{"id":118674,"date":"2013-05-22T17:24:32","date_gmt":"2013-05-22T20:24:32","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=118674"},"modified":"2013-05-22T17:28:43","modified_gmt":"2013-05-22T20:28:43","slug":"defi-au-fond-de-locean","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/defi-au-fond-de-locean\/","title":{"rendered":"D\u00e9fi au fond de l\u2019oc\u00e9an"},"content":{"rendered":"<p><em>Publi\u00e9 en mai 2009<\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-118700\" alt=\"\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/petroleo1-300x199.jpg\" width=\"300\" height=\"199\" \/><span class=\"media-credits-inline\">PETROBRAS<\/span>L \u2019exploi treprises p\u00e9troli\u00e8res : la pr\u00e9sence de micro-organismes qui d\u00e9t\u00e9riorent l\u2019huile. En plus des forces de la nature comme les courants marins et la pression au fond de l\u2019oc\u00e9an qui requi\u00e8rent l\u2019utilisation de technologies de pointe pour installer des plates-formes, ces migro-organismes sont un d\u00e9fi suppl\u00e9mentaire \u00e0 relever. Plusieurs esp\u00e8ces de bact\u00e9ries vivent aussi bien dans les r\u00e9servoirs que dans l\u2019eau pr\u00e9sente dans les puits de p\u00e9trole. Elles se nourrissent et d\u00e9t\u00e9riorent l\u2019huile, mais en plus secr\u00e8tent des biofi lms, des structures mol\u00e9culaires utilis\u00e9es pour se prot\u00e9ger d\u2019agents toxiques et se fi xer naturellement sur les roches et les s\u00e9diments.<\/p>\n<p>Avec le d\u00e9but de la production sous-marine, les biofi lms \u2013 qui peuvent aussi \u00eatre form\u00e9s par l\u2019accumulation des bact\u00e9ries elles-m\u00eames \u2013 commencent \u00e0 se fi xer sur les plastiques et les m\u00e9taux. Ces structures de taille microm\u00e9trique s\u2019entassent et atteignent des \u00e9paisseurs pouvant aller jusqu\u2019\u00e0 quatre millim\u00e8tres (mm). Anita Marsaioli, professeur de l\u2019Universit\u00e9 de Campinas (Unicamp) qui participe \u00e0 plusieurs projets en collaboration avec le groupe p\u00e9trolier Petrobras pour identifi er et \u00e9tudier ces bact\u00e9ries et les enzymes qu\u2019elles produisent, constate que \u00ab ces biofi lms endommagent l\u2019exploitation p\u00e9troli\u00e8re parce qu\u2019ils se collent \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des tuyaux et corrodent les conduits qui sont des \u00e9quipements diffi ciles \u00e0 nettoyer \u00bb.<\/p>\n<p>Dans ce processus de d\u00e9gradation, une partie du p\u00e9trole d\u2019une grande valeur commerciale est partiellement ou totalement d\u00e9truite, ce qui r\u00e9duit sa valeur. \u00ab Les bact\u00e9ries transforment les hydrocarbures en acides gras et l\u2019huile devient plus lourde et de moins bonne qualit\u00e9 \u00bb, observe Anita Marsaioli. Une meilleure connaissance de cette population de bact\u00e9ries et des conditions favorables \u00e0 leur d\u00e9veloppement va permettre d\u2019\u00e9laborer des strat\u00e9gies pour r\u00e9duire les risques au niveau de l\u2019exploitation et faire en sorte de d\u00e9tecter et d\u2019anticiper les probl\u00e8mes dans la production. Il existe \u00e9galement un potentiel immense pour l\u2019utilisation future de certains de ces micro-organismes en mati\u00e8re de nettoyage \u2013 au moyen de techniques de biotechnologie \u2013 du p\u00e9trole qui s\u2019est \u00e9chapp\u00e9 des ol\u00e9oducs, des plates-formes et des navires de transport. \u00ab Nous savons par exemple qu\u2019il existe des bact\u00e9ries qui produisent des biosurfactants dont la fonction est double : d\u2019un c\u00f4t\u00e9, ils inhibent la croissance d\u2019autres esp\u00e8ces de bact\u00e9ries, ce qui est bon, mais de l\u2019autre ils dissolvent le p\u00e9trole \u00bb. Les biosurfactants sont des mol\u00e9cules produites par les bact\u00e9ries qui r\u00e9duisent la tension de surface \u00e0 la zone frontali\u00e8re entre l\u2019eau et l\u2019huile dans les r\u00e9servoirs, facilitant ainsi le m\u00e9lange de ces liquides et une d\u00e9gradation ult\u00e9rieure du p\u00e9trole.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudes r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 l\u2019Unicamp en partenariat avec le Centre de Recherche et de D\u00e9veloppement (Cenpes) de Petrobras sont faites avec l\u2019eau et le p\u00e9trole extraits du bassin de Campos. Les bact\u00e9ries vivent aussi bien dans la zone entre l\u2019huile et l\u2019eau existante dans les puits que s\u00e9par\u00e9ment dans chacun de ces milieux, \u00e0 des profondeurs de 2800 m\u00e8tres \u00e0 partir de la lame d\u2019eau \u2013 conform\u00e9ment \u00e0 ce qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9 jusqu\u2019ici, dans des temp\u00e9ratures proches de 80\u00baC comme au champ p\u00e9trolier Pampo, situ\u00e9 \u00e0 pr\u00e8s de 100 kilom\u00e8tres de la c\u00f4te de Rio de Janeiro. \u00ab Pour \u00e9tudier ces mat\u00e9riaux, nous recevons directement des plates-formes des \u00e9chantillons d\u2019eau et d\u2019huile dans des r\u00e9cipients en verre scell\u00e9s. Puis nous cultivons ces bact\u00e9ries dans plusieurs milieux ici dans les laboratoires de Campinas \u00bb, explique Anita Marsaioli.<\/p>\n<p>Parmi les raisons scientifi ques \u00e0 l\u2019origine de l\u2019\u00e9tude de ces bact\u00e9ries, les chercheurs tentent de savoir si elles sont a\u00e9robies ou ana\u00e9robies. Les premi\u00e8res ont besoin d\u2019oxyg\u00e8ne pour vivre, tandis que les secondes non. C\u2019est une donn\u00e9e fondamentale pour comprendre la formation de ces bact\u00e9ries et d\u00e9couvrir comment faire avec leur pr\u00e9sence dans le milieu d\u2019exploitation p\u00e9troli\u00e8re. Toujours selon Anita Marsaioli, \u00ab le r\u00e9servoir de p\u00e9trole est un milieu ana\u00e9robien, mais nous pensons qu\u2019il peut exister des micromilieux o\u00f9 l\u2019oxyg\u00e8ne est surtout produit par la p\u00e9n\u00e9tration d\u2019eau \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des gisements ou par r\u00e9actions chimiques \u00bb. Dans le travail r\u00e9alis\u00e9 par le groupe \u2013 dont fait \u00e9galement partie le g\u00e9ologue de Petrobras Eug\u00eanio dos Santos Neto \u2013, 29 bact\u00e9ries des deux types ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 identifi \u00e9es et \u00e9valu\u00e9es, et une grande partie d\u2019entre elles a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une tendance \u00e0 la biod\u00e9gradation du p\u00e9trole. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, les \u00e9tudes montrent que les lign\u00e9es de bact\u00e9ries du groupe des a\u00e9robies et qui ont une bonne production de biofi lms ne d\u00e9t\u00e9riorent pas le p\u00e9trole.<\/p>\n<p>L\u2019hypoth\u00e8se des chercheurs est que dans les relations de cohabitation entre les bact\u00e9ries a\u00e9robies et ana\u00e9robies, les biofi lms produits par les premi\u00e8res peuvent jouer le r\u00f4le d\u2019\u00ab \u00e9ponge \u00bb d\u2019oxyg\u00e8ne et agir pour augmenter ou diminuer l\u2019activit\u00e9 de d\u00e9t\u00e9rioration des autres. Toute la collection de bact\u00e9ries trouv\u00e9es dans les puits et analys\u00e9es (beaucoup \u00e9tant encore inconnues de la science) fait partie d\u2019une collection de Petrobras maintenue par l\u2019Unicamp.<\/p>\n<p>Les activit\u00e9s du groupe de recherche incluent la participation des professeurs Luzia Koike et Francisco Machado Reis, de l\u2019IQ de l\u2019Unicamp, et de la professeur Val\u00e9ria Maia de Oliveira, du Centre de Recherches Chimiques, Biologiques et Agricoles (CPBQA), \u00e9galement de l\u2019Unicamp. Depuis 2003, le groupe a d\u00e9j\u00e0 obtenu 10 millions de r\u00e9aux pour des recherches gr\u00e2ce aux ressources du Fonds Sectoriel du P\u00e9trole (CTPetro) et du R\u00e9seau Th\u00e9matique de G\u00e9ochimie, un des r\u00e9seaux technologiques de Petrobras fi nanc\u00e9 par l\u2019entreprise \u00e0 hauteur de 0,5 % de la production de p\u00e9trole dans des champs de productivit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e et qui, au regard de la loi, doivent \u00eatre destin\u00e9s \u00e0 des recherches en partenariat avec les universit\u00e9s.<\/p>\n<p><em>Article scientifique<\/em><br \/>\nCRUZ, Georgiana F. Da, SANTOS NETO, E.V. &amp; MARSAIOLI, A.J. Petroleum degradation by aerobic microbiota from the Pampo Sul Oil Field, Campos Basin, Brazil . <strong>Organic Geochemistry<\/strong>. v. 39, p.p 1204-1209, 2008<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"D\u00e9fi au fond de l\u2019oc\u00e9an","protected":false},"author":10,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1194],"tags":[],"coauthors":[97],"class_list":["post-118674","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-technologie"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/118674","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=118674"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/118674\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=118674"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=118674"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=118674"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=118674"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}