{"id":119382,"date":"2013-05-29T14:14:42","date_gmt":"2013-05-29T17:14:42","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=119382"},"modified":"2013-06-03T14:31:37","modified_gmt":"2013-06-03T17:31:37","slug":"insecte-contre-insecte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/insecte-contre-insecte\/","title":{"rendered":"Insecte contre insecte"},"content":{"rendered":"<p><em>Publi\u00e9 en Mai 2012<\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_119416\" style=\"max-width: 237px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-119416\" alt=\"Gu\u00eape utilis\u00e9e dans les champs pour contr\u00f4ler la punaise marron qui attaque le soja\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/072_Praga_195-227x300.jpg\" width=\"227\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/072_Praga_195-227x300.jpg 227w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/072_Praga_195.jpg 290w\" sizes=\"auto, (max-width: 227px) 100vw, 227px\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">HERALDO NEGRI \/ BUG<\/span>Gu\u00eape utilis\u00e9e dans les champs pour contr\u00f4ler la punaise marron qui attaque le soja<span class=\"media-credits\">HERALDO NEGRI \/ BUG<\/span><\/p><\/div>\n<p>Une startup cr\u00e9\u00e9e il y a 11 ans par des \u00e9tudiants de 3e cycle de l\u2019\u00c9cole Sup\u00e9rieure d\u2019Agriculture Luiz de Queiroz (Esalq), de l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo (USP), figure parmi le 50 entreprises les plus innovantes au monde dans le classement \u00e9labor\u00e9 par Fast Company, la revue nord-am\u00e9ricaine de technologie. Situ\u00e9e \u00e0 Piracicaba (province de l\u2019\u00e9tat de S\u00e3o Paulo), l\u2019entreprise Bug Agentes Biol\u00f3gicos utilise la m\u00e9thode de la lutte biologique contre les parasites et a d\u00e9velopp\u00e9 une m\u00e9thode efficace pour multiplier des insectes capables de d\u00e9cimer d\u2019autres \u00eatres similaires qui d\u00e9truisent des plantations de canne \u00e0 sucre et autres cultures. La liste de Fast Company est publi\u00e9e chaque ann\u00e9e ; en 2012, les premi\u00e8res places sont occup\u00e9es par des grandes multinationales du secteur technologique, dont Apple, Facebook et Google.<\/p>\n<p>Bug est la premi\u00e8re entreprise br\u00e9silienne sur la liste devant des g\u00e9ants comme le groupe p\u00e9trolier Petrobras, le constructeur a\u00e9ronautique Embraer et l\u2019holding EBX. En outre, elle figure \u00e0 la troisi\u00e8me place du top 10 du secteur de biotechnologie \u00e9galement \u00e9labor\u00e9 par la revue. Pour l\u2019un des associ\u00e9s de Bug, l\u2019ing\u00e9nieur agronome Alexandre de Sene Pinto, \u00ab cette distinction de la Fast Company a \u00e9t\u00e9 une surprise. [\u2026] La technologie adopt\u00e9e pour multiplier la gu\u00eape du genre Trichogramma galloi, une gu\u00eape parasito\u00efde qui attaque un parasite fr\u00e9quent dans les plantations de canne \u00e0 sucre, a contribu\u00e9 \u00e0 cette place dans le classement. Mais il faut aussi tenir compte du fait qu\u2019apr\u00e8s seulement deux ans de commercialisation de cet insecte nous avons r\u00e9ussi \u00e0 traiter au Br\u00e9sil l\u2019\u00e9quivalent de 500 000 hectares de canne \u00e0 sucre \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019action de cette gu\u00eape parasito\u00efde est diff\u00e9renci\u00e9e: elle attaque les oeufs du papillon connu comme la mineuse de la canne \u00e0 sucre (diatraea saccharalis) en leur inoculant ses propres oeufs et en emp\u00eachant que l\u2019insecte, quand il est au stade de chenille, \u00e9close et attaque la plante. Les insectes utilis\u00e9s pour la lutte biologique parasitent les larves et les cong\u00e9n\u00e8res adultes qui ont d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019en prendre \u00e0 la plantation. La multiplication et la commercialisation de gu\u00eapes du genre Trichogramma n\u2019est pas une d\u00e9marche in\u00e9dite au monde \u2013 au Br\u00e9sil, la technique a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e il y a plusieurs d\u00e9cennies au Laboratoire de Biologie des Insectes de l\u2019Esalq-USP.<\/p>\n<p>L\u2019innovation de Bug a \u00e9t\u00e9 de d\u00e9velopper une m\u00e9thode efficace et \u00e9conomiquement viable de multiplication de l\u2019esp\u00e8ce T. galloi. \u00ab C\u2019est plus difficile \u00e0 faire \u00bb, explique Alexandre Pinto, \u00ab car cette gu\u00eape se d\u00e9veloppe tr\u00e8s bien dans les oeufs de la mineuse de la canne \u00e0 sucre, dont la cr\u00e9ation en laboratoire est tr\u00e8s on\u00e9reuse. Pour vaincre cet obstacle, nous avons utilis\u00e9 des oeufs d\u2019un h\u00f4te alternatif et de cr\u00e9ation facile, la pyrale de la farine Anagasta kuehniella, pour multiplier la gu\u00eape. Gr\u00e2ce \u00e0 cela, nous avons r\u00e9ussi \u00e0 la reproduire \u00e0 l\u2019\u00e9chelle industrielle \u00bb<\/p>\n<p>Comme son nom le laisse supposer, la lutte biologique est une activit\u00e9 qui emploie des agents \u2013 insectes, acariens, champignons, virus et bact\u00e9ries \u2013 pour combattre des parasites qui d\u00e9truisent les plantations les plus vari\u00e9es. En plus de la canne \u00e0 sucre, la m\u00e9thode est aussi utilis\u00e9e dans les cultures de soja, de ma\u00efs, de fruits, de l\u00e9gumes et autres. Elle fait partie de la gestion int\u00e9gr\u00e9e des parasites, un concept n\u00e9 aux \u00c9tats-Unis et en Europe dans les ann\u00e9es 1960 comme alternative contre l\u2019application de pesticides dans les champs.<\/p>\n<p>Lutter contre des parasites \u00e0 l\u2019aide d\u2019organismes vivants est une activit\u00e9 en expansion au Br\u00e9sil. Les statistiques sont impr\u00e9cises, mais on estime son emploi \u00e0 plus de 7 millions d\u2019hectares de terres cultiv\u00e9es, avec \u00e0 la cl\u00e9 des avantages environnementaux par rapport \u00e0 l\u2019utilisation de pesticides. D\u2019apr\u00e8s l\u2019Association Br\u00e9silienne des Entreprises de Lutte Biologique (ABCbio), le secteur a fait un chiffre d\u2019affaires de 250 millions de reais en 2010. Ce chiffre repr\u00e9sente 3 % du march\u00e9 des pesticides au Br\u00e9sil, qui a \u00e9t\u00e9 de 8 millions de reais la m\u00eame ann\u00e9e. Le professeur Jos\u00e9 Roberto Postali Parra estime que \u00ab la lutte biologique est l\u2019une des rares mesures de contr\u00f4le des parasites qui r\u00e9ponde aux exigences d\u2019une agriculture durable, si souhaitable dans le monde \u00bb. Parra coordonne le Laboratoire de Biologie des Insectes de l\u2019Esalq et est l\u2019un des plus grands sp\u00e9cialistes br\u00e9siliens en la mati\u00e8re. Il pr\u00e9cise que la lutte biologique ne pollue pas, ne provoque pas d\u2019intoxications \u00e0 ceux qui appliquent et ne laisse pas de r\u00e9sidus sur les aliments. Elle n\u2019a pas besoin d\u2019\u00eatre appliqu\u00e9e directement sur les parasites puisque les agents localisent leurs proies sur le terrain ; en plus, elle n\u2019occasionne pas d\u2019impacts secondaires (tels qu\u2019atteindre des organismes qui ne sont pas vis\u00e9s) et ne d\u00e9veloppe pas de r\u00e9sistance vis-\u00e0-vis du parasite.<\/p>\n<p>Pour Alexandre Pinto, \u00ab la plupart des pesticides ne r\u00e9ussissent \u00e0 atteindre aucun de ces avantages et d\u2019autres seulement quelques-uns ; c\u2019est surtout le cas des impacts secondaires qui, d\u2019une certaine mani\u00e8re, g\u00e9n\u00e8rent des d\u00e9s\u00e9quilibres environnementaux \u00bb. Actuellement, pr\u00e8s de 230 agents sont utilis\u00e9s dans la lutte biologique men\u00e9e dans le monde entier. Ils sont globalement divis\u00e9s en deux cat\u00e9gories : d\u2019un c\u00f4t\u00e9, des organismes microbiologiques (ou micro organismes) comme les champignons, les virus et les bact\u00e9ries ; de l\u2019autre, des organismes macrobiologiques, visibles \u00e0 l\u2019oeil nu comme les insectes et les acariens. Ces derniers peuvent \u00eatre \u00e0 leur tour class\u00e9s comme des pr\u00e9dateurs ou des parasito\u00efdes. G\u00e9n\u00e9ralement plus petits que leur h\u00f4te, ils ont seulement besoin d\u2019un de ces insectes pour compl\u00e9ter leur cycle. Leur phase adulte est libre et normalement ils ne tuent pas leur h\u00f4te tant qu\u2019ils restent en lui. Quant aux pr\u00e9dateurs, ils ont l\u2019habitude d\u2019\u00eatre plus grands que leurs proies, ont besoin de plus d\u2019un individu pour compl\u00e9ter leur cycle et tuent leur proie avant de compl\u00e9ter tout le cycle. La technologie de multiplication et de lib\u00e9ration d\u2019organismes macrobiologiques reste plus complexe que la production des micro organismes, qui sont vendus sous formes de pr\u00e9parations en poudre ou granul\u00e9.<\/p>\n<p>Au Br\u00e9sil, pr\u00e8s de 70 entreprises commercialisent 12 insectes et acariens, en plus de dizaines de micro-organismes. 55 autres laboratoires reli\u00e9s \u00e0 des usines de canne \u00e0 sucre cr\u00e9ent des agents macrobiologiques pour leur usage personnel. Bug poss\u00e8de dans son portfolio trois acariens pr\u00e9dateurs (Neoseiulus californicus, Phytoseiulus macropilis et Stratiolaelaps scimitus) et quatre gu\u00eapes parasito\u00efdes (Cotesia flavipes, Trichogramma pretiosium, Trichogramma galloi et Telenomus podisi). Quatre autres animaux \u2013 la punaise Orius insidiosus, l\u2019acarien Neoseiulus barkeri et les gu\u00eapes Telenomus remus et Trissolcus basalis \u2013 sont d\u00e9j\u00e0 multipli\u00e9s et utilis\u00e9s exp\u00e9rimentalement par l\u2019entreprise, mais ils ne poss\u00e8dent encore pas de registre dans les organismes officiels de contr\u00f4le de l\u2019activit\u00e9.<\/p>\n<div id=\"attachment_119418\" style=\"max-width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-119418\" alt=\"Les emballages en carton sont plac\u00e9s dans le champ de canne \u00e0 sucre tous les 20 m\u00e8tres. Apr\u00e8s l\u2019\u00e9closion des oeufs, les gu\u00eapes sortent par les petits trous de l\u2019emballage\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/072_Praga_195-2b.jpg\" width=\"290\" height=\"225\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\"> HERALDO NEGRI \/ BUG<\/span>Les emballages en carton sont plac\u00e9s dans le champ de canne \u00e0 sucre tous les 20 m\u00e8tres. Apr\u00e8s l\u2019\u00e9closion des oeufs, les gu\u00eapes sortent par les petits trous de l\u2019emballage<span class=\"media-credits\"> HERALDO NEGRI \/ BUG<\/span><\/p><\/div>\n<p><strong>Soutien Financier<\/strong><br \/>\nFin 2011, Bug a fusionn\u00e9 avec Promip, une autre entreprise du secteur, afin d\u2019augmenter l\u2019offre de produits. Depuis, elle vend quasiment toutes les esp\u00e8ces d\u2019insectes et d\u2019acariens disponibles au Br\u00e9sil. Les deux entreprises avaient beaucoup de points communs : install\u00e9es dans la m\u00eame ville, elles sont n\u00e9es au sein de l\u2019Esalq et se sont d\u00e9velopp\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 des projets d\u2019innovation technologiques soutenus par la FAPESP. Bug a re\u00e7u trois financements de la Fondation, et Promip, un.<\/p>\n<p>Le soutien financier a surtout \u00e9t\u00e9 destin\u00e9 au d\u00e9veloppement de la multiplication des agents biologiques, une t\u00e2che complexe qui implique \u00e9galement la multiplication des parasites. Dans le cas du Trichogramma galloi, les techniciens de Bug doivent cr\u00e9er en laboratoire les gu\u00eapes ainsi que les h\u00f4tes alternatifs, les pyrales. Au d\u00e9but du processus, des pyrales adultes sont regroup\u00e9es pour s\u2019accoupler dans des caisses en plastique contenant de la farine de bl\u00e9 et de la levure \u2013 ce qu\u2019elles ont l\u2019habitude de manger. Les femelles vont d\u00e9poser leurs oeufs dans ces r\u00e9cipients, et plus tard ces oeufs seront parasit\u00e9s par la gu\u00eape T. galloi. Apr\u00e8s l\u2019apparition des premi\u00e8res pyrales adultes, elles sont s\u00e9par\u00e9es, pass\u00e9es sur un tamis pour \u00e9liminer les restes de farine et transf\u00e9r\u00e9es dans des caisses collectrices d\u2019oeufs. Ces caisses sont productives pendant cinq \u00e0 sept jours, la p\u00e9riode de vie des pyrales adultes, et les oeufs de cet insecte sont recueillis et d\u00e9pos\u00e9s sous un \u00e9clairage ultraviolet pour y \u00eatre st\u00e9rilis\u00e9s et, ainsi, provoquer l\u2019inviabilit\u00e9 de l\u2019embryon de la pyrale. Puis les oeufs sont offerts \u00e0 la gu\u00eape, qui va placer un \u00e0 deux de ses oeufs dans l\u2019oeuf de la pyrale.<\/p>\n<p>Les oeufs parasit\u00e9s sont plac\u00e9s dans des emballages perfor\u00e9s cr\u00e9\u00e9s et brevet\u00e9s par Bug. Ces sachets biod\u00e9gradables sont form\u00e9s de trois couches en carton superpos\u00e9es. La couche interm\u00e9diaire poss\u00e8de des \u00ab tunnels \u00bb millim\u00e9triques qui forment des capsules capables d\u2019entreposer 2 000 oeufs. Les emballages sont vendus aux agriculteurs qui les installent sur la plante. Quand les oeufs \u00e9closent pour donner naissance aux gu\u00eapes, elles sortent des petits trous et s\u2019envolent. Alexandre Pinto pr\u00e9cise que \u00ab la lib\u00e9ration doit \u00eatre faite chaque semaine et pendant trois semaines de suite, avec une moyenne de 50000 gu\u00eapes par hectare. \u00c9tant donn\u00e9 que l\u2019insecte ne vole que 10 m\u00e8tres pendant sa courte vie d\u2019une semaine, les emballages doivent \u00eatre positionn\u00e9s dans un rayon de 20 m\u00e8tres les uns par rapport aux autres \u00bb.<\/p>\n<p>Lorsque la femelle adulte du Trichogramma rencontre les oeufs de la mineuse de la canne \u00e0 sucre, elle les parasite en y inoculant ses propres oeufs. En faisant cela, elle emp\u00eache la prolif\u00e9ration de la chenille. Dans sa forme adulte, la mineuse est un papillon de nuit de couleur jaune paille. Les femelles placent leurs oeufs sur les feuilles, et apr\u00e8s quelques temps les chenilles p\u00e9n\u00e8trent dans la canne \u00e0 sucre pour s\u2019y installer et se nourrir.<\/p>\n<p>La culture de la canne \u00e0 sucre est la culture qui utilise le plus la lutte biologique au Br\u00e9sil. D\u2019apr\u00e8s Parra, \u00ab les agriculteurs emploient cette technologie depuis pr\u00e8s de 50 ans et ils ont d\u00e9j\u00e0 incorpor\u00e9 l\u2019activit\u00e9 dans leur mode de production. L\u2019insecte le plus utilis\u00e9 dans la lutte contre la mineuse de la canne \u00e0 sucre est la gu\u00eape Cotesia flavipes. \u00c0 la diff\u00e9rence de la gu\u00eape Trichogramma galloi qui parasite les oeufs avant l\u2019\u00e9closion de la chenille, la gu\u00eape Cotesia flavipes attaque la chenille. On estime que 4 millions d\u2019hectares de canne \u00e0 sucre \u2013 pr\u00e8s de 50 % de la zone cultiv\u00e9e \u2013 sont trait\u00e9s avec ces deux gu\u00eapes parasito\u00efdes et avec le champignon Metarhizium anisopliae. Ce dernier combat deux autres parasites : la cigale qui attaque les racines de la canne \u00e0 sucre (Mahanarva fimbriolata) et celle qui s\u2019en prend aux feuilles (Mahanarva posticata).<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes r\u00e9v\u00e8lent que l\u2019association entre T. galloi et C. flavipes garantit des r\u00e9sultats excellents. \u00ab Dans des zones o\u00f9 l\u2019infestation d\u00e9passe les 15 % de la plantation, l\u2019utilisation concomitante des deux gu\u00eapes est une pratique rentable \u00bb, d\u00e9clare Alexandre Pinto. \u00ab En lib\u00e9rant pendant trois semaines de suite la gu\u00eape Trichogramma et juste apr\u00e8s la Cotesia, pendant 2 semaines, il est possible d\u2019\u00e9viter des pertes de 935,00 reais par hectare, en d\u00e9duisant l\u2019investissement. Si l\u2019agriculteur d\u00e9cide de n\u2019utiliser que la gu\u00eape Cotesia, la perte \u00e9vit\u00e9e serait de 674,00 reais\/ha \u00bb. Et le chercheur de pr\u00e9ciser que ces calculs ont seulement pris en compte les valeurs du sucre raffin\u00e9 amorphe, produit achet\u00e9 par l\u2019industrie alimentaire.<\/p>\n<p>La lutte biologique est aussi pr\u00e9sente dans plus de 2 millions d\u2019hectares de soja \u2013 pr\u00e8s de 8 % de l\u2019ensemble de la zone cultiv\u00e9e dans le pays. Le produit le plus utilis\u00e9 est le champignon Trichoderma harzianum, qui combat la moisissure blanche, une maladie provoqu\u00e9e par le champignon Sclerotinia sclerotiorum. Sur environ 18 000 ha sont utilis\u00e9es la gu\u00eape T. pretiosum pour lutter contre chenilles d\u00e9foliatrices, et la gu\u00eape Telenomus podisi pour parasiter les oeufs de punaises. Du point de vue de Parra, \u00ab la culture du soja poss\u00e8de un potentiel fantastique pour la lutte biologique, en particulier depuis l\u2019interdiction d\u2019utiliser le pesticide endosulfan contre les punaises. Sans ce pesticide, la culture dispose de peu d\u2019options chimiques pour combattre le parasite \u00bb.<\/p>\n<p>Dans la culture du ma\u00efs, les agriculteurs utilisent (sur 20 000 ha, soit moins de 1% du total) la gu\u00eape Trichogramma pretiosum contre la chenille l\u00e9gionnaire (Spodoptera frugiperda) et la T. galloi contre la mineuse, \u00e9galement commune dans les plantations de ma\u00efs. Sur 3 000 ha de plantations de tomate, la gu\u00eape T. pretiosum est utilis\u00e9e pour lutter contre les chenilles d\u00e9foliatrices. Les for\u00eats de pins recourent aussi \u00e0 la lutte biologique pour combattre la gu\u00eape perce-bois (sirex noctilio) et les chenilles d\u00e9foliatrices. D\u2019apr\u00e8s la biologiste Susete Penteado de l\u2019unit\u00e9 Embrapa Florestas de l\u2019Entreprise Br\u00e9silienne de Recherche Agricole de l\u2019\u00e9tat du Paran\u00e1, pr\u00e8s d\u20191 million d\u2019hectares de plantations de pins (soit la\u00a0 moiti\u00e9 de la production nationale) sont trait\u00e9s avec le n\u00e9matode Deladenus siricidicola. De dimensions macroscopiques, ce ver attaque la gu\u00eape perce-bois en st\u00e9rilisant les femelles : \u00ab Nous \u00e9levons ce n\u00e9matode depuis 1989 et le distribuons aux sylviculteurs des \u00e9tats de S\u00e3o Paulo, de Minas Gerais et de ceux du sud \u00bb.<\/p>\n<div id=\"attachment_119420\" style=\"max-width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-119420\" alt=\"Parasito\u00efde Telenomus podisi dans la lutte contre les oeufs de punais\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/072_Praga_195-3a.jpg\" width=\"290\" height=\"174\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\"> HERALDO NEGRI \/ BUG<\/span>Parasito\u00efde Telenomus podisi dans la lutte contre les oeufs de punais<span class=\"media-credits\"> HERALDO NEGRI \/ BUG<\/span><\/p><\/div>\n<p><strong>March\u00e9 Attractif<\/strong><br \/>\nLa gu\u00eape Cotesia flavipes est le principal insecte propos\u00e9 par une grande partie des entreprises br\u00e9siliennes qui interviennent dans la lutte biologique. C\u2019est le cas de Biocontrol, fond\u00e9e en 1999 \u00e0 Sert\u00e3ozinho. Maria Aparecida Cano est l\u2019une des associ\u00e9es de l\u2019entreprise : \u00ab Nous commercialisons la Cotesia et les champignons Metarhizium anisopliae et Beauveria bassiana. Les trois assurent la lutte biologique contre les parasites des champs de canne \u00e0 sucre \u00bb. Elle propose en outre ses services pour la production d\u2019insectes et de micro-organismes aux usines de sucre et d\u2019\u00e9thanol de l\u2019\u00e9tat de S\u00e3o Paulo.<\/p>\n<p>La vigueur de l\u2019agriculture br\u00e9silienne attire des multinationales du secteur des pesticides d\u00e9sireuses de rejoindre le march\u00e9 des produits biologiques, \u00e0 l\u2019exemple des japonaises Sumitomo et Ihara, de l\u2019am\u00e9ricaine FMC ou de l\u2019hollandaise Koppert Biological Systems \u2013 compagnie sp\u00e9cialis\u00e9e dans le secteur et l\u2019une des leaders mondiales des agents biologiques et des pollinisateurs. Cette entreprise s\u2019est install\u00e9e dans la ville de Fortaleza en 2009 avant de d\u00e9m\u00e9nager pour Piracicaba en 2011. Danilo Pedrazzoli, directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019entreprise, ancien membre fondateur de Bug et ing\u00e9nieur agronome, explique : \u00ab Au d\u00e9but nous avons cr\u00e9\u00e9 une filiale dans l\u2019\u00e9tat du Cear\u00e1 en raison de la proximit\u00e9 avec l\u2019Europe et de la relation avec les exportateurs de melon, une culture dans laquelle nous avons une grande exp\u00e9rience. Avec l\u2019essor des affaires, l\u2019entreprise a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 pour investir dans la cr\u00e9ation de produits destin\u00e9s au march\u00e9 br\u00e9silien \u00bb.<\/p>\n<p>La ligne de produits de Koppert va des acariens pr\u00e9dateurs aux champignons pour le contr\u00f4le des parasites et des maladies. En Europe, la liste comprend plus de 50 produits. Au Br\u00e9sil, l\u2019entreprise a entam\u00e9 un processus d\u2019enregistrement de 26 produits, parmi lesquels 5 sont en phase finale d\u2019homologation. Pedrazzoli est aussi directeur de l\u2019ABCbio et pense que la lutte biologique a un avenir prometteur au Br\u00e9sil, mais qu\u2019elle souffre du manque d\u2019entreprises efficaces pour r\u00e9pondre \u00e0 la demande.<\/p>\n<p>Pour Santin Gravena, ing\u00e9nieur agronome et patron de Gravena Pesquisa, Consultoria e Treinamento Agr\u00edcola, l\u2019autre probl\u00e8me est la r\u00e9sistance d\u2019une partie des agriculteurs : \u00ab Les agriculteurs br\u00e9siliens sont conservateurs et ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s dans la culture du contr\u00f4le chimique. En plus l\u2019action de la lutte biologique est un peu plus lente, m\u00eame si \u00e0 la fin le r\u00e9sultat est le m\u00eame que celui obtenu avec le produit chimique synth\u00e9tique \u00bb.<\/p>\n<p>Cr\u00e9\u00e9e en 1993, l\u2019entreprise Gravena est sp\u00e9cialis\u00e9e dans la cr\u00e9ation de la coccinelle Cryptolaemus montrouzieri, pr\u00e9datrice de la cochenille farineuse qui attaque les plantes fruiti\u00e8res et ornementales. \u00ab Au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, nous avons fourni la coccinelle \u00e0 pr\u00e8s de 20 cultivateurs de fruits citriques \u00bb d\u00e9clare Gravena qui est aussi professeur retrait\u00e9 d\u2019entomologie de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019\u00e9tat Paulista (Unesp). \u00ab Aujourd\u2019hui, malheureusement, nous n\u2019avons plus de clients dans le cadre de la lutte biologique. Nous proposons des services de recherche scientifique et des \u00e9tudes techniques, et travaillons pour une cinquantaine d\u2019entreprises et de laboratoires pour qui nous faisons des \u00e9tudes d\u2019efficacit\u00e9 et d\u2019impact environnemental de produits chimiques et biologiques utilis\u00e9s dans la gestion \u00e9cologique des parasites \u00bb.<\/p>\n<p><strong>\u00a0LES PROJETS <\/strong>1 Cr\u00e9ation en masse et commercialisation des parasito\u00efdes d\u2019oeufs Trissolcus basalis et Telenomus podisi pour lutter contre les punaises du soja. n\u00b0 2005\/60732-9 2 \u00c9tudes de formulations efficaces de conidies du champignon Metarhizium anisopliae pour la lutte biologique contre les parasites. n\u00b0 2005\/55780-4 3 Lutte biologique appliqu\u00e9e contre le Tetranychus urticae (Acari : Tetranychidae) : production en masse et commercialisation de lignages de Neoseiulus californicus et Phytoseiulus macropilis (Acari : Phytoseiidae) r\u00e9sistants aux pesticides. n\u00b0 2006\/56680-6<strong> MODALIT\u00c9S<\/strong> 1, 2 et 3 \u2013 Programme \u2018Recherche Innovante dans les Petites Entreprises\u2019 (Pipe)<strong> COORDONNATEURS<\/strong> 1 Alexandre de Sene Pinto \u2013 Bug 2 Ana Lucia Santos Zimmermann \u2013 Biocontrol 3 Roberto Hiroyuki Konno \u2013 Promip<strong> INVESTISSEMENT<\/strong> 1 419 460,00 reais (FAPESP)\/ 2 42 743,00 reais (FAPESP) \/ 3 477 608,27 reais et 6 107,56 dollars US (FAPESP)<strong>.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Insecte contre insecte","protected":false},"author":23,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1194],"tags":[],"coauthors":[116],"class_list":["post-119382","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-technologie"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/119382","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/23"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=119382"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/119382\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=119382"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=119382"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=119382"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=119382"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}