{"id":118851,"date":"2013-05-24T14:09:24","date_gmt":"2013-05-24T17:09:24","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=118851"},"modified":"2013-05-24T14:10:17","modified_gmt":"2013-05-24T17:10:17","slug":"en-route-vers-linconnu-sans-fin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/en-route-vers-linconnu-sans-fin\/","title":{"rendered":"En route vers l\u2019inconnu sans fin"},"content":{"rendered":"<p><em>Je n\u2019avais point encore plong\u00e9 mon regard dans <\/em><em>ce puits insondable o\u00f9 j\u2019allais m\u2019engouffrer. Le<\/em><em> moment \u00e9tait venu. Je pouvais encore ou prendre <\/em><em>mon parti de l\u2019entreprise ou refuser de la tenter.<\/em><br \/>\n<em>Jules Verne<\/em><\/p>\n<p>L\u2019excellent reportage en couverture de cette \u00e9dition fran\u00e7aise de la revue Pesquisa FAPESP a attis\u00e9 mon envie de relire l\u2019oeuvre classique de Jules Verne de 1864, Voyage au centre de la Terre. S\u2019il laisse de c\u00f4t\u00e9 le r\u00eave de la descente dans les entrailles de notre plan\u00e8te r\u00e9alis\u00e9 partiellement par l\u2019audacieux professeur Otto Lidenbrock, il met cependant en lumi\u00e8re des \u00e9tudes qui examinent inlassablement ces profondeurs les plus distantes. Certes, la m\u00e9thode est moins risqu\u00e9e et se vaut d\u2019instruments plus adapt\u00e9s au XXIe si\u00e8cle, \u00e0 l\u2019exemple des simulations informatiques. Par le biais de ces forages virtuels de l\u2019int\u00e9rieur de la plan\u00e8te, les responsables de ces \u00e9tudes \u2013 plus physiciens que g\u00e9ologues \u2013 offrent une nouvelle connaissance sur la structure et les transformations de min\u00e9raux qui se forment \u00e0 des milliers de kilom\u00e8tres de la surface de la terre. En outre, et comme le montre notre \u00e9diteur sp\u00e9cial Carlos Fioravanti, ils renforcent l\u2019hypoth\u00e8se de l\u2019existence d\u2019un volume d\u2019eau sup\u00e9rieur \u00e0 celui d\u2019un oc\u00e9an diss\u00e9min\u00e9 \u00ab dans la masse \u00e9paisse de roches sous nos pieds \u00bb.<\/p>\n<p>C\u2019est peut-\u00eatre la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cette masse d\u2019eau dans la Terre et l\u2019utilisation du terme \u2018oc\u00e9an\u2019, synonyme d\u2019immensit\u00e9, qui ont r\u00e9veill\u00e9 ma premi\u00e8re lecture de Jules Verne. Dans ma m\u00e9moire est apparue l\u2019image un peu floue de cette immense mer souterraine fictionnelle sur le chemin qui m\u00e8ne au coeur de la plan\u00e8te, peupl\u00e9 d\u2019incroyables animaux pr\u00e9historiques protagonistes de luttes terrifiantes, secou\u00e9 de cataclysmes, entrecoup\u00e9 d\u2019ab\u00eemes vertigineux. Face \u00e0 cette mer attaqu\u00e9e par de sombres \u00e9v\u00e9nements, les trois aventuriers cr\u00e9\u00e9s par le c\u00e9l\u00e8bre \u00e9crivain me sont revenus en m\u00e9moire : Lidenbrock, son neveu Axel, le narrateur, et Hans, le guide islandais courageux et silencieux. J\u2019avais besoin de ranimer ces images, de voir comment le reportage contemporain de Pesquisa FAPESP les avait sortis de leurs lointains refuges mentaux pour pouvoir me replonger dans la lecture de l\u2019ouvrage.<\/p>\n<p>J\u2019ai d\u2019abord \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e \u00e0 l\u2019amour d\u00e9clar\u00e9 de Jules Verne pour la science ; un amour \u2018illuministe\u2019 au sens large, que je n\u2019avais pas per\u00e7u du haut de mes 10 ou 11 ans. Lors d\u2019une conversation avec son neveu et disciple, Lidenbrock lui fait remarquer que \u00ab la science est \u00e9minemment perfectible, et que chaque th\u00e9orie est incessamment d\u00e9truite par une th\u00e9orie nouvelle \u00bb. Des le\u00e7ons sur l\u2019ab\u00eeme surgissent des lumi\u00e8res sur la m\u00e9thode scientifique : \u00ab La science, mon gar\u00e7on, est faite d\u2019erreurs, mais d\u2019erreurs qu\u2019il est bon de commettre, car elles m\u00e8nent peu \u00e0 peu \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 \u00bb. Les affirmations sur le caract\u00e8re de la connaissance scientifique se m\u00ealent \u00e0 l\u2019explicitation des th\u00e9ories g\u00e9ologiques, cosmologiques ou biologiques, alors en conflit avec les solutions technologiques et techniques. Et pourtant, tout cela est ins\u00e9r\u00e9 d\u2019une telle mani\u00e8re dans la structure du puissant r\u00e9cit de Jules Verne, si impr\u00e9gn\u00e9de l\u2019aventure tendue en route vers le centre de la terre, si entrelac\u00e9 aux inventions fantastiques de l\u2019imagination de l\u2019auteur, qu\u2019il devient possible de l\u2019absorber intelligemment dans une exp\u00e9rience de pur plaisir. Je pensais \u00e0 cela au terme de ma lecture quand soudain j\u2019ai retrouv\u00e9 une sensation ancienne et merveilleuse issue de ces aventures de Jules Verne : il est possible de faire, refaire, transformer, cr\u00e9er, s\u2019aventurer dans l\u2019inconnu et d\u00e9couvrir des mondes. Je ne savais pas encore le nom de l\u2019instrument de base que Verne identifiait pour toute cette puissance de l\u2019\u00eatre.<\/p>\n<p>Des profondeurs de la terre au fond de la mer. Le nom Alpha Crucis est sonore et pourrait \u00e9voquer le personnage central d\u2019une saga. En r\u00e9alit\u00e9, la combinaison des deux termes latins que l\u2019on pourrait litt\u00e9ralement traduire par \u2018croix alpha\u2019 nomme l\u2019\u00e9toile la plus brillante de la constellation de la Croix du Sud \u2013 une \u00e9toile qui, en plus, repr\u00e9sente l\u2019\u00e9tat de S\u00e3o Paulo sur le ciel symbolique du drapeau br\u00e9silien. Mais ici les mots font allusion au nouveau navire oc\u00e9anographique de l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo (USP) qui est arriv\u00e9 en mars 2012 au Br\u00e9sil apr\u00e8s des mois de p\u00e9rip\u00e9tieset d\u2019obstacles techniques et bureaucratiques en tous genres, de la r\u00e9forme dans un chantier naval nord-am\u00e9ricain au voyage jusqu\u2019au Br\u00e9sil. Le r\u00e9cit singulier est un \u00e9chantillon des barri\u00e8res qu\u2019il faut souvent abattre pour le montage d\u2019une infrastructure moderne et solide de la recherche nationale la plus avanc\u00e9e. Sans compter la persistance et les \u00e9normes efforts individuels, si souvent requis pour d\u00e9passer les obstacles. Il y a peu encore, l\u2019Alpha Crucis s\u2019appelait Moana Wave, il \u00e9tait am\u00e9ricain et naviguait pour l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Hawa\u00ef. D\u00e9sormais il sera bient\u00f4t une plate-forme importante de la recherche br\u00e9silienne sur la biodiversit\u00e9, les changements climatiques et l\u2019exploration du pr\u00e9-sel. Et l\u2019aventure, avec ses protagonistes et antagonismes, est ici joliment racont\u00e9e par l\u2019\u00e9diteur Fabr\u00edcio Marques.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"En route vers l\u2019inconnu sans fin","protected":false},"author":488,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1179],"tags":[],"coauthors":[1206],"class_list":["post-118851","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-editorial-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/118851","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/488"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=118851"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/118851\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=118851"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=118851"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=118851"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=118851"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}