{"id":120601,"date":"2013-06-06T16:02:23","date_gmt":"2013-06-06T19:02:23","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=120601"},"modified":"2013-06-12T13:58:05","modified_gmt":"2013-06-12T16:58:05","slug":"jose-sergio-gabrielli-de-azevedo-nous-nallons-pas-diaboliser-le-petrole-maintenant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/jose-sergio-gabrielli-de-azevedo-nous-nallons-pas-diaboliser-le-petrole-maintenant\/","title":{"rendered":"Jos\u00e9 S\u00e9rgio Gabrielli de Azevedo: Nous n\u2019allons pas diaboliser le p\u00e9trole maintenant"},"content":{"rendered":"<p><em>Publi\u00e9 em mars 2007<\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-121179\" alt=\"\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/06\/04-05_indice_ES-1-218x300.jpg\" width=\"218\" height=\"300\" \/><span class=\"media-credits-inline\">L\u00c9O RAMOS<\/span>Lorsque Jos\u00e9 S\u00e9rgio Gabrielli de Azevedo, 57 ans, \u00e9conomiste de l\u2019\u00e9tat de Bahia, est apparu sur la sc\u00e8ne politique br\u00e9silienne au d\u00e9but du premier mandat de Lula en acceptant la direction des finances et des relations avec les investisseurs de l\u2019entreprise Petrobras, la r\u00e9action de certains fut teint\u00e9e d\u2019ironie, pour ne pas dire de sarcasme: parfait inconnu mais avec de s\u00e9rieuses r\u00e9f\u00e9rences, o\u00f9 se cachait-il depuis si longtemps? Quatre ans plus tard, dont les deux derniers \u00e0 la pr\u00e9sidence de Petrobras apr\u00e8s le d\u00e9part de Jos\u00e9 Eduardo Dutra, il se trouvera difficilement quelqu\u2019un pour questionner sa comp\u00e9tence aux commandes de l\u2019entreprise. En effet, Petrobras a enregistr\u00e9 en 2006 un b\u00e9n\u00e9fice de 25,9 milliards de r\u00e9aux et atteint une part de march\u00e9 de 230 milliards de r\u00e9aux, soit 33 % de plus que l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Et pourtant, cette entreprise qui est la plus grande au Br\u00e9sil et l\u2019une des plus grandes entreprises de p\u00e9trole au monde a affront\u00e9 cette m\u00eame ann\u00e9e quelques turbulences politiques d\u00e9sagr\u00e9ables, en particulier avec la Bolivie. Mais le pr\u00e9sident de Petrobras y a fait face avec courage.<\/p>\n<p>Avant d\u2019int\u00e9grer Petrobras, Gabrielli a apparemment toujours \u00e9t\u00e9 un universitaire. \u00c0 l\u2019\u00e2ge de 25, 26 ans, avant m\u00eame d\u2019entreprendre un doctorat \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Boston en 1976, il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 professeur \u00e0 la Facult\u00e9 d\u2019\u00c9conomie de l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de l\u2019\u00c9tat de Bahia (UFBA) tout en y terminant son 3e cycle. Lors de son s\u00e9jour aux \u00c9tats-Unis, il se pencha sur le financement des entreprises \u00e9tatiques br\u00e9siliennes \u00e0 partir de m\u00e9thodes \u00e9conom\u00e9triques sophistiqu\u00e9es. Puis il r\u00e9int\u00e9gra son ancienne facult\u00e9, et apr\u00e8s avoir franchi toutes les \u00e9tapes de la carri\u00e8re enseignante il en devint le directeur entre 1996 et 2000. Son parcours au sein de l\u2019UFBA allait se compl\u00e9ter en 2002 avec la fonction de recteur adjoint en charge de la Recherche et du Troisi\u00e8me Cycle, peu apr\u00e8s son retour de Londres o\u00f9 il \u00e9tait all\u00e9 suivre un post-doctorat.<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de cette vie universitaire r\u00e9ussie Gabrielli a toujours exerc\u00e9 son c\u00f4t\u00e9 politique; par go\u00fbt, dans une certaine mesure, mais sans doute aussi impr\u00e9gn\u00e9 d\u2019une notion de la politique en tant que mission \u2013 notion qui a fortement marqu\u00e9 une grande partie, peut-\u00eatre la meilleure, de la g\u00e9n\u00e9ration 1968. Militant de cet intense mouvement \u00e9tudiant de la fin des ann\u00e9es 1960, Gabrielli s\u2019est distingu\u00e9 par diverses actions: du point de vue l\u00e9gal, il a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sident du Directoire Central des \u00c9tudiants (DCE) de l\u2019\u00e9tat de Bahia. Clandestinement il a fait partie de l\u2019Action Populaire (AP), un parti alors en transit entre la gauche catholique \u2013 son lieu d\u2019origine \u2013 et les pens\u00e9es marxistes. Ses activit\u00e9s lui vaudront un s\u00e9jour en prison en 1970. \u00c0 la fin des ann\u00e9es 1970, c\u2019est tout naturellement qu\u2019on le retrouve parmi les fondateurs du Parti des Travailleurs (PT). Et quelques ann\u00e9es plus tard, en membre disciplin\u00e9 du parti il accepte la t\u00e2che ardue d\u2019\u00eatre candidat au poste de gouverneur de l\u2019\u00e9tat de Bahia en 1990; ardue dans la mesure o\u00f9 son adversaire n\u2019\u00e9tait autre que le tout-puissant s\u00e9nateur Antonio Carlos Magalh\u00e3es qui, on s\u2019y attendait, remporta ces \u00e9lections.<\/p>\n<p>Certaines facettes du pass\u00e9 du pr\u00e9sident de Petrobras sont encore moins connues. C\u2019est le cas par exemple de son bref passage dans le monde du journalisme: en 1970 il est charg\u00e9 de la rubrique internationale du nouveau journal Tribuna da Bahia, un journal dirig\u00e9 par le carioca Quintino Carvalho et qui avait l\u2019intention de d\u00e9poussi\u00e9rer la presse de Bahia. Une anecdote en particulier marqua cette p\u00e9riode, pour le plus grand plaisir des coll\u00e8gues du journaliste temporaire: un soir, le colonel Lu\u00eds Artur de Carvalho, chef redout\u00e9 de la Police F\u00e9d\u00e9rale de l\u2019\u00e9tat de Bahia, se trouvait dans les locaux de la r\u00e9daction pour une raison quelconque. En apercevant Gabrielli au fond de la salle, il s\u2019\u00e9cria: \u201cMonsieur Gabrielli, comment va l\u2019AP?\u201d. Sans perdre son calme, il lui r\u00e9pondit: \u201celle envoie beaucoup d\u2019informations, colonel\u201d. Bien s\u00fbr, un journaliste en charge des informations internationales travaillait alors constamment avec les t\u00e9l\u00e9grammes de l\u2019AP, l\u2019Associated Press.<\/p>\n<p>Mais c\u2019est de futur que Jos\u00e9 S\u00e9rgio Gabrielli parle dans cette interview accord\u00e9e \u00e0 la revue Pesquisa FAPESP. Il y aborde les d\u00e9fis que doit relever une entreprise productrice de p\u00e9trole comme Petrobras face aux changements climatiques mondiaux, parle de la chance d\u2019une situation privil\u00e9gi\u00e9e du pays en mati\u00e8re de biocombustibles, estime que diaboliser le p\u00e9trole est une attitude infond\u00e9e vu qu\u2019il int\u00e8gre de mani\u00e8re tr\u00e8s profonde la vie contemporaine telle qu\u2019elle est, \u00e9tablit une comparaison tr\u00e8s singuli\u00e8re entre le Centre de Recherches de Petrobras et l\u2019\u00c9cole de Sagres, du XVIe si\u00e8cle, et \u00e9voque avec beaucoup d\u2019enthousiasme le r\u00e9seau de recherches entre Petrobras et les universit\u00e9s br\u00e9siliennes, dont le potentiel g\u00e9n\u00e9rateur de connaissances est tr\u00e8s prometteur.<\/p>\n<p><em><strong>N\u2019est-ce pas un contresens que le pr\u00e9sident d\u2019une entreprise de d\u00e9riv\u00e9s de combustibles fossiles fasse un discours en faveur de l\u2019environnement, comme cela s\u2019est vu notamment lors de votre participation au Forum \u00c9conomique de Davos en janvier?<\/strong><\/em><br \/>\nJ\u2019ai particip\u00e9 au forum d\u2019un \u00e9v\u00e9nement appel\u00e9 Energy Summit, qui r\u00e9unit les principales entreprises de p\u00e9trole et les principales entreprises d\u2019\u00e9nergie \u00e9lectrique mondiales. Une trentaine de personnes, au maximum. Et dans ce forum la discussion sur les changements climatiques, les perspectives de croissance de la demande de p\u00e9trole et la conservation \u00e9nerg\u00e9tique sont absolument fondamentales. Quelle est aujourd\u2019hui la position de l\u2019industrie p\u00e9troli\u00e8re? Premi\u00e8rement, de comprendre que l\u2019\u00e8re du p\u00e9trole ne sera pas remplac\u00e9e par celle d\u2019un autre combustible \u00e0 cause de son \u00e9puisement, mais parce que vont appara\u00eetre des combustibles alternatifs \u00e9conomiquement viables.<\/p>\n<p><em><strong>Lesquels?<\/strong><\/em><br \/>\nPlusieurs. En ce moment il y a les biocombustibles, avec toute la perspective d\u2019une meilleure efficacit\u00e9 des automobiles et d\u2019une plus grande conservation d\u2019\u00e9nergie. Cela implique une politique urbaine qui minimise l\u2019utilisation individuelle du v\u00e9hicule et qui soit \u00e9galement efficace du point de vue du principal probl\u00e8me que conna\u00eet le monde par rapport aux \u00e9missions: la perte de l\u2019\u00e9nergie dans les constructions, l\u2019utilisation des combustibles pour la g\u00e9n\u00e9ration \u00e9lectrique, base du chauffage et du refroidissement des habitations et autres \u00e9difices&#8230; Le rapport le plus r\u00e9cent de l\u2019ONU place les v\u00e9hicules \u00e0 la seconde place des sources les plus importantes d\u2019\u00e9missions. Puis viennent le d\u00e9boisement et les br\u00fblis, autres probl\u00e8mes de poids. Les sources sont nombreuses, leur identification permet d\u2019adopter des politiques exig\u00e9es pour chacune d\u2019elles et, donc, de visualiser des possibilit\u00e9s d\u2019effets et d\u2019ajustages dans la lutte plus r\u00e9elle contre le r\u00e9chauffement, au lieu de d\u00e9signer un coupable et de diaboliser ce coupable&#8230;<\/p>\n<p><em><strong>Ou d\u2019alimenter l\u2019illusion selon laquelle on parviendra \u00e0 se passer de tout le combustible fossile utilis\u00e9 par les v\u00e9hicules dans le monde&#8230;<\/strong><\/em><br \/>\n\u00c7a c\u2019est un peu une illusion. Aujourd\u2019hui l\u2019important est d\u2019attirer l\u2019attention sur le fait qu\u2019eau propre et air pur sont fondamentaux pour la vie. Cependant la vie humaine moderne n\u2019existe pas sans p\u00e9trole.<\/p>\n<p><em><strong>Cela r\u00e9v\u00e8le d\u2019une certaine mani\u00e8re un paradoxe. Comment l\u2019affronter?<\/strong><\/em><br \/>\nIl n\u2019existe pas simplement un \u201dcomment\u201d. Nous devons minimiser les impacts de la production de p\u00e9trole sur l\u2019environnement et rendre viable l\u2019utilisation plus efficace de ce p\u00e9trole avec l\u2019augmentation de l\u2019utilisation de sources plus propres de g\u00e9n\u00e9ration d\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n<p><em><strong>Quand vous affirmez que la vie moderne n\u2019existe pas sans p\u00e9trole, \u00e0 quoi faites-vous r\u00e9f\u00e9rence?<\/strong><\/em><br \/>\nJe parle de transport, de g\u00e9n\u00e9ration d\u2019\u00e9nergie et de p\u00e9trochimie. Regardez autour de vous, dans la vie moderne, on rencontre le p\u00e9trole presque partout.<\/p>\n<p><em><strong>Et cela demeurera ainsi, d\u2019apr\u00e8s vous, plusieurs d\u00e9cennies, voire plusieurs si\u00e8cles.<\/strong><\/em><br \/>\nDes si\u00e8cles je ne pense pas. Plut\u00f4t des d\u00e9cennies. Aujourd\u2019hui la situation de demande de p\u00e9trole dans le monde est plus ou moins \u00e9quilibr\u00e9e \u2013 l\u2019offre et la demande sont de 82 \u00e0 84 millions de barils de p\u00e9trole par jour. La croissance pr\u00e9vue de la demande varie autour de 1,6, 1,8 % par an, et la croissance de l\u2019offre aussi. Donc on ne peut pas dire qu\u2019il y ait de grands probl\u00e8mes dans ce domaine. Les r\u00e9serves connues aujourd\u2019hui permettent de tabler sur 70 \u00e0 80 ann\u00e9es de production. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, l\u2019utilisation de nouvelles technologies pour r\u00e9cup\u00e9rer des champs matures et pour produire du p\u00e9trole dans des situations encore impossibles il y a peu de temps auparavant augmente. Nous produisons \u00e0 plus de 1 800 m\u00e8tres de profondeur et la perspective est d\u2019aller jusqu\u2019\u00e0 plus de 6 000 m\u00e8tres de profondeur. Il y a dans le Golfe du Mexique un puits de 11 kilom\u00e8tres de profondeur en eau rase. Et au Br\u00e9sil on esp\u00e8re exploiter en dessous de la couche de sel qui a 6 000 m\u00e8tres de roche, dont 2 kilom\u00e8tres de sel&#8230;<\/p>\n<p><em><strong>Mais vous ne pensez pas que, face \u00e0 l\u2019\u00e9quation qui se forme en termes environnementaux, cette technologie ultra sophistitiqu\u00e9e d\u2019exploitation profonde sera un peu inutile?<\/strong><\/em><br \/>\nElle est viable parce que le prix du p\u00e9trole est \u00e9lev\u00e9. Mais par rapport \u00e0 ce m\u00eame facteur, des alternatives vont appara\u00eetre: la viabilit\u00e9 de l\u2019\u00e9nergie de biocombustibles, de l\u2019\u00e9nergie \u00e9olienne, solaire, des vagues maritimes et nucl\u00e9aire cro\u00eet. Si le prix du p\u00e9trole baisse, beaucoup de ces technologies naissantes n\u2019auront plus de raison d\u2019\u00eatre.<\/p>\n<p><em><strong>Quand on pense \u00e0 la matrice \u00e9nerg\u00e9tique du Br\u00e9sil pour 2030, on dit que l\u2019\u00e9nergie hydro\u00e9lectrique doit continuer \u00e0 repr\u00e9senter 50 % du total.<\/strong><\/em><br \/>\nL\u2019\u00e9nergie hydro\u00e9lectrique repr\u00e9sente aujourd\u2019hui 85 % de la matrice \u00e9lectrique et pr\u00e8s de 47 % de la matrice \u00e9nerg\u00e9tique comme un tout. Mais le Br\u00e9sil est un cas \u00e0 part, peut-\u00eatre parce qu\u2019il est, parmi les grands pays du monde, le seul \u00e0 poss\u00e9der autant de combustibles renouvelables dans la matrice \u00e9nerg\u00e9tique, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9nergie hydro\u00e9lectrique et \u00e0 l\u2019alcool. Il suffit de penser que 40 % de l\u2019essence br\u00e9silienne, ou son \u00e9quivalent en termes \u00e9nerg\u00e9tiques, c\u2019est l\u2019alcool.<\/p>\n<p><em><strong>Malgr\u00e9 tout, quand on mesure la matrice \u00e9nerg\u00e9tique br\u00e9silienne future, on mise sur une bonne part de l\u2019utilisation du p\u00e9trole, non?<\/strong><\/em><br \/>\nOui. Et cela pose deux grands d\u00e9fis en mati\u00e8re de substitution des combustibles. L\u2019un d\u2019eux est li\u00e9 au biocombustible, aussi bien l\u2019\u00e9thanol que le biodiesel. Ils vont prendre la place de l\u2019essence et du diesel, qui eux vont rester ou, dans le cas du diesel, on arr\u00eatera d\u2019importer. Donc Petrobras doit s\u2019occuper de cela.<\/p>\n<p><em><strong>Cela veut-il dire que Petrobras devra r\u00e9duire d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre sa production?<\/strong><\/em><br \/>\nNon, pas r\u00e9duire ! Petrobras doit trouver une fili\u00e8re pour \u00e9couler sa production, parce que l\u2019industrie du p\u00e9trole, \u00e0 la diff\u00e9rence d\u2019autres, n\u2019est pas une industrie fordiste qui s\u2019ajuste \u00e0 la vitesse de la cha\u00eene de transmission. C\u2019est une industrie dans laquelle sont faits des investissements pour travailler \u00e0 100 %. Donc il s\u2019agit de trouver de nouvelles fili\u00e8res. Par exemple: nous sommes en train de faire \u00e0 Rio de Janeiro un complexe p\u00e9trochimique qui utilisera directement du p\u00e9trole lourd pour produire la p\u00e9trochimie, avec une technologie nouvelle dans le monde. Personne ne fait cela, tout le monde utilise du gaz naturel ou du naphte, mais nous, nous allons le faire. De cette mani\u00e8re nous pouvons diminuer la production d\u2019huile combustible et ne plus avoir de probl\u00e8me avec l\u2019essence et le diesel, l\u2019essence et le naphte. La pr\u00e9vision est de d\u00e9buter la production en 2012. L\u2019autre alternative est de rencontrer des voies pour utiliser ce type d\u2019huile et l\u2019essence et le diesel dans d\u2019autres march\u00e9s. Le monde va continuer \u00e0 \u00eatre demandeur pour le transport. Nous produisons 2 millions de barils, le monde en consomme 85 millions. Notre objectif est de produire 2,3 millions de barils de p\u00e9trole en 2011.<\/p>\n<p><em><strong>Et quelle est aujourd\u2019hui la destination pr\u00e9vue de cette production pour Petrobras?<\/strong><\/em><br \/>\nD\u2019ici 2011, nous allons construire cette entreprise p\u00e9trochimique et une nouvelle raffinerie dans la r\u00e9gion Nord-Est pour optimiser surtout la production de diesel. Nous aurons alors 350 000 barils suppl\u00e9mentaires de capacit\u00e9 de traitement. Nous allons augmenter la capacit\u00e9 des raffineries actuelles de plus de 200 000 barils et dans le m\u00eame temps les productions de biodiesel et d\u2019alcool. Le biodiesel, nous en achetons 800 millions de m\u00e8tres cubes ou 800 milliards de litres par an. \u00c0 partir de 2008, nous allons en produire 150 millions de m\u00e8tres cubes.<\/p>\n<p><em><strong>Par rapport au transport, les projections de Petrobras \u00e9tablissent-elles la proportion d\u2019utilisation de chacun de ces carburants?<\/strong><\/em><br \/>\nDifficile de r\u00e9pondre pr\u00e9cis\u00e9ment. Aujourd\u2019hui, sur le march\u00e9 de l\u2019essence, l\u2019alcool repr\u00e9sente environ 40 %, avec 25 % d\u2019alcool anhydre plus l\u2019alcool hydrat\u00e9. Pour le diesel nous nous situerons entre 2 \u00e0 5 %. La flotte de v\u00e9hicules au gaz naturel est croissante. Le probl\u00e8me de ce gaz, c\u2019est que son prix relatif est d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9; j\u2019entends par l\u00e0 que \u00e7a n\u2019a aucun sens que ce combustible, le gaz naturel, ait un prix \u00e9lev\u00e9 alors qu\u2019il y en a tr\u00e8s peu au Br\u00e9sil.<\/p>\n<p><em><strong>Et les questions politiques autour du gaz ne paraissent pas tr\u00e8s simples.<\/strong><\/em><br \/>\nLa croissance de la demande de gaz naturel pour les v\u00e9hicules va probablement conna\u00eetre une r\u00e9duction. Sa participation dans la matrice \u00e9nerg\u00e9tique comme un tout est pass\u00e9e de 4 %, 5% \u00e0 8 % en trois ans. La perspective est que cette matrice du gaz augmente jusqu\u2019\u00e0 atteindre peut-\u00eatre 10 % de la matrice \u00e9nerg\u00e9tique br\u00e9silienne totale. Et je pense que le volume de biocombustible sera beaucoup plus \u00e9lev\u00e9 ici au Br\u00e9sil que dans le reste du monde, o\u00f9 il atteindra environ 10 % du march\u00e9 en 2015. La participation des autres formes alternatives, \u00e9nergie \u00e9olienne, solaire, etc. est vraiment tr\u00e8s faible.<\/p>\n<p><em><strong>Mais c\u2019est alors qu\u2019entre \u00e0 nouveau en sc\u00e8ne l\u2019\u00e9nergie nucl\u00e9aire. Le ministre S\u00e9rgio Rezende a parl\u00e9 \u00e0 nouveau emphatiquement du programme nucl\u00e9aire br\u00e9silien.<\/strong><\/em><br \/>\nL\u2019\u00e9nergie nucl\u00e9aire est, sans l\u2019ombre d\u2019un doute, l\u2019\u00e9nergie la plus propre, toutefois elle est aussi la plus dangereuse parce qu\u2019elle ne produit pas un chauffage lent et progressif mais brutal et explosif, aussi bien du point de vue des accidents que de son utilisation non pacifique. La r\u00e9gulation et le suivi de tout programme sont des \u00e9l\u00e9ments-cl\u00e9s pour son \u00e9quilibre. D\u2019autre part, l\u2019\u00e9nergie nucl\u00e9aire a un autre probl\u00e8me grave qu\u2019est le r\u00e9sidu, sa r\u00e9utilisation, qui doit encore \u00eatre r\u00e9solu.<\/p>\n<p><em><strong>Entre-temps&#8230;, dans l\u2019industrie du p\u00e9trole&#8230;<\/strong><\/em><br \/>\nDans l\u2019industrie du p\u00e9trole, si on consid\u00e8re les actuelles r\u00e9serves prouv\u00e9es dans le monde, nous disposons de 60 \u00e0 70 ans de production pour celles dont la probabilit\u00e9 de d\u00e9veloppement commercial est de 90 %. Si on prend aussi les r\u00e9serves possibles, celles dont la probabilit\u00e9 de d\u00e9veloppement est de 50 % avec la technologie et les conditions commerciales actuelles, nous passons alors \u00e0 plus de 150 ans. Si l\u2019on ajoute encore les r\u00e9serves probables, l\u2019horizon de production est \u00e9norme.<\/p>\n<p><em><strong>Et si l\u2019on ajoute la possibilit\u00e9 des champs matures&#8230;<\/strong><\/em><br \/>\nOui, si l\u2019on prend en compte le d\u00e9veloppement technologique n\u00e9cessaire pour r\u00e9cup\u00e9rer des champs matures qui sera induit par les prix \u00e9lev\u00e9s du p\u00e9trole \u2013 cette r\u00e9cup\u00e9ration secondaire dans laquelle on injecte du CO2 dans le puits pour produire plus de p\u00e9trole \u2013, si l\u2019on consid\u00e8re la technologie thermique pour augmenter la r\u00e9cup\u00e9ration de p\u00e9trole, enfin des technologies plus sophistiqu\u00e9es et plus ch\u00e8res, et si l\u2019on inclut dans le panorama de la production future les sables b\u00e9tumineux du Canada et le p\u00e9trole extra-lourd du Venezuela, si l\u2019on prend tous ces \u00e9l\u00e9ments en compte on obtient une pr\u00e9vision de 200 ans de production de p\u00e9trole&#8230; Aucun d\u00e9fi technologique n\u2019est trop \u00e9lev\u00e9 dans cette longue p\u00e9riode et tout d\u00e9pendra en grande partie du comportement du prix du p\u00e9trole. Rappelons que notre alcool est devenu viable 30 ans auparavant gr\u00e2ce \u00e0 une question de prix, et qu\u2019il a ensuite connu une crise \u00e0 cause d\u2019une question de prix. Quand le prix du p\u00e9trole a augment\u00e9, nous nous sommes tourn\u00e9s vers la politique du Proalcool. Et de la production de la canne \u00e0 sucre nous sommes all\u00e9s vers une politique de l\u2019industrie automobile. Quand le prix du p\u00e9trole a chut\u00e9 et que simultan\u00e9ment le prix du sucre a augment\u00e9, le Proalcool n\u2019\u00e9tait plus viable.<\/p>\n<p><em><strong>En d\u00e9voilant ce large horizon, votre intention est-elle de faire allusion \u00e0 une possibilit\u00e9 de br\u00fblage&#8230;. de p\u00e9trole moins agressive pour l\u2019environnement?<\/strong><\/em><br \/>\nNon, ce que je dis, c\u2019est surtout que le p\u00e9trole ne va pas quitter la sc\u00e8ne parce qu\u2019il va s\u2019\u00e9puiser, mais qu\u2019il peut perdre sa viabilit\u00e9 \u00e9conomique parce qu\u2019il y aura d\u2019autres sources plus propres et \u00e9conomiquement viables.<\/p>\n<p><em><strong>Mais quelles sources et processus plus propres peuvent l\u2019emporter sur le p\u00e9trole dans la matrice \u00e9nerg\u00e9tique mondiale?<\/strong><\/em><br \/>\nLa cellulose, par exemple \u2013 la production de cellulose \u00e0 partir d\u2019un processus enzymatique en utilisant des r\u00e9sidus v\u00e9g\u00e9taux. Cette technologie n\u2019en est qu\u2019\u00e0 ses balbutiements pour l\u2019instant, aussi bien en ce qui concerne la capacit\u00e9 de production d\u2019enzymes, la capacit\u00e9 de capture de ces r\u00e9sidus, le traitement m\u00eame de la cellulose ou le processus de transport de ses r\u00e9sultats. Mais elle peut se d\u00e9velopper. Autre exemple: l\u2019hydrog\u00e8ne, qui implique une r\u00e9volution technologique, et pas seulement du combustible. La principale limitation que je vois dans cette technologie, c\u2019est qu\u2019elle exige un autre moteur, qu\u2019elle exige une transformation du parc automobile, une nouvelle conception. Pour moi elle est donc plus distante que les biocombustibles. Quant aux avanc\u00e9es en termes d\u2019\u00e9conomie de l\u2019\u00e9nergie, aujourd\u2019hui nous disposons d\u00e9j\u00e0 de technologies, cependant encore ch\u00e8res, de construction de b\u00e2timents intelligents, de vitres adapt\u00e9es avec la nanotechnologie, etc., qui refl\u00e8tent, rabattent la chaleur et parfois r\u00e9duisent jusqu\u2019\u00e0 60 % l\u2019utilisation d\u2019\u00e9nergie dans un \u00e9difice.<\/p>\n<p><em><strong>Le probl\u00e8me concerne-t-il plus le chauffage ou le refroidissement?<\/strong><\/em><br \/>\nLes deux, parce qu\u2019il y a des \u00e9difices qui ont besoin d\u2019\u00eatre chauff\u00e9s en hiver et refroidis en \u00e9t\u00e9. Il y a aujourd\u2019hui toute une dynamique urbaine dans les grandes m\u00e9tropoles qui visent \u00e0 minimiser de l\u2019utilisation d\u2019\u00e9nergie dans les transports, toute une politique d\u2019expansion du r\u00e9seau de transport de masse, parall\u00e8lement au d\u00e9veloppement de moteurs plus efficaces d\u2019utilisation domestique pour les r\u00e9frig\u00e9rateurs, des cuisini\u00e8res plus efficaces, des ampoules, etc. Il y a donc \u00e0 la fois un mouvement d\u2019\u00e9conomie qui va diminuer l\u2019impact des combustibles fossiles, et un mouvement d\u2019expansion de production de sources plus propres.<\/p>\n<p><em><strong>Cependant j\u2019insiste: comment Petrobras, une entreprise qui a commenc\u00e9 \u00e0 construire au d\u00e9but des ann\u00e9es 1950 le r\u00eave br\u00e9silien de l\u2019autosuffisance en p\u00e9trole dans le pays, d\u00e9sormais atteint, et qui, en plus de l\u2019immense poids \u00e9conomique a un extraordinaire poids socioculturel dans cette nation, ajuste-t-elle son plan strat\u00e9gique au discours actuel sur le risque des changements climatiques?<\/strong><\/em><br \/>\nDans notre plan strat\u00e9gique ant\u00e9rieur \u00e0 l\u2019IPCC, depuis 2004, 2005, nous envisagions d\u00e9j\u00e0 Petrobras comme leader mondial dans le domaine du biocombustible en 2011. Notre objectif strat\u00e9gique est de nous positionner sur ce march\u00e9, pour des raisons proactives et pour des raisons d\u00e9fensives. Dans le premier cas, nous pensons que ce march\u00e9 va cro\u00eetre. Et les raisons d\u00e9fensives sont les suivantes: comme il y aura des changements, il vaut mieux faire partie de ceux qui changent que de ceux qui seront chang\u00e9s par les autres. C\u2019est d\u2019ailleurs tout \u00e0 fait impressionnant, quand nous allons \u00e0 une rencontre comme celle de Davos, de constater l\u2019image de Petrobras \u00e0 ce niveau. Elle est vue comme une entreprise qui s\u2019occupe de ce champ depuis longtemps. Nous avons un brevet sur le transport d\u2019alcool, l\u2019alcoduc, nous avons la technologie de traitement de l\u2019acidit\u00e9 dans les raffineries et dans les citernes, nous avons avec l\u2019industrie automobile br\u00e9silienne une longue exp\u00e9rience dans la production d\u2019automobiles fonctionnant \u00e0 l\u2019alcool, plus grande que dans n\u2019importe quel autre pays du monde, nous avons une logistique mont\u00e9e pour la distribution de l\u2019alcool, et tout cela place \u00e0 Petrobras dans une position tr\u00e8s remarqu\u00e9e. Donc, du point de vue de Petrobras ce ne sera pas le principal secteur d\u2019investissements, mais il aura une place tr\u00e8s importante, y compris en termes relatifs de capital. Dans le cas du biodiesel, j\u2019aimerais \u00e9voquer ici une autre dimension du programme, la dimension sociale. L\u2019\u00e9mission de carbone vient surtout de l\u2019H\u00e9misph\u00e8re Nord, m\u00eame si sa croissance est sup\u00e9rieure dans l\u2019H\u00e9misph\u00e8re Sud. Eh bien: s\u2019il faudra, pour diminuer cette \u00e9mission, augmenter la quantit\u00e9 de biocombustibles parmi d\u2019autres choses, \u00e0 moins que pendant cette qu\u00eate ne se produise une r\u00e9volution technologique dans l\u2019H\u00e9misph\u00e8re Nord, ce qui peut se produire, si l\u2019on consid\u00e8re la technologie actuelle, la plus grande probabilit\u00e9 de croissance en mati\u00e8re de sources de biocombustibles est dans l\u2019H\u00e9misph\u00e8re Sud. Et sur la base de plusieurs plantes, comme le ricin, les ol\u00e9agineux, la jatropha curcas, le tournesol, etc., etc. Cela modifiera un peu la balance de la g\u00e9opolitique en mati\u00e8re de carburants.<\/p>\n<p><em><strong>Peut-on y croire dur comme fer?<\/strong><\/em><br \/>\nJ\u2019y crois et, comme je le disais, le biocombustible va repr\u00e9senter quelque chose de l\u2019ordre de 10 % du march\u00e9 mondial des carburants. On est en train de parler de 8 millions de barils par jour, ce qui \u00e9quivaut \u00e0 quatre fois la production actuelle de p\u00e9trole de Petrobras. Donc cela va entra\u00eener un changement au niveau du r\u00f4le de l\u2019Am\u00e9rique du sud dans la g\u00e9opolitique du secteur.<\/p>\n<p><em><strong>Et cela m\u00eame avec les perturbations sur le continent?<\/strong><\/em><br \/>\nCela fait partie de la vie, on n&#8217;a pas le choix. Il n\u2019existe pas de r\u00e9gion au monde plus perturb\u00e9e que l\u2019Iran, l\u2019Irak ou le Moyen-Orient. Mais il y a un autre composant sur lequel j\u2019aimerais attirer l\u2019attention ici: la production agricole d\u2019un produit de base combustible est diff\u00e9rente de celle d\u2019un produit de base alimentaire ou industriel. Premi\u00e8rement, elle doit \u00eatre plus stable que pour les aliments, parce qu\u2019il y a moins de substituts.<\/p>\n<p><em><strong>Cela signifie que ceux qui seront engag\u00e9s dans cette production auront une garantie de vente totale.<\/strong><\/em><br \/>\nExactement, vu que l\u2019offre doit avoir un flux continu. Deuxi\u00e8mement, il doit y avoir une structure de contrat \u00e0 long terme, ce qui n\u2019est pas habituel dans ce march\u00e9. Donc nous aurons des canaux logistiques de distribution sp\u00e9ciaux. Il y aura une s\u00e9rie de transformations dans les rapports Nord-Sud, et nous devrons surmonter les m\u00e9canismes de protection de la Communaut\u00e9 Europ\u00e9enne et des \u00c9tats-Unis vis-\u00e0-vis de leurs agriculteurs qui sont moins efficaces que ceux du Sud. Cela rend une telle protection inefficace du point de vue de la production g\u00e9n\u00e9rale. Nous devrons acc\u00e9l\u00e9rer le Cycle de Doha, etc., et l\u00e0 nous ne travaillerons pas sur la protection mais sur l\u2019efficacit\u00e9 de la productivit\u00e9. Mais il y a un autre probl\u00e8me: vu la dimension des besoins en carburants, cela a un grand impact sur la zone plant\u00e9e. Et les biocombustibles vont entrer en comp\u00e9tition avec les aliments dans certains endroits, comme cela s\u2019est d\u00e9j\u00e0 produit. C\u2019est le cas de la tortilla mexicaine: le prix du ma\u00efs a augment\u00e9, celui de la tortilla \u00e9galement. Ainsi, en augmentant la zone plant\u00e9e il faut veiller \u00e0 ce que la production alimentaire ne perde pas sa viabilit\u00e9. Deuxi\u00e8me probl\u00e8me: la d\u00e9forestation. \u00c9videmment, il faudrait faire \u00e7a dans les zones d\u00e9j\u00e0 d\u00e9bois\u00e9es.<\/p>\n<p><em><strong>Mais si nous parlons ici de soja, de canne \u00e0 sucre, etc., nous avons d\u00e9j\u00e0 une fronti\u00e8re tr\u00e8s \u00e9tendue.<\/strong><\/em><br \/>\nOui, au Br\u00e9sil, mais il y a le reste du monde. En r\u00e9sum\u00e9, nous devrons \u00eatre plus efficaces dans l\u2019utilisation des terres d\u00e9j\u00e0 d\u00e9bois\u00e9e pour produire plus. Et il y a un troisi\u00e8me probl\u00e8me: l\u2019eau. L\u2019agriculture est une grande consommatrice d\u2019eau, et si elle augmente, l\u2019offre en eau peut conna\u00eetre des difficult\u00e9s. Une vision globale de ce probl\u00e8me est par cons\u00e9quent n\u00e9cessaire, parce qu\u2019il n\u2019existe pas de solution partielle. Il faut combiner politique d\u2019\u00c9tat \u2013 et je parle d\u2019\u00c9tat national et de relations internationales \u2013 et m\u00e9canismes de march\u00e9. De v\u00e9ritables politiques d\u2019\u00c9tat pour la planification, la r\u00e9pression, la r\u00e9gulation, avec une politique de prix, de p\u00e9nalit\u00e9s.<\/p>\n<p><em><strong>Ne s\u2019agit-il pas d\u2019une \u00e9quation difficile \u00e0 r\u00e9soudre?<\/strong><\/em><br \/>\nTr\u00e8s difficile. Sur le plan international il y a d\u2019un c\u00f4t\u00e9 les \u00c9tats-Unis, qui refusent d\u2019admettre qu\u2019ils sont \u00e0 l\u2019origine du probl\u00e8me, et de l\u2019autre les producteurs potentiels de biocombustibles pr\u00e9occup\u00e9s par la vision \u00e0 court terme, par la seule rupture des barri\u00e8res commerciales, sans&#8230;<\/p>\n<p><em><strong>Les producteurs potentiels sont le Br\u00e9sil&#8230;<\/strong><\/em><br \/>\nLe Br\u00e9sil, l\u2019Inde et la Chine. Il y a une croissance de la demande \u00e9nerg\u00e9tique polluante dans ces pays. Surtout en Chine, o\u00f9 il existe une perspective de milliers d\u2019usines thermo-\u00e9lectriques \u00e0 partir du charbon. Ce sont ces probl\u00e8mes qui doivent \u00eatre discut\u00e9s au niveau international et dans chaque nation. De plus, le m\u00e9canisme de cr\u00e9dit de carbone est int\u00e9ressant mais totalement insuffisant pour affronter le probl\u00e8me. En bref, cela veut dire acheter le droit d\u2019\u00e9mettre du CO2. On ne peut pas compter l\u00e0-dessus \u00e0 long terme. Des mesures plus restrictives, de contention, sont n\u00e9cessaires. Et la technologie joue un r\u00f4le absolument cl\u00e9 dans cette question, aussi bien pour la conservation que pour les biocombustibles, et m\u00eame pour la s\u00e9questration du carbone dans la production de combustibles fossiles. Il y a une r\u00e9injection de CO2 et plusieurs technologies en d\u00e9veloppement qui s\u00e9questrent le carbone dans la production de p\u00e9trole. En phase initiale.<\/p>\n<p><em><strong>J\u2019aimerais aborder la question du programme des r\u00e9seaux de recherche de Petrobras, qui utilise lesdites participations sp\u00e9ciales, 1 % du chiffre d\u2019affaires de l\u2019entreprise, pour investir 1 milliard de r\u00e9aux en recherches dans les universit\u00e9s au cours des prochaines ann\u00e9es.<\/strong><\/em><br \/>\nCe sont des ressources s\u2019\u00e9levant \u00e0 1,4 milliards de r\u00e9aux pour les trois prochaines ann\u00e9es. Le programme englobe 26 domaines th\u00e9matiques li\u00e9s au p\u00e9trole, au gaz et au biocombustible \u2013 qui ne se r\u00e9f\u00e8rent pas seulement \u00e0 leur production \u2013 et six zones r\u00e9gionales, tourn\u00e9es vers le type de probl\u00e8me que nous connaissons dans diff\u00e9rentes r\u00e9gions du pays. Cela implique 72 institutions de recherche. Il y a des recherches tr\u00e8s diverses, notamment sur les bact\u00e9ries, les r\u00e9actions chimiques de base, les mat\u00e9riaux, la nanotechnologie.<\/p>\n<p><em><strong>Quoi qu\u2019il en soit, on n\u2019est pas trop d\u00e9pendant des combustibles traditionnels?<\/strong><\/em><br \/>\nNon, nous avons des recherches sur les biocombustibles. Et si l\u2019on en revient au Cenpes, nous sommes en train d\u2019effectuer des recherches sur la cellulose, sur les bact\u00e9ries ana\u00e9robiques absorbeuses de soufre, etc.<\/p>\n<p><em><strong>Quelle est la vision du pr\u00e9sident de Petrobras sur le Cenpes?<\/strong><\/em><br \/>\nPetrobras poss\u00e8de aujourd\u2019hui, c\u2019est un fait indubitable, le plus grand centre de recherche et de d\u00e9veloppement technologique du pays et d\u2019Am\u00e9rique latine. 3 000 personnes y travaillent. Quelle est la logique du Cenpes? C\u2019est la logique de l\u2019\u00c9cole de Sagres&#8230;<\/p>\n<p><em><strong>C\u2019est une id\u00e9e tout \u00e0 fait \u00e9tonnante ! Pourquoi une r\u00e9f\u00e9rence du XVIe si\u00e8cle?<\/strong><\/em><br \/>\nL\u2019\u00c9cole de Sagres a associ\u00e9 l\u2019exp\u00e9rience du marin \u00e0 la connaissance des sages universitaires et aux r\u00eaves des cartographes. Et \u00e7a, c\u2019est un \u00e9l\u00e9ment-cl\u00e9: associer des perspectives r\u00eav\u00e9es aux int\u00earets de l\u2019industrie en ce qui concerne la recherche des r\u00e9sultats et la poursuite de ses objectifs, avec la recherche universitaire, avec la connaissance scientifique en g\u00e9n\u00e9ral \u2013 c\u2019est \u00e7a le Cenpes. Et il r\u00e9ussit parce qu\u2019il associe connaissance de base et application. Ce n\u2019est pas un centre de recherche universitaire, c\u2019est un centre de recherche appliqu\u00e9e mais ayant une base scientifique. C\u2019est un centre de recherche d\u2019entreprise, et il fonctionne bien. Les possibilit\u00e9s de d\u00e9veloppement de la connaissance sont ainsi tr\u00e8s grandes. Mais il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 \u2013 et \u00e7a c\u2019est un autre trait important \u2013 isol\u00e9. Ni par rapport \u00e0 d\u2019autres centres de recherche, ni par rapport aux centres universitaires du pays. Il a cr\u00e9\u00e9 un r\u00e9seau de recherches tr\u00e8s intense avec toutes les grandes universit\u00e9s du Br\u00e9sil. Ainsi, cette recherche appliqu\u00e9e de Petrobras se propage dans l\u2019universit\u00e9 br\u00e9silienne et internationale. Mais elle est devenue \u00e0 nos yeux insuffisante; parce qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas institutionnelle, elle se faisait de groupe \u00e0 groupe, de chercheur \u00e0 chercheur. L\u2019id\u00e9e de constitution du r\u00e9seau institutionnel d\u00e9but\u00e9e en 2005 vise \u00e0 augmenter la capacit\u00e9 de g\u00e9n\u00e9ration de recherche et de connaissance dans ce syst\u00e8me dans le pays tout entier. Et c\u2019est un r\u00e9seau parce que chaque partie poss\u00e8de au minimum quatre institutions. Il y a g\u00e9n\u00e9ralement une institution-cl\u00e9, qui est le leader, et les autres qu\u2019elle coordonne, de l\u2019\u00e9tat d\u2019Amazonas \u00e0 celui du Rio Grande do Sul.<\/p>\n<p><em><strong>Profitant de vos associations, si le Cenpes repose sur l\u2019\u00c9cole de Sagres, quel est le mod\u00e8le du r\u00e9seau institutionnel?<\/strong><\/em><br \/>\nInternet. Ce qui caract\u00e9rise Internet c\u2019est la structure de r\u00e9seau o\u00f9 la rupture d\u2019un n\u0153ud ne casse pas l\u2019autre.<\/p>\n<p><em><strong>Notre pays lui-m\u00eame exp\u00e9rimente depuis d\u00e9j\u00e0 un certain temps la structure de r\u00e9seau de recherche pour faire des bonds en termes de g\u00e9n\u00e9ration de la connaissance. Les choses ont commenc\u00e9 \u00e0 partir du Programme G\u00e9nome de la FAPESP lanc\u00e9 en 1997, il y a donc presque dix ans&#8230;<\/strong><\/em><br \/>\nExactement, ce fut la base de la g\u00e9nomique&#8230;<\/p>\n<p><em><strong>Donc nous en venons, via le Cenpes, \u00e0 un mariage entre le r\u00e9f\u00e9rentiel classique de l\u2019\u00c9cole de Sagres et le r\u00e9f\u00e9rentiel plus contemporain du r\u00e9seau virtuel. Si cela ne marche pas, c\u2019est une id\u00e9e pour le moins originale&#8230;<\/strong><\/em><br \/>\nOui&#8230; L\u2019\u00c9cole de Sagres est concentr\u00e9e sur un p\u00f4le, et le r\u00e9seau est diversifi\u00e9, pulv\u00e9ris\u00e9 et d\u00e9centralis\u00e9. Et notre d\u00e9fi est pr\u00e9cis\u00e9ment d\u2019articuler de mani\u00e8re productive un mod\u00e8le avec l\u2019autre. Nous allons, c\u2019est certain, continuer la recherche appliqu\u00e9e au Cenpes et compl\u00e9ter cette avanc\u00e9e en entra\u00eenant l\u2019ensemble de ce r\u00e9seau. Et nous esp\u00e9rons influencer d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre le syst\u00e8me entrepreneurial br\u00e9silien avec l\u2019id\u00e9e d\u2019innovation.<\/p>\n<p><em><strong>Le r\u00e9seau de recherche a-t-il \u00e9t\u00e9 pens\u00e9 \u00e0 partir de la grande exp\u00e9rience de certains dirigeants actuels de Petrobras dans l\u2019universit\u00e9?<\/strong><\/em><br \/>\nPartiellement. C\u2019est une association entre cela, l\u2019exp\u00e9rience du Cenpes et l\u2019exp\u00e9rience des domaines d\u2019affaires de Petrobras. Lors de la discussion au niveau de la direction, l\u2019exp\u00e9rience universitaire s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e importante \u2013 pas seulement la mienne, mais aussi celle du directeur Ildo Sauer, acquise \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo. Le processus interactif a fonctionn\u00e9 et, comme cela se produit chez Petrobras, ce fut le r\u00e9sultat d\u2019un processus collectif de d\u00e9finition. Et le r\u00e9seau n\u2019est en rien nouveau ou original, internationalement. Il y a plusieurs exp\u00e9rimentations similaires dans les grandes entreprises de p\u00e9trole.<\/p>\n<p><em><strong>Le r\u00e9seau va-t-il rester concentr\u00e9 au Br\u00e9sil?<\/strong><\/em><br \/>\nEn ce moment nous sommes concentr\u00e9s au Br\u00e9sil mais nous sommes ouverts, parce que ce r\u00e9seau a et doit avoir des contacts et des relations avec le monde entier, sinon il cesse de fonctionner. J\u2019insiste sur le fait que la grande diff\u00e9rence entre des mod\u00e8les du pass\u00e9 et ce r\u00e9seau actuel est que ce dernier se base sur des relations institutionnelles. Des contrats sont sign\u00e9s avec les institutions, dans lesquelles est pr\u00e9vue une structure de gestion sp\u00e9cifique de ces contrats.<\/p>\n<p><em><strong>Et Petrobras peut-elle exiger des r\u00e9sultats?<\/strong><\/em><br \/>\nOui, bien s\u00fbr, en ne payant pas la p\u00e9riode suivante. Petrobras fonctionne sur la base du bulletin d\u2019\u00e9valuation, et l\u2019argent vient \u00e0 100 % de Petrobras.<\/p>\n<p><em><strong>Petrobras est accus\u00e9e, m\u00eame si c\u2019est sur le ton de l\u2019ironie et de la plaisanterie, d\u2019\u00eatre plus forte dans la politique culturelle du pays que le Minist\u00e8re de la Culture. Elle aurait ainsi un savoir-faire pour faire quelque chose de similaire en science et en technologie&#8230;<\/strong><\/em><br \/>\nLes programmes culturels de Petrobras sont align\u00e9s sur les politiques du Minist\u00e8re de la Culture. Dans le cas des organismes de soutien \u00e0 la recherche (CNPq, Capes, etc.), le cadre est diff\u00e9rent, parce nous investissons dans un sous-ensemble des domaines concern\u00e9s par ces institutions.<\/p>\n<p><em><strong>Pour conclure la discussion, les changements mondiaux ne placent-ils pas Petrobras face \u00e0 un dilemme fondamental de croissance?<\/strong><\/em><br \/>\nNon, je ne le vois pas comme \u00e7a. Depuis les 150 derni\u00e8res ann\u00e9es, l\u2019industrie du p\u00e9trole dans le monde est responsable des formes de la vie moderne. Sans elle, le monde ne serait pas ce qu\u2019il est aujourd\u2019hui. Il n\u2019y aurait pas les avions que l\u2019on a, les voitures, on aurait d\u2019autres moyens de transport, d\u2019autres types d\u2019\u00e9nergie, d\u2019autres moyens de g\u00e9n\u00e9ration \u00e9lectrique, tout&#8230; Donc elle ne peut pas \u00eatre diabolis\u00e9e, d\u2019accord? Sans p\u00e9trole, nous n\u2019aurions pas d\u2019industrie p\u00e9trochimique. Il convient de mettre sur les points sur les i. Dans le cas du Br\u00e9sil, Petrobras est intens\u00e9ment li\u00e9e, depuis ses d\u00e9buts, au d\u00e9veloppement du pays. Dans son essence m\u00eame, elle a une relation avec l\u2019industrie br\u00e9silienne, avec la lutte contre les probl\u00e8mes d\u2019in\u00e9galit\u00e9, avec la nationalit\u00e9, l\u2019affirmation nationale, l\u2019ind\u00e9pendance. Des valeurs intrins\u00e8ques de la strat\u00e9gie et de la vie de Petrobras. Elle a r\u00e9sist\u00e9 et soutenu, elle a eu une relation d\u2019amour et de haine avec le Proalcool \u2013 sans Petrobras, le Proalcool ne se serait probablement pas d\u00e9velopp\u00e9. Maintenant, avec le biodiesel et l\u2019expansion de l\u2019exportation d\u2019alcool, Petrobras se positionne vis-\u00e0-vis de ces segments en tenant compte de leur importance. Il est important de les incorporer chez Petrobras parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un probl\u00e8me national d\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique. Petrobras \u00e9value aujourd\u2019hui le cr\u00e9dit de carbone de ses \u00e9missions. Et elle consacre 40 % de ses investissements au raffinage, qui s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 23 milliards de dollars en quatre, cinq ans, pour am\u00e9liorer la qualit\u00e9 du diesel et de l\u2019essence. L\u2019investissement total de Petrobras est de 87 milliards de dollars jusqu\u2019en 2011. Et tout cela s\u2019int\u00e8gre parfaitement dans l\u2019histoire de Petrobras, et je ne vois aucun \u201c\u00eatre ou ne pas \u00eatre&#8230; oh !\u201d devant nous. Aucune crise existentielle profonde.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Jos\u00e9 S\u00e9rgio Gabrielli de Azevedo: Nous n\u2019allons pas diaboliser le p\u00e9trole maintenant","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1182],"tags":[],"coauthors":[124],"class_list":["post-120601","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-entretien"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/120601","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=120601"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/120601\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=120601"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=120601"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=120601"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=120601"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}