de l\u2019agriculture"},"content":{"rendered":"<p><em>Publi\u00e9 en octobre 2009<\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_118542\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-118542\" alt=\"Le jaguar risque de devoir s\u2019installer dans des zones peu favorables\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/art3957img1-300x2721.jpg\" width=\"300\" height=\"272\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">EDUARDO CESAR<\/span>Le jaguar risque de devoir s\u2019installer dans des zones peu favorables<span class=\"media-credits\">EDUARDO CESAR<\/span><\/p><\/div>\n<p>D\u2019ici un si\u00e8cle, les changements climatiques vont entra\u00eener des modifications profondes dans la nature et l\u2019agriculture br\u00e9siliennes. Il est possible que le jaguar, le plus grand f\u00e9lin des Am\u00e9riques, ne rencontre plus de zones appropri\u00e9es pour vivre en Amazonie. Le Cerrado pourrait \u00e9galement dispara\u00eetre d\u00e9finitivement de la r\u00e9gion ouest de l\u2019\u00c9tat de S\u00e3o Paulo. Les pertes en mati\u00e8re de culture de soja pourraient s\u2019\u00e9lever \u00e0 40%, ce qui repr\u00e9senterait un manque \u00e0 gagner annuel de 4,3 milliards de r\u00e9aux. Il s\u2019agit l\u00e0 de certaines projections faites par des chercheurs pr\u00e9occup\u00e9s par les transformations climatiques et qui appartiennent au Groupe Intergouvernemental sur les Changements Climatiques (IPCC). Ces projections, qui permettent aux \u00e9cologistes et aux agronomes d\u2019oublier un instant le pr\u00e9sent pour se pencher sur l\u2019avenir, sont des mod\u00e8les math\u00e9matiques qui d\u00e9finissent en quelques param\u00e8tres les conditions environnementales essentielles pour chaque esp\u00e8ce, et simulent les \u00e9volutions du climat en utilisant diff\u00e9rents sc\u00e9narios de concentration de gaz \u00e0 effet de serre dans l\u2019atmosph\u00e8re.<\/p>\n<p>\u00ab Les unit\u00e9s de conservation actuelles peuvent s\u2019av\u00e9rer inutiles pour pr\u00e9server les esp\u00e8ces \u00bb, alerte Paulo De Marco J\u00fanior, de l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de Goi\u00e1s (UFG). Il dirige, avec Jos\u00e9 Alexandre Diniz-Filho, le Laboratoire d\u2019\u00c9cologie Th\u00e9orique et de Synth\u00e8se, l\u2019un des principaux groupes de recherche br\u00e9siliens utilisant des mod\u00e8les \u00e9cologiques. Pour l\u2019\u00e9cologue de l\u2019UFG, il est inutile de d\u00e9terminer une zone de for\u00eat \u00e0 prot\u00e9ger si elle n\u2019a aucune chance, dans l\u2019avenir, d\u2019abriter la diversit\u00e9 biologique que l\u2019on souhaite maintenir. C\u2019est le cas du jaguar (Panthera onca), th\u00e8se de doctorat de Nat\u00e1lia T\u00f4rres, orient\u00e9e par Jos\u00e9 Alexandre Diniz-Filho.<\/p>\n<p>A l\u2019aide de 1 053 relev\u00e9s sur le jaguar de la banque de donn\u00e9es de l\u2019Institut On\u00e7apintada (Jaguar), Nat\u00e1lia T\u00f4rres a d\u00e9fini les conditions climatiques id\u00e9ales pour les jaguars en se basant sur des param\u00e8tres relatifs aux pr\u00e9cipitations et \u00e0 la temp\u00e9rature. Bien qu\u2019ils puissent vivre dans des environnements vari\u00e9s, allant des for\u00eats denses, humides et sombres du coeur de l\u2019Amazonie aux r\u00e9gions arides de la Caatinga (for\u00eat d\u2019\u00e9pineux), des \u00e9tudes men\u00e9es \u00e0 l\u2019aide de pi\u00e8ges photo et du suivi de ces grands f\u00e9lins montrent qu\u2019ils pr\u00e9f\u00e8rent les for\u00eats ferm\u00e9es proches des cours d\u2019eau avec des temp\u00e9ratures oscillant entre 20 et 25 degr\u00e9s Celsius et des pluies durant une grande partie de l\u2019ann\u00e9e. Le mod\u00e8le qui a ainsi pass\u00e9 son premier test, a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 en se basant sur la r\u00e9partition actuelle des jaguars et a ensuite \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9 aux conditions climatiques pass\u00e9es. La r\u00e9partition trouv\u00e9e dans cet exercice de pr\u00e9vision du pass\u00e9, co\u00efncide avec les donn\u00e9es historiques de l\u2019\u00e9poque, quand les jaguars circulaient dans pratiquement tout le Br\u00e9sil, dans une zone deux fois plus grande que celle d\u2019aujourd\u2019hui et qu\u2019ils marquaient l\u2019imaginaire populaire.<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es de Nat\u00e1lia T\u00f4rres, publi\u00e9es \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 2008 dans la revue Cat News, pr\u00e9voient pour les cent prochaines ann\u00e9es une grande diminution des zones les plus propices aux jaguars. En Amazonie, par exemple, ces zones id\u00e9ales pourraient se limiter \u00e0 une r\u00e9gion appel\u00e9e arc de d\u00e9forestation, qui inclut le nord de l\u2019\u00c9tat du Mato Grosso et le sud de l\u2019\u00e9tat du Par\u00e1, o\u00f9 la pression de la culture du soja et de canne \u00e0 sucre est plus grande. L\u2019enjeu est d\u00e9sormais d\u2019y trouver des zones capables de subvenir aux besoins de ces populations de grands pr\u00e9dateurs et qu\u2019elles puissent \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9es.<\/p>\n<div id=\"attachment_118544\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-118544\" alt=\"Cerrado: un climat chaque fois moins propice dans la r\u00e9gion centrale\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/art3957img2-300x1991.jpg\" width=\"300\" height=\"199\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">RAFAEL OLIVEIRA<\/span>Cerrado: un climat chaque fois moins propice dans la r\u00e9gion centrale<span class=\"media-credits\">RAFAEL OLIVEIRA<\/span><\/p><\/div>\n<p>\u00ab Il est important de souligner que le mod\u00e8le indique une pr\u00e9sence possible de l\u2019esp\u00e8ce et que ce n\u2019est pas n\u00e9cessairement l\u00e0 qu\u2019elle se trouvera \u00bb, d\u00e9clare Nat\u00e1lia T\u00f4rres. Elle ajoutera au mod\u00e8le climatique des informations plus d\u00e9taill\u00e9es comme la taille des taches de v\u00e9g\u00e9tation. Elle pr\u00e9tend ainsi d\u00e9finir les zones prioritaires de pr\u00e9servation du jaguar. Une zone prometteuse se situe au sud de l\u2019Amazonie, le long du fleuve Araguaia, qui prend sa source \u00e0 la fronti\u00e8re du Mato Grosso et de l\u2019\u00c9tat de Goi\u00e1s et qui s\u2019\u00e9tend jusqu\u2019au nord pour se jeter dans le fleuve Tocantins, \u00e0 la fronti\u00e8re des \u00e9tats du Maranh\u00e3o, du Par\u00e1 et du Tocantins. \u00ab On trouve encore l\u00e0-bas des zones bien pr\u00e9serv\u00e9es \u00bb, d\u00e9clare Nat\u00e1lia T\u00f4rres, \u00ab il s\u2019agit d\u2019un couloir important pour les jaguars car il relie l\u2019Amazonie et le Cerrado \u00bb. Il co\u00efncide avec une partie de la zone qui devra \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9e pour la survie des jaguars. Cette pr\u00e9vision doit \u00eatre encore am\u00e9lior\u00e9e par des analyses plus d\u00e9taill\u00e9es. Le climatologue Carlos Nobre, de l\u2019Institut National de Recherches Spatiales (Inpe), est surpris de voir que le mod\u00e8le n\u2019indique pas la pr\u00e9sence de jaguars dans l\u2019ouest de l\u2019Amazonie. \u00ab Tous les mod\u00e8les pr\u00e9voient qu\u2019il y aura l\u00e0 des for\u00eats denses et humides \u00bb, affirme-t-il.<\/p>\n<p>La chercheuse sait pertinemment que le jaguar est capable de vivre dans des environnements tr\u00e8s vari\u00e9s. La diminution de ces zones ne signifie doncpas n\u00e9cessairement la disparition de ces f\u00e9lins. \u00ab Les changements climatiques ne devraient pas affecter leur r\u00e9partition g\u00e9n\u00e9rale, mais si la qualit\u00e9 de l\u2019environnement devait avoir un effet sur l\u2019abondance des animaux, cela serait pr\u00e9occupant pour le maintien de ces populations \u00bb. Elle cherche maintenant \u00e0 r\u00e9unir des informations pour sugg\u00e9rer des zones de pr\u00e9servation qui devront n\u00e9cessairement tenir compte de la taille des zones restantes, les grands pr\u00e9dateurs ont besoins de beaucoup d\u2019espace pour avoir des ressources suffisantes.<\/p>\n<p>Les amphibiens, plus sensibles aux conditions environnementales et moins mobiles, sont de bons indicateurs de l\u2019\u00e9tat des for\u00eats. \u00ab Ils d\u00e9pendent de la temp\u00e9rature et de l\u2019humidit\u00e9 du milieu, c\u2019est pour cela qu\u2019ils sont limit\u00e9s \u00e0 leur environnement \u00bb, d\u00e9clare Jo\u00e3o Giovanelli, de l\u2019Universit\u00e9 Publique Pauliste (Unesp) \u00e0 Rio Claro. Il a utilis\u00e9 des mod\u00e8les \u00e9cologiques pour analyser la r\u00e9partition future des amphibiens de la For\u00eat Atlantique comme celle des grenouilles qui ne vivent que sur le haut des montagnes et d\u2019une rainette avec des habitudes plus vari\u00e9es.<\/p>\n<p>En consid\u00e9rant un sc\u00e9nario pour 2100 avec deux fois plus de gaz carbonique (CO2) qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque pr\u00e9industrielle (une des possibilit\u00e9s pr\u00e9vues par d\u2019autres chercheurs), certaines esp\u00e8ces de petites grenouilles dor\u00e9es du type Brachycephalus, de la taille du gros orteil, peuvent dispara\u00eetre. Elles ne vivent que dans les zones humides et sur les hauteurs de la For\u00eat Atlantique o\u00f9 l\u2019\u00e9l\u00e9vation de la temp\u00e9rature pourrait modifier le r\u00e9gime des brouillards et \u00e9liminer ainsi une grande partie de ces for\u00eats qui ne pousseraient plus qu\u2019\u00e0 des dizaines ou des centaines de m\u00e8tres plus haut si les conditions essentielles sont r\u00e9unies. M\u00eame si cela devait arriver, le processus de migration de la for\u00eat sera long et les minuscules grenouilles qui ressemblent \u00e0 des gouttes d\u2019or sur les feuilles qui tapissent le sol de la for\u00eat pourraient, pendant ce temps, perdre leur milieu. Les Brachycephalus peuvent perdre plus de la moiti\u00e9 de leur milieu et diverses esp\u00e8ces peuvent dispara\u00eetre, conform\u00e9ment au chapitre du livre; La biologie et les changements climatiques au Br\u00e9sil, \u00e9crit par le groupe de l\u2019Unesp, dont fait partie le zoologue C\u00e9lio Haddad, \u00e9dit\u00e9 par Marcos Buckeridge, de l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo, et publi\u00e9 l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re par la maison d\u2019\u00e9dition RiMa.<\/p>\n<p>Jo\u00e3o Giovanelli montre \u00e9galement que certaines esp\u00e8ces s\u2019en sortiront mieux que d\u2019autres. La grenouille Hypsiboas bischoffi, par exemple, peut profiter des p\u00e9riodes de froid moins intenses dans certaines zones du Rio Grande do Sul et augmenter ainsi sa zone de r\u00e9partition de 57%.<\/p>\n<p><strong>Environnements mobiles<\/strong><br \/>\nLe modelage \u00e9cologique peut aider \u00e0 pr\u00e9voir le destin d\u2019\u00e9cosyst\u00e8mes entiers. C\u2019est ce que fait le groupe de Carlos Nobre. \u00ab Nous d\u00e9finissons le biome gr\u00e2ce \u00e0 un ensemble de param\u00e8tres climatiques qui consid\u00e8rent l\u2019humidit\u00e9 du sol, les temp\u00e9ratures, l\u2019\u00e9vapotranspiration des plantes et la r\u00e9sistance au feu, entre autres \u00bb, explique le climatologue. Le groupe estime, par exemple, qu\u2019\u00e0 la fin de ce si\u00e8cle, l\u2019Uruguay, aujourd\u2019hui tr\u00e8s froid, pourrait abriter la For\u00eat Atlantique. Les r\u00e9sultats, publi\u00e9s en 2007 dans le Geophysical Research Letters, indiquent \u00e9galement que seules des plantes adapt\u00e9es aux conditions de la savane, r\u00e9sisteront dans certaines r\u00e9gions de l\u2019Amazonie. \u00ab Le mod\u00e8le ne permet cependant pas de parler de migration des biomes qui est un processus \u00e9cologique tr\u00e8s lent et tr\u00e8s complexe \u00bb, d\u00e9clare-t-il.<\/p>\n<p>La botaniste Marinez Siqueira, du Jardin Botanique de Rio de Janeiro, a bas\u00e9 sa th\u00e8se de doctorat, orient\u00e9e par Giselda Durigan, de l\u2019Institut Forestier de l\u2019\u00c9tat de S\u00e3o Paulo, sur l\u2019effet des changements climatiques sur les arbres du Cerrado, v\u00e9g\u00e9tation typique du centre du Br\u00e9sil. Ce travail a d\u00e9bouch\u00e9 sur un article publi\u00e9 en 2003 dans la revue Biota Neotropica, o\u00f9 Marinez Siqueira mod\u00e9lise la r\u00e9partition de 162 esp\u00e8ces d\u2019arbres sur 50 ans et qui indique une r\u00e9duction drastique de la zone occup\u00e9e par la plupart d\u2019entre eux. Les conditions id\u00e9ales pour le Cerrado doivent se d\u00e9placer vers le sud de la r\u00e9gion de cet \u00e9cosyst\u00e8me, pour arriver pr\u00e8s de la fronti\u00e8re des \u00e9tats de S\u00e3o Paulo et du Mato Grosso do Sul.<\/p>\n<p>Marinez Siqueira d\u00e9taille maintenant ce qui devra se passer \u00e0 S\u00e3o Paulo, comme elle l\u2019a d\u00e9j\u00e0 fait lors de la Conf\u00e9rence Internationale sur l\u2019Informatique de la Biodiversit\u00e9 qui s\u2019est tenue \u00e0 Londres. Sur des projections \u00e9labor\u00e9es pour 2020 et 2080, elle montre que les conditions climatiques id\u00e9ales pour le Cerrado devront se d\u00e9placer vers l\u2019est de l\u2019\u00e9tat, pr\u00e8s de la Serra do Mar, qui abrite actuellement la For\u00eat Atlantique. \u00ab Mais cela ne veut pas dire que le Cerrado va envahir les zones de For\u00eat Atlantique \u00bb.<\/p>\n<p>En effet, la r\u00e9partition des esp\u00e8ces au niveau r\u00e9gional n\u2019est pas seulement d\u00e9finie par le climat. \u00ab Les temp\u00e9ratures et les pr\u00e9cipitations seules, ne conditionnent pas la pr\u00e9sence d\u2019esp\u00e8ces dans le Cerrado \u00bb, d\u00e9clare la chercheuse du Jardin Botanique carioca. Les esp\u00e8ces pr\u00e9sentes dans une r\u00e9gion d\u00e9termin\u00e9e d\u00e9pendent en partie de la capacit\u00e9 de r\u00e9tention de l\u2019eau par le sol. Il s\u2019agit d\u2019une cat\u00e9gorie de donn\u00e9es qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e dans les mod\u00e8les qu\u2019elle a utilis\u00e9s. La prochaine \u00e9tape sera d\u2019y rem\u00e9dier.<\/p>\n<p>Des mod\u00e8les plus complets aideront \u00e0 imaginer l\u2019avenir des oiseaux du Cerrado. L\u2019\u00e9cologue Miguel \u00c2ngelo Marini, de l\u2019Universit\u00e9 de Brasilia (UnB), a dirig\u00e9 une \u00e9tude qui a r\u00e9alis\u00e9 des projections sur l\u2019avenir de 26 esp\u00e8ces d\u2019oiseaux en 2030, 2065 et 2099. Selon les r\u00e9sultats publi\u00e9s en juin sur le site du Conservation Biology, la plupart de ces oiseaux devrait se d\u00e9placer d\u2019environ 200 kilom\u00e8tres vers le sud-est, justement la r\u00e9gion la plus urbanis\u00e9e du pays. Dans l\u2019\u00c9tat de S\u00e3o Paulo, par exemple, on estime qu\u2019il reste moins de 1% du Cerrado original. \u00ab Il ne suffit pas que le climat soit bon pour les oiseaux si la v\u00e9g\u00e9tation du Cerrado tarde \u00e0 arriver \u00bb, d\u00e9clare Marini, qui entrevoit une r\u00e9duction des zones occup\u00e9es par toutes les esp\u00e8ces \u00e9tudi\u00e9es, ce qui rar\u00e9fiera encore plus les oiseaux qui ont d\u00e9j\u00e0 une zone de r\u00e9partition limit\u00e9e. Il a montr\u00e9, en analysant ces zones, dans un article publi\u00e9 dans la revue Biological Conservation, que les oiseaux du Cerrado sont d\u00e9j\u00e0 peu prot\u00e9g\u00e9s aujourd\u2019hui et qu\u2019ils le seront encore moins dans l\u2019avenir. \u00ab Nous sommes en train d\u2019identifier de possibles endroits destin\u00e9s aux unit\u00e9s de conservation dans des r\u00e9gion de l\u2019\u00c9tat du Minas G\u00e9rais o\u00f9 le climat actuel co\u00efncidera \u00e0 celui d\u2019ici 50 ans \u00bb.<\/p>\n<p>Il est essentiel de planifier la pr\u00e9servation en regardant l\u2019avenir, il se peut que les zones qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9finies comme prioritaires pour l\u2019\u00c9tat de S\u00e3o Paulo durant un workshop de sp\u00e9cialistes en 2007, n\u2019aient plus les conditions climatiques n\u00e9cessaires pour abriter le Cerrado en 2080, selon les projections de Marinez Siqueira. \u00ab Les zones du Cerrado qui existent d\u00e9j\u00e0 dans la r\u00e9gion est de l\u2019\u00e9tat ont acquis une grande importance \u00bb, affirme-t-il. C\u2019est le cas des enclaves de Cerrado du Vale do Para\u00edba, dans la partie nord de l\u2019\u00c9tat de S\u00e3o Paulo, situ\u00e9es entre la Serra do Mar et la Serra da Mantiqueira, r\u00e9gion d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s modifi\u00e9e par l\u2019activit\u00e9 humaine et o\u00f9 il reste peu de fragments de v\u00e9g\u00e9tation native. Marinez Siqueira estime que cela vaut quand m\u00eame la peine d\u2019y \u00e9tablir des zones de pr\u00e9servation.<\/p>\n<p><strong>Risque calcul\u00e9<\/strong><\/p>\n<div id=\"attachment_118546\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-118546\" alt=\"Le tournesol: une superficie suffisante pour \u00e9chapper au climat inhospitalier et aux fl\u00e9aux\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/art3957img3-300x1991.jpg\" width=\"300\" height=\"199\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">EDUARDO CESAR<\/span>Le tournesol: une superficie suffisante pour \u00e9chapper au climat inhospitalier et aux fl\u00e9aux<span class=\"media-credits\">EDUARDO CESAR<\/span><\/p><\/div>\n<p>Les m\u00eames principes peuvent aider \u00e0 planifier la culture des principales denr\u00e9es br\u00e9siliennes. C\u2019est ce que l\u2019Entreprise Br\u00e9silienne de Recherche Agricole (Embrapa) a fait en partenariat avec l\u2019Universit\u00e9 Publique de Campinas (Unicamp), l\u2019Inpe et le soutien de l\u2019Ambassade de Grande-Bretagne. Selon un article paru l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, coordonn\u00e9 par l\u2019ing\u00e9nieur agronome Hilton Silveira Pinto, de l\u2019Unicamp, et l\u2019ing\u00e9nieur agricole Eduardo Assad, de l\u2019Embrapa, le r\u00e9chauffement global entra\u00eenera d\u00e9j\u00e0 en 2020 une perte annuelle de 7,4 milliards de r\u00e9aux en mati\u00e8re de r\u00e9colte de grains, si rien n\u2019est fait. Ce chiffre pourrait s\u2019\u00e9lever \u00e0 14 milliards de r\u00e9aux annuel en 2070. Le rapport s\u2019est attach\u00e9 \u00e0 analyser les endroits qui offriront les conditions climatiques id\u00e9ales pour les cultures les plus repr\u00e9sentatives du Br\u00e9sil. La totalit\u00e9 de ces cultures bas\u00e9es sur le coton, le caf\u00e9, la canne \u00e0 sucre, les haricots, le tournesol, le manioc, le ma\u00efs et le soja, correspond \u00e0 86% de la zone plant\u00e9e dans le pays.<\/p>\n<p>Le groupe a consid\u00e9r\u00e9 deux sc\u00e9narios. Le plus pessimiste consid\u00e8re une augmentation de la temp\u00e9rature se situant entre 2\u00b0C et 5,4\u00b0C jusqu\u2019en 2100, ce qui est plausible si rien n\u2019est fait pour r\u00e9duire les \u00e9missions. Le sc\u00e9nario le plus optimiste pr\u00e9voit une augmentation de la temp\u00e9rature se situant entre 1,4\u00b0C et 3,8\u00b0C jusqu\u2019en 2100, du moment que la croissance de la population humaine se stabilise, que les ressources naturelles soient pr\u00e9serv\u00e9es et que les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre diminuent. \u00ab Si le Br\u00e9sil reste stable dans l\u2019inaction \u00bb, ironise Hilton Pinto, \u00ab les pr\u00e9judices seront les suivants \u00bb: les pertes en mati\u00e8re de production de soja, qui est la culture qui souffrira le plus, peuvent d\u00e9passer 7 milliards de r\u00e9aux annuels en 2070, accompagn\u00e9es de la disparition des zones cultivables, principalement dans la R\u00e9gion Sud et dans le Cerrado nordestin. Avec une temp\u00e9rature inf\u00e9rieure \u00e0 10\u00b0C les plantes ne poussent pratiquement plus, et avec une temp\u00e9rature sup\u00e9rieure \u00e0 40\u00b0C, elles ne fleurissent plus normalement et ont tendance \u00e0 perdre leurs grains. En outre, le soja a besoin de beaucoup d\u2019eau durant la germination et entre la floraison et la production des grains.<\/p>\n<p>Les changements sont d\u00e9j\u00e0 en train de se produire. \u00ab Le caf\u00e9 de l\u2019ouest de S\u00e3o Paulo a migr\u00e9 vers le nordest de l\u2019\u00e9tat, dans la r\u00e9gion Mogiana\u00bb, d\u00e9clare Hilton Pinto. Lors de conversations avec des caf\u00e9iculteurs, il a constat\u00e9 que de 1995 \u00e0 nos jours, des vagues de chaleur ont compromis de mani\u00e8re exponentielle la floraison durant des mois normalement peu chauds, comme le mois de septembre, ce qui provoque l\u2019avortement des fleurs. Les d\u00e9g\u00e2ts ne vont cependant pas se g\u00e9n\u00e9raliser. \u00abLa canne \u00e0 sucre aime les temp\u00e9ratures chaudes avec des teneurs en CO2 plus \u00e9lev\u00e9es \u00bb, dit-il. Selon ses calculs, m\u00eame en ne faisant rien pour adapter ces cultures aux nouvelles conditions climatiques, la zone appropri\u00e9e de production pourrait d\u00e9j\u00e0 augmenter d\u2019environ 150% en 2020.<\/p>\n<p>Le groupe est maintenant en train d\u2019\u00e9valuer le montant que le Br\u00e9sil devra investir pour produire des plantes adapt\u00e9es aux nouvelles conditions climatiques. Selon l\u2019ing\u00e9nieur agronome de l\u2019Unicamp, le co\u00fbt de production de chaque nouvelle vari\u00e9t\u00e9 s\u2019\u00e9l\u00e8vera \u00e0 1 million de r\u00e9aux par an. Ces donn\u00e9es font partie d\u2019une nouvelle revue qui sera lanc\u00e9e ce mois-ci, et qui se focalise sur l\u2019att\u00e9nuation et l\u2019adaptation. Comme il faut dix ans pour d\u00e9velopper une nouvelle vari\u00e9t\u00e9, l\u2019addition s\u2019\u00e9l\u00e8vera \u00e0 10 millions de r\u00e9aux pour chacune d\u2019entre-elles.<\/p>\n<p>Les projections peuvent avoir des applications directes dans la pratique, \u00e0 travers le Zonage des Risques Climatiques qui \u00e9value les risques pour chaque culture et pour chaque commune du pays. Une probabilit\u00e9 de succ\u00e8s d\u2019environ 80% permettra au cultivateur d\u2019obtenir un financement. \u00ab Il s\u2019agit d\u2019un syst\u00e8me qui repr\u00e9sente 19 milliards de r\u00e9aux destin\u00e9s au financement de l\u2019agriculture familiale \u00bb, d\u00e9clare le chercheur.<\/p>\n<p>Bien que sa production soit faible au Br\u00e9sil, la culture du tournesol poss\u00e8de un grand atout en termes de superficie, d\u2019environ 4,4 millions de kilom\u00e8tres carr\u00e9s. Cette superficie devrait \u00eatre r\u00e9duite de 18% jusqu\u2019en 2070, principalement dans l\u2019agreste et le Cerrado nordestins. Cependant un fl\u00e9au menace davantage ces cultures que les changements climatiques. Il s\u2019agit des chenilles du papillon Chlosyne lacinia, qui mangent les feuilles et qui entra\u00eenent une chute de productivit\u00e9 pouvant atteindre 80%. Cet insecte connu au Br\u00e9sil sous le nom de fl\u00e9au du tournesol a \u00e9t\u00e9 l\u2019objet de la th\u00e8se d\u00e9fendue par la biologiste<br \/>\nJuliana Fortes, de l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de Vi\u00e7osa, en partenariat avec Paulo De Marco. Dans sa th\u00e8se de master orient\u00e9e par Evaldo Vilela, la chercheuse a utilis\u00e9 un sc\u00e9nario qui pr\u00e9voit une augmentation de 2,6\u00b0C durant les 100 prochaines ann\u00e9es. Juliana Fortes a constat\u00e9 que l\u2019\u00e9laboration du mod\u00e8le en consid\u00e9rant l\u2019esp\u00e8ce comme un tout peut d\u00e9boucher sur une r\u00e9partition erron\u00e9e, car dans le cas de ces papillons, chaque sous-esp\u00e8ce est r\u00e9gie par des exigences environnementales diff\u00e9rentes. Seule l\u2019esp\u00e8ce C. lacinia saundersii, la plus r\u00e9pandue au Br\u00e9sil, est consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9tant le fl\u00e9au du tournesol.<\/p>\n<p>Si les changements climatiques se v\u00e9rifient ils peuvent \u00eatre de bon augure pour le tournesol car ils doivent diminuer la superposition entre la chenille et les zones appropri\u00e9es \u00e0 la culture des fleurs jaunes riches en huile. La th\u00e8se de master, approuv\u00e9e cette ann\u00e9e, nous met \u00e9galement en garde, car si la sous-esp\u00e8ce de chenille C. lacinia lacinia, typique de l\u2019Am\u00e9rique Centrale, est introduite au Br\u00e9sil, elle pourra profiter des changements climatiques et s\u2019adapter dans une bonne partie du centre et du nord-est du pays. \u00ab Si cela devait se produire, au lieu d\u2019assister \u00e0 une r\u00e9duction la zone de pr\u00e9valence, la possible hybridation de la sous-esp\u00e8ce lacinia avec la saundersii pourrait, dans l\u2019avenir, repr\u00e9senter une augmentation de la zone occup\u00e9e par l\u2019esp\u00e8ce au Br\u00e9sil \u00bb, sp\u00e9cule Juliana Fortes, craignant ainsi de plus grands d\u00e9g\u00e2ts sur le tournesol.<\/p>\n<p><strong>Avenir en construction<\/strong><\/p>\n<div id=\"attachment_118548\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-118548\" alt=\"La cigale des champs: une migration vers la r\u00e9gion Sud-Est et moins d\u2019habitat appropri\u00e9\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/art3957img4-300x2251.jpg\" width=\"300\" height=\"225\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\"> CHARLES DUCA\/VILA VELHA UNIVERSITY CENTER<\/span>La cigale des champs: une migration vers la r\u00e9gion Sud-Est et moins d\u2019habitat appropri\u00e9<span class=\"media-credits\"> CHARLES DUCA\/VILA VELHA UNIVERSITY CENTER<\/span><\/p><\/div>\n<p>L\u2019utilisation de mod\u00e8les est chaque fois plus r\u00e9pandu et peut devenir un outil essentiel pour faire face aux changements climatiques, mais ils sont encore en cours d\u2019am\u00e9lioration, \u00e0 mesure que la connaissance avance. Il y a des dizaines de mod\u00e8les diff\u00e9rents et chacun accorde une importance distincte aux diff\u00e9rentes variables climatiques. De nombreux chercheurs appliquent plusieurs mod\u00e8les pour parvenir \u00e0 un consensus et \u00e9laborer ainsi les cartes de la future r\u00e9partition. \u00ab Notre travail consiste \u00e0 fournir des projections du climat futur \u00bb, d\u00e9clare le climatologue Jos\u00e9 Antonio Marengo, coordonnateur du groupe sur les changements climatiques du Centre Scientifique du Syst\u00e8me Terrestre, de l\u2019Inpe. C\u2019est dans ce centre qu\u2019une \u00e9quipe interdisciplinaire am\u00e9liore constamment les mod\u00e8les en ins\u00e9rant\u00a0 davantage de donn\u00e9es et en am\u00e9liorant la repr\u00e9sentation math\u00e9matique des processus complexes qui se d\u00e9roulent dans la nature. \u00ab Les mod\u00e8les sont des outils math\u00e9matiques et tout mod\u00e8le est incertain \u00bb. D\u2019apr\u00e8s lui, il faut tenir compte de cette incertitude pour d\u00e9terminer les projections les plus fiables, y compris pour trouver des mani\u00e8res d\u2019am\u00e9liorer le mod\u00e8le o\u00f9 il ne fonctionne pas. Son \u00e9quipe utilise des donn\u00e9es et des informations nationales et internationales pour d\u00e9velopper des mod\u00e8les r\u00e9gionaux qui fournissent davantage de d\u00e9tails sur le climat br\u00e9silien et d\u2019Am\u00e9rique du Sud, mais il n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 possible d\u2019arriver \u00e0 un niveau de d\u00e9tail souhait\u00e9 pour l\u2019ensemble du pays. \u00ab La fiabilit\u00e9 des projections est relativement moindre dans le Centre-Ouest et dans le coeur de la R\u00e9gion Sud-Est, car certains processus relatifs aux zones continentales ne sont pas encore bien repr\u00e9sent\u00e9s dans les mod\u00e8les \u00bb, d\u00e9clare-t-il. \u00ab Le Pantanal pr\u00e9sente des difficult\u00e9s encore plus grandes, car les mod\u00e8les ne s\u2019adaptent pas bien aux \u00e9missions et \u00e0 la repr\u00e9sentation hydrologique de marais de cette taille \u00bb.<\/p>\n<p>Jos\u00e9 Antonio Marengo indique que l\u2019Inpe travaille avec des mod\u00e8les qu\u2019il conna\u00eet dans les moindres d\u00e9tails, mais qu\u2019il est difficile dans certaines r\u00e9gions d\u2019obtenir des donn\u00e9es climatologiques continues, de grande qualit\u00e9 et sur une longue dur\u00e9e, avec des relev\u00e9s quotidiens qui sont n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019\u00e9tude des extr\u00eames climatiques. \u00ab Si nous poss\u00e9dions des bases de donn\u00e9es plus fines, nous pourrions faire des analyses plus d\u00e9taill\u00e9es, par exemple de l\u2019\u00e9chelle d\u2019un bassin dans l\u2019\u00c9tat de S\u00e3o Paulo \u00bb, affirme Paulo De Marco. En outre, il faut conna\u00eetre les diff\u00e9rents mod\u00e8les \u00e0 fond. \u00ab Il ne suffit pas seulement d\u2019appuyer sur un bouton pour obtenir une r\u00e9ponse \u00bb, d\u00e9clare Jo\u00e3o Giovanelli. \u00ab Il faut conna\u00eetre le fonctionnement du mod\u00e8le et disposer d\u2019une banque de donn\u00e9es sur l\u2019esp\u00e8ce pour savoir s\u2019ils seront compatibles avec les questions que nous posons \u00bb.<\/p>\n<p>Une autre difficult\u00e9 rencontr\u00e9e par les mod\u00e8les est d\u2019ordre \u00e9cologique. Les endroits o\u00f9 une esp\u00e8ce existe ne sont pas n\u00e9cessairement les seuls o\u00f9 elle pourrait exister. De m\u00eame que Marinez Siqueira ne peut pas \u00eatre certain que le Cerrado envahira les zones de For\u00eat Atlantique, les jaguars pourront bien arriver \u00e0 vivre dans des zones moins favorables et les grenouilles des montagnes ne souffrirons peut \u00eatre pas autant qu\u2019on le pense face aux changements climatiques. Selon C\u00e9lio Haddad, il y a d\u00e9j\u00e0 des relev\u00e9s qui indiquent la pr\u00e9sence d\u2019amphibiens typiques du Cerrado en pleine For\u00eat Atlantique. Pour Paulo De Marco, ceci n\u2019est pas probl\u00e9matique. \u00ab Nous faisons des projections pour l\u2019avenir en utilisant des esp\u00e8ces sur lesquelles nous avons des donn\u00e9es suffisantes pour repr\u00e9senter leur r\u00e9partition et leur \u00e9cologie \u00bb, affirme-t-il. \u00ab En outre, les travaux en cours montrent que la niche \u00e9cologique actuelle d\u2019une esp\u00e8ce est une bonne mani\u00e8re de pr\u00e9voir la niche future \u00bb. Ceci dans des conditions normales. L\u2019\u00e9cologue de Goi\u00e1s explique que les esp\u00e8ces invasives, qui changent brutalement d\u2019habitat, s\u2019adaptent rapidement aux nouvelles conditions.<\/p>\n<p>La connaissance acquise gr\u00e2ce \u00e0 ces projections fiabilisent davantage les outils qui permettent de faire face aux changements environnementaux provoqu\u00e9s par l\u2019homme, tels les effets amplifi\u00e9s de la d\u00e9forestation, comme le montre l\u2019article dans les prochaines pages.<\/p>\n<p><em>Articles scientifiques<\/em><br \/>\n1. MARINI, M.A. et al. Predicted climatedriven distribution changes and forecasted conservation conflicts in a neotropical savanna. <strong>Conservation Biology<\/strong>. 2009.<br \/>\n2. SALAZAR, L.F. et al. Climate change consequences on the biome distribution in tropical South America. <strong>Geophysical Research Letters<\/strong>. v. 34. 2007.<br \/>\n3. SIQUEIRA, M.F. de; PETERSON, A.T. Consequences of global climate change for geographic distributions of Cerrado tree species. <strong>Biota Neotropica<\/strong>. v. 3, n. 2. 2003.<br \/>\n4. T\u00d4RRES, N.M. et al. Jaguar distribution in Brazil: past, present and future. <strong>Cat News<\/strong>. Autumn 2008.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"L\u2019avenir de la nature et de l\u2019agriculture","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1180],"tags":[],"coauthors":[95],"class_list":["post-118529","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-sciences"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/118529","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=118529"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/118529\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=118529"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=118529"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=118529"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=118529"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}