{"id":121606,"date":"2013-06-14T16:36:10","date_gmt":"2013-06-14T19:36:10","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=121606"},"modified":"2013-06-28T15:29:12","modified_gmt":"2013-06-28T18:29:12","slug":"la-vie-entre-les-feuilles-mortes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/la-vie-entre-les-feuilles-mortes\/","title":{"rendered":"La vie entre les feuilles mortes"},"content":{"rendered":"<p><em>Publi\u00e9 en f\u00e9vrier 2006<\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_122952\" style=\"max-width: 229px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-122952\" alt=\"La Pyramica denticulata: parmi les esp\u00e8ces les plus communes de la Mata Atl\u00e2ntica\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/06\/36a39-pesquisa-ecologia-fr.jpg\" width=\"219\" height=\"290\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">LARA GUIMAR\u00c3ES<\/span>La Pyramica denticulata: parmi les esp\u00e8ces les plus communes de la Mata Atl\u00e2ntica<span class=\"media-credits\">LARA GUIMAR\u00c3ES<\/span><\/p><\/div>\n<p>Les fourmis, que la plupart d\u2019entre nous ne s\u2019en souvient que quand elles envahissent le sucrier ou la cha\u00eene hifi, habitent la plan\u00e8te, suivant les fossiles les plus anciens, depuis au moins 100 millions d\u2019ann\u00e9es. Ce qui peut para\u00eetre encore plus surprenant est le fait qu\u2019elles sont une composante essentielle des \u00e9cosyst\u00e8mes et poss\u00e8dent une importance \u00e9cologique sup\u00e9rieure \u00e0 ce que l\u2019on pourrait esp\u00e9rer.Elles pr\u00e9sentent,en outre, une grande richesse et une consid\u00e9rable diversit\u00e9 d\u2019esp\u00e8ces, toutes sociales. La plus importante \u00e9tude sur ces insectes r\u00e9alis\u00e9e dans la Mata Atl\u00e2ntica br\u00e9silienne a r\u00e9uni des sp\u00e9cialistes de 11 institutions du pays et des collaborateurs \u00e9trangers. Elle d\u00e9montre que les fourmis sont l\u2019un des principaux indicateurs de la diversit\u00e9 biologique d\u2019une r\u00e9gion: plus elle poss\u00e8de d\u2019esp\u00e8ces de fourmis, plus il y aura, probablement, d\u2019autres esp\u00e8ces d\u2019animaux et de plantes.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9quipe coordonn\u00e9e par Carlos Roberto Brand\u00e3o, biologiste du Mus\u00e9um de Zoologie de l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo (USP), a identifi\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, 410 esp\u00e8ces de fourmis de la Mata Atl\u00e2ntica, mais l\u2019on estime que cette for\u00eat c\u00f4ti\u00e8re Atlantique puisse abriter jusqu\u2019\u00e0 mille esp\u00e8ces \u2013 sur un total mondial estim\u00e9 \u00e0 20 mille esp\u00e8ces, 12 mille ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites.\u201cAyant pour base ces donn\u00e9es\u201d, affirme Brand\u00e3o, \u201cla Mata Atl\u00e2ntica peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme l\u2019un des environnements les plus riches en esp\u00e8ces de fourmis au monde\u201d. Il existe des r\u00e9gions avec un nombre tr\u00e8s inf\u00e9rieur: en Grande Bretagne, par exemple, vivent \u00e0 peine 36 esp\u00e8ces de fourmis.<\/p>\n<p>\u201cLes fourmis vivent en colonies qui peuvent abriter de quelques uns \u00e0 des millions d\u2019individus, ce qui les place comme l\u2019un des animaux terrestres les plus abondants dans les r\u00e9gions tropicales et sous-tropicales \u201d, raconte-t-il. Des \u00e9tudes d\u00e9velopp\u00e9es en Amazonie indiquent que les fourmis et les mites, un autre groupe d\u2019insectes sociaux, repr\u00e9sentent environ 70% de la biomasse animale terrestre, mesur\u00e9e \u00e0 partir du poids sec. En d\u2019autres termes, si les populations\u00a0 de ces insectes, qui mesurent de 1 millim\u00e8tre \u00e0 4 centim\u00e8tres et, individuellement, ne p\u00e8sent pas plus que dixi\u00e8me de gramme, pouvaient \u00eatre r\u00e9unies et pes\u00e9es, les fourmis pr\u00e9senteraient une masse de mati\u00e8re organique plus \u00e9lev\u00e9e que celle de tous les autres invert\u00e9br\u00e9s et vert\u00e9br\u00e9s terrestres r\u00e9unis. Suivant Brand\u00e3o, certains groupes d\u2019animaux, particuli\u00e8rement les scarab\u00e9es et les acariens, sont encore plus riches en esp\u00e8ces mais sont, g\u00e9n\u00e9ralement, solitaires et, de ce fait, chaque esp\u00e8ce est repr\u00e9sent\u00e9e par beaucoup moins d\u2019individus que les esp\u00e8ces sociales.<\/p>\n<p>Pendant deux ans, de 1999 \u00e0 2001, les biologistes ont parcouru 26 r\u00e9gions pr\u00e9serv\u00e9es de Mata Atl\u00e2ntica dans dix \u00c9tats br\u00e9siliens \u2013 Santa Catarina, Paran\u00e1, S\u00e3o Paulo,Rio de Janeiro, Esp\u00edrito Santo, Bahia, Sergipe,Pernambouc,Alagoas et Para\u00edba. Ils ont collect\u00e9 1.400 \u00e9chantillons de 1 m\u00e8tre carr\u00e9 de la couche la plus superficielle du sol et de la couverture de feuilles mortes \u2013 la liti\u00e8re v\u00e9g\u00e9tale \u2013 o\u00f9 se concentrent 60% des esp\u00e8ces connues de fourmis. En g\u00e9n\u00e9ral, ces insectes, qui ne s\u2019\u00e9loignent pas plus de deux m\u00e8tres de leurs nids, habitent les espaces entre les feuilles qui tombent au sol. Ils sont, ainsi, prot\u00e9g\u00e9s contre les attaques d\u2019autres animaux et, en m\u00eame temps, y trouvent leur nourriture pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e comme, par exemple, les acariens. Deux des esp\u00e8ces les plus connues dans la Mata Atl\u00e2ntica sont la Pheidole flavens, avec des ouvri\u00e8res d\u2019\u00e0 peine 1 millim\u00e8tre de longueur, retrouv\u00e9e dans 842 des 1.400 \u00e9chantillons \u2013 soit, dans presque deux parmi tous les trois m\u00e8tres \u00e9tudi\u00e9s \u2013, et la Pyramica denticulata, millim\u00e9trique \u00e9galement, avec des ouvri\u00e8res dot\u00e9es de mandibules tr\u00e8s longues et la t\u00eate en forme de coeur, pr\u00e9sente dans 780 \u00e9chantillons. \u201cProbablement\u201d, affirme Brand\u00e3o, \u201cces deux esp\u00e8ces sont parmi les animaux les plus courants dans la Mata Atl\u00e2ntica\u201d.<\/p>\n<p>Par l\u2019analyse des informations qui ont r\u00e9sult\u00e9 de ce long travail de champ, les chercheurs ont rencontr\u00e9 &#8211; outre des dizaines de probables nouvelles esp\u00e8ces, en particulier des genres assez rares tels le Asphinctanilloides et le Cryptomyrmex \u2013 des formes raffin\u00e9es d\u2019organisation de la faune de fourmis, qui sont normalement consid\u00e9r\u00e9es comme int\u00e9grant des soci\u00e9t\u00e9s simples, avec de m\u00e2les dont le seul r\u00f4le est la reproduction, et des femelles, \u00e0 leur tour divis\u00e9es en reines, ouvri\u00e8res et soldats, qui sont des ouvri\u00e8res modifi\u00e9es qui ex\u00e9cutent les travaux les plus lourds. L\u2019\u00e9tude des ouvri\u00e8res, plus abondantes et que l\u2019on retrouve plus facilement en dehors des nids, a montr\u00e9 une richesse inattendue de comportements.<\/p>\n<p>Neuf mod\u00e8les distincts de comportement et de coutumes ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es. Normalement, les chercheurs reconnaissent ces mod\u00e8les de comportement \u00e0 partir d\u2019informations pr\u00e9alables sur les habitudes de chaque esp\u00e8ce.Rog\u00e9rio Rosa da Silva, l\u2019un des biologistes de l\u2019\u00e9quipe, a examin\u00e9 les esp\u00e8ces vivant dans quatre des 26 r\u00e9gions \u00e9tudi\u00e9es et a d\u00e9velopp\u00e9 un autre abordage. C\u2019est ainsi qu\u2019est n\u00e9e une proposition de classification des comportements des fourmis de sol qui peut \u00eatre valable pour toute la Mata Atl\u00e2ntica et repr\u00e9senter, de fa\u00e7on plus pr\u00e9cise, ce que les autres sp\u00e9cialistes faisaient de fa\u00e7on subjective.<\/p>\n<p>M\u00eame si la composition des esp\u00e8ces varie d\u2019une r\u00e9gion \u00e0 l\u2019autre, la structure de l\u2019ensemble des communaut\u00e9s est constante: les fourmis s\u2019organisent toujours suivant les m\u00eames mod\u00e8les de comportement, appel\u00e9es guildes, qui d\u00e9montre comment chaque esp\u00e8ce se comporte dans l\u2019environnement. L\u00e0 o\u00f9 existent des fourmis, nous retrouvons les neuf guildes, form\u00e9es par cinq cat\u00e9gories de base, l\u2019une d\u2019elles avec quatre sous-ensembles. Les groupes de base sont: les pr\u00e9datrices g\u00e9n\u00e9ralistes, qui chassent n\u2019importe quel type de proie; les pr\u00e9datrices sp\u00e9cialis\u00e9es, qui collectent des proies sp\u00e9cifiques comme des oeufs d\u2019autres insectes ou m\u00eame d\u2019autres fourmis; les cultivatrices de champignons, qui transportent vers le nid des feuilles, des morceaux de plantes et de carcasses d\u2019autres insectes, qui sont employ\u00e9s pour alimenter la colonie de champignons qui croissent au fond du nid et fournissent du sucre et des prot\u00e9ines aux fourmis; et, finalement, les g\u00e9n\u00e9ralistes, qui collectent la s\u00e8ve des plantes et des petits animaux, qui servent de nourriture aux fourmis. Ce sont les pr\u00e9datrices g\u00e9n\u00e9ralistes qui sont regroup\u00e9es en quatre ensembles: celles qui collectent uniquement ce qui se trouve sur le sol, appel\u00e9es epig\u00e9es; celles qui visitent \u00e9galement les couches superficielles du sol, ou hypog\u00e9es, et les esp\u00e8ces avec des ouvri\u00e8res relativement grandes et celles relativement petites.Dans ce cas, elles se distinguent par la taille de la proie qu\u2019elles collectent. Il existe \u00e9galement \u2013 mais n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 collect\u00e9es \u2013 six autres guildes: deux d\u2019esp\u00e8ces nomades, qui se d\u00e9placent sous le sol, trois d\u2019arboricoles et celles exclusivement souterraines, qui vivent dans des nids fixes.<\/p>\n<p><strong>Comp\u00e9tition<\/strong><br \/>\n\u201cCette classification permet une analyse plus d\u00e9taill\u00e9e de la structure des communaut\u00e9s de fourmis\u201d affirme le biologiste Rog\u00e9rio Silva, du Mus\u00e9um de Zoologie de l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo.Chaque r\u00e9gion ne comporte qu\u2019un nombre limit\u00e9 d\u2019esp\u00e8ces par rapport \u00e0 chacune des cat\u00e9gories de comportement ou de guilde: dans une r\u00e9gion dans laquelle peuvent vivre uniquement quatre ou cinq esp\u00e8ces de fourmis pr\u00e9datrices on ne retrouvera jamais 20 esp\u00e8ces pr\u00e9datrices. \u201cCette limite est le fruit de la comp\u00e9tition entre les esp\u00e8ces, puisque les grandes fourmis pr\u00e9datrices ne disputent qu\u2019un nombre fini de proies avec les autres grandes pr\u00e9datrices\u201d, explique Brand\u00e3o. \u201cLes guildes, dans ce cas, repr\u00e9sentent les sc\u00e9narios de la comp\u00e9tition.\u201dPuisqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que la faune des fourmis de la Mata Atl\u00e2ntica doit toujours \u00eatre compos\u00e9e des m\u00eames 15 guildes, nous pouvons dor\u00e9navant \u00e9valuer plus pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019\u00e9tat de conservation d\u2019une for\u00eat, ce qui, auparavant, n\u2019\u00e9tait possible que par un syst\u00e8me de listes comparatives de noms d\u2019esp\u00e8ces.<\/p>\n<p>La r\u00e9gularit\u00e9 avec laquelle on retrouve ces mod\u00e8les de comportement nous m\u00e8ne \u00e0 la conclusion que les modifications impos\u00e9es par les activit\u00e9s humaines, comme le d\u00e9boisement d\u2019une partie de la for\u00eat, peuvent causer des d\u00e9s\u00e9quilibres entre ces groupes et la cons\u00e9quente surpopulation de certains d\u2019entre eux, avec des cons\u00e9quences n\u00e9fastes pour les propres communaut\u00e9s et pour les animaux et plantes qui d\u00e9pendent d\u2019elles pour survivre.\u201c Elles maintiennent autant de rapports mutuels qu\u2019il est possible de conclure que si, dans un endroit, il existe plus de fourmis, il en existe \u00e9galement plus d\u2019autres esp\u00e8ces\u201d, explique Brand\u00e3o.<\/p>\n<p>Dans le Cerrado, 70% des plantes pr\u00e9sentent des glandes productrices de nectar, les nectaires, qui attirent les fourmis. En collectant le nectar, les fourmis prot\u00e8gent les plantes, en \u00e9vitant que d\u2019autres insectes s\u2019alimentent de la m\u00eame plante. Elles contr\u00f4lent \u00e9galement la population d\u2019autres insectes et d\u2019autres petits invert\u00e9br\u00e9s, puisque plusieurs esp\u00e8ces sont pr\u00e9datrices tandis que d\u2019autres dispersent les semences. Les rapports des fourmis avec les plantes peuvent \u00eatres positifs \u2013 lorsqu\u2019elles \u00e9liminent les animaux herbivores en \u00e9change du nectar \u2013 ou n\u00e9gatifs \u2013 lorsqu\u2019elles implantent des colonies d\u2019insectes capables d\u2019extraire de la s\u00e8ve, dont elles collectent l\u2019exc\u00e9dant, en \u00e9change de protection \u00e0 ces insectes, comme les cochenilles, les pucerons et d\u2019autres insectes de la famille des cigales.<\/p>\n<p><strong>Indicateurs<\/strong><br \/>\nLa premi\u00e8re \u00e9tude qui a d\u00e9montr\u00e9 que les fourmis servaient d\u2019indicateur de la diversit\u00e9 des autres esp\u00e8ces animales a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e par des chercheurs<br \/>\nanglais et nord-am\u00e9ricains, qui ont compar\u00e9 huit groupes d\u2019animaux dans la r\u00e9serve foresti\u00e8re de Mbalmayo, au Cameroun, en Afrique, et publi\u00e9e en 1998 dans la revue Nature. C\u2019est \u00e0 partir de ce moment que d\u2019autres \u00e9tudes, qui peuvent aider \u00e0 indiquer le choix des r\u00e9gions \u00e0 \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9es et \u00e0 d\u00e9terminer la taille minimum des nouvelles r\u00e9gions de v\u00e9g\u00e9tation native \u00e0 \u00eatre \u00e9galement pr\u00e9serv\u00e9es, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es.<\/p>\n<p>Cette possibilit\u00e9 a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 mise en place. Selon Brand\u00e3o, le Secr\u00e9tariat de Planification et d\u2019Environnement de l\u2019\u00c9tat de Tocantins pr\u00e9tend employer les donn\u00e9es d\u2019une \u00e9tude sur la diversit\u00e9 des fourmis au Tocantins pour s\u00e9lectionner les aires prioritaires de conservation dans le Cerrado.L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, dans la commune de Craol\u00e2ndia, dans le Tocantins, Rog\u00e9rio Silva a d\u00e9couvert une nouvelle esp\u00e8ce de fourmi, qui n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9 officiellement.<\/p>\n<p>Des chercheurs de l\u2019Institut Biologique de Ribeir\u00e3o Preto, de l\u2019Universit\u00e9 de Mogi das Cruzes, de l\u2019Universit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat de Santa Cruz et de la Commission Ex\u00e9cutive du Plano da Lavoura Cacaueira (Projet de Culture de Cacao), \u00e0 Ilh\u00e9us (\u00c9tat de Bahia), et les universit\u00e9 f\u00e9d\u00e9rales de S\u00e3o Carlos (\u00c9tat de S\u00e3o Paulo), Rurale de Rio de Janeiro (\u00c9tat de Rio de Janeiro), de Vi\u00e7osa (\u00c9tat de Minas Gerais), de l\u2019Esp\u00edrito Santo, de la Para\u00edba et de Pernambouc ont \u00e9galement particip\u00e9 de l\u2019\u00e9tude sur les fourmis de la Mata Atl\u00e2ntica. Ensemble, ils ont aid\u00e9 \u00e0 changer certaines id\u00e9es con\u00e7ues. Depuis quarante ans, on croyait que le nombre d\u2019esp\u00e8ces animales et de plantes variait suivant la latitude: plus on se rapprochait de l\u2019\u00e9quateur, plus la diversit\u00e9 biologique \u00e9tait importante. Ce n\u2019est pas ce qui s\u2019est pass\u00e9. La plus grande diversit\u00e9 des esp\u00e8ces a \u00e9t\u00e9 rencontr\u00e9e dans des r\u00e9gions de la Mata Atl\u00e2ntica au nord de Rio de Janeiro jusqu\u2019au sud de l\u2019Esp\u00edrito Santo, avec environ 10% en plus d\u2019esp\u00e8ces que dans les r\u00e9gions plus au nord qui \u2013 croyait-on \u2013 devaient abriter la plus grande diversit\u00e9. Dans cette r\u00e9gion entre Rio et Esp\u00edrito Santo, Brand\u00e3o relate qu\u2019ont \u00e9t\u00e9 collect\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 140 esp\u00e8ces \u2013 uniquement parmi celles qui vivent sur le sol, sur une aire de 1 kilom\u00e8tre carr\u00e9.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 la d\u00e9monstration de la diversit\u00e9 des esp\u00e8ces de la Mata Atl\u00e2ntica et de l\u2019importance de ces insectes dans l\u2019aide \u00e0 la d\u00e9finition des strat\u00e9gies de pr\u00e9servation de l\u2019environnement, une autre caract\u00e9ristique particuli\u00e8re \u00e0 ces insectes, aux coutumes si complexes, est apparue. Dans un article publi\u00e9 en janvier dans la revue Nature, une \u00e9quipe coordonn\u00e9e par Nigel Franks et Tom Richardson, de l\u2019Universit\u00e9 de Bristol, en Angleterre, a d\u00e9montr\u00e9 que les fourmis \u00e9taient capables d\u2019enseigner \u00e0 d\u2019autres colonies comment trouver de la nourriture. Il s\u2019agit peut-\u00eatre de la premi\u00e8re d\u00e9monstration formelle d\u2019enseignement chez les animaux, une capacit\u00e9 jusqu\u2019alors attribu\u00e9e uniquement aux \u00eatres humains.<\/p>\n<p><strong>LE PROJET<\/strong> Richesse et diversit\u00e9 de l\u2019Hymenoptera et de l\u2019Isoptera au long d\u2019un gradient latitudinal dans la Mata Atl\u00e2ntica <strong>MODALIT\u00c9<\/strong> Projet Th\u00e9matique li\u00e9 au Programme Biota-FAPESP <strong>COORDINATEUR<\/strong> CARLOS ROBERTO FERREIRA BRAND\u00c3O \u2013 Mus\u00e9um de Zoologie de l\u2019USP <strong>INVESTISSEMENT<\/strong> 925.901,82 r\u00e9aux (FAPESP)\/ 30.000,00 r\u00e9aux (CNPq)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La vie entre les feuilles mortes","protected":false},"author":188,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1180],"tags":[],"coauthors":[503],"class_list":["post-121606","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-sciences"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/121606","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/188"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=121606"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/121606\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=121606"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=121606"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=121606"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=121606"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}