{"id":127688,"date":"2013-08-20T15:45:42","date_gmt":"2013-08-20T18:45:42","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=127688"},"modified":"2013-08-22T18:37:43","modified_gmt":"2013-08-22T21:37:43","slug":"maria-jose-soares-mendes-giannini-lart-de-bruler-les-etapes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/maria-jose-soares-mendes-giannini-lart-de-bruler-les-etapes\/","title":{"rendered":"Maria Jos\u00e9 Soares Mendes Giannini: L\u2019art de br\u00fbler les \u00e9tapes"},"content":{"rendered":"<p><em>Publi\u00e9 en Mars 2013<\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-128083\" alt=\"\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/08\/Entrev_M.Jose-ok-192x300.jpg\" width=\"192\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/08\/Entrev_M.Jose-ok-192x300.jpg 192w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/08\/Entrev_M.Jose-ok.jpg 290w\" sizes=\"auto, (max-width: 192px) 100vw, 192px\" \/><span class=\"media-credits-inline\">L\u00c9O RAMOS<\/span>La microbiologiste Maria Jos\u00e9 Soares Mendes Giannini coordonne depuis 2009 un ensemble d\u2019initiatives afin d\u2019\u00e9lever la qualit\u00e9 de la recherche au sein de la jeune Universidade Estadual Paulista (Unesp). \u00c0 la t\u00eate de la Direction de la Recherche de l\u2019institution depuis ces quatre derni\u00e8res ann\u00e9es, elle a coordonn\u00e9 diff\u00e9rentes initiatives qui ont permis d\u2019augmenter le nombre de projets th\u00e9matiques de 130%, d\u2019\u00e9lever la captation des financements \u00e0 des niveaux in\u00e9dits et de faire cro\u00eetre de 42% la production d\u2019articles scientifiques. Elle a recouru \u00e0 un ensemble de strat\u00e9gies pour lutter contre les d\u00e9s\u00e9quilibres naturels d\u2019une institution qui poss\u00e8de des campus r\u00e9partis dans 24 villes. L\u2019une des m\u00e9thodes utilis\u00e9es a \u00e9t\u00e9 de r\u00e9unir les efforts de diff\u00e9rents chercheurs autour de projets plus solides. L\u2019autre a \u00e9t\u00e9 d\u2019encourager la coop\u00e9ration internationale de la science produite par l\u2019universit\u00e9, en incitant les professeurs \u00e0 publier leurs travaux dans des revues r\u00e9put\u00e9es et en invitant des chercheurs \u00e9trangers. Elle a \u00e9galement cr\u00e9\u00e9 des bureaux de soutien au chercheur dans chacune des unit\u00e9s de l\u2019Unesp, exon\u00e9rant les professeurs des t\u00e2ches bureaucratiques li\u00e9es \u00e0 la prestation de comptes de leurs projets. Ces bons r\u00e9sultats lui ont permis de prendre ensuite les r\u00eanes de la Direction de la Recherche pour les quatre prochaines ann\u00e9es, durant la toute nouvelle gestion du Pr\u00e9sident de l\u2019universit\u00e9 Julio Cezar Durigan.<\/p>\n<p>N\u00e9e au Portugal, Maria Jos\u00e9 vit au Br\u00e9sil depuis l\u2019\u00e2ge de trois ans. Toute sa formation en microbiologie et en immunologie s\u2019est faite \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo, capitale de l\u2019\u00e9tat, avec des stages de courte dur\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. En 1983, une invitation pour travailler \u00e0 la facult\u00e9 de Sciences Pharmaceutiques d\u2019Araraquara de l\u2019Unesp, institution qui vient de f\u00eater ses 90 ans, l\u2019a emmen\u00e9 au c\u0153ur de l\u2019\u00e9tat, o\u00f9 elle fut, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 90, l\u2019un des artisans de l\u2019implantation d\u2019\u00e9tudes universitaires de troisi\u00e8me cycle en analyses cliniques. \u00abEn moins de 10 ans nous avons r\u00e9ussi \u00e0 sortir d\u2019un cours non reconnu vers un concept 6 (niveau d\u2019excellence) de la Capes. \u00abCe fut un grand travail\u00bb, se rappelle-t-elle. Mari\u00e9e, m\u00e8re de 2 enfants, l\u2019un adulte et l\u2019autre adolescent, Maria Jos\u00e9 partage son temps entre son bureau dans la capitale o\u00f9 elle se rend du lundi au jeudi, et Araraquara, du vendredi au dimanche, o\u00f9 se trouve son laboratoire et o\u00f9 elle habite avec sa famille. Chaque ann\u00e9e elle visite toutes les unit\u00e9s de l\u2019Unesp. \u00abC\u2019est important pour que tous les chercheurs se sentent soutenus et que nous puissions \u00eatre \u00e0 leur \u00e9coute\u00bb. Elle maintient \u00e9galement un contact continu gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019appareil de visioconf\u00e9rence qui se trouve \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de sa table. Elle est membre du Conseil Sup\u00e9rieur de la FAPESP depuis 2010. Ci-dessous, les principaux extraits de son entretien:<\/p>\n<p><em><strong>Comment coordonner les efforts de recherche dans une universit\u00e9 qui a des campus r\u00e9partis dans 24 villes ?<\/strong><\/em><br \/>\nLa Direction de la Recherche est r\u00e9cente \u00e0 l\u2019Unesp. Elle a commenc\u00e9 au cours de la gestion du professeur Marcos Macari (Pr\u00e9sident de l\u2019universit\u00e9 entre 2005 et 2008). Le professeur Jos\u00e9 Arana Varela a \u00e9t\u00e9 le premier Directeur de Recherche et j\u2019ai ensuite assum\u00e9 le poste. Nous en sommes \u00e0 la troisi\u00e8me direction. L\u2019Unesp est une universit\u00e9 de recherche, bien qu\u2019elle soit \u00e9galement forte en termes d\u2019enseignement et d\u2019activit\u00e9s compl\u00e9mentaires. Mais elle poss\u00e8de une caract\u00e9ristique singuli\u00e8re: c\u2019est l\u2019universit\u00e9 de tout l\u2019\u00e9tat de S\u00e3o Paulo. Nous sommes la plus grande universit\u00e9 multi campus du pays, et peut-\u00eatre du monde. Si vous dessinez un cercle de 100 kilom\u00e8tres autour de chacune de ces 24 villes, vous compl\u00e9terez la carte de l\u2019\u00e9tat de S\u00e3o Paulo. Nous avons aujourd\u2019hui une science de qualit\u00e9 dans les moindres recoins de cet \u00e9tat et il est fondamental qu\u2019il en profite. Nous faisons face, bien s\u00fbr, \u00e0 des asym\u00e9tries et le Directeur de la Recherche de l\u2019Unesp doit essayer de les surmonter.<\/p>\n<p><em><strong>La recherche \u00e0 l\u2019Unesp a commenc\u00e9 de mani\u00e8re plus forte dans des unit\u00e9s traditionnelles comme le campus d\u2019Araraquara. Comment diss\u00e9miner un m\u00eame mod\u00e8le dans toutes les unit\u00e9s ?<\/strong><\/em><br \/>\nLes Facult\u00e9s de Pharmacie et d\u2019Odontologie qui viennent d\u2019avoir 90 ans cette ann\u00e9e vivaient d\u00e9j\u00e0 un processus incluant la recherche, \u00e0 l\u2019instar de l\u2019ancienne Facult\u00e9 de Philosophie, de Sciences et de Lettres d\u2019Araraquara (FFCLA), aujourd\u2019hui Institut de Chimie et Facult\u00e9 de Sciences et de Lettres. Mais ce n\u2019est pas seulement l\u00e0-bas que nous avons commenc\u00e9 de mani\u00e8re plus forte car nous l\u2019avons \u00e9galement fait dans le domaine agraire \u00e0 Jaboticabal. Si vous regardez le pourcentage de recherches men\u00e9es dans notre universit\u00e9 en sciences agraires, vous verrez que le nombre est tr\u00e8s significatif, incluant \u00e9galement d\u2019autres unit\u00e9s. Les Instituts de Chimie, de Physique Th\u00e9orique, de Biosciences de Botucatu, \u00e0 Rio Claro, font partie des unit\u00e9s dont les recherches sont les plus internationalis\u00e9es. Au d\u00e9but, en 1976, 14 campus ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s, 10 de moins qu\u2019aujourd\u2019hui. L\u2019universit\u00e9 a aujourd\u2019hui 36 ans et, au fil du temps, d\u2019autres unit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es. M\u00eame les plus r\u00e9centes m\u00e8nent d\u00e9j\u00e0 des recherches de qualit\u00e9 et offrent des programmes d\u2019\u00e9tudes de troisi\u00e8me cycle. Nous avons des professeurs \u00e9trangers qui travaillent \u00e0 Ilha Solteira, \u00e0 S\u00e3o Jos\u00e9 do Rio Preto et dans diff\u00e9rentes autres unit\u00e9s. Si nous n\u2019avions pas une universit\u00e9 publique de qualit\u00e9, combien d\u2019\u00e9trangers attirerions-nous pour mener des recherches de pointe ? L\u2019\u00e9volution de cet historique est croissante et, en 2005, nous avons v\u00e9cu un tournant d\u00e9cisif. Nous avions cartographi\u00e9 les groupes de recherche, les types de publication et les p\u00e9riodiques dans lesquels nous publiions et nous avions d\u00e9tect\u00e9 beaucoup de probl\u00e8mes. Aujourd\u2019hui non. Nous avons une recherche renforc\u00e9e, croissante et ascendante, contribuant avant tout au d\u00e9veloppement de la science et de la technologie dans le pays. Ces quatre derni\u00e8res ann\u00e9es, nous avons recrut\u00e9 quatre mille professeurs, plus de 60 chercheurs, plus de 30 postes de niveau sup\u00e9rieur ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s pour r\u00e9pondre \u00e0 la demande en termes de grands \u00e9quipements et ce contingent de personnes hautement qualifi\u00e9es va consolider la recherche de l\u2019Unesp. Notre principal objectif aujourd\u2019hui est d\u2019internationaliser chaque fois plus la recherche pour la rendre plus contemporaine, avec un impact national et international. Nous faisons en sorte de devenir des agents actifs de la promotion du d\u00e9veloppement scientifique et technologique de l\u2019\u00e9tat et du pays pour le transf\u00e9rer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p><em><strong>Pourriez-vous citer des donn\u00e9es concernant cette \u00e9volution ?<\/strong><\/em><br \/>\nJe vais comparer 2007 et 2011, car les donn\u00e9es de 2012 ne sont pas encore totalement consolid\u00e9es. Si nous comparons les deux p\u00e9riodes quadriennales, nous avons une augmentation de 42% de la production scientifique dans la base de donn\u00e9es ISI, de Thomson Reuters. C\u2019est bien significatif. L\u2019un des objectifs de la Direction de la Recherche, quand nous l\u2019avons assum\u00e9, \u00e9tait de compl\u00e9ter et de r\u00e9unir les comp\u00e9tences pour construire une science de qualit\u00e9, renfor\u00e7ant ainsi les capacit\u00e9s institutionnelles autour de propositions novatrices. \u00c0 cet effet, nous avons r\u00e9alis\u00e9 une s\u00e9rie de s\u00e9minaires et de workshops th\u00e9matiques en invitant diff\u00e9rentes universit\u00e9s \u00e9trang\u00e8res et br\u00e9siliennes. Les discussions ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es pour promouvoir une avanc\u00e9e sur des th\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la fronti\u00e8re de la connaissance et conform\u00e9ment au calendrier national. Des groupes de recherche issus de diff\u00e9rents domaines ont particip\u00e9 aux discussions au cours de ces rencontres. Ainsi, nous b\u00e9n\u00e9ficions d\u2019une science plus transversale, inter, multi et transdisciplinaire. Les diff\u00e9rents regards produisent de la qualit\u00e9, une vision diff\u00e9rente qui n\u2019est pas toujours exploit\u00e9e par des groupes focalis\u00e9s sur une seule discipline. C\u2019est ce que nous essayons de faire ici \u00e0 l\u2019Unesp. Le principal enjeu, li\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9loignement entre les divers campus, est de transformer des groupes isol\u00e9s en groupes qui s\u2019ins\u00e8rent davantage dans l\u2019Unesp elle-m\u00eame et en dehors d\u2019elle. Nous avons des groupes tr\u00e8s forts, comme ceux dans le domaine des mat\u00e9riaux c\u00e9ramiques et de la nanotechnologie, ceux des produits naturels, le noyau informatique scientifique, le Grid Unesp qui d\u00e9veloppe un excellent travail international et qui r\u00e9pond \u00e9galement \u00e0 l\u2019universit\u00e9 elle-m\u00eame. Nous avons des groupes coordonnant les programmes Cepid de la FAPESP, les Instituts Nationaux de Sciences et de Technologie, \u00e0 l\u2019instar de celui li\u00e9 aux relations internationales, et les instituts de nanotechnologie et de physiologie compar\u00e9e. Nous avons aussi l\u2019Institut Conf\u00facio, consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e9tant le meilleur du monde. Nous avons des groupes consolid\u00e9s et notre travail est de faire en sorte que davantage de groupes se distinguent dans leur domaine de connaissance.<\/p>\n<p><em><strong>Un de vos soucis a \u00e9t\u00e9 d\u2019augmenter la production en ing\u00e9nierie et en sciences humaines, pour qu\u2019elle soit comparable \u00e0 celle des sciences du vivant. O\u00f9 en \u00eates-vous dans cette d\u00e9marche ?<\/strong><\/em><br \/>\nLes sciences du vivant sont fortement incluses et repr\u00e9sentent pratiquement 70% de la production de l\u2019Unesp. Les deux domaines qui pr\u00e9sentaient un grand d\u00e9s\u00e9quilibre \u00e9taient ceux du g\u00e9nie et des sciences humaines. Nous avons alors cr\u00e9\u00e9 les projets Renove Ing\u00e9nieries et Renove Sciences Humaines. L\u2019objectif n\u2019\u00e9tait pas seulement de fournir des financements \u00e0 travers l\u2019appel d\u2019offre, mais que ces projets r\u00e9unissent les comp\u00e9tences dans ces diff\u00e9rents domaines. Je pense que nous avons d\u00e9j\u00e0 obtenu un retour positif. Des forums d\u2019ing\u00e9nierie et r\u00e9cemment de sciences humaines ont \u00e9t\u00e9 mont\u00e9s pour cr\u00e9er des liens de coop\u00e9ration et des liens avec l\u2019innovation. Onze cours de g\u00e9nie ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s dans notre universit\u00e9. Trois cours ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s, celui du g\u00e9nie environnemental, \u00e0 S\u00e3o Jos\u00e9 dos Campos, et ceux des bio-processus \u00e0 la Facult\u00e9 de Pharmacie et de g\u00e9nie chimique \u00e0 l\u2019Institut de Chimie d\u2019Araraquara. Certains sont encore en cours d\u2019implantation et sans aucun doute contribueront \u00e0 augmenter les ressources humaines sp\u00e9cialis\u00e9es sur des bases plus technologiques qui sont n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019\u00e9tat et au pays.<\/p>\n<p><em><strong>Les chercheurs sont r\u00e9ceptifs \u00e0 ces initiatives ?<\/strong><\/em><br \/>\nOui, ils sont r\u00e9ceptifs. Les forums ont compt\u00e9 sur un grand nombre de participants et ils ont \u00e9t\u00e9 justement r\u00e9alis\u00e9s pour localiser et reconna\u00eetre les comp\u00e9tences existantes dans les universit\u00e9s mettant l\u2019accent sur les grands domaines de la connaissance. Ces actions ont favoris\u00e9 les incitations et le parrainage pour la publication de diff\u00e9rents livres \u00e9lectroniques (e-books), dans les s\u00e9ries, Enjeux Contemporains, domaine des sciences humaines et des fronti\u00e8res, dans des domaines de la connaissance d\u2019int\u00e9r\u00eat national comme la nanotechnologie, la bio\u00e9nergie, les produits naturels, les aliments, la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et autres, pour diffuser de mani\u00e8re plus efficace les travaux des grands groupes de recherche. Mais on s\u2019est aper\u00e7u qu\u2019il fallait d\u2019autres actions et nous avons \u00e9largi le programme Renove en impliquant davantage de groupes de l\u2019universit\u00e9 qui \u00e9taient avant exclus du processus de recherche. Il y a en effet un contingent de professeurs qui se sont tourn\u00e9s pr\u00e9cocement vers la gestion et qui n\u2019ont pas men\u00e9 de carri\u00e8res li\u00e9es \u00e0 la recherche. Nous avons alors d\u00e9cid\u00e9 de lancer le programme multidisciplinaire Renove Geral pour attirer les professeurs qui se trouvent en dehors de la logistique de soutien. Une \u00e9valuation est r\u00e9alis\u00e9e et outre les financements allou\u00e9s, une bourse d\u2019initiation scientifique est \u00e9galement fournie, tout cela pour qu\u2019ils se remettent \u00e0 faire des recherches, \u00e0 publier et \u00e0 s\u2019engager dans une ligne de recherche et de programmes de troisi\u00e8me cycle.<\/p>\n<p><em><strong>Le nombre de projets th\u00e9matiques approuv\u00e9s a augment\u00e9. Dans quelle proportion ?<\/strong><\/em><br \/>\nLe nombre de projets th\u00e9matiques a augment\u00e9 de pr\u00e8s de 130%. En termes de montants financiers, la croissance a \u00e9t\u00e9 de pr\u00e8s de 340%. Nous savons que la recherche a besoin de ressources humaines qualifi\u00e9es et d\u2019une bonne infrastructure en mati\u00e8re de recherche. Pour cela, nous avons obtenu des financements tr\u00e8s significatifs de la FAPESP dans le Programme \u00c9quipements Multi-usagers, de la Finep dans l\u2019appel d\u2019offre infrastructure (augmentation de 340%), de la Capes et du CNPq. L\u2019infrastructure de la recherche s\u2019est am\u00e9lior\u00e9e et nous avons aujourd\u2019hui beaucoup de facilities, beaucoup de nouvelles constructions, de nouveaux laboratoires. Il a fallu cr\u00e9er de nouveaux espaces et r\u00e9unir les comp\u00e9tences n\u00e9cessaires pour que la recherche puisse se d\u00e9velopper. C\u2019est \u00e0 cet effet qu\u2019ont \u00e9t\u00e9 institutionnalis\u00e9s les instituts sp\u00e9ciaux avec la pr\u00e9sence de chercheurs provenant de diff\u00e9rents campus. Quatre instituts sp\u00e9ciaux ont \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9s par des organismes coll\u00e9giaux. L\u2019un est l\u2019Institut de Bio\u00e9nergie dont le si\u00e8ge est \u00e0 Rio Claro mais associ\u00e9 \u00e0 huit autres laboratoires, cr\u00e9\u00e9 avec les autres universit\u00e9s publiques pauliste et \u00e9galement li\u00e9 au Centre Pauliste de Recherche en Bio\u00e9nergie. Un programme de troisi\u00e8me cycle conjoint \u00e0 trois universit\u00e9s a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9, ce qui est fantastique en termes d\u2019exp\u00e9rience. L\u2019Institut de la Mer a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 \u00e0 S\u00e3o Vicente, r\u00e9unissant les comp\u00e9tences de diff\u00e9rents campus. Il y a un groupe fort \u00e0 Rio Claro dans le domaine de la g\u00e9ologie, nous avons l\u00e0-bas le Centre de G\u00e9osciences Appliqu\u00e9es au P\u00e9trole (Unespetro), fortement li\u00e9 \u00e0 Petrobras. Nous avons aussi l\u2019institut de Biotechnologie \u00e0 Botucatu, qui abrite \u00e9galement l\u2019animalerie centrale et dans lequel collaborent d\u2019autres groupes, issus de diff\u00e9rents campus, sur diff\u00e9rentes th\u00e9matiques. L\u2019Institut des Politiques Publiques et des Relations Internationales, qui se trouve aujourd\u2019hui sur la place de la S\u00e9 [N.T. : \u00e0 S\u00e3o Paulo], a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement cr\u00e9\u00e9. Il offre des cours de troisi\u00e8me cycle et la possibilit\u00e9 d\u2019avoir un espace capable de r\u00e9pondre aux calendriers actuels et aux mouvements futurs, et avec l\u2019objectif de se transformer en noyau de diffusion de l\u2019universit\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 des d\u00e9bats plus larges. Les financements tr\u00e8s significatifs, pour la cr\u00e9ation de ces instituts, sont venues par le biais de projets soumis et approuv\u00e9s par le Minist\u00e8re des Sciences de la Technologie et de l\u2019Innovation, du Secr\u00e9tariat de D\u00e9veloppement \u00c9conomique des Sciences et de la Technologie de l\u2019\u00e9tat de S\u00e3o Paulo; de la Banque Santander, de la Finep; et de l\u2019universit\u00e9 elle-m\u00eame, qui a fortement investit pour adapter les espaces aux nouvelles exigences d\u2019une universit\u00e9 d\u2019enseignement et de recherche contemporaine.<\/p>\n<p><em><strong>Il ya une donn\u00e9e importante qui est la formation des docteurs.<\/strong><\/em><br \/>\nNous sommes la deuxi\u00e8me universit\u00e9 du monde en nombre de docteurs form\u00e9s, environ mille par an. Il y a en premi\u00e8re place l\u2019USP, ensuite nous, puis l\u2019Unicamp et des universit\u00e9s \u00e9tasuniennes.<\/p>\n<p><em><strong>Les programmes de troisi\u00e8me cycle ont un lien tr\u00e8s fort avec la recherche. Comment se d\u00e9roule cette interaction \u00e0 l\u2019Unesp ?<\/strong><\/em><br \/>\nLe nombre de cours a augment\u00e9. Il y a plus de 90 doctorats, plus de 100 masters, totalisant 122 programmes de troisi\u00e8me cycle. En nombre de cours, c\u2019est la deuxi\u00e8me universit\u00e9 br\u00e9silienne. La qualification des programmes est en hausse croissante avec des notes 5, 6 et 7 d\u00e9livr\u00e9es par la Capes. Nous voulons plus, ce qui sera naturel au fur et \u00e0 mesure que la recherche des divers groupes avance.<\/p>\n<p><em><strong>Quel est l\u2019impact de la recherche de l\u2019Unesp pour le d\u00e9veloppement du Br\u00e9sil profond ?<\/strong><\/em><br \/>\nIl y a quelques ann\u00e9es, l\u2019\u00e9tude d\u2019un groupe dans le domaine \u00e9conomique a montr\u00e9 que nous contribuions \u00e9norm\u00e9ment \u00e0 l\u2019\u00e9conomie locale dans les villes o\u00f9 se trouvaient des unit\u00e9s de l\u2019Unesp. Mais je pense que nous pouvons contribuer encore plus, et le directeur des activit\u00e9s compl\u00e9mentaires, la vice-pr\u00e9sidente et nous-m\u00eames travaillerons pour que l\u2019Unesp s\u2019int\u00e8gre davantage dans les villes et d\u00e9veloppe des partenariats avec les mairies dans des programmes compl\u00e9mentaires que nous menons d\u00e9j\u00e0 et qui pourront \u00e9galement d\u00e9boucher sur des recherches v\u00e9ritablement novatrices. Nous avons des unit\u00e9s dans des villes tr\u00e8s riches, comme Araraquara, et dans des endroits o\u00f9 nous savons que l\u2019IDH est tr\u00e8s bas, comme Vale do Ribeira o\u00f9 nous sommes en train de cr\u00e9er un cours d\u2019ing\u00e9nierie de la p\u00eache, en partenariat avec la mairie. Les mairies r\u00e9alisent \u00e9galement un grand travail avec l\u2019Unesp dans diverses villes pour que la science soit pr\u00e9sente \u00e0 ces endroits.<\/p>\n<p><em><strong>Quelle est la situation de l\u2019Unesp dans les classements internationaux ?<\/strong><\/em><br \/>\nNous avons attir\u00e9s l\u2019attention \u00e0 ce sujet \u00e0 partir du Plan de D\u00e9veloppement Institutionnel durant la gestion du Pr\u00e9sident de l\u2019Universit\u00e9 Herman Voorwald, en 2009. L\u2019objectif \u00e9tablit dans la planification strat\u00e9gique de l\u2019universit\u00e9 est de faire partie des 200 meilleures universit\u00e9s du monde. Nous avons ainsi un objectif et nos actions soutiennent cette d\u00e9marche.<\/p>\n<p><em><strong>Quelle est l\u2019importance d\u2019avoir un objectif de cette nature ?<\/strong><\/em><br \/>\nCela nous aide \u00e9videmment beaucoup. Je plaisante dans mes pr\u00e9sentations en disant que dans certains classements nous y sommes arriv\u00e9s. Par exemple, dans le classement de SCimago nous sommes \u00e0 la 174\u00e8me place, nous sommes la troisi\u00e8me universit\u00e9 br\u00e9silienne et la cinqui\u00e8me ib\u00e9ro-am\u00e9ricaine. Il nous faut encore gagner des places par rapport \u00e0 d\u2019autres universit\u00e9s. Nous avons 36 ans, et un classement qui en dit long sur la jeunesse de l\u2019Unesp est celui de Times Higher Education pour le classement des meilleures universit\u00e9s qui ont moins de 50 ans. Plus de 2 mille universit\u00e9s sont analys\u00e9es et nous nous classons parmi les 100 meilleures du monde. Dans le classement QS nous occupons une place assez int\u00e9ressante, la 17\u00e8me d\u2019Am\u00e9rique Latine, et si nous d\u00e9taillons plus la recherche nous occupons la 7\u00e8me place. Nous nous sommes beaucoup d\u00e9velopp\u00e9s, nous avons br\u00fbl\u00e9 les \u00e9tapes et cela n\u2019est pas facile \u00e0 faire en sciences.<\/p>\n<p><em><strong>Comment br\u00fbler les \u00e9tapes ? Faire appel \u00e0 des gens de l\u2019ext\u00e9rieur?<\/strong><\/em><br \/>\nOui. L\u2019id\u00e9e de cr\u00e9er des instituts sp\u00e9ciaux va dans ce sens. Nous sommes dans une phase de recrutement de chercheurs, car nous avons la carri\u00e8re de professeur et celle de chercheur. Dans les instituts de recherche il y aura fondamentalement des chercheurs travaillant avec des professeurs et des apprenants. La responsabilit\u00e9 des chercheurs est tourn\u00e9e vers la recherche et la formation de ressources humaines, mais de troisi\u00e8me cycle. L\u2019id\u00e9e est de faire venir des \u00e9trangers dans ces locaux. Nous avons travaill\u00e9 \u00e0 l\u2019Institut de la Mer, \u00e0 l\u2019Institut de Biotechnologie et de Bio\u00e9nergie, nous avons des coop\u00e9rations avec des groupes internationaux. L\u2019Institut de la Mer, par exemple, collabore fortement avec l\u2019Allemagne, dans des universit\u00e9s comme Heidelberg et Kiel, \u00e9galement avec l\u2019Universit\u00e9 de Porto et en partenariat avec l\u2019Afrique du Sud. Nous avons une coop\u00e9ration avec l\u2019Universit\u00e9 de Louvain, en Belgique, avec laquelle nous cofinan\u00e7ons l\u2019envoi et la venue de chercheurs. Nous avons des groupes hautement internationalis\u00e9s. L\u2019Institut de Physique Th\u00e9orique (IFT) est le seul en Am\u00e9rique Latine \u00e0 h\u00e9berger une unit\u00e9 du Centre International de Physique (ICTP), organisme de l\u2019Unesco. L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, ils ont fait venir plus de 80 \u00e9trangers de grand renom. L\u2019Unesp s\u2019internationalise de mani\u00e8re croissante sans le domaine des sciences exactes et des sciences biologiques. M\u00eame un domaine comme les sciences humaines qui n\u2019apparaissait pas dans les publications internationales commence \u00e0 \u00eatre publi\u00e9. C\u2019est un indicateur de ce que nous sommes en train de faire avec l\u2019Unesp et qui s\u2019appelle une universit\u00e9 de classe mondiale.<\/p>\n<p><em><strong>L\u2019Unesp a cr\u00e9\u00e9 des bureaux dans toutes ses unit\u00e9s pour aider les chercheurs \u00e0 faire face \u00e0 la gestion bureaucratique de leurs projets. Comment s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 ce processus ?<\/strong><\/em><br \/>\nCe fut une longue discussion et ce ne fut pas facile. L\u2019id\u00e9e originale \u00e9tait de mettre un bureau dans chaque campus, mais nous nous sommes aper\u00e7us que cela ne donnerait pas de bons r\u00e9sultats, car chaque unit\u00e9, dans chaque campus, a une mani\u00e8re diff\u00e9rente de travailler. Nous avons alors cr\u00e9\u00e9 un bureau de recherche dans chaque unit\u00e9 et d\u00e9pendant de celle-ci. Nous embauchons actuellement un employ\u00e9 dans chaque bureau pour exon\u00e9rer le chercheur des t\u00e2ches li\u00e9es \u00e0 la prestation de comptes. Dans certaines unit\u00e9s nous avons r\u00e9alis\u00e9 une deuxi\u00e8me embauche bas\u00e9e sur diff\u00e9rents indicateurs, principalement celui de l\u2019internationalisation, pour r\u00e9pondre justement \u00e0 ceux qui font de la coop\u00e9ration internationale, r\u00e9alisent des projets th\u00e9matiques et des workshops internationaux. Nous aurons \u00e9galement un troisi\u00e8me employ\u00e9 qui sera recrut\u00e9 pour travailler avec l\u2019innovation. L\u2019id\u00e9e est de faire le lien entre chercheurs et entreprises dans un m\u00eame bureau.<\/p>\n<p><em><strong>Comment cela fonctionnera-t-il ?<\/strong><\/em><br \/>\nIl y aura un local pour recevoir les entreprises et collaborer avec elles. Ainsi nous compl\u00e9tons l\u2019id\u00e9e que je me fais d\u2019un bureau et qui est de r\u00e9pondre aux domaines de la recherche, de l\u2019internationalisation et de l\u2019innovation. Il faut aider le chercheur et travailler \u00e0 la captation de financements.<\/p>\n<p><em><strong>Vous commencez maintenant une nouvelle gestion de quatre ans. Quels sont les objectifs et les nouvelles demandes ?<\/strong><\/em><br \/>\nNous travaillons d\u00e9j\u00e0 sur diff\u00e9rents aspects, mais nous allons \u00e9largir nos actions en faveur d\u2019une plus grande inclusion des professeurs r\u00e9cemment embauch\u00e9s et qui sont l\u2019avenir de l\u2019universit\u00e9. Nous sommes en train de travailler fortement pour qu\u2019ils aient une bonne infrastructure, s\u2019ins\u00e8rent dans des groupes forts de recherche et cr\u00e9ent des lignes de recherche novatrices. Nous avons un appel d\u2019offre sp\u00e9cial destin\u00e9 aux premiers projets et nous allons maintenant l\u2019\u00e9largir. Nous allons travailler dans des domaines qui, bien qu\u2019ils produisent beaucoup, ne sont pas tr\u00e8s internationalis\u00e9s. Ainsi nous les encouragerons \u00e0 se focaliser sur cet aspect. Un autre point concerne l\u2019innovation, qui est l\u2019interaction entre l\u2019universit\u00e9 et l\u2019entreprise. Comme ce lien existe d\u00e9j\u00e0 dans diff\u00e9rentes villes de l\u2019\u00e9tat de S\u00e3o Paulo qui disposent de p\u00f4les technologiques, nous allons d\u00e9velopper une plus grande collaboration avec les mairies pour pouvoir cr\u00e9er et consolider les noyaux technologiques.<\/p>\n<p><em><strong>Pour parler de votre carri\u00e8re, votre formation a eu lieu \u00e0 l\u2019USP&#8230;<\/strong><\/em><br \/>\nOui. Je me suis form\u00e9e en pharmacie et biochimie et j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 travailler durant ma premi\u00e8re ann\u00e9e d\u2019\u00e9tude de troisi\u00e8me cycle. Mon premier emploi a \u00e9t\u00e9 dans un laboratoire de la mairie et j\u2019ai travaill\u00e9 ensuite au laboratoire Fleury, o\u00f9 j\u2019ai beaucoup appris, mais je ne voulais pas travailler de mani\u00e8re routini\u00e8re. Je suis all\u00e9e \u00e0 la Facult\u00e9 de M\u00e9decine de l\u2019USP, dans laquelle j\u2019ai travaill\u00e9 pendant 10 ans \u00e0 partir de la quatri\u00e8me ann\u00e9e de facult\u00e9, travaillant en mycologie m\u00e9dicale et qui consiste en l\u2019\u00e9tude de champignons d\u2019int\u00e9r\u00eat m\u00e9dical, mati\u00e8re encore non \u00e9tudi\u00e9e dans mon cours. J\u2019ai travaill\u00e9 avec Carlos da Silva Lacaz, un des grands sp\u00e9cialistes des champignons, un grand ma\u00eetre et un humaniste. J\u2019ai d\u00e9couvert que j\u2019aimais la recherche et le professorat et aussi d\u2019avoir un nouveau d\u00e9fi \u00e0 relever chaque jour. Je pense que la recherche c\u2019est \u00e7a, d\u00e9couvrir un nouveau chemin dans chaque r\u00e9sultat. J\u2019ai rencontr\u00e9 diff\u00e9rentes personnes qui ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s importantes, de grands ma\u00eetres en mycologie et en immunologie, comme les professeurs Ant\u00f4nio Walter Ferreira, mon conseiller de master et de doctorat, Mario Camargo, de l\u2019Institut de M\u00e9decine Tropicale, Vera Calich, de l\u2019ICB, qui m\u2019a beaucoup encourag\u00e9e. Quand j\u2019ai choisi le th\u00e8me de mon travail je me suis aper\u00e7ue que je ne voulais pas faire de mycologie classique car je commen\u00e7ais \u00e0 me passionner pour l\u2019immunologie. J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 mener des recherches sur le diagnostic s\u00e9rologique de la paracoccidio\u00efdomycose, maladie importante en Am\u00e9rique Latine. J\u2019ai d\u00e9velopp\u00e9 des marqueurs, des r\u00e9actifs et des m\u00e9thodes encore non appliqu\u00e9es \u00e0 cette maladie comme la recherche d\u2019antig\u00e8nes dans la circulation sanguine des patients. De cette mani\u00e8re on pourrait donner un diagnostic et commencer le traitement de mani\u00e8re pr\u00e9coce. J\u2019ai eu comme conseill\u00e8res la professeur Aoi Massuda et la professeur Maria Aparecida Shikanai Yasuda, nous avons eu deux articles importants publi\u00e9s \u00e0 ce moment l\u00e0, fruit de mon doctorat. Quand j\u2019ai conclu mon doctorat, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 par la Facult\u00e9 de Pharmacie d\u2019Araraquara. Ce fut un grand d\u00e9fi \u00e0 relever car, \u00e0 S\u00e3o Paulo, je circulais ais\u00e9ment entre la Facult\u00e9 de M\u00e9decine et l\u2019Institut de M\u00e9decine Tropicale et j\u2019ai d\u00e9fendu une partie de ma th\u00e8se \u00e0 l\u2019Institut de Sciences Biom\u00e9dicales o\u00f9 viendrait le professeur Erney Camargo. J\u2019avais diff\u00e9rents laboratoires avec une grande infrastructure pour l\u2019\u00e9poque. Il y avait un cours de mycologie clinique \u00e0 la Facult\u00e9 de Pharmacie d\u2019Araraquara mais pas de recherche men\u00e9e dans ce domaine. J\u2019ai accompagn\u00e9 la structuration de la recherche \u00e0 l\u2019Unesp depuis 1983. La professeur Deise Falc\u00e3o, microbiologiste, connaissait ma sp\u00e9cialisation et bien qu\u2019elle soit bact\u00e9riologiste, m\u2019a appel\u00e9 pour travailler sur un projet de grande envergure financ\u00e9 par la Finep. Ce v\u00e9cu avec la bact\u00e9riologiste m\u2019a montr\u00e9 que je ne voulais plus continuer \u00e0 mener des recherches sur le diagnostic. J\u2019ai suivi des stages de courte dur\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et au Br\u00e9sil et j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9tudier des mod\u00e8les d\u2019interaction entre le champignon et son h\u00f4te. J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 implanter des mod\u00e8les in vitro, que j\u2019utilise jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui, et j\u2019ai contribu\u00e9 \u00e0 la d\u00e9couverte de mol\u00e9cules qui font le lien entre le champignon et son h\u00f4te. J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 travailler sur les adh\u00e9sines, qui sont des mol\u00e9cules d\u2019interaction et nous \u00e9tudions actuellement les invasines.<\/p>\n<p><em><strong>Vous avez eu un projet \u00e0 la FAPESP sur ce mod\u00e8le&#8230;<\/strong><\/em><br \/>\nJ\u2019en ai eu plusieurs. J\u2019ai coordonn\u00e9e un projet th\u00e9matique avec le professeur Gil Benard et qui est d\u00e9j\u00e0 conclu, essayant de r\u00e9unir les connaissances du mod\u00e8le in vitro avec celui de l\u2019homme, et \u00e9galement un autre projet avec la professeur C\u00e9lia Maria Soares, de l\u2019Universit\u00e9 de Goi\u00e1s. Nous avons ensuite particip\u00e9 avec elle \u00e0 un appel d\u2019offre Genoprot de la Finep et plus r\u00e9cemment \u00e0 un appel d\u2019offre infrastructure financ\u00e9 par la Finep, afin d\u2019implanter les plateformes omiques dans notre laboratoire. Durant mon parcours j\u2019ai eu un grand professeur qui malheureusement est mort l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, Henrique Lenzi, du d\u00e9partement de pathologie de l\u2019Institut Oswaldo Cruz. C\u2019\u00e9tait une personne fantastique en tant qu\u2019\u00eatre humain, un grand humaniste, un connaisseur de la science. Il nous a beaucoup aid\u00e9 durant les discussions et l\u2019implantation de nouvelles technologies. Aujourd\u2019hui, compte-tenu du changement du projet p\u00e9dagogique du cours de pharmacie, une autre ligne de recherche a \u00e9t\u00e9 implant\u00e9e, avec un fondement plus technologique. Nous sommes en train de cr\u00e9er une plateforme pour d\u00e9velopper des antifongiques et des bior\u00e9actifs. Cette plateforme n\u2019a \u00e9t\u00e9 possible que gr\u00e2ce au soutien des programmes de la FAPESP, comme le programme Biota-Fapesp et le programme Bioprospecta, en collaboration avec les groupes de Chimie de la professeur Vanderlan Bolzani, Maysa Furlan de la professeur Ana Marisa Fusco Almeida, qui est mon assistante, ainsi que d\u2019autres chercheurs. Les choses ont \u00e9t\u00e9 ardues \u00e0 construire mais comme j\u2019ai toujours cherch\u00e9 \u00e0 travailler en collaboration, je n\u2019ai pas rencontr\u00e9 tant de difficult\u00e9s. Il est important de souligner qu\u2019un an avant de venir \u00e0 la Direction de la Recherche, j\u2019ai fait appel \u00e0 une assistante, la professeur Ana Marisa. Sans son aide cette plateforme antifongique n\u2019aurait pas vu le jour. Nous sommes actuellement en train de travailler sur un prototype.<\/p>\n<p><em><strong>Quel est ce prototype ?<\/strong><\/em><br \/>\nCertaines substances sur lesquelles nous travaillons ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 avoir du potentiel dans des essais in vitro, et nous nous acheminons vers des essais in vivo en utilisant \u00e9galement de nouvelles formulations pour v\u00e9rifier la possibilit\u00e9 de leur application en tant qu\u2019antifongique. J\u2019esp\u00e8re que ce travail conjoint d\u00e9bouchera sur un produit novateur. Nous nous focalisons \u00e9galement sur les antifongiques antibiofilms microbiens, car les microorganismes sous cette forme sont plus r\u00e9sistants. La formation de biofilms est un mod\u00e8le classique pour certaines maladies li\u00e9es \u00e0 des pathologies o\u00f9 certains champignons et bact\u00e9ries s\u2019associent \u00e0 une structure multicellulaire complexe pour faire na\u00eetre des points de contamination constants. Une matrice se forme et les antifongiques et les antibact\u00e9riens n\u2019arrivent plus \u00e0 atteindre les sites d\u2019action. Nous sommes en train d\u2019\u00e9tudier la formation de biofilms dans des maladies end\u00e9miques et nous avons d\u00e9j\u00e0 d\u00e9crit cela dans l\u2019histoplasmose, travail d\u2019une apprenante de la professeur Ana Marisa, et dans la paracoccidio\u00efdomycose, maladie sur laquelle j\u2019ai le plus travaill\u00e9 depuis que j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9tudier \u00e0 la facult\u00e9 de M\u00e9decine. C\u2019est une maladie n\u00e9glig\u00e9es parmi les fongiques et qui ressemble \u00e0 la tuberculose.<\/p>\n<p><em><strong>La recherche des entreprises pharmaceutiques ne s\u2019y int\u00e9resse pas<\/strong><\/em><br \/>\nLes maladies caus\u00e9es par des champignons font g\u00e9n\u00e9ralement partie des maladies n\u00e9glig\u00e9es. La mycologie est consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9tant le parent pauvre de la microbiologie. Vous avez la bact\u00e9riologie, la virologie et ensuite, la mycologie. Mais elle a pris de l\u2019ampleur compte-tenu d\u2019une plus grande pr\u00e9valence chez certains groupes de patients, de la plus grande long\u00e9vit\u00e9 des populations et des maladies immunosuppressives. Vous augmentez les conditions de vie, mais vous ouvrez la possibilit\u00e9 d\u2019installation d\u2019agents dits opportunistes. Nous avons aujourd\u2019hui un nombre croissant de maladies caus\u00e9es par des champignons qui n\u2019avaient m\u00eame pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9crits comme agents pathog\u00e8nes. Ce qui n\u2019est pas le cas du Paracoccidioides brasiliensis qui a toujours \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e9tant un agent pathog\u00e8ne primaire. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit en 1908 par Adolfo Lutz et c\u2019est une des maladies fongiques de grand int\u00e9r\u00eat pour le Br\u00e9sil. Nous avons contribu\u00e9 tout d\u2019abord au diagnostic et maintenant nous travaillons principalement avec les adh\u00e9sines qui nous servent de cibles pour d\u00e9couvrir de nouveaux m\u00e9dicaments.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Maria Jos\u00e9 Soares Mendes Giannini: L\u2019art de br\u00fbler les \u00e9tapes","protected":false},"author":11,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1182],"tags":[],"coauthors":[98],"class_list":["post-127688","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-entretien"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/127688","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=127688"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/127688\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=127688"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=127688"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=127688"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=127688"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}