{"id":121644,"date":"2013-06-14T17:47:27","date_gmt":"2013-06-14T20:47:27","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=121644"},"modified":"2013-06-18T14:54:24","modified_gmt":"2013-06-18T17:54:24","slug":"confessions","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/confessions\/","title":{"rendered":"Confessions d\u00b4al"},"content":{"rendered":"<p><em>Publi\u00e9 en avril 2006<\/em><\/p>\n<p>Certains des secrets les plus intimes des hommes et des femmes sont d\u00e9sormais r\u00e9v\u00e9l\u00e9s au grand jour.Au Br\u00e9sil, un homme sur deux de plus de quarante ans souffre, avec des intensit\u00e9s variables, d\u2019une situation normalement embarrassante appel\u00e9e dysfonction \u00e9rectile dans le langage m\u00e9dical ou, baptis\u00e9e plus fr\u00e9quemment, impuissance.Un peu moins de la moiti\u00e9 de ces cas sont des formes b\u00e9nignes, qui ne doivent pas inqui\u00e9ter outre mesure car il s\u2019agit de cas passagers qui peuvent \u00eatre renvers\u00e9s spontan\u00e9ment sans grandes r\u00e9percussions organiques ou psychologiques. Le probl\u00e8me c\u2019est l\u2019autre moiti\u00e9, les cas mod\u00e9r\u00e9s ou graves qui vont r\u00e9ellement n\u00e9cessiter d\u2019un traitement car ils sont \u201cune sentinelle pour d\u2019autres maladies\u201d selon les mots d\u2019Edson Duarte Moreira J\u00fanior, m\u00e9decin \u00e9pid\u00e9miologiste appartenant \u00e0 la Fondation Oswaldo Cruz (Fiocruz) \u00e0 Salvador.Depuis 1998, il m\u00e8ne des recherches qui en ont mesur\u00e9 l\u2019\u00e9tendue et les cons\u00e9quences, en abordant \u00e9galement d\u2019autres probl\u00e8mes sexuels masculins au Br\u00e9sil et dans le monde.<\/p>\n<p>Et comme si cela ne suffisait pas, ces dysfonctions sont la source de dommages psychologiques qui peuvent alimenter la d\u00e9pression, d\u00e9truire graduellement les relations conjugales familiales ou sociales. Les cas les plus graves d\u2019incapacit\u00e9 \u00e9rectile peuvent indiquer des d\u00e9ficiences de la circulation sanguine et, si ces dysfonctions ne sont pas trait\u00e9es \u00e0 temps, elles peuvent d\u00e9boucher sur un infarctus.\u201c La dysfonction \u00e9rectile peut \u00eatre le premier signe de maladies coronariennes\u201d, alerte l\u2019urologiste Archimedes Nardozza, professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de S\u00e3o Paulo (Unifesp). L\u2019explication est simple: les art\u00e8res du p\u00e9nis, relativement petites compar\u00e9es aux coronariennes qui irriguent le muscle cardiaque, peuvent perturber l\u2019\u00e9rection m\u00eame avec une faible quantit\u00e9 de graisse bloquant l\u2019arriv\u00e9e du sang dans les compartiments du p\u00e9nis appel\u00e9s corps caverneux et qui provoquent l\u2019\u00e9rection au fur et \u00e0 mesure qu\u2019ils se remplissent.<\/p>\n<p>Pour un homme souffrant d\u2019impuissance, le risque d\u2019avoir une accumulation de graisse dans les art\u00e8res coronariennes est 2,5 fois plus \u00e9lev\u00e9 que pour un homme sexuellement normal, selon une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 S\u00e3o Paulo sur 287 participants (137 avec dysfonction et 150 sans).\u201cPlus la dysfonction \u00e9rectile est grave, plus les risques de probl\u00e8mes coronariens sont \u00e9lev\u00e9s\u201d, d\u00e9clare le cardiologue Juarez Ortiz, coordinateur de cette \u00e9tude qui a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e en octobre 2005 dans la revue Arquivos Brasileiros de Cardiologia (Archives Br\u00e9siliennes de Cardiologie). Le 23 janvier, la revue Archives of Internal Medicine a publi\u00e9 un travail identique sign\u00e9 par James Min, de l\u2019Universit\u00e9 de Chicago aux \u00c9tats-Unis, qui compare l\u2019\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral de sant\u00e9 de 121 hommes souffrant de dysfonction \u00e9rectile avec 100 autres sans dysfonction. Dans cette \u00e9tude, 44% des hommes souffrant de dysfonction pr\u00e9sentent des probl\u00e8mes coronariens, contre \u00e0 peine 17% pour ceux consid\u00e9r\u00e9s sexuellement normaux.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tude nord-am\u00e9ricaine \u00e0 \u00e9t\u00e9 un peu plus loin et a montr\u00e9 une relation existante entre ce trouble masculin fr\u00e9quent et une plus faible activit\u00e9 et r\u00e9sistance physique. Selon cette \u00e9tude, l\u2019incapacit\u00e9 \u00e9rectile pourrait \u00eatre beaucoup plus efficace que les facteurs de risque habituellement \u00e9valu\u00e9s, tel les niveaux de cholest\u00e9rol, la pression art\u00e9rielle ou l\u2019historique familial, pour indiquer pr\u00e9cocement \u00e0 quel moment les art\u00e8res perdent la capacit\u00e9 de conduire le sang en quantit\u00e9 et vitesse n\u00e9cessaires au bon fonctionnement du coeur.<\/p>\n<p>On peut comprendre cette association car les raisons pouvant entra\u00eener un probl\u00e8me d\u2019\u00e9rection sont les m\u00eames que celles qui conduisent aux maladies coronariennes, comme l\u2019ob\u00e9sit\u00e9, l\u2019hypertension et le diab\u00e8te. Dans ces deux \u00e9tudes, le diab\u00e8te \u00e9tait au moins 2,2 fois plus fr\u00e9quent et l\u2019hypertension 1,5 fois chez les hommes souffrant de dysfonction \u00e9rectile que dans ceux de l\u2019autre groupe. L\u2019association entre les probl\u00e8mes coronariens et l\u2019incapacit\u00e9 \u00e9rectile appara\u00eet \u00e9galement dans l\u2019une des plus grandes \u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques jamais r\u00e9alis\u00e9es par un pays dans ce domaine et appel\u00e9 projet Avaliar. C\u2019est ainsi que 4.377 m\u00e9decins ont interrog\u00e9 71.503 hommes de plus de 18 ans dans 380 villes de 24 \u00e9tats br\u00e9siliens. Cette \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e entre le mois d\u2019ao\u00fbt 2002 et janvier 2003, a montr\u00e9 que l\u2019incapacit\u00e9 \u00e9rectile, l\u00e9g\u00e8re, mod\u00e9r\u00e9e ou grave, passait de 47% pour des hommes ayant une pression art\u00e9rielle normale, \u00e0 73,5% pour ceux qui souffraient d\u2019hypertension grave et de 48,2% pour des hommes ayant un poids normal \u00e0 60,7% pour les hommes ob\u00e8ses.<\/p>\n<p>De cette aridit\u00e9 des chiffres surgit une conclusion qui peut \u00eatre tr\u00e8s utile.\u201cPour pr\u00e9venir la dysfonction \u00e9rectile, il suffirait d\u2019agir sur les facteurs de risque des maladies coronariennes, comme l\u2019ob\u00e9sit\u00e9, l\u2019hypertension, le s\u00e9dentarisme et le diab\u00e8te\u201d, d\u00e9clare Nardozza. Il rappelle \u00e9galement que le diab\u00e8te, pris de mani\u00e8re isol\u00e9e, est la principale cause de ce probl\u00e8me masculin en raison de ses deux effets; il endommage autant les vaisseaux sanguins que les termi-naisons nerveuses du p\u00e9nis. C\u2019est pour cela que les hommes diab\u00e9tiques b\u00e9n\u00e9ficient peu de m\u00e9dicaments pour lutter contre la dysfonction \u00e9rectile, chimiquement appel\u00e9s inhibiteurs de phosphodiesterase. En effet, en contenant l\u2019action del\u2019enzyme phospho-diesterase et en maintenant l\u2019oxyde nitrique en circulation pour plus de temps, ce compos\u00e9 stimule le flux sanguin et dilate les art\u00e8res du p\u00e9nis, mais ne peut rien faire pour les nerfs d\u00e9truits par l\u2019exc\u00e8s de sucre dans l\u2019organisme.<\/p>\n<p>La difficult\u00e9 \u00e9rectile est la cons\u00e9quence de l\u2019obstruction graduelle des vaisseaux sanguins, mais elle peut \u00e9galement \u00eatre autant la cause que la cons\u00e9quence de la d\u00e9pression, d\u00e9s\u00e9quilibre psychique le plus fr\u00e9quent auquel elle est associ\u00e9e. Une \u00e9tude publi\u00e9e dans le Journal of Affective Disorders en 2004 montre clairement cette relation \u00e0 double sens. Une \u00e9quipe coordonn\u00e9e par Alfredo Nicolosi, chercheur \u00e0 l\u2019Institut de Technologies Biom\u00e9dicales de Milan en Italie, a interrog\u00e9 2.417 hommes au Br\u00e9sil, en Italie, au Japon et en Malaisie.Parmi ces hommes, 2% souffraient de d\u00e9pression d\u00e9j\u00e0 diagnostiqu\u00e9e, mais 21% indiquaient des sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs, comme une tristesse prolong\u00e9e sans raison apparente. La d\u00e9pression \u00e9tait plus fr\u00e9quente chez les hommes plus jeunes qui souffraient de dysfonction \u00e9rectile et qui nourrissaient de grandes expectatives pour une vie sexuelle normale et saine.<\/p>\n<p><strong>Femmes<\/strong><br \/>\nOn estime que sur la plan\u00e8te, 150 millions d\u2019hommes de plus de 18 ans souffrent des formes l\u00e9g\u00e8res, mod\u00e9r\u00e9es ou graves de dysfonction \u00e9rectile. Au Br\u00e9sil vivent environ 11 millions d\u2019individus qui, durant les 12 mois pr\u00e9c\u00e9dents la recherche, ont au moins durant deux mois successifs soufferts de probl\u00e8mes d\u2019\u00e9rection. La forme la plus l\u00e9g\u00e8re pr\u00e9domine avec 26,6% du total qui, dans la majorit\u00e9 des cas, ne doit pas alarmer car cette forme est passag\u00e8re et n\u2019affecte pas la sant\u00e9. La mod\u00e9r\u00e9e repr\u00e9sente 18,3% des cas et la forme la plus grave 3,5% de la totalit\u00e9. Ces deux derni\u00e8res sont r\u00e9ellement pr\u00e9occupantes car elles peuvent indiquer des probl\u00e8mes circulatoires ou cardiaques. Selon Moreira J\u00fanior, 1 million de nouveaux cas de ce type de trouble sexuel masculin vont appara\u00eetre au Br\u00e9sil chaque ann\u00e9e. Mais il rappelle que le manque d\u2019\u00e9rection n\u2019est consid\u00e9r\u00e9 trouble sexuel que quand il complique la vie ou nuit aux relations conjugales ou sociales.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas seulement l\u2019incapacit\u00e9 \u00e9rectile qui sonne comme une menace \u00e0 la virilit\u00e9. Statistiquement, un homme sur quatre pr\u00e9sentera au moins durant sa vie un trouble sexuel, allant du manque de d\u00e9sir \u00e0 l\u2019\u00e9jaculation pr\u00e9coce, sans cons\u00e9quences plus s\u00e9rieuses pour la sant\u00e9. Pour une femme sur cinq il peut s\u2019agir d\u2019un manque de d\u00e9sir ou d\u2019orgasme, et deux sur cinq peuvent avoir certains probl\u00e8mes sexuels qui ne sont pas n\u00e9cessairement pathologiques. Ce cadre se retrouve \u00e9galement dans d\u2019autres pays avec de l\u00e9g\u00e8res variations, selon les diff\u00e9rentes \u00e9tudes devenues plus fr\u00e9quentes depuis 1998, quand est apparu le Viagra,premier m\u00e9dicament administr\u00e9 par voie orale pour lutter contre la dysfonction \u00e9rectile.<\/p>\n<p>La pilule bleue et, par la suite, ses concurrents comme Cialis et Levitra, outre leurs bienfaits les plus \u00e9vidents, retirent des alc\u00f4ves les probl\u00e8mes sexuels, initialement seulement ceux des hommes mais avec le temps, \u00e9galement ceux des femmes. Pour remplacer les traitements douloureux adopt\u00e9s jusqu\u2019alors, \u00e0 base d\u2019\u00e9lastiques ou d\u2019injections appliqu\u00e9es sur le p\u00e9nis, ces rem\u00e8des ont permis aux hommes de reconna\u00eetre leurs frustra- tions et de se lancer \u00e0 nouveau \u00e0 la recherche de d\u00e9sirs qui avaient \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9s. L\u2019incapacit\u00e9 d\u2019avoir ou de maintenir l\u2019\u00e9rection de mani\u00e8re satisfaisante durant une relation sexuelle n\u2019a plus alors \u00e9t\u00e9 per\u00e7ue comme un simple accident occasionnel qui ne devait inqui\u00e9ter que les hommes de plus de 70 ans.Un sc\u00e9nario totalement diff\u00e9rent est apparu, dans lequel le probl\u00e8me du durcissement de l\u2019organe sexuel masculin s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 comme un ph\u00e9nom\u00e8ne largement diss\u00e9min\u00e9 \u00e0 travers le monde, en d\u00e9pit des diversit\u00e9s ethniques, g\u00e9ographiques ou culturelles, devenant plus fr\u00e9quent et plus grave \u00e0 mesure que l\u2019\u00e2ge avance.<\/p>\n<p>Ces d\u00e9couvertes font partie du Global study of sexual attitudes and behaviors (\u00c9tude globale d\u2019attitudes et de comportements sexuels), probablement l\u2019\u00e9tude la plus compl\u00e8te qui ait \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e dans ce domaine en utilisant la m\u00eame m\u00e9thode de collecte d\u2019information sur 13.882 hommes et 13.618 femmes interrog\u00e9s dans 29 pays. Cette \u00e9tude a \u00e9t\u00e9 financ\u00e9e par l\u2019entreprise Pfizer, fabricant du Viagra, qui a \u00e9galement sponsoris\u00e9 l\u2019Avaliar, laissant toute latitude aux chercheurs, ce fut un \u201cunconditional grant\u201d comme le prouvent les articles scientifiques qui divulguent les r\u00e9sultats obtenus. Les \u00e9tudes sur la situation de chaque pays, le Br\u00e9sil \u00e9tant l\u2019un des premiers \u00e0 divulguer ses r\u00e9sultats, ont commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9es l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, apr\u00e8s la phase d\u2019analyse globale des r\u00e9sultats obtenus.<\/p>\n<p>Les enqu\u00eates qui r\u00e9pertorient les tendances populationnelles de chaque pays,indiquent que dans le monde, 28% des hommes et 39% des femmes souffrent d\u2019un type de probl\u00e8me sexuel, consid\u00e9rant \u00e0 peine les formes mod\u00e9r\u00e9es et graves. D\u2019apr\u00e8s le psychiatre Jair Mari professeur \u00e0 l\u2019Unifesp, des \u00e9tudes de ce type sont normalement essentiellement descriptives et \u201cd\u00e9pourvues du contexte m\u00e9dical, social et culturel\u201d. On ne consid\u00e8re pas l\u2019apparition simultan\u00e9e d\u2019autres d\u00e9s\u00e9quilibres organiques ou l\u2019utilisation de rem\u00e8des qui pourraient \u00eatre associ\u00e9s au probl\u00e8me d\u2019\u00e9rection,ni le type de v\u00e9cu ou les circonstances qui pourraient l\u2019expliquer, encore moins des comportements intrigants comme celui de S\u00e9verine, personnage principal de Belle de Jour, film de Luis Bu\u00f1uel, tourn\u00e9 en 1967. S\u00e9verine, interpr\u00e9t\u00e9e par Catherine Deneuve, aime son mari mais n\u2019arrive \u00e0 se lib\u00e9rer sexuellement qu\u2019avec les hommes qu\u2019elle rencontre chaque apr\u00e8s-midi dans une maison close.<\/p>\n<p>Pour \u00e9viter les chiffres gonfl\u00e9s et les r\u00e9sultats alarmistes,Moreira J\u00fanior souligne cependant que cette \u00e9tude s\u2019est attach\u00e9e \u00e0 consid\u00e9rer l\u2019apparition simultan\u00e9e d\u2019autres probl\u00e8mes de sant\u00e9 et de circonstances personnelles, comme le ch\u00f4mage ou le d\u00e9c\u00e8s de proches, qui peuvent interf\u00e9rer temporairement dans la vie sexuelle. Selon lui, les questionnaires ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9s et analys\u00e9s non seulement par des m\u00e9decins mais \u00e9galement par des statisticiens, des sociologues, des anthropologues et des psychiatres.<\/p>\n<p><strong>Univers parall\u00e8les<\/strong><br \/>\nDe nombreux r\u00e9sultats doivent encore \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s, mais ils quantifient d\u00e9j\u00e0 les sources potentielles d\u2019insatisfaction dans la vie sexuelle, comme l\u2019\u00e9jaculation pr\u00e9coce qui touche 14% des hommes dans le monde. Ces \u00e9tudes qui concernent des repr\u00e9sentants de populations de cultures et d\u2019ethnies les plus vari\u00e9s, r\u00e9v\u00e8lent \u00e9galement les dimensions des probl\u00e8mes de la sexualit\u00e9 f\u00e9minine, dont les causes et les cons\u00e9quences (selon l\u2019aveu m\u00eame des chercheurs) sont moins bien \u00e9tudi\u00e9es que chez les hommes.<\/p>\n<p>Parmi les femmes, 21 % des participantes \u00e0 cette \u00e9tude parlent d\u2019un manque d\u2019int\u00e9r\u00eat sexuel. L\u2019incapacit\u00e9 d\u2019atteindre l\u2019orgasme et les probl\u00e8mes de lubrification vaginale sont en proportions \u00e9quivalentes pour 16% des femmes.Curieusement les probl\u00e8mes les plus fr\u00e9quents chez les femmes \u00e9taient les moins fr\u00e9quents chez les hommes. En effet, seul 9% des hommes parlent d\u2019un manque d\u2019int\u00e9r\u00eat sexuel, soit deux fois moins que les femmes.15% des femmes ont d\u00e9clar\u00e9 que le sexe n\u2019\u00e9tait pas une activit\u00e9 plaisante, alors qu\u2019\u00e0 peine 6% des hommes ont donn\u00e9 la m\u00eame r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>La gyn\u00e9cologue Eleonora Bedin Pasqualotto, professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Caxias do Sul, dans l\u2019\u00c9tat du Rio Grande do Sul, attribue ces diff\u00e9rences aux visions contrast\u00e9es des hommes et des femmes sur leur propre corps et du r\u00f4le sexuel qu\u2019ils se doivent de jouer. \u201c\u00c0 l\u2019inverse des hommes, les femmes accordent davantage d\u2019attention \u00e0 la perception qu\u2019elles ont d\u2019elles-m\u00eames car elles se laissent g\u00e9n\u00e9ralement influencer par des st\u00e9r\u00e9otypes de beaut\u00e9 f\u00e9minine et elles valorisent tout le corps, d\u00e9clare- t-elle.\u201d. Quand elles se sentent grosses ou laides devant le miroir, m\u00eame sans l\u2019\u00eatre, elles peuvent s\u2019\u00e9loigner du partenaire, r\u00e9fr\u00e9ner le d\u00e9sir et cultiver \u00e0 peine les souvenirs des longues nuits d\u2019amour. \u201cLes hommes par contre, ne se laissent pas abattre par ce qu\u2019ils voient dans le miroir, m\u00eame si les transformations provoqu\u00e9es par l\u2019\u00e2ge deviennent \u00e9videntes, ils ne se soucient que de leurs performances sexuelles\u201d.<\/p>\n<p>Cette obstination en mati\u00e8re de performance sexuelle permet de comprendre pourquoi, au Br\u00e9sil, les hommes ach\u00e8tent 1,18 million de comprim\u00e9s pour lutter contre l\u2019impuissance chaque mois. Le Br\u00e9sil est l\u2019un des plus grands consommateurs mondiaux de ces rem\u00e8des, critiqu\u00e9s pour alimenter chez les hommes, m\u00eame pour ceux qui commencent leur vie sexuelle, la peur de l\u2019\u00e9chec \u00e0 un moment o\u00f9 ils pensent que l\u2019\u00e9rection est une obligation et une preuve ind\u00e9niable de masculinit\u00e9. Sur un panneau publicitaire plac\u00e9 en face d\u2019une pharmacie \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de l\u2019Universit\u00e9 Publique de Campinas (Unicamp), les premiers rem\u00e8des annonc\u00e9s pour un public majoritairement jeune sont justement ceux pour lutter contre l\u2019impuissance. Depuis long- temps, leurs consommateurs ne sont plus seulement les hommes qui ont r\u00e9ellement besoin de traitement contre la dysfonction \u00e9rectile.Mari appelle \u00e0 plus de prudence: \u201cL\u2019utilisation pr\u00e9coce et prolong\u00e9e de ces rem\u00e8des peut cr\u00e9er un manque de confiance en soi et une d\u00e9pendance psychologique\u201d.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9jug\u00e9s<\/strong><br \/>\nDans une \u00e9tude publi\u00e9e l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re dans la revue Clinics, Eleonora Pasqualotto d\u00e9clare que, chez les femmes, les manifestations qui pourraient \u00eatre vues comme dysfonction sexuelle indiquent en v\u00e9rit\u00e9 une insatisfaction avec leur propre vie ou avec la relation conjugale et parfois un m\u00e9canisme de d\u00e9fense psychique, r\u00e9sultat d\u2019exp\u00e9riences sexuelles traumatisantes. Elle rappelle \u00e9galement que la persistance des pr\u00e9jug\u00e9s sociaux conduit \u00e0 un blocage du d\u00e9sir et \u00e0 la difficult\u00e9 de r\u00e9pondre aux stimulations sexuelles. Avec la pilule anticonceptionnelle, les femmes s\u2019\u00e9loignent de la crainte de tomber enceinte chaque fois qu\u2019elles ont une relation sexuelle, mais elles ne se d\u00e9livrent pas du poids des stigmates sociaux et d\u2019un mod\u00e8le de comportement social qui encourage l\u2019initiation sexuelle des hommes et renforce la virilit\u00e9, alors que celle des femmes est r\u00e9prim\u00e9e, sous peine de d\u00e9valorisation et de promiscuit\u00e9.<\/p>\n<p>R\u00e9sultat: des hommes anxieux et des femmes insatisfaites. Parmi les repr\u00e9sentants de 29 pays, les br\u00e9siliens pr\u00e9sentent le deuxi\u00e8me plus grand pourcentage d\u2019\u00e9jaculation pr\u00e9coce (30%), juste derri\u00e8re les espagnols (31%), ce qui refl\u00e8te ce souci de performance et les st\u00e9r\u00e9otypes sexuels. Ce fut un r\u00e9sultat inattendu, dont les effets peuvent d\u00e9j\u00e0 \u00eatre esquiss\u00e9s: \u201cL\u2019homme se frustre, mais s\u2019habitue \u00e0 l\u2019\u00e9jaculation pr\u00e9coce\u201d, d\u00e9clare Moreira J\u00fanior. \u201cLa femme se frustre davantage.\u201d<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9jaculation pr\u00e9coce n\u2019est pas l\u2019unique raison du m\u00e9contentement f\u00e9minin. Les femmes br\u00e9siliennes sont celles qui se montrent les plus insatisfaites avec la dur\u00e9e des pr\u00e9liminaires avant l\u2019acte sexuel. En effet, 22% des br\u00e9siliennes, pratiquement le double de la moyenne mondiale, souhaiteraient que les pr\u00e9liminaires durent plus longtemps. Dans le monde, la quasi-totalit\u00e9 des participants (92% des hommes et 91% des femmes) estiment que le contact physique et les caresses sont tr\u00e8s importants, m\u00eame sans relation sexuelle.<\/p>\n<p>Pour Moreira J\u00fanior, ces r\u00e9sultats sont importants pour deux raisons.Tout d\u2019abord ils montrent que les femmes expriment leurs frustrations et ils indiquent que les hommes, en cons\u00e9quence d\u2019une culture machiste, ne se soucient pas comme ils le devraient de r\u00e9pondre pleinement aux attentes f\u00e9minines. Ils sugg\u00e8rent \u00e9galement, \u00e0 Jair Mari, une vision r\u00e9ductionniste de l\u2019acte sexuel, focalis\u00e9 sur la p\u00e9n\u00e9tration, accordant peu d\u2019attention aux jeux \u00e9rotiques et \u00e0 la possibilit\u00e9 d\u2019exploration du corps du partenaire. \u201cLes gens perdent ainsi la chance de se d\u00e9velopper sexuellement\u201d, d\u00e9clare-t-il.<\/p>\n<p>Alors que la qualit\u00e9 laisse \u00e0 d\u00e9sirer, la quantit\u00e9 \u00e9veille l\u2019attention. Selon ces \u00e9tudes, le Br\u00e9sil est le pays o\u00f9 l\u2019on pratique l\u2019acte sexuel avec le plus de fr\u00e9quence. En effet, 74% des personnes entre 40 et 80 ans ont des relations sexuelles au moins une fois par semaine. La moyenne mondiale est de 50%.\u201cNous devons tout d\u2019abord voir si les br\u00e9siliens ne sont pas ceux qui mentent \u00e9galement le plus\u201d, d\u00e9clare Moreira J\u00fanior.\u201cC\u2019est peu probable.\u201d Selon lui, les donn\u00e9es sont fiables car les enqu\u00eateurs ont mis \u00e0 l\u2019aise les personnes interrog\u00e9es et ont soulign\u00e9 l\u2019importance de fournir des r\u00e9ponses honn\u00eates.<\/p>\n<p>Ces r\u00e9sultats pourraient \u00eatre initialement expliqu\u00e9s par le fait que le Br\u00e9sil poss\u00e8de une population plus jeune que les pays de l\u2019h\u00e9misph\u00e8re nord, comme les \u00c9tats-Unis et les pays Europ\u00e9ens, repr\u00e9sentant la plupart des personnes interrog\u00e9es. Le chercheur de la Fiocruz pense qu\u2019une interpr\u00e9tation plus consistante devrait \u00e9galement tenir compte du poids de la culture, de l\u2019histoire et du climat. \u201cDans les pays tropicaux\u201d,dit-il, \u201cla tendance est d\u2019avoir un plus grand culte du corps, qui est davantage expos\u00e9, favorisant la sensualit\u00e9 et la sexualit\u00e9\u201d.<\/p>\n<p>Ces \u00e9tudes internationales ont fait tomber un tabou en montrant que l\u2019activit\u00e9 sexuelle ne se termine pas avec les cheveux blancs des parents ou des grandsparents. Selon ces \u00e9tudes, 69% des hommes et 40% des femmes restent sexuellement actifs apr\u00e8s 60 ans.\u201cL\u2019activit\u00e9 sexuelle diminue avec l\u2019\u00e2ge, ce qui est naturel, mais elle ne dispara\u00eet pas soudainement comme la plupart des gens le croient\u201d, d\u00e9clare- t-il.\u201cPeut-\u00eatre que certaines personnes n\u2019ont plus de relations sexuelles apr\u00e8s soixante ans pour le simple fait de ne plus avoir de partenaires.\u201d<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Confessions d\u00b4al ","protected":false},"author":17,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1180],"tags":[],"coauthors":[5968],"class_list":["post-121644","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-sciences"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/121644","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/17"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=121644"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/121644\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=121644"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=121644"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=121644"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=121644"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}