{"id":120031,"date":"2013-06-04T16:47:02","date_gmt":"2013-06-04T19:47:02","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=120031"},"modified":"2013-06-05T16:52:12","modified_gmt":"2013-06-05T19:52:12","slug":"plus-de-gens-moins-darbres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/plus-de-gens-moins-darbres\/","title":{"rendered":"Plus de gens, moins d\u2019arbres"},"content":{"rendered":"<p><em>Publi\u00e9 en d\u00e9cembre 2007<\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_120513\" style=\"max-width: 177px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-120513\" alt=\"D\u00e9tail de la nature \u00e9quatoriale, huile sur toile de Joseph Leone Righini\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/06\/fapesp_livro.jpg\" width=\"167\" height=\"290\" \/><p class=\"wp-caption-text\">D\u00e9tail de la nature \u00e9quatoriale, huile sur toile de Joseph Leone Righini<\/p><\/div>\n<p>Si les administrateurs et les techniciens du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral d\u00e9cidaient de travailler de mani\u00e8re plus intense afin de contenir la d\u00e9forestation, selon les voeux du pr\u00e9sident de la r\u00e9publique exprim\u00e9s au mois de septembre \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale des Nation Unies, ils s\u2019interrogeront peut-\u00eatre sur les zones qu\u2019ils devront prioriser car leurs \u00e9quipes sont limit\u00e9es et le pays est immense. Les communes du sud de l\u2019\u00e9tat du Par\u00e1 qui longent la route nationale Cuiab\u00e1\/ \/Santar\u00e9m seraient un choix possible. Il ne s\u2019agit pas d\u2019un choix hasardeux, mais de l\u2019application d\u2019un m\u00e9canisme de d\u00e9tection des transformations environnementales, appel\u00e9 Indice des Dimensions Socio\u00e9conomi ques (IDS) et mis au point par des g\u00e9o graphes de l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de Minas Gerais (UFMG).<\/p>\n<p>Cet indice regroupe des aspects socio\u00e9conomiques comme l\u2019\u00e9ducation, la sant\u00e9 et l\u2019emploi, la croissance des villes, le rythme de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique et la transformation de l\u2019espace. Quand l\u2019expansion de l\u2019\u00e9conomie et des communes s\u2019acc\u00e9l\u00e8re, la pr\u00e9carit\u00e9 des conditions de vie et la migration des populations s\u2019intensifi ent. Les indices IDS \u00e9lev\u00e9s repr\u00e9sentent un risque \u00e9lev\u00e9 en termes de dommages environnementaux car le nombre de personnes \u00e0 la recherche d\u2019un emploi ou d\u2019un meilleur emploi augmente avec un impact direct sur la diminution des for\u00eats.<\/p>\n<p>Des zones \u00e0 forte croissance populationnelle et un indice IDS \u00e9lev\u00e9 pourraient faire l\u2019objet d\u2019une attention particuli\u00e8re car ils repr\u00e9sentent des foyers potentiels de d\u00e9forestation. C\u2019est le cas d\u2019Aripuan\u00e3 dans l\u2019\u00e9tat du Mato Grosso, des communes proches de Santar\u00e9m, dans l\u2019\u00e9tat du Par\u00e1, du nord de Manaus en Amazonie, des rives de l\u2019Amazone et de la zone qui longe la route nationale Porto Velho\/Manaus. Pour l\u2019\u00e9laboration de cet indice, Ricardo Garcia, Britaldo Soares-Filho et Diana Sawyer se sont rendus sur le territoire amazonien, r\u00e9gion qui subit la pression de diff\u00e9rents groupes sociaux. La d\u00e9forestation s\u2019est maintenant transform\u00e9e en ph\u00e9nom\u00e8ne social qui poss\u00e8de diff\u00e9rentes caract\u00e9ristiques selon les motivations locales. \u201cLa principale cause de la d\u00e9forestation dans le sud de l\u2019\u00e9tat du Par\u00e1 est l\u2019expansion de l\u2019\u00e9levage, alors que dans l\u2019\u00e9tat de l\u2019Amap\u00e1 c\u2019est la croissance des villes\u201d, d\u00e9clare Garcia.<\/p>\n<p>L\u2019expansion de l\u2019\u00e9levage avait \u00e9t\u00e9 l\u2019une des explications principales de la disparition des for\u00eats depuis le d\u00e9but de l\u2019occupation amazonienne, il y a environ deux si\u00e8cles, mais seulement sur une \u00e9chelle globale. Sur une plus vaste \u00e9chelle, quand chaque \u00e9tat est analys\u00e9 s\u00e9par\u00e9ment, comme c\u2019est le cas dans cette \u00e9tude, la migration devient la principale cause de la disparition de la v\u00e9g\u00e9tation native. \u201cLa migration explique en grande partie la d\u00e9forestation car elle pr\u00e9c\u00e8de l\u2019expansion de l\u2019agriculture et de l\u2019\u00e9levage\u201d, d\u00e9clare Garcia. \u201cLes personnes se rendent l\u00e0 o\u00f9 ils esp\u00e8rent trouver un emploi\u201d.<\/p>\n<p>Entre 1995 et 2000, environ cinquante mille personnes ont quitt\u00e9 Bel\u00e9m, capitale de l\u2019\u00e9tat du Par\u00e1, ce qui d\u00e9montre le potentiel migratoire de la population constat\u00e9 dans d\u2019autres capitales de la R\u00e9gion Nord. Manaus a v\u00e9cu l\u2019inverse en recevant 40 mille nouveaux habitants au cours de la m\u00eame p\u00e9riode, qui se sont ajout\u00e9s aux 1,4 millions d\u2019habitants d\u00e9j\u00e0 \u00e9tablis, accentuant la transformation du paysage naturel dans les espaces urbains. Selon cette \u00e9tude, plus la population est importante, plus l\u2019impact environnemental est fort.<\/p>\n<p>Cette logique explique pourquoi les centres urbains amazoniens les plus infl uents (les capitales, que les auteurs de cette \u00e9tude appellent macropoles) ont les indices IDS les plus \u00e9lev\u00e9s et ne poss\u00e8dent plus que quelques for\u00eats \u00e9parses. Ces neuf macropoles (S\u00e3o Lu\u00eds, Cuiab\u00e1, Porto Velho, Rio Branco, Manaus, Boa Vista, Bel\u00e9m, Macap\u00e1 e Palmas) repr\u00e9sentent les noeuds d\u2019un r\u00e9seau de 792 communes, r\u00e9gies \u00e9galement par 29 centres r\u00e9gionaux et 48 micropoles, appel\u00e9s ainsi en fonction de leur zone d\u2019influence.<\/p>\n<p>Comme les macropoles sont les communes les plus actives sur le plan \u00e9conomique, elles sont le principal foyer de la d\u00e9forestation. \u201cL\u2019expansion de l\u2019agriculture et de l\u2019\u00e9levage part et d\u00e9pend des centres urbains qui fournissent la main d\u2019oeuvre, les outils, les entreprises frigorifi ques et le march\u00e9 consommateur, qui se r\u00e9pandent \u00e0 travers les routes et les voies fl uviales\u201d, d\u00e9clare Garcia. \u201cLe cas du sud de l\u2019\u00e9tat du Par\u00e1 explique clairement comment les centres urbains ont un impact sur la d\u00e9forestation\u201d.<\/p>\n<p>L\u2019IDS, expliqu\u00e9 dans un article publi\u00e9 par la revue Ecological Indicators, utilise cinq variables obtenues au cours de recensements populationnels ou \u00e9conomiques. Quatre de ces variables concernent directement la d\u00e9forestation. Plus la valeur est \u00e9lev\u00e9e, plus le risque de disparition de la for\u00eat est grand. La premi\u00e8re variable concerne la concentration dynamique populationnelle qui combine la population totale, la densit\u00e9 et le taux de croissance. La deuxi\u00e8me concerne le d\u00e9veloppement \u00e9conomique, consid\u00e9rant le revenu brut de la commune et le volume mon\u00e9taire en circulation. La troisi\u00e8me concerne l\u2019infrastructure agraire, consid\u00e9rant le revenu agricole, la zone cultiv\u00e9e et le nombre de tracteurs et de camions, par exemple. La quatri\u00e8me a trait \u00e0 la production agricole et de bois, consid\u00e9rant les zones occup\u00e9es par les propri\u00e9t\u00e9s agricoles, l\u2019\u00e9levage et l\u2019exploitation du bois.<\/p>\n<p>Seule la cinqui\u00e8me variable repr\u00e9sente une force capable d\u2019\u00e9viter la disparition des for\u00eats. Il s\u2019agit du d\u00e9veloppement social, mesur\u00e9 par des indices qui consid\u00e8rent la dur\u00e9e de scolarit\u00e9, le nombre de m\u00e9decins, de dispensaires, de maisons desservies par le r\u00e9seau des eaux et de rues \u00e9clair\u00e9es. La logique est simple, davantage de confort et une meilleure infrastructure \u00e9vitent la migration de ces habitants.<\/p>\n<p>Cet indice explique \u00e9galement pourquoi la for\u00eat se transforme en zones agricoles ou en p\u00e2turages. Selon les estimations de l\u2019Institut National de Recherches Spatiales (Inpe), l\u2019\u00e9tat du Mato Grosso est responsable de 48 % des d\u00e9forestations sur les 26 mille kilom\u00e8tres carr\u00e9s d\u00e9bois\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Les communes de cet \u00e9tat ont les indices IDS les plus \u00e9lev\u00e9s de la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Pour l\u2019instant rien n\u2019indique que l\u2019IDS soit rapidement adopt\u00e9 par Brasilia, mais ce travail aura servi \u00e0 d\u2019autres recherches. Il a d\u00e9j\u00e0 servi de base pour la r\u00e9partition de l\u2019Amazonie en r\u00e9gions socio\u00e9conomiques, dans une \u00e9tude plus large publi\u00e9e par la revue Nature en mars 2006. Cette \u00e9tude r\u00e9v\u00e8le que la moiti\u00e9 de la for\u00eat pourrait avoir disparu en 2050, remplac\u00e9e par des p\u00e2turages, des plantations, et des villes. Elle met en garde sur le besoin d\u2019ajustement en mati\u00e8re de politique environnementale. Les zones pr\u00e9serv\u00e9es ne sont peut \u00eatre plus suffi santes pour sauver la for\u00eat et pr\u00e9server le cycle des pluies dans les grandes villes de la R\u00e9gion Sudeste.<\/p>\n<p><em>Article scientifique<\/em><br \/>\nGARCIA, R.A. et al. Socioeconomic dimensions, migration, and deforestation: An integrated model of territorial organization for the Brazilian Amazon <strong>Ecological Indicators<\/strong>. v. 7, n. 3, pp. 719-730, jul. 2007<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Plus de gens, moins d\u2019arbres","protected":false},"author":17,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1180],"tags":[],"coauthors":[5968],"class_list":["post-120031","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-sciences"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/120031","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/17"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=120031"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/120031\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=120031"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=120031"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=120031"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=120031"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}