{"id":118995,"date":"2013-05-24T18:07:00","date_gmt":"2013-05-24T21:07:00","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=118995"},"modified":"2013-05-27T13:19:39","modified_gmt":"2013-05-27T16:19:39","slug":"la-saga-de-lalpha-crucis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/la-saga-de-lalpha-crucis\/","title":{"rendered":"La saga de l\u2019Alpha Crucis"},"content":{"rendered":"<p><em>Publi\u00e9 en mai 2012<\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-119034\" alt=\"\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/018-025_Navio_195-2b-282x300.jpg\" width=\"282\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/018-025_Navio_195-2b-282x300.jpg 282w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/018-025_Navio_195-2b.jpg 290w\" sizes=\"auto, (max-width: 282px) 100vw, 282px\" \/><span class=\"media-credits-inline\">LUIZ NONNATO<\/span>Le 29 mars 2012, le directeur de l\u2019Institut Oc\u00e9anographique de l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo (USP), Michel Michaelovitch de Mahiques, a re\u00e7u un courrier \u00e9lectronique qui ne pr\u00e9sageait rien de bon quelques minutes avant 13 heures. Le message provenait de Rosely Aparecida Figueiredo Prado, g\u00e9rante d\u2019importation-exportation de la FAPESP, et disait : \u00ab Professeur, retrouvez-moi sur Skype, j\u2019ai un probl\u00e8me \u00bb. Le message \u00e9tait d\u2019autant plus intrigant qu\u2019au cours des quinze derniers mois tous deux s\u2019\u00e9taient \u00e9vertu\u00e9s \u00e0 r\u00e9soudre une suite interminable d\u2019obstacles li\u00e9s \u00e0 l\u2019acquisition, la r\u00e9forme et le transfert vers le Br\u00e9sil du nouveau navire oc\u00e9anographique de l\u2019\u00e9tat de S\u00e3o Paulo. Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce 29 mars qu\u2019\u00e9tait programm\u00e9 le d\u00e9part du chantier de Seattle (\u00c9tats-Unis), o\u00f9 il venait d\u2019\u00eatre compl\u00e8tement remodel\u00e9 \u2013 avant la r\u00e9forme, il s\u2019appelait Moana Wave, \u00e9tait de nationalit\u00e9 nord-am\u00e9ricaine et utilis\u00e9 par l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Hawa\u00ef.<\/p>\n<p>\u00c9puis\u00e9 (\u00ab Les difficult\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 telles que parfois je pensais qu\u2019on n\u2019arriverait pas \u00e0 faire sortir le navire des \u00c9tats-Unis \u00bb), le professeur Mahiques n\u2019\u00e9tait pas \u00e0 Seattle \u00e0 ce moment-l\u00e0 parce qu\u2019il n\u2019a pas pu attendre que soit r\u00e9solu un probl\u00e8me d\u00e9tect\u00e9 apr\u00e8s la r\u00e9forme : un probl\u00e8me technique qui a retenu l\u2019embarcation, l\u2019\u00e9quipage et les chercheurs au chantier naval pendant 43 jours. Rosely Prado a d\u00fb rester sur place pendant toute cette p\u00e9riode alors qu\u2019elle n\u2019avait pr\u00e9vu d\u2019y passer qu\u2019une semaine. Mahiques a respir\u00e9 un grand coup et s\u2019est connect\u00e9 \u00e0 Skype. Finalement, c\u2019est une bonne nouvelle qui l\u2019attendait : \u00ab Puisque que vous n\u2019avez pas pu rester pour voir le navire sortir du chantier, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019emmener le navire jusqu\u2019\u00e0 vous \u00bb, lui a-t-elle dit. Elle avait branch\u00e9 son ordinateur portable au r\u00e9seau Internet du chantier et lui a montr\u00e9, via webcam, l\u2019embarcation de l\u2019\u00e9quipage et des chercheurs ainsi que le d\u00e9part du navire : \u00ab Il pleuvait \u00e0 Seattle et j\u2019ai quasiment perdu mon ordinateur, mais le professeur Mahiques m\u00e9ritait, plus que toute autre personne, d\u2019\u00eatre l\u00e0. \u00c7a a \u00e9t\u00e9 mon cadeau d\u2019anniversaire \u00bb \u2013 Mahiques soufflait 51 bougies ce jour-l\u00e0.<\/p>\n<p>Baptis\u00e9 du nom de l\u2019\u00e9toile qui repr\u00e9sente S\u00e3o Paulo sur le drapeau du Br\u00e9sil, l\u2019Alpha Crucis a donc entrepris son voyage inaugural jusqu\u2019au port br\u00e9silien de Santos, avec une arriv\u00e9e pr\u00e9vue pour la mi-mai. Le premier voyage a re\u00e7u le nom d\u2019InterOceanos et donn\u00e9 lieu \u00e0 un poster comm\u00e9moratif. Le navire est aussi bien attendu par les professeurs et les \u00e9tudiants de l\u2019Institut Oc\u00e9anographique de l\u2019USP que par d\u2019autres institutions, car il permettra d\u2019augmenter la qualit\u00e9 de leurs recherches. Avec 64 m\u00e8tres de long et 11 de large, il peut rester en haute mer jusqu\u2019\u00e0 40 jours sans \u00eatre r\u00e9approvisionn\u00e9 en carburants. Cette autonomie permettra des voyages transoc\u00e9aniques que son pr\u00e9d\u00e9cesseur, le navire Professor W. Besnard, ne permettait pas : avec une autonomie de 15 jours maximum, il ne pouvait pas trop s\u2019\u00e9loigner de la c\u00f4te. D\u2019apr\u00e8s Frederico Brandini, professeur de l\u2019Institut Oc\u00e9anographique, \u00ab l\u2019acquisition va rendre l\u2019oc\u00e9anographie br\u00e9silienne plus comp\u00e9titive et permettre de travailler en partenariat avec des pays qui m\u00e8nent d\u00e9j\u00e0 des recherches en haute mer dans l\u2019Atlantique Sud. [\u2026] L\u2019Atlantique Sud est un des oc\u00e9ans les moins connus du monde \u00bb. L\u2019alpha Crucis peut embarquer 40 personnes, soit 15 membres d\u2019\u00e9quipage et 25 chercheurs ; en somme, 10 de plus que son pr\u00e9d\u00e9cesseur. Autre professeur de l\u2019Institut Oc\u00e9anographique et un des chercheurs de l\u2019institution \u00e0 avoir le plus utilis\u00e9 le Professor W. Besnard, Ilson Silveira dit que sa capacit\u00e9 \u00ab permettra d\u2019emmener des \u00e9quipes plus grandes, avec des sp\u00e9cialistes de plusieurs disciplines. Les \u00e9tudes sur l\u2019oc\u00e9an sont chaque fois plus multidisciplinaires \u00bb.<\/p>\n<p>Dot\u00e9 de deux moteurs et d\u2019un syst\u00e8me qui donne la possibilit\u00e9 de le maintenir \u00e0 l\u2019arr\u00eat en haute mer, l\u2019Alpha Crucis permettra aussi des \u00e9tudes beaucoup plus pr\u00e9cises sur les courants marins que celles effectu\u00e9es avec le Professor W. Besnard, qui ne poss\u00e8de qu\u2019un moteur et ne reste pas totalement \u00e0 l\u2019arr\u00eat lors des stations oc\u00e9anographiques. Pour Luiz Nonnato, la pr\u00e9sence d\u2019\u00ab un navire de conception moderne et avec des \u00e9quipements de pointe va augmenter notablement la qualit\u00e9 des informations recueillies et des recherches \u00bb. Nonnato est ing\u00e9nieur du laboratoire d\u2019instrumentation de l\u2019Institut Oc\u00e9anographique et responsable de la configuration des nouveaux \u00e9quipements de l\u2019embarcation. Parmi eux se distingue un \u00e9chosondeur multifaisceaux, qui permet d\u2019obtenir des images du fond de l\u2019oc\u00e9an pour un relev\u00e9 du relief. \u00ab Nous r\u00eavions depuis longtemps de poss\u00e9der un \u00e9quipement de ce genre \u00bb, souligne Nonnato. Deux syst\u00e8mes acoustiques sp\u00e9cialement con\u00e7us pour le relev\u00e9 de courants marins ont aussi \u00e9t\u00e9 install\u00e9s, de m\u00eame qu\u2019une station m\u00e9t\u00e9orologique bien \u00e9quip\u00e9e. Une salle informatique int\u00e8gre les donn\u00e9es de tous les \u00e9quipements, permettant ainsi aux chercheurs d\u2019utiliser les donn\u00e9es en temps r\u00e9el.<\/p>\n<p>Le navire d\u00e9butera sa premi\u00e8re mission de recherche en haute mer au cours du deuxi\u00e8me semestre 2012, et plusieurs autres sont d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9vues. Ce premier voyage se fera dans le cadre du projet de l\u2019Institut National des Sciences et de la Technologie Carbom, coordonn\u00e9 par le professeur Frederico Brandini, pour \u00e9tudier les flux de carbone sur la marge continentale br\u00e9silienne.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-119037\" alt=\"\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/018-025_Navio_195-2d.jpg\" width=\"290\" height=\"193\" \/><span class=\"media-credits-inline\">LUIZ NONNATO<\/span>Le deuxi\u00e8me, intitul\u00e9 Atlas-B, aura lieu en novembre avec pour objectif l\u2019installation en mer de la premi\u00e8re bou\u00e9e Atlas fabriqu\u00e9e au Br\u00e9sil \u2013 une initiative en partie financ\u00e9e par l\u2019agence de soutien \u00e0 la recherche CNPq et la FAPESP. Ce projet ainsi que les activit\u00e9s oc\u00e9aniques de l\u2019Institut National des Sciences et de la Technologie pour les Changements Climatiques sont coordonn\u00e9s par le professeur Edmo Campos, \u00e9galement de l\u2019Institut Oc\u00e9anographique. Il explique que \u00ab le but premier de la bou\u00e9e est de contr\u00f4ler les conditions de l\u2019oc\u00e9an et de l\u2019atmosph\u00e8re dans la r\u00e9gion situ\u00e9e au large de l\u2019\u00e9tat de Santa Catarina, o\u00f9 s\u2019est form\u00e9 le cyclone Catarina en 2004. Le troisi\u00e8me voyage programm\u00e9 pour d\u00e9but d\u00e9cembre fait partie du projet Samoc, un projet de recherche internationale pour l\u2019\u00e9tude du flux m\u00e9ridional de chaleur dans l\u2019Atlantique Sud. Le Samoc est une initiative d\u2019institutions du Br\u00e9sil, d\u2019Afrique du Sud, d\u2019Argentine, des \u00c9tats- Unis, de France et d\u2019autres pays europ\u00e9ens. Campos coordonne le Samoc et pr\u00e9cise que \u00ab la composante br\u00e9silienne est enti\u00e8rement financ\u00e9e par la FAPESP et contribuera \u00e0 la surveillance de la partie ouest d\u2019une ligne transoc\u00e9anique entre le Br\u00e9sil et l\u2019Afrique du Sud. Les \u00c9tats-Unis, la France et l\u2019Afrique du Sud sont responsables du reste du r\u00e9seau \u00bb.<\/p>\n<p>En plus des professeurs de l\u2019Institut Oc\u00e9anographique, le navire sera utilis\u00e9 par des chercheurs de deux programmes de la FAPESP : celui sur les changements climatiques mondiaux, quiinclut un projet dirig\u00e9 par le chercheur T\u00e9rcio Ambrizzi de l\u2019Institut d\u2019Astronomie, G\u00e9ophysique et Sciences Atmosph\u00e9riques (IAG) de l\u2019USP ; et le Biota-FAPESP, des \u00e9tudes sur la biodiversit\u00e9. Sans compter les chercheurs d\u2019autres institutions de l\u2019\u00e9tat de S\u00e3o Paulo. Coordinateur du Biota- FAPESP et professeur \u00e0 l\u2019Unicamp, Carlos Joly dit que \u00ab l\u2019autonomie du navire permettra de couvrir des zones plus \u00e9loign\u00e9es du continent, sur lesquelles nous savons peu de choses en mati\u00e8re de biodiversit\u00e9. [\u2026] Il permettra de faire des recherches de qualit\u00e9 sur la biodiversit\u00e9 marine et de mieux comprendre l\u2019importance du r\u00f4le de l\u2019Atlantique Sud dans la r\u00e9gulation du climat actuel et futur. Ce sera fantastique de r\u00e9unir pour des missions conjointes des chercheurs et des \u00e9tudiants de diverses sp\u00e9cialit\u00e9s, dont les \u00e9tudes physico-chimiques, atmosph\u00e9riques et biologiques \u00bb. Cette production de connaissance allant de la biotechnologie \u00e0 la planification pour l\u2019installation de plate-formes p\u00e9troli\u00e8res de la couche pr\u00e9-sel va forc\u00e9ment rel\u00e9guer au second plan tous les efforts et le suspense qui ont entour\u00e9 l\u2019achat du navire. N\u00e9anmoins, une plaque \u00e0 bord sera l\u00e0 pour rappeler aux usagers le nom des personnes qui ont rendu possible son acquisition, et parmi ces noms se trouvera celui de Rosely Aparecida Figuereido Prado, g\u00e9rante d\u2019importation exportation de la FAPESP.<\/p>\n<p>L\u2019histoire de l\u2019achat de l\u2019Alpha Crucis remonte \u00e0 2009, quand Michel Mahiques a acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la direction de l\u2019Institut Oc\u00e9anographique et s\u2019est retrouv\u00e9 confront\u00e9 \u00e0 une situation probl\u00e9matique : apr\u00e8s des d\u00e9cennies de bons et loyaux services, le navire Professor W. Besnard venait d\u2019\u00eatre victime d\u2019un incendie et \u00e9tait \u00e0 l\u2019arr\u00eat. Mahiques a d\u2019abord cherch\u00e9 un chantier naval \u00e0 Guaruj\u00e1 pour le remettre en \u00e9tat, mais il s\u2019est rendu compte que l\u2019op\u00e9ration ne serait pas viable. Le carnet de commandes du chantier \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 plein et en plus il n\u2019\u00e9tait pas int\u00e9ress\u00e9 par le travail. Il faudrait alors trouver un chantier sur les c\u00f4tes des \u00e9tats de Rio de Janeiro ou de Santa Catarina, mais rien ne permettait d\u2019affirmer que le navire serait capable de faire le voyage jusque l\u00e0. Acheter un nouveau navire \u00e9tait financi\u00e8rement impossible (plus de 30 millions USD). Par contre, acheter un navire d\u2019occasion et l\u2019adapter paraissait une solution int\u00e9ressante et tentante.<\/p>\n<p>Soutenu par d\u2019autres professeurs de l\u2019Institut, Mahiques s\u2019est rendu dans plusieurs pays pour y voir les navires de recherche en vente. Certains \u00e9taient tr\u00e8s chers, d\u2019autres trop usag\u00e9s, mais apr\u00e8s 19 navires il est tomb\u00e9 sur le bon : le Moana Wave, qui allait devenir l\u2019Alpha Crucis. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e par l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Hawa\u00ef, l\u2019embarcation avait \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9e par le chantier naval Stabbert de Seattle et lou\u00e9 \u00e0 l\u2019Agence f\u00e9d\u00e9rale nord-am\u00e9ricaine sur la m\u00e9t\u00e9orologie, les oc\u00e9ans, l\u2019atmosph\u00e8re et le climat (NOAA) pour une mission en Antarctique. Le groupe d\u2019ing\u00e9nieurs et de membres d\u2019\u00e9quipage de l\u2019Institut d\u2019Oc\u00e9anographie qui est all\u00e9 le visiter quand il avait jet\u00e9 l\u2019ancre \u00e0 Punta Arenas (Chili) a \u00e9t\u00e9 s\u00e9duit. En plus, le prix \u00e9tait raisonnable : 4 millions USD. La d\u00e9marche suivante fut de trouver des ressources. Sollicit\u00e9, le Minist\u00e8re des Sciences et de la Technologie n\u2019a pas r\u00e9pondu favorablement \u00e0 l\u2019appel.<\/p>\n<p>Le projet a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la FAPESP lors d\u2019une r\u00e9union qui se tenait le 1er mars 2010, en pr\u00e9sence de : Jo\u00e3o Grandino Rodas, recteur de l\u2019USP ; le professeur Mahiques ; Ceslo Lafer, pr\u00e9sident de la FAPESP ; Carlos Henrique de Brito Cruz, directeur scientifique de la FAPESP ; Joaquim J. de Camargo Engler, directeur administratif de la FAPESP ; et Fernando Menezes, conseiller de la pr\u00e9sidence de la Fondation. Brito Cruz a indiqu\u00e9 qu\u2019\u00ab une proposition destin\u00e9e \u00e0 augmenter la capacit\u00e9 de recherche en oc\u00e9anographie dans l\u2019\u00e9tat de S\u00e3o Paulo, garantissant un acc\u00e8s au navire \u00e0 tous les scientifiques potentiellement int\u00e9ress\u00e9s et aux projets de recherche approuv\u00e9s, serait un grand pas en avant pour le d\u00e9veloppement scientifique et technologique de l\u2019\u00e9tat. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, il faudrait un engagement formel de l\u2019USP pour garantir le personnel et la manutention parfaite du navire \u00bb. Le recteur Grandino Rodas a imm\u00e9diatement garanti un tel soutien (formalis\u00e9 post\u00e9rieurement) et l\u2019octroi de ressources pour le projet, \u00e9valu\u00e9 favorablement par le d\u00e9partement international de la FAPESP. En outre, la Fondation a exig\u00e9 que le navire soit examin\u00e9 par l\u2019entreprise sp\u00e9cialis\u00e9e qui accompagne les navires de la National Science Foundation (NSF) aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>C\u2019est en novembre 2010 que la g\u00e9rante d\u2019importation- exportation a entendu parler du navire pour la premi\u00e8re fois. La FAPESP a embauch\u00e9 une entreprise nord-am\u00e9ricaine d\u2019ing\u00e9nierie navale (JMS) pour faire un contr\u00f4le technique de l\u2019embarcation. La JMS est responsable des rapports p\u00e9riodiques de tous les navires de recherche financ\u00e9s par la NSF. Apr\u00e8s l\u2019\u00e9mission du rapport attestant de ses bonnes conditions, le processus d\u2019acquisition pouvait commencer et, avec lui, le changement de nom, de drapeau et les formalit\u00e9s d\u2019importation.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois dans l\u2019histoire de la FAPESP qu\u2019un navire serait import\u00e9. Rosely Prado tient \u00e0 pr\u00e9ciser qu\u2019elle est \u00ab tr\u00e8s reconnaissante envers les dirigeants de la FAPESP et le professeur Mahiques pour [lui] avoir fait confiance. Le soutien de l\u2019\u00e9quipe d\u2019importation-exportation et la compr\u00e9hension de [ses] enfants ont aussi \u00e9t\u00e9 importants \u00bb. Au cours des mois suivants, les proc\u00e9dures ont occup\u00e9 la plus grande partie de son temps mais elle n\u2019a jamais baiss\u00e9 les bras et toujours consid\u00e9r\u00e9 comme des d\u00e9fis \u00e0 relever les innombrables obstacles qui se pr\u00e9sentaient quotidiennement.<\/p>\n<p>L\u2019un des grands d\u00e9fis fut de changer le nom et le drapeau du navire encore sur le sol nord-am\u00e9ricain : \u00ab Cette proc\u00e9dure a \u00e9galement constitu\u00e9 l\u2019un des moments les plus \u00e9mouvants du processus \u00bb, rappelle-t-elle. Le 26 mars 2012, en territoire am\u00e9ricain, tous les Br\u00e9siliens \u00e0 bord v\u00eatus de l\u2019uniforme officiel sont mont\u00e9s sur le pont sup\u00e9rieur et ont entonn\u00e9 l\u2019hymne national br\u00e9silien pendant que le drapeau du pays \u00e9tait hiss\u00e9 pour la premi\u00e8re fois. \u00ab Aujourd\u2019hui encore, quand je revois la vid\u00e9o produite par les chercheurs je suis toujours \u00e9mue \u00bb. La vid\u00e9o est disponible \u00e0 l\u2019adresse Internet www.youtube. com \/watch?v=qatKbY4EVYM.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident et le directeur administratif de la FAPESP, Celso Lafer et Joaquim J. de Camargo Engler, ont aid\u00e9 \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer les contacts entre le Minist\u00e8re des Affaires \u00c9trang\u00e8res et le Consulat G\u00e9n\u00e9ral du Br\u00e9sil \u00e0 S\u00e3o Francisco. Apr\u00e8s plusieurs n\u00e9gociations, Rosely Prado s\u2019est rendue \u00e0 S\u00e3o Francisco en janvier 2012 en qualit\u00e9 de mandataire de l\u2019armateur (la FAPESP) pour transformer officiellement le Moana Wave en Alpha Crucis. \u00c0 cause des 6 heures de d\u00e9calage entre Bras\u00edlia et S\u00e3o Francisco, le temps de travail conjoint entre le Consulat et le Minist\u00e8re se limitait \u00e0 1 heure par jour. Mais madame Prado indique que \u00ab c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 la bonne volont\u00e9 des fonctionnaires du consulat, et en particulier du vice-consul Mauro Peixoto Aleves, que le registre a pu \u00eatre concr\u00e9tis\u00e9. L\u2019Alpha Crucis a re\u00e7u le num\u00e9ro 001 parce qu\u2019il s\u2019agissait du premier registre d\u2019un navire br\u00e9silien au consulat \u00bb. \u00c0 S\u00e3o Francisco, la mandataire de la FAPESP a nomm\u00e9 commandant du navire le capitaine Jos\u00e9 Helv\u00e9cio Moraes de Rezende (qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 le commandant du Professor W. Besnard). Puis s\u2019est ensuivie la nomination de tout l\u2019\u00e9quipage de l\u2019Alpha Crucis \u2013 une partie de ses membres a suivi pendant le processus d\u2019acquisition et de r\u00e9forme une sp\u00e9cialisation indispensable pour travailler sur le nouveau navire.<\/p>\n<p>Une autre difficult\u00e9 a \u00e9t\u00e9 li\u00e9e \u00e0 l\u2019exigence de nombreux certificats n\u00e9cessaires pour avoir le droit de voyager jusqu\u2019au Br\u00e9sil. Pour cela, plusieurs contacts ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablis avec le D\u00e9partement des Ports et des C\u00f4tes (DPC) du Minist\u00e8re de la Marine. Il fallait par exemple que le navire poss\u00e8de un t\u00e9l\u00e9graphe de machines pour la communication des membres de l\u2019\u00e9quipage entre la coursive et la salle des machines en cas de manque d\u2019\u00e9nergie. Apr\u00e8s de longues n\u00e9gociations o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que l\u2019Alpha Crucis disposait d\u2019un syst\u00e8me de communication plus sophistiqu\u00e9 et plus s\u00fbr, le DPC autorisa le voyage du navire pour le Br\u00e9sil (avec toutefois l\u2019obligation de solliciter la dispense d\u00e9finitive vis-\u00e0-vis du t\u00e9l\u00e9graphe). \u00ab Les capitaines de mer et de guerre du DPC nous ont orient\u00e9 de mani\u00e8re professionnelle et patiente \u00bb, souligne Rosely Prado.<\/p>\n<p>Beaucoup des probl\u00e8mes survenus \u00e9taient dus au fait que le Moana Wave avait \u00e9t\u00e9 construit aux \u00c9tats-Unis en 1974 sous une l\u00e9gislation qui exigeait beaucoup moins de certificats. Avec le changement de propri\u00e9taire, il fallait obligatoirement r\u00e9pondre \u00e0 la l\u00e9gislation internationale et \u00e0 la convention br\u00e9silienne en vigueur (Safety for Life at Sea, Solas). Cons\u00e9quemment, la r\u00e9forme a \u00e9t\u00e9 plus profonde que ce qui \u00e9tait pr\u00e9vu au d\u00e9part. La reconfiguration du navire a d\u00e9marr\u00e9 en avril 2011 au chantier naval Stabbert (celui qui l\u2019avait achet\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Hawa\u00ef). En plus de remplacer tout le mobilier et le rev\u00eatement en bois par des mat\u00e9riaux non inflammables, une s\u00e9rie de nouveaux \u00e9quipements ont \u00e9t\u00e9 install\u00e9s. Au final, le co\u00fbt du navire a \u00e9t\u00e9 de 11 millions USD, couverts par les ressources de la FAPESP et de l\u2019USP.<\/p>\n<p>Pourtant, la planification n\u2019a pas emp\u00each\u00e9 les contretemps. L\u2019American Bureau of Shipping (ABS), agence de classification internationale qui a accompagn\u00e9 la r\u00e9forme, a signal\u00e9 une irr\u00e9gularit\u00e9 alors que les travaux \u00e9taient sur le point de s\u2019achever et indiqu\u00e9 qu\u2019elle ne fournirait pas les certificats n\u00e9cessaires \u00e0 la navigation. Les tuyaux de gaz carbonique du syst\u00e8me anti-incendie \u00e9taient install\u00e9s pr\u00e8s de la salle des machines alors qu\u2019ils auraient d\u00fb se trouver \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, sur le pont du navire. La modification a augment\u00e9 la superficie utile du navire, mais il a fallu refaire toute la documentation.<\/p>\n<p>En tant que mandataire de la propri\u00e9taire du navire, Rosely Prado est venue \u00e0 Seattle en f\u00e9vrier 2012 pour remplir une exigence suppl\u00e9mentaire : proc\u00e9der \u00e0 l\u2019embarquement officiel du commandant du navire. Or, peu avant le d\u00e9part un autre probl\u00e8me est apparu : une fuite au niveau des axes de propulsion, qui inqui\u00e9tait le commandant. Prado raconte : \u00ab On a d\u00e9cid\u00e9 de rester \u00e0 Seattle tant que le probl\u00e8me ne serait pas r\u00e9gl\u00e9, m\u00eame si le personnel du chantier affirmait que le navire pouvait tr\u00e8s bien naviguer. [\u2026] Et j\u2019\u00e9tais l\u00e0, dans un bureau, avec en face de moi une poign\u00e9e d\u2019hommes nord-am\u00e9ricains hautement chevronn\u00e9s dans le domaine. Je me suis pr\u00e9sent\u00e9e, j\u2019ai expliqu\u00e9 que je ne comprenais pas le langage technique mais que j\u2019\u00e9tais l\u00e0 pour organiser les prochaines d\u00e9marches que le chantier m\u00e8nerait en priorit\u00e9. Je suis devenue le porte-parole du professeur Mahiques, du commandant Rezende et des membres de l\u2019\u00e9quipage. Quand j\u2019avais besoin de quelque chose, je leur disais \u2018j\u2019ai un travail pour vous\u2019. Ils ont fini par me surnommer homework ! \u00bb. \u00ab Il y a eu des moments tendus \u00bb, ajoute Mahiques.<\/p>\n<p>Toutefois, la r\u00e9solution du probl\u00e8me n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 simple et a demand\u00e9 une quarantaine de jours. Mahiques a d\u00fb retourner au Br\u00e9sil tandis que Rosaly Prado est rest\u00e9e \u00e0 Seattle. Le 5 mars, le visa de 28 jours des 14 membres de l\u2019\u00e9quipage a expir\u00e9 et elle a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9e de prendre tous les passeports et d\u2019en assurer la garde. \u00c0 partir de ce moment, plus aucun membre de l\u2019\u00e9quipage ne fut autoris\u00e9 \u00e0 quitter le navire. \u00ab \u00c7a a \u00e9t\u00e9 l\u2019un des moments les plus angoissants de tout le processus d\u2019acquisition. [\u2026] D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, ce fut gratifiant d\u2019entendre l\u2019\u00e9quipage dire qu\u2019ils ne rentreraient au Br\u00e9sil qu\u2019en navire \u00bb. C\u2019est finalement ce qui s\u2019est pass\u00e9 le matin pluvieux du 29 mars 2012 \u00e0 9 h 30 (horaire de Seattle, soit 13 h 30 \u00e0 Bras\u00edlia).<\/p>\n<p><em><strong>Alpha Delphini au chantier naval<br \/>\n<\/strong><\/em>En plus de l\u2019Alpha Crucis, l\u2019Institut Oc\u00e9anographique va poss\u00e9der \u00e0 partir de septembre 2012 un nouveau navire capable de faire des recherches jusqu\u2019\u00e0 une distance de 200 milles de la c\u00f4te br\u00e9silienne. Baptis\u00e9 Alpha Delphini, le navire oc\u00e9anographique est le premier du genre construit au Br\u00e9sil. Avec ses 27 m\u00e8tres de long, il pourra transporter 20 \u00e9tudiants et deux professeurs en plus de l\u2019\u00e9quipage. Son autonomie varie de 10 \u00e0 15 jours selon le nombre de personnes \u00e0 bord. Pour Rolf Roland Weber, professeur du d\u00e9partement d\u2019oc\u00e9anographie de l\u2019Institut Oc\u00e9anographique de l\u2019USP, \u00ab les bonnes institutions de recherche oc\u00e9anographique ont un ou deux navires et des embarcations plus petites pour travailler dans des r\u00e9gions c\u00f4ti\u00e8res. [\u2026] Le navire pourra \u00e9tudier toute la plate-forme continentale de S\u00e3o Paulo, y compris la zone du pr\u00e9-sel \u00bb.<\/p>\n<div id=\"attachment_119039\" style=\"max-width: 192px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-119039\" alt=\"La coque du navire au chantier naval Inace, dans I\u00b4\u00e9tat du Cear\u00e1: livraison pr\u00e9vue en septembre 2012\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/018-025_Navio_195-4a-182x300.jpg\" width=\"182\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/018-025_Navio_195-4a-182x300.jpg 182w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/018-025_Navio_195-4a.jpg 290w\" sizes=\"auto, (max-width: 182px) 100vw, 182px\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">CHICO VICENTINI<\/span>La coque du navire au chantier naval Inace, dans I\u00b4\u00e9tat du Cear\u00e1: livraison pr\u00e9vue en septembre 2012<span class=\"media-credits\">CHICO VICENTINI<\/span><\/p><\/div>\n<p>La construction du navire fait partie d\u2019un projet d\u2019augmentation de la capacit\u00e9 de recherche de l\u2019Institut Oc\u00e9anographique soumis \u00e0 la FAPESP dans le cadre du Programme \u00c9quipements Multi-usagers (EMU). Son co\u00fbt total sera de 4,75 millions de reais \u2013 4 millions sont vers\u00e9s par la FAPESP et le reste, correspondant aux moteurs et \u00e0 une s\u00e9rie d\u2019\u00e9quipements scientifiques, sera financ\u00e9 par l\u2019Institut Oc\u00e9anographique. Puisqu\u2019il fait partie du programme \u2018Equipements Multiusagers\u2019, le navire pourra \u00eatre sollicit\u00e9 pour des recherches de n\u2019importe quelle universit\u00e9 de l\u2019\u00e9tat de S\u00e3o Paulo, publiques comme priv\u00e9es. Mais le r\u00e8glement \u00e9tablit des priorit\u00e9s pour certains cas, dont les projets financ\u00e9s par la FAPESP.<\/p>\n<p>Au d\u00e9part, l\u2019Institut Oc\u00e9anographique avait song\u00e9 \u00e0 faire de m\u00eame que pour l\u2019Alpha Crucis, c\u2019est-\u00e0-dire racheter et r\u00e9nover un navire d\u2019occasion. Weber dit qu\u2019ils sont \u00ab all\u00e9s voir des navires jusqu\u2019en Turquie et en Nouvelle Z\u00e9lande. Mais comme aucun des petits navires \u00e0 vendre n\u2019\u00e9tait en bon \u00e9tat, on a d\u00e9cid\u00e9 de le construire ici \u00bb. \u00c0 l\u2019exception de l\u2019\u00e9quipement \u00e9lectronique de navigation et de l\u2019instrumentation oc\u00e9anographique sp\u00e9cifique, la plus grande partie des \u00e9quipements est br\u00e9silienne. D\u2019apr\u00e8s Weber, il s\u2019agira d\u2019\u00ab une plate-forme de travail interm\u00e9diaire entre un navire oc\u00e9anographique et un petit navire. Ce que nous avons aujourd\u2019hui, ce sont des bateaux de p\u00eache en bois, adapt\u00e9s. Dans le cas du nouveau navire, il n\u2019y aura pas d\u2019adaptations. Il est sp\u00e9cifiquement construit pour la recherche \u00bb.<\/p>\n<p>Weber pr\u00e9cise que le navire sera simple \u00e0 utiliser et co\u00fbtera moins cher qu\u2019un navire oc\u00e9anographique. Les frais d\u2019op\u00e9ration seront de l\u2019ordre de 4 000 \u00e0 5 000,00 reais par jour, alors que le co\u00fbt journalier de l\u2019Alpha Crucis doit varier entre 15 000 et 16 000 reais\/ jour. La construction de l\u2019embarcation a lieu au chantier naval Inace de Fortaleza (\u00e9tat du Cear\u00e1). Initialement pr\u00e9vue en juillet 2012, sa livraison a \u00e9t\u00e9 retard\u00e9e en fonction d\u2019un retard dans la fabrication de treuils command\u00e9s \u00e0 une entreprise de Petr\u00f3polis. C\u2019est Weber qui a choisi le nom : \u00ab On a choisi de baptiser le navire du nom d\u2019une \u00e9toile, comme pour l\u2019Alpha Crucis. Et Alpha Delphini, qui est une \u00e9toile de la constellation du Dauphin, sonne tr\u00e8s bien.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La saga de l\u2019Alpha Crucis","protected":false},"author":11,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1191],"tags":[],"coauthors":[98],"class_list":["post-118995","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-politique-st"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/118995","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=118995"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/118995\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=118995"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=118995"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=118995"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=118995"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}