{"id":127761,"date":"2013-08-20T17:46:38","date_gmt":"2013-08-20T20:46:38","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=127761"},"modified":"2013-08-23T14:58:27","modified_gmt":"2013-08-23T17:58:27","slug":"une-science-plus-ouverte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/une-science-plus-ouverte\/","title":{"rendered":"Une science plus ouverte"},"content":{"rendered":"<p><em>Publi\u00e9 en Mars 2013<\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_128124\" style=\"max-width: 200px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-128124\" alt=\"Philip Campbell, de la revue Nature (\u00e0 gauche), et Martyn Poliakoff, de la Royal Society: l\u2019ouverture peut augmenter la participation publique dans la science\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2013\/08\/Nature_ESP_22.jpg\" width=\"190\" height=\"185\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">L\u00c9O RAMOS<\/span>Philip Campbell, de la\u00a0revue Nature (\u00e0 gauche),\u00a0et Martyn Poliakoff, de la\u00a0Royal Society: l\u2019ouverture\u00a0peut augmenter la\u00a0participation publique\u00a0dans la science<span class=\"media-credits\">L\u00c9O RAMOS<\/span><\/p><\/div>\n<p>\u00abL\u2019ouverture des donn\u00e9es en soi n\u2019a aucune valeur, car une science ouverte c\u2019est beaucoup plus que la simple mise \u00e0 disposition de donn\u00e9es scientifiques\u00bb, estime le physicien anglais Philip Campbell, r\u00e9dacteur en chef de la revue Nature, l\u2019une des revues scientifiques les plus prestigieuses au monde. De passage \u00e0 S\u00e3o Paulo, Philip Campbell a particip\u00e9 \u00e0 la rencontre Science as an Open Enterprise: Open Data for Open Science, r\u00e9alis\u00e9e le 25 f\u00e9vrier \u00e0 la FAPESP, o\u00f9, dans un auditorium rempli, il a parl\u00e9 des enjeux et des transformations li\u00e9s \u00e0 l\u2019ouverture des donn\u00e9es scientifiques. Durant l\u2019\u00e9v\u00e8nement, le directeur scientifique de la Fondation, Carlos Henrique de Brito Cruz, a parl\u00e9 des perspectives d\u2019ouverture des donn\u00e9es scientifiques au Br\u00e9sil. Le pr\u00e9sident-directeur du Conseil Technico-Administratif de la FAPESP, Jos\u00e9 Arana Varela, le Secr\u00e9taire des Relations Ext\u00e9rieures de la Royal Society, Martyn Poliakoff, ont particip\u00e9 en tant que m\u00e9diateurs.<\/p>\n<p>Les discussions ont tourn\u00e9 autour d\u2019un rapport publi\u00e9 en juin 2012 par la Royal Society. Dans ce rapport, la plus ancienne soci\u00e9t\u00e9 scientifique du monde souligne la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019appr\u00e9hender l\u2019ouverture de donn\u00e9es scientifiques chaque fois plus nombreuses, mais dont le contenu n\u2019est pas toujours intelligible ou de l\u2019int\u00e9r\u00eat des chercheurs. \u00abDe rapides changements technologiques ont cr\u00e9\u00e9 de nouvelles formes d\u2019acquisition, de stockage, de manipulation et de transmission d\u2019ensembles de donn\u00e9es qui favorisent de nouveaux moyens de communication et de collaboration\u00bb, d\u00e9clare Martyn Poliakoff. L\u2019\u00e9tude fait suite \u00e0 une pol\u00e9mique d\u00e9clench\u00e9e en 2009, au Royaume-Uni, sur des messages e-mails envoy\u00e9s par des climatologues qui ont \u00e9t\u00e9 pirat\u00e9s et publi\u00e9s. Les messages sugg\u00e9raient qu\u2019un scientifique avait essay\u00e9 de cacher des donn\u00e9es contraires aux \u00e9vidences du r\u00e9chauffement plan\u00e9taire. Une enqu\u00eate a \u00e9cart\u00e9 l\u2019hypoth\u00e8se de fraude mais l\u2019affaire a d\u00e9clench\u00e9 des d\u00e9bats sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019avoir une science plus ouverte.<\/p>\n<p>Philip Campbell explique que les donn\u00e9es scientifiques ne doivent pas \u00eatre simplement accessibles mais qu\u2019elles doivent \u00eatre trait\u00e9es pour devenir compr\u00e9hensibles et r\u00e9utilisables. Le physicien souligne que l\u2019une des raisons qui font de l\u2019ouverture des donn\u00e9es un th\u00e8me qui ne peut \u00eatre remis \u00e0 plus tard est que la science pourrait gagner davantage notre confiance gr\u00e2ce \u00e0 la r\u00e9plication et \u00e0 la reproductibilit\u00e9 des donn\u00e9es de recherche. Selon lui, cela permettrait de lutter contre les fraudes dans le monde universitaire et d\u2019\u00e9largir la participation publique dans la science.<\/p>\n<p>Un exemple de collaboration publique est pr\u00e9sent\u00e9 dans le rapport de la Royal Society. En 2011, un foyer d\u2019infection intestinale provoqu\u00e9e par Escherichia coli est apparu en Allemagne et s\u2019est r\u00e9pandu en Europe, affectant environ 400 mille personnes. Les m\u00e9decins hambourgeois n\u2019arrivaient pas \u00e0 trouver une solution, car, \u00e0 premi\u00e8re vue, la bact\u00e9rie \u00e9tait identique \u00e0 celles d\u2019autres souches. Le probl\u00e8me n\u2019a \u00e9t\u00e9 r\u00e9solu qu\u2019apr\u00e8s que les donn\u00e9es sur le g\u00e9nome de la souche de E. coli soient devenues accessibles et publi\u00e9es sur un site \u00e0 la port\u00e9e de n\u2019importe quel chercheur. Peu de temps apr\u00e8s, environ 200 rapports scientifiques ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s et ont indiqu\u00e9s ce qui pourrait \u00eatre fait pour stopper l\u2019\u00e9pid\u00e9mie.<\/p>\n<p>\u00abDe nous jours, l\u2019information d\u00e9termine comment les scientifiques doivent s\u2019adapter aux changements technologiques, sociaux et politiques, avec de profondes implications dans la mani\u00e8re comment la science est conduite et communiqu\u00e9e\u00bb, d\u00e9clare Martyn Poliakoff. Le chimiste a \u00e9galement parl\u00e9 d\u2019un projet auquel il participe et appel\u00e9 PeriodicVideos (www.periodicvideos.com), qui propose des vid\u00e9os ludiques de diffusion scientifique. Le projet a commenc\u00e9 en 2008, \u00e0 partir d\u2019un partenariat entre l\u2019Universit\u00e9 de Nottingham et la BBC de Londres.<\/p>\n<p><strong>Trois mod\u00e8les<\/strong><br \/>\nUn autre th\u00e8me discut\u00e9 au cours de cette rencontre, outre la publication des donn\u00e9es produites par la recherche, a concern\u00e9 l\u2019\u00e9largissement des outils utilis\u00e9s pour avoir acc\u00e8s aux articles publi\u00e9s dans les revues scientifiques. Campbell a rappel\u00e9 qu\u2019il existe aujourd\u2019hui trois mod\u00e8les pour la publication ouverte d\u2019articles. Le premier met librement l\u2019article \u00e0 disposition au bout d\u2019une p\u00e9riode maximum de 6 \u00e0 12 mois apr\u00e8s sa publication. Dans le second, l\u2019article peut \u00eatre consult\u00e9 au moment de sa publication et le troisi\u00e8me mod\u00e8le est une version hybride, qui ne met librement \u00e0 disposition qu\u2019une partie du contenu si l\u2019auteur paie une taxe pour une diffusion imm\u00e9diate. Questionn\u00e9 sur les effets que pourraient causer l\u2019ouverture de donn\u00e9es sur la communication scientifique, principalement pour le journalisme d\u2019information scientifique, Philip Campbell ne croit pas que l\u2019ouverture am\u00e9liorera forc\u00e9ment le processus de communication. D\u2019apr\u00e8s lui, peu importe si les articles sont librement accessibles ou mis \u00e0 disposition au moyen du paiement d\u2019une taxe, car les bonnes revues \u00e9valueront toujours leurs r\u00e9sultats et ne publieront que les meilleurs. Ce qui peut se passer, selon lui, c\u2019est que le feedback peut \u00eatre plus rapide dans une revue qui fournit un contenu ouvert gr\u00e2ce aux corrections ou aux commentaires apport\u00e9s d\u00e8s la publication. Ceci peut dans une certaine mesure am\u00e9liorer l\u2019article. \u00abLe contenu librement ouvert peut \u00eatre pr\u00e9f\u00e9rable dans ce cas l\u00e0 (par rapport \u00e0 celui qui est accessible apr\u00e8s le paiement d\u2019une taxe)\u00bb, d\u00e9clare-t-il.<\/p>\n<p>Le Directeur Scientifique de la FAPESP, Carlos Henrique de Brito Cruz, a rappel\u00e9 que la discussion autour des donn\u00e9es ouvertes n\u2019\u00e9tait pas compl\u00e8tement nouvelle dans le pays, en citant des banques de donn\u00e9es br\u00e9siliennes consultables sur Internet. Il a mentionn\u00e9 les informations ouvertes fournies par l\u2019Institut National de Recherches Spatiales (Inpe), l\u2019Institut Br\u00e9silien de G\u00e9ographie et de Statistique (IBGE) et la Plateforme Lattes, du Conseil National de D\u00e9veloppement Scientifique et Technologique (CNPq), qui fournit des informations universitaires provenant de plus de 174 mille chercheurs. Brito Cruz a \u00e9galement soulign\u00e9 l\u2019importance de la biblioth\u00e8que virtuelle SciELO, de la FAPESP, qui permet d\u2019avoir librement acc\u00e8s \u00e0 270 revues nationales avec environ 1 million de consultations quotidiennes. \u00abC\u2019est un m\u00e9canisme important qui a permis d\u2019apporter davantage de visibilit\u00e9 \u00e0 la science br\u00e9silienne dans le monde\u00bb, d\u00e9clare-t-il. L\u2019autre avanc\u00e9e importante a \u00e9t\u00e9 un accord sign\u00e9 il y a deux ans pour la cr\u00e9ation d\u2019un r\u00e9pertoire central de tous les articles li\u00e9s \u00e0 la recherche qui ont re\u00e7u un financement de la FAPESP, et qui deviendront accessible en respectant les normes de la revue scientifique qui aura publi\u00e9 chaque article. Ce r\u00e9pertoire devrait \u00eatre pr\u00eat d\u2019ici la fin de l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n<p>En ce qui concerne le Br\u00e9sil, Philip Campbell dit ne pas conna\u00eetre le nouvel agenda scientifique, mais il reconnait les efforts entrepris par le Br\u00e9sil pour se positionner sur le plan international. Il cite comme exemple le soutien apport\u00e9 par la FAPESP aux projets de recherche qui associent les scientifiques et les entreprises. Je pense que ceci est un type de financement pr\u00e9cieux, outre l\u2019\u00e9largissement des relations entre les universit\u00e9s et l\u2019industrie\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Une science plus ouverte","protected":false},"author":421,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1191],"tags":[],"coauthors":[740],"class_list":["post-127761","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-politique-st"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/127761","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/421"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=127761"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/127761\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=127761"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=127761"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=127761"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=127761"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}