{"id":120961,"date":"2013-06-10T18:51:43","date_gmt":"2013-06-10T21:51:43","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=120961"},"modified":"2013-06-12T17:14:04","modified_gmt":"2013-06-12T20:14:04","slug":"portrait-en-noir-et-blanc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/portrait-en-noir-et-blanc\/","title":{"rendered":"Portrait en noir et blanc"},"content":{"rendered":"<p>Publi\u00e9 en fevrier 2007<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-121326\" alt=\"\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/06\/88-93_Historia_132_Es-2-202x300.jpg\" width=\"202\" height=\"300\" \/><span class=\"media-credits-inline\">REPRODUCTION\/AUGUSTO STAHL, MINA BARI, C. 1865<\/span>Si Castro Alves, en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 l\u2019esclavage, demande \u00e0 Dieu dans O navio negreiro (Le navire n\u00e9grier), \u201csi autant d\u2019horreur devant les cieux est v\u00e9ritable\u201d, on ne s\u2019\u00e9tonnera pas que le sociologue Muniz Sodr\u00e9, dans l\u2019article Uma genealogia das imagens do racismo (Une g\u00e9n\u00e9alogie des images du racisme), emploie un personnage de terreur pour illustrer sa vision de la vision du Noir dans notre soci\u00e9t\u00e9: \u201cDracula ne se refl\u00e8te pas dans le miroir, donc il est sans image. Il est l\u2019inverse de l\u2019identit\u00e9 normalis\u00e9e par la culture petite-bourgeoise. Dans la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019image (anagramme de magie), des dispositifs de la vision, le sujet n\u2019existe que s\u2019il appara\u00eet sur le \u2018miroir\u2019, c\u2019est-\u00e0-dire s\u2019il a les conditions socioculturelles d\u2019avoir son image publiquement reconnaissable\u201d. Rappelons que le conte, comme la photographie, sont des \u201cenfants\u201d du XIXe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>\u201cLa perception de cette \u00e9poque de la photographie est qu\u2019elle n\u2019est pas uniquement une fa\u00e7on de \u2018repr\u00e9senter\u2019 le monde, mais de \u2018rendre le monde visible\u2019\u201d, analyse Maur\u00edcio Lissovsky, historien de la photographie de l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de Rio de Janeiro. Au Br\u00e9sil, au milieu des ann\u00e9es 1860, le portrait photographique est devenu un objet de d\u00e9sir pour les Blancs et les Noirs. \u201cEn ce qui concerne ces derniers, s\u2019ils \u00e9taient n\u00e9s libres ou mis en libert\u00e9, se faire photographier comme des Blancs, \u00e0 la mode europ\u00e9enne et suivant des codes et des comportements emprunt\u00e9s \u00e0 l\u2019autre, \u00e9tait une tentative de tracer un chemin \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 raciste et exigeante\u201d, observe Sandra Koutsoukos, auteur de la th\u00e8se de doctorat \u201cNo est\u00fadio do fot\u00f3grafo: representa\u00e7\u00e3o e auto-representa\u00e7\u00e3o de negros livres, forros e escravos no Brasil da segunda metade do s\u00e9culo XIX\u201d (Dans le studio du photographe : repr\u00e9sentation et auto-repr\u00e9sentation des Noirs libres, affranchis et esclaves au Br\u00e9sil de la seconde moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle), d\u00e9fendue en octobre \u00e0 l\u2019Unicamp, sous la direction de Iara Lis Schiavinatto.<\/p>\n<p>La recherche \u201cd\u00e9voile l\u2019invisible\u201d pr\u00e9sent sur les images des Noirs \u00e0 coiff\u00e9s d\u2019un haut-de-forme et de leurs femmes portant des ombrelles, les nourrices et leurs \u201cenfants\u201d blancs, ainsi que les pol\u00e9miques \u201cesp\u00e8ces de Noirs\u201d, comme les images du photographe Christiano J\u00fanior, qui s\u2019annon\u00e7ait dans l\u2019Almanach Lammert comme le propri\u00e9taire \u201cd\u2019une collection vari\u00e9e de coutumes et de types de Noirs, chose tr\u00e8s appropri\u00e9e \u00e0 celui qui part en Europe\u201d. En exhibant des Noirs et des demi-nus (ador\u00e9s par les ethnologues racistes), class\u00e9s suivant leur origine africaine, ou dans des mises en sc\u00e8ne faites en studio \u00e0 partir de son travail dans les rues et dans les fermes, les images ont attir\u00e9 l\u2019attention de Sandra, qui a trouv\u00e9 \u201cn\u00e9cessaire de voir ce qui \u00e9tait encadr\u00e9 et de d\u00e9couvrir ce qui ne l&#8217;\u00e9tait pas\u201d. Mais \u201cDracula\u201d n\u2019appara\u00eet pas dans le miroir. Alors, que faut-il voir ?<\/p>\n<p>En fin de compte, comme le remarque l\u2019anthropologue Manuela Carneiro da Cunha, dans Olhar escravo (Regard esclave), \u00eatre regard\u00e9 \u201cdans un portrait, c\u2019est pouvoir \u00eatre vu et pouvoir se laisser voir, des alternatives li\u00e9es au rapport entre sujet et portraitiste : si le portrait du seigneur est une sorte de carte de visite, celui de l\u2019esclave est une carte postale, o\u00f9 l\u2019esclave est vu mais ne se laisse pas voir\u201d. Dans l\u2019un, il y a la pr\u00e9servation de l\u2019image de la personne digne et singuli\u00e8re, quelqu\u2019un qui, en commandant une photographie, se fait conna\u00eetre, s\u2019\u00e9tale sur le papier comme il aimerait \u00eatre vu, comme l\u2019on se voit soi-m\u00eame dans un miroir ; dans l\u2019autre, un personnage pittoresque et commun, poursuit le professeur. \u201cDans mon \u00e9tude, j\u2019ai d\u00e9couvert que, malgr\u00e9 le fait d\u2019\u00eatre men\u00e9 au studio du photographe et de poser, soit en travaillant, soit comme toile de fond de son seigneur, l\u2019esclave et l\u2019affranchi \u2018se faisaient voir\u2019, se \u2018montraient\u2019 et qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9, peut-\u00eatre autant que les Blancs qui ont pos\u00e9 pour ses photos dans des studios priv\u00e9s, les sujets de ces portraits \u201d, analyse Sandra. Pour la chercheuse, sur presque toutes les images on retrouve le regard fixe sur l\u2019objectif, ce qui donne une voix \u00e0 l\u2019image. \u201cPlusieurs ne s\u2019intimidaient pas face \u00e0 cet appareil \u00e9trange et donnaient leur contribution personnelle au moyen de l\u2019expression, du regard souffrant qui nous fixe et semble raconter ses histoires. Le luxe ou la mise en sc\u00e8ne ne masquaient pas la condition de l\u2019esclave ou de l\u2019affranchi. Si le corps de l\u2019esclave \u00e9tait une propri\u00e9t\u00e9, sa personnalit\u00e9 ne l\u2019\u00e9tait pas.\u201d<\/p>\n<p>\u201cLa photographie est un art merveilleux, un art qui excite les mentalit\u00e9s les plus rus\u00e9es. Et un art qui peut \u00eatre pratiqu\u00e9 par n\u2019importe quel imb\u00e9cile\u201d, se plaignit le grand portraitiste fran\u00e7ais Nadar. Chance de la post\u00e9rit\u00e9. Si elle a mis du temps \u00e0 \u00eatre d\u00e9couverte (uniquement en 1839), elle est rapidement arriv\u00e9e au Br\u00e9sil, l\u2019ann\u00e9e suivante, apport\u00e9e par l\u2019abb\u00e9 Compte, \u00e9l\u00e8ve de Louis Daguerre, l\u2019inventeur de la photographie. Avant Rio, le Fran\u00e7ais serait pass\u00e9 \u00e0 Bahia, dont l\u2019avant-gardisme est bien pr\u00e9sent\u00e9 dans le livre r\u00e9cemment publi\u00e9 A fotografia na Bahia (La photographie \u00e0 Bahia), organis\u00e9 par Aristides Alves, et qui pr\u00e9sente 215 images faites de la moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle jusqu\u2019en 2006 par 107 professionnels bahianais et \u00e9trangers. (Une autre source excellente est O negro na fotografia brasileira do s\u00e9culo XIX &#8211; Le Noir dans la photographie br\u00e9silienne du XIXe si\u00e8cle, de G. Ermakoff Casa Editorial, 306 pages, 130 r\u00e9aux.) D\u2019ailleurs, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de la photographie, le regard du XVIIIe \u00e9tait un regard \u00e9tranger, li\u00e9 \u00e0 la tradition de Franz Post et, plus tard, de Fran\u00e7ais, d\u2019Allemands et de Suisses qui ont peint le quotidien de la cour tropicale, qui pr\u00e9f\u00e9rait toujours le c\u00f4t\u00e9 exotique des Indiens ou des Noirs constamment joyeux et en promenade dans les rues de Rio, comme on peut le voir dans les oeuvres de Debret et Rugendas. Le daguerr\u00e9otype \u00e9tait cher et demandait des poses tr\u00e8s longues qui pouvaient durer jusqu\u2019\u00e0 60 minutes.<\/p>\n<p><strong>Analphab\u00e8tes<br \/>\n<\/strong> En 1854, le Fran\u00e7ais Andr\u00e9 Disd\u00e9ri cr\u00e9a un processus de portraits de petite taille (9,5 cm par 6 cm), faits sur papier albumin\u00e9, peu cher et permettant une pose rapide, qui ont \u00e9t\u00e9 une r\u00e9volution dans un pays d\u2019analphab\u00e8tes pauvres qui aimaient se voir immortalis\u00e9s comme les nobles propri\u00e9taires des peintures. Le co\u00fbt d\u2019une douzaine de ces cartes de visite, comme elles \u00e9taient appel\u00e9es, \u00e9tait le m\u00eame qu\u2019un seul daguerr\u00e9otype, et pouvait \u00eatre offerte en cadeau aux amis et parents, ou \u00eatre utilis\u00e9e pour faire des albums de famille. \u201cC\u2019\u00e9tait la d\u00e9mocratisation de l\u2019auto-image pour des groupes sociaux moins favoris\u00e9s. Avec la carte de visite, la photographie deviendrait une technique au service de tous, un objet de d\u00e9sir et de statut social, une marchandise de troc\u201d, rappelle Sandra. Les journaux regorgeaient d\u2019annonces de studios qui disputaient leur client\u00e8le en offrant des prix avantageux et la capacit\u00e9 de \u201cdonner de la noblesse\u201d \u00e0 celui qui \u00e9tait photographi\u00e9, soit par la technique, soit par l\u2019outillage qu\u2019ils poss\u00e9daient au studio et qui ornait l\u2019entourage du sujet photographi\u00e9. \u201cLa photographie donne au Noir pauvre l\u2019opportunit\u00e9 de se distancier de la r\u00e9alit\u00e9, de se projeter suivant une image id\u00e9alis\u00e9e, de faire sa repr\u00e9sentation. Le besoin de faire le registre d\u2019une ascension sociale demande l\u2019assimilation des codes en vigueur. D\u2019o\u00f9 la r\u00e9p\u00e9tition et l\u2019uniformisation des poses et des accessoires dans les portraits.\u201d<\/p>\n<p>Le studio fonctionnait, explique le professeur, comme une loge et une sc\u00e8ne, o\u00f9 le photographe \u00e9tait le directeur et le client, m\u00eame en participant \u00e0 la construction de sa sc\u00e8ne, le personnage. Une photo, m\u00eame en d\u00e9pit de la privation d\u2019\u00e9l\u00e9ments importants \u00e0 la survie, \u00e9tait, pour eux, pour les amis et les parents, la preuve visuelle que sa lutte \u00e9tait en train de valoir la peine. \u201cLe moment exigeait que, outre le fait d\u2019\u00eatre libre, la personne qui \u00e9tait n\u00e9e libre ou qui \u00e9tait affranchie puisse sembler libre pour les autres, en employant, pour ce faire, des symboles qui permettaient d\u2019indiquer cette condition.\u201d Des d\u00e9tails, comme \u00eatre chauss\u00e9, indiquaient le nouveau statut de libert\u00e9. Gilberto Freyre, dans Sobrados e mucambos, raconte comment les Noirs \u201cv\u00eatus \u00e0 l\u2019europ\u00e9enne\u201d \u00e9taient attaqu\u00e9s et ridiculis\u00e9s dans les rues par leur \u201caudace\u201d. De la m\u00eame fa\u00e7on, plusieurs esclaves \u00e9taient emmen\u00e9s dans les studios pour faire de la figuration sur le portrait de seigneurs et, avec leur humiliation (\u201cmais pas avec leur attitude\u201d, rappelle la chercheuse), garantir le registre du pouvoir du seigneur. Les photos mises en sc\u00e8ne, avec des Noirs qui reproduisaient leur travail en studio, \u00e9taient des souvenirs (dont l\u2019organisation sc\u00e9nique aseptique, rappelle Sandra, servait \u00e0 essayer de passer une id\u00e9e \u201cd\u2019esclavage civilis\u00e9\u201d) et des objets ethnographiques, faits sur commande pour entretenir des th\u00e9ories racistes.<\/p>\n<p>Dans ces photos, on cherchait des \u201c\u00e9vidences\u201d de l\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 des Noirs et elles servaient \u00e9galement de base pour ent\u00e9riner l\u2019id\u00e9al \u201cd\u2019esclavage civilis\u00e9\u201d, note la chercheuse. \u201cMalgr\u00e9 l\u2019asepsie et l\u2019ordre reproduit, la condition d\u2019esclave n\u2019\u00e9tait pas masqu\u00e9e ; bien au contraire, son essence \u00e9tait expos\u00e9e.\u201d Il y avait aussi un march\u00e9 pour les photos de nourrices, avec dans leurs bras l\u2019enfant blanc qu\u2019elles avaient allait\u00e9. \u201cDans ce genre de photo, on essayait de faire passer une id\u00e9e d\u2019harmonie et d\u2019affection, \u00e0 une p\u00e9riode o\u00f9 l\u2019usage des nourrices \u00e9tait condamn\u00e9 par la m\u00e9decine \u201d, observe Sandra.<\/p>\n<p><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-121328\" alt=\"\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/06\/88-93_Historia_132_Es-4-221x300.jpg\" width=\"221\" height=\"300\" \/><span class=\"media-credits-inline\">REPRODUCTION\/CHRISTIANO J\u00daNIOR, SIMULA\u00c7\u00c3O ENTRE VENDEDORA E COMPRADOR, C. 1865<\/span>Temp\u00e9raments<\/strong><br \/>\nUne annonce du Jornal do Commercio (Journal du Commerce), de 1875, faisait l\u2019apologie de la Farine Lact\u00e9e Nestl\u00e9, \u201cla vraie nourrice\u201d, qui, affirmait la r\u00e9clame, livrait l\u2019enfant de la contamination de maladies inocul\u00e9es par le lait \u00e9tranger, corrompu par les mauvais temp\u00e9rements de toute et n\u2019importe quelle nourrice\u201d. La modernit\u00e9 exigeait des changements, mais les m\u00e8res r\u00e9sistaient \u00e0 abandonner le privil\u00e8ge \u201cd\u2019user\u201d une Noire pour nourrir leur enfant. Les photos \u00e9taient un essai de \u201cretenue\u201d de l\u2019horloge des nouveaux temps. Sur ces photos, la chercheuse remarque que la force de l\u2019expression du regard de la personne photographi\u00e9e est encore plus criante, car elle \u00e9tait oblig\u00e9e de porter un luxe forc\u00e9.<\/p>\n<p>\u201cElles sont le rappel que, pour avoir une nourrice Noire, il y avait eu un b\u00e9b\u00e9 Noir qui, dans la plupart des cas, avait \u00e9t\u00e9 s\u00e9par\u00e9 de sa m\u00e8re pour qu\u2019elle puisse \u00e9lever le fils du seigneur.\u201d L\u2019invisible devient visible. \u201cL\u2019usage social de la servitude des peuples africains a cr\u00e9\u00e9 au Br\u00e9sil une esth\u00e9tique de l\u2019ext\u00e9riorit\u00e9 utile du corps du Noir. Le seigneur d\u2019esclaves, comme les professionnels de ce secteur, connaissait mieux les d\u00e9tails des dents de leurs serfs que ceux de leurs filles, comme cela se produit actuellement avec les \u00e9leveurs de chevaux de race. Nous ne nous sommes toujours pas d\u00e9barrass\u00e9s de certains d\u00e9tournements du regard\u201d, analyse l\u2019anthropologue de l\u2019Unicamp Carlos Rodrigues Brand\u00e3o, dans son article O negro olhar (Le Noir regard). \u201cDans les journaux et les revues, les Noirs sont plut\u00f4t des corps que des visages, plus le type et encore plus la fonction que la personne. Dans un pays o\u00f9 les Noirs \u2018purs\u2019 sont des millions, c\u2019est le visage blanc, quel qu\u2019il soit, qui se montre. Les Noirs et les m\u00e9tis sont presque tous des criminels dans le pays, car presque toutes les photographies de criminels sont des m\u00e9tis et des Noirs.\u201d Au Br\u00e9sil, l\u2019image du Noir comme une machine corporelle est tr\u00e8s forte, quelque chose de complexe dans un pays qui a appris \u00e0 m\u00e9priser le travail manuel. Les Noirs sont ceux qui travaillent, ceux qui sont sensuels (m\u00eame quand ils sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s en tant qu&#8217;athl\u00e8tes), ceux qui adorent les f\u00eates, observe Paulo Bernardo Vaz, professeur au D\u00e9partement de Communication Sociale de l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de Minas Gerais et auteur d\u2019une \u00e9tude sur l\u2019image du Noir.<\/p>\n<p>\u201cLe flux magn\u00e9tique qui montre le Noir souffrant, frapp\u00e9, volant ou exhibant son corps sensuel rend actuelles des significations construites socialement et historiquement et qui sugg\u00e8rent des cristallisations qui caract\u00e9risent le Noir en une forme qui ne favorise pas une estime de soi positive. C\u2019est le regard externe qui montre le Noir dans une repr\u00e9sentation p\u00e9jorative qui peut affecter la construction de son identit\u00e9. En fin de compte, qui voudrait s\u2019identifier \u00e0 un sujet qui vit en souffrant ?\u201d Pour Vaz, les moyens de communication offrent au Noir l\u2019opportunit\u00e9 contradictoire d\u2019\u00eatre un autre et non lui-m\u00eame. \u201cL\u2019\u2018autre\u2019 repr\u00e9sente la menace fantasmagorique de partager l\u2019espace \u00e0 partir duquel nous parlons et nous pensons, c\u2019est la peur de perdre son espace \u00e0 soi. Peur primitive, analogue \u00e0 la terreur nocturne des enfants. L\u2019\u2018autre\u2019 finit par devenir Dracula, sans image l\u00e9gitime\u201d, analysa Muniz Sodr\u00e9. La Transylvanie, comme Ha\u00efti, peuvent aussi \u00eatre ici.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Portrait en noir et blanc","protected":false},"author":370,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1188],"tags":[],"coauthors":[684],"class_list":["post-120961","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-humanites"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/120961","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/370"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=120961"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/120961\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=120961"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=120961"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=120961"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=120961"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}