{"id":122241,"date":"2013-06-21T17:57:50","date_gmt":"2013-06-21T20:57:50","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=122241"},"modified":"2013-06-24T12:08:31","modified_gmt":"2013-06-24T15:08:31","slug":"blancheur-reluisante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/blancheur-reluisante\/","title":{"rendered":"Blancheur reluisante"},"content":{"rendered":"<p><em><strong>Publi\u00e9 en novembre 2005<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Il n\u2019est pas exag\u00e9r\u00e9 de pr\u00e9dire que d\u2019ici quelques ann\u00e9es un nouveau pigment, fruit d\u2019un partenariat entre l\u2019Institut de Chimie (IQ) de l\u2019Universit\u00e9 Publique de Campinas (Unicamp) et l\u2019entreprise Bunge, entrera dans la composition de peintures \u00e0 travers le monde. Ce pigment blanc appel\u00e9 Biphor et produit \u00e0 partir de nanoparticules de phosphate d\u2019aluminium va entrer en concurrence avec la mati\u00e8re premi\u00e8re actuelle, le dioxyde de titane. Selon le professeur Fernando Galembeck, l\u2019un des cr\u00e9ateurs du produit et coordinnateur du projet \u00e0 l\u2019IQ, ce produit poss\u00e8de de nombreux avantages comme son plus faible prix, de 10 \u00e0 15% moins cher que le dioxyde, sa plus grande durabilit\u00e9, une plus grande facilit\u00e9 d\u2019application et un processus de production qui n\u2019agresse pas l\u2019environnement et qui ne produit pas de d\u00e9chets.<\/p>\n<p>Le pigment de phosphate d\u2019aluminium, annonc\u00e9 sur le march\u00e9 mondial en septembre, est destin\u00e9 aux peintures \u00e0 base d\u2019eau, appel\u00e9es peintures latex et destin\u00e9es \u00e0 la finition des murs. L\u2019entreprise multinationale Bunge, d\u2019origine hollandaise et install\u00e9e depuis plus de cent ans au Br\u00e9sil dans la ville de Cajati, qui se situe dans la r\u00e9gion du Vale do Ribeira, \u00e0 230 kilom\u00e8tres de S\u00e3o Paulo, op\u00e8re actuellement dans l\u2019industrialisation d\u2019aliments, la production de fertilisants, et poss\u00e8de une ligne de production d\u2019une capacit\u00e9 de mille tonnes par an. Les pr\u00e9visions pour 2007, non confirm\u00e9es par l\u2019entreprise, sont que de plus grandes unit\u00e9s devraient produire environ 50 milles tonnes par an. C\u2019est encore une petite quantit\u00e9 si on la compare aux 2 millions de tonnes de dioxyde de titane produites dans le monde chaque ann\u00e9e, ce qui repr\u00e9sente un march\u00e9 de 5 milliards de dollars US. Le remplacement de ce produit exige de lourds investissements et semble encore \u00e9loign\u00e9.\u201cCela va peut \u00eatre se produire, mais le dioxyde entre dans la composition des peintures depuis le d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, son utilisation est donc toujours bien ancr\u00e9e dans les mentalit\u00e9s.\u201dBien que l\u2019entreprise n\u2019ait pas divulgu\u00e9 le montant de ses investissements dans ce produit, nous savons qu\u2019ils pr\u00e9voient de commercialiser le Biphor \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Une entreprise de marketing nord-am\u00e9ricaine a \u00e9t\u00e9 contact\u00e9e pour divulguer le produit dans divers pays en commen\u00e7ant par l\u2019Am\u00e9rique Latine.<\/p>\n<p>L\u2019innovation de ce nouveau pigment est qu\u2019il poss\u00e8de une meilleure capacit\u00e9 de diffusion de la lumi\u00e8re refl\u00e9t\u00e9e par la peinture. \u201cCe pigment se compose de particules creuses nanostructur\u00e9es de phosphate d\u2019aluminium remplies d\u2019air et capables de r\u00e9pandre la lumi\u00e8re dans toutes les directions\u201d, d\u00e9clare Galembeck.On pourrait comparer ce produit \u00e0 la mousse de la bi\u00e8re qui est blanche, bien que le liquide soit jaune, car elle est remplie de bulles d\u2019air qui renvoient la lumi\u00e8re des couleurs qui l\u2019entourent. C\u2019est la propri\u00e9t\u00e9 recherch\u00e9e pour couvrir les surfaces sur lesquelles ces peintures seront appliqu\u00e9es, c\u2019est-\u00e0-dire la capacit\u00e9 de renvoyer la lumi\u00e8re \u00e0 l\u2019environnement. Il s\u2019agit du m\u00eame principe pour le phosphate d\u2019aluminium qui a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 test\u00e9 avec des couleurs. Dans la peinture liquide, les particules creuses sont tout d\u2019abord remplies d\u2019eau mais, apr\u00e8s application, elles s\u00e8chent et se remplissent d\u2019air, gagnant ainsi la capacit\u00e9 de refl\u00e9ter et de r\u00e9pandre la lumi\u00e8re. Cette m\u00eame fonction est actuellement exerc\u00e9e par les particules de dioxyde de titane dispers\u00e9es dans la r\u00e9sine qui entre dans la composition de la peinture, substance blanche qui poss\u00e8de un grand indice de r\u00e9fraction.\u201cNotre id\u00e9e de base a \u00e9t\u00e9 d\u2019introduire des particules creuses remplies d\u2019air et mesurant une centaine de nanom\u00e8tres, en utilisant le phosphate d\u2019aluminium\u201d, d\u00e9clare Galembeck. Avec la mise au point de ce nouveau pigment, les chercheurs ont \u00e9galement d\u00e9couvert que dans les r\u00e9sines, le phosphate ne catalyse pas l\u2019oxydation provoqu\u00e9e par l\u2019oxyg\u00e8ne contenu dans l\u2019atmosph\u00e8re, offrant ainsi \u00e0 la peinture une plus grande durabilit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>\u00c9tude initiale<\/strong><br \/>\nLe Biphor est l\u2019exemple r\u00e9ussi d\u2019un projet de recherche de base bien men\u00e9 au sein d\u2019une universit\u00e9 pour d\u00e9boucher ensuite sur un produit qui sera commer- cialis\u00e9. \u201cTout a commenc\u00e9 en 1988 avec le d\u00e9marrage de trois dissertations et de th\u00e8ses en ma\u00eetrise et doctorat, quand nous avons commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9laborer le pigment de base en laboratoire. Jusqu\u2019en 1994, nos \u00e9tudes nous ont permis de d\u00e9poser trois brevets et de publier quelques articles\u201d, rappelle Galembeck. C\u2019est ainsi qu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque cette nouveaut\u00e9 a permis \u00e0 l\u2019IQ de l\u2019Unicamp de recevoir trois prix, deux de l\u2019Association Br\u00e9silienne des Fabricants de Peintures et un autre de l\u2019International Association of Colloid and Interface Scientists (Iacis), organisme regroupant des chercheurs qui \u00e9tudient, par exemple, les syst\u00e8mes entrant dans la composition des colles et des gels. L\u2019entreprise Serrana filiale du groupe Bunge et producteur de fertilisants phosphat\u00e9s, de phosphates pour la nutrition animale et d\u2019acide phosphorique, a commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019int\u00e9resser aux pigments de phosphate d\u2019aluminium en 1995. Cet int\u00e9r\u00eat s\u2019est concr\u00e9tis\u00e9 par un contrat et par l\u2019achat exclusif des brevets pour un montant d\u2019environ 600 milles r\u00e9aux au b\u00e9n\u00e9fice de la Fondation de D\u00e9veloppement de l\u2019Unicamp (Funcamp) de 1996 \u00e0 2005.\u201cCet argent a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration des laboratoires et au fonctionnement du laboratoire de microscopie \u00e9lectronique\u201d, d\u00e9clare Galembeck. La mise au point de ce pigment a re\u00e7u le soutien d\u2019un projet du programme Partenariat pour l\u2019Innovation Technologique (Pite) de la FAPESP de 1997 \u00e0 1998.<\/p>\n<p>L\u2019entreprise Bunge a commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9laborer une \u00e9tude de march\u00e9 et \u00e0 \u00e9valuer les performances du produit \u00e0 partir de 1998. Mais \u00e0 cette \u00e9poque, la vente de deux de ses entreprises qui op\u00e9raient dans le secteur chimique, l\u2019entreprise Tintas Coral et Quimbrasil, retarda la prise de d\u00e9cision pour la fabrication d\u2019un nouveau produit. Le projet fut repris en 2003, et un nouveau brevet fut d\u00e9pos\u00e9 en 2004, pourvu de nouvelles innovations incorpor\u00e9es \u00e0 la suite d\u2019\u00e9tudes. La d\u00e9cision de lancer mondialement un nouveau produit fut prise en 2005, et le brevet de 2004 fut \u00e9tendu \u00e0 de nombreux pays, couvrant les innovations, le processus et les applications. Les n\u00e9gociations concernant le renouvellement du contrat initial (de 1995) furent men\u00e9es par l\u2019Agence d\u2019Innovation de l\u2019Unicamp (Inova), qui re\u00e7oit un b\u00e9n\u00e9fice de 1,5% sur le chiffre d\u2019affaire net du produit pour une dur\u00e9e de 15 ans, temps de validit\u00e9 des brevets internationaux. Ces b\u00e9n\u00e9fices seront partag\u00e9s \u00e0 parts \u00e9gales entre l\u2019Unicamp, l\u2019Institut de Chimie et le groupe de chercheurs qui a mis au point ce nouveau pigment.<\/p>\n<p>La longue journ\u00e9e de Galembeck, suivie par Pesquisa FAPESP des num\u00e9ros 16 (encore sous Not\u00edcias FAPESP), 58 et 97, est devenue une r\u00e9f\u00e9rence en termes de relation entre universit\u00e9 et entreprise et dans la protection des d\u00e9couvertes par le biais de brevets.\u201cQuand nous menons des recherches en universit\u00e9s publiques, nous devons pr\u00e9server l\u2019int\u00e9r\u00eat public\u201d, d\u00e9clare Galembeck, qui a d\u00e9pos\u00e9 son premier brevet en 1978. \u201cIl est possible de faire de la science, de publier des travaux scientifiques et en m\u00eame temps de pr\u00e9server le patrimoine public. Il est donc essentiel que les pouvoirs publics prot\u00e8gent la propri\u00e9t\u00e9 de la connaissance produite gr\u00e2ce aux fonds publics, et prennent les mesures n\u00e9cessaires afin que l\u2019utilisation de cette connaissance soit r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e par les entreprises autoris\u00e9es qui transforment cette connaissance en richesse.\u201d<\/p>\n<p><strong>LE PROJET<\/strong> Nouveaux pigments inorganiques et hybrides \u00e0 base de phosphates <strong>MODALIT\u00c9<\/strong> Partenariat pour l\u2019Innovation Technologique (PITE) <strong>COORDINATEUR<\/strong> FERNANDO GALEMBECK \u2014 Unicamp <strong>INVESTISSEMENT<\/strong> 25.915,30 r\u00e9aux et 107.132,70 dollars (FAPESP) 67.340,00 r\u00e9aux (Serrana)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Blancheur reluisante","protected":false},"author":10,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1194],"tags":[],"coauthors":[97],"class_list":["post-122241","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-technologie"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/122241","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=122241"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/122241\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=122241"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=122241"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=122241"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=122241"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}