{"id":161616,"date":"2014-01-20T17:49:06","date_gmt":"2014-01-20T19:49:06","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=161616"},"modified":"2015-05-08T13:36:17","modified_gmt":"2015-05-08T16:36:17","slug":"penseur-de-la-%e2%80%a8biodiversite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/penseur-de-la-%e2%80%a8biodiversite\/","title":{"rendered":"Penseur de la \u2028biodiversit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><em>Publi\u00e9e en juin 2013<\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_161618\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Vanzolini_fundo.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-161618\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Vanzolini_fundo-300x200.jpg\" alt=\"Dessin de Paraguass\u00fa \u00c9leres de la structure en bois du Lindolpho R. Guimar\u00e3es\" width=\"300\" height=\"200\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">Paraguass\u00fa \u00c9leres Collection<\/span><\/a> Dessin de Paraguass\u00fa \u00c9leres de la structure en bois du Lindolpho R. Guimar\u00e3es<span class=\"media-credits\">Paraguass\u00fa \u00c9leres Collection<\/span><\/p><\/div>\n<p>Je v\u00e9n\u00e8re la nature. J\u2019ai eu une carri\u00e8re gratifiante. Je peux dire que je suis un chercheur totalement accompli\u00bb, d\u00e9clare le biologiste pauliste Paulo Em\u00edlio Vanzolini en 2010 \u00e0 la revue Pesquisa FAPESP en pr\u00e9sentant son livre intitul\u00e9 \u00c9volution des Esp\u00e8ces de Reptiles d\u2019Am\u00e9rique du Sud. Le livre r\u00e9unit en 704 pages les 47 principaux articles scientifiques de Paulo Vanzolini, publi\u00e9s entre 1945 et 2004, et qui ont permis d\u2019\u00e9largir le champ de la zoologie br\u00e9silienne qui, jusqu\u2019\u00e0 la moiti\u00e9 du vingti\u00e8me si\u00e8cle, se basait uniquement sur la description d\u2019esp\u00e8ces isol\u00e9es et qui, gr\u00e2ce aux travaux de Paulo Vanzolini, s\u2019est r\u00e9orient\u00e9e vers la recherche de m\u00e9canismes expliquant la formation de nouvelles esp\u00e8ces examin\u00e9es d\u2019un point de vue biologique, \u00e9volutif et environnemental.<\/p>\n<p>Paulo Vanzolini, qui est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 d\u2019une pneumonie le 28 avril, cinq jours apr\u00e8s avoir eu 89 ans, \u00e9crivait \u00e9galement des sambas, sa deuxi\u00e8me passion apr\u00e8s la zoologie. Outre le fait de composer (son plus grand succ\u00e8s s\u2019appelle Ronda et a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 en 1951), il montait parfois sur sc\u00e8ne. L\u2019une de ses derni\u00e8res apparitions a eu lieu dans la brasserie du Sesc Pompeia, \u00e0 S\u00e3o Paulo, en janvier 2012. Sa femme, la chanteuse Ana Bernardo, interpr\u00e9tait ses musiques pendant qu\u2019il attendait assis \u00e0 une table pour ensuite raconter des histoires v\u00e9cues.<\/p>\n<div id=\"attachment_161619\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Vanzolini_Anexo-30.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-161619\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Vanzolini_Anexo-30-300x212.jpg\" alt=\"L\u2019\u00e9quipe de soutien avec le chargement de la premi\u00e8re collecte sur \u2028la route Bel\u00e9m-Bras\u00edlia en mai 1967 \" width=\"300\" height=\"212\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">Paraguass\u00fa \u00c9leres Collection<\/span><\/a> L\u2019\u00e9quipe de soutien avec le chargement de la premi\u00e8re collecte sur \u2028la route Bel\u00e9m-Bras\u00edlia en mai 1967<span class=\"media-credits\">Paraguass\u00fa \u00c9leres Collection<\/span><\/p><\/div>\n<p>Son \u0153uvre restera car, outre le fait d\u2019avoir ouvert la voie \u00e0 la biologie, il a \u00e9galement collabor\u00e9 \u00e0 l\u2019organisation de la Science br\u00e9silienne. \u00abPaulo Vanzolini a particip\u00e9 au mouvement de professeurs et de chercheurs qui ont propos\u00e9 la cr\u00e9ation de la FAPESP. Sa contribution a \u00e9t\u00e9 fondamentale au cours du gouvernement Carvalho Pinto pour structurer l\u2019institution et concevoir le mod\u00e8le organisationnel qui r\u00e9git la Fondation jusqu\u2019\u00e0 nos jours\u00bb, affirme Celso Lafer, pr\u00e9sident de la FAPESP. \u00abJe regrette profond\u00e9ment sa disparition. Paulo Vanzolini \u00e9tait une personne que j\u2019admirais beaucoup\u00bb.<\/p>\n<p>Paulo Vanzolini a particip\u00e9 aux premi\u00e8res r\u00e9unions sur la cr\u00e9ation de la FAPESP juste apr\u00e8s la Constitution de 1947 l\u2019autorisant \u00e0 se constituer en fondation de soutien \u00e0 la recherche \u00e0 S\u00e3o Paulo. C\u2019est lui qui, en 1960, a \u00e9labor\u00e9 la loi de cr\u00e9ation et les statuts de la FAPESP. Paulo Vanzolini a particip\u00e9 au choix des premiers directeurs et assesseurs avec Antonio Barros de Ulh\u00f4a Cintra, pr\u00e9sident de l\u2019USP et pr\u00e9sident du Conseil Sup\u00e9rieur de la Fondation. Il a \u00e9t\u00e9 \u00abl\u2019une des forces de coh\u00e9sion de la FAPESP\u00bb, \u00e9crit l\u2019historienne de la science Am\u00e9lia Imp\u00e9rio Hamburger, dans le livre FAPESP 40 ans: ouvrant les fronti\u00e8res. Paulo Vanzolini a \u00e9t\u00e9 membre du Conseil Sup\u00e9rieur au cours de trois p\u00e9riodes (1961 \u00e0 1967, 1977 \u00e0 1979 et 1986 \u00e0 1993). Quand Oscar Sala, directeur scientifique entre 1969 et 1975, voyageait, c\u2019\u00e9tait lui qui coordonnait l\u2019examen des demandes d\u2019aides et de bourses.<\/p>\n<div id=\"attachment_161620\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Vanzolini_Anexo-13.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-161620\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Vanzolini_Anexo-13-300x235.jpg\" alt=\"Le Lindolpho pr\u00eat \u00e0 recevoir l\u2019arbre de transmission et le gouvernail (Paulo Vanzolini dans la pirogue)\" width=\"300\" height=\"235\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">Paraguass\u00fa \u00c9leres Collection<\/span><\/a> Le Lindolpho pr\u00eat \u00e0 recevoir l\u2019arbre de transmission et le gouvernail (<em>Paulo Vanzolini dans la pirogue<\/em>)<span class=\"media-credits\">Paraguass\u00fa \u00c9leres Collection<\/span><\/p><\/div>\n<p>Durant sa gestion du Mus\u00e9e de Zoologie de l\u2019USP entre 1962 et 1993, il a augment\u00e9 la collection de plus de mille exemplaires catalogu\u00e9s sur les plus de 300 mille actuels. Il dactylographiait lui-m\u00eame les \u00e9tiquettes et les fiches d\u2019identification des animaux conserv\u00e9s, se rappelle Miguel Trefaut Rodrigues, biologiste qui a fait son doctorat sous l\u2019orientation de Paulo Vanzolini et qui a ensuite \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9 comme professeur \u00e0 l\u2019USP pour devenir l\u2019un des principaux herp\u00e9tlogistes (sp\u00e9cialiste en reptiles) br\u00e9siliens aux c\u00f4t\u00e9s Paulo Vanzolini. Miguel Rodrigues lui a ensuite succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 la direction du mus\u00e9e qui poss\u00e8de aujourd\u2019hui l\u2019une des plus grandes et des plus importantes collections zoologiques n\u00e9o-tropicales.<\/p>\n<p><strong>Entre la guerre et la boh\u00e8me<br \/>\n<\/strong>Paulo Vanzolini entendait souvent parler de l\u2019USP et \u00e9coutait de la musique depuis son enfance. Son p\u00e8re \u00e9tait ing\u00e9nieur civil \u00e9lectricien et professeur \u00e0 l\u2019\u00c9cole Polytechnique de l\u2019USP et sa m\u00e8re et sa s\u0153ur \u00e9taient musiciennes. Il s\u2019est int\u00e9ress\u00e9 aux reptiles d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de 10 ans apr\u00e8s avoir visit\u00e9 l\u2019Institut Butantan et a \u00e9t\u00e9 stagiaire \u00e0 l\u2019Institut Biologique \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 14 ans. Au cours de la deuxi\u00e8me guerre mondiale, quand il suivait des cours de m\u00e9decine \u00e0 l\u2019USP, il s\u2019est engag\u00e9 comme volontaire dans la Force Exp\u00e9ditionnaire Br\u00e9silienne pour combattre en Italie mais la guerre a pris fin avant qu\u2019il n\u2019embarque. \u00c0 la fin de son cours de m\u00e9decine, en 1947, comme il pr\u00e9f\u00e9rait \u00e9tudier les animaux plut\u00f4t que de soigner les gens, Paulo Vanzolini est parti faire un doctorat \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Harvard, \u00e0 Boston, aux \u00c9tats-Unis, et a pu ainsi continuer \u00e0 \u00e9couter de la bonne musique, cette fois-ci dans des bars am\u00e9ricains.<\/p>\n<div id=\"attachment_161621\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Vanzolini_DSC01409.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-161621\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Vanzolini_DSC01409-300x225.jpg\" alt=\"Paulo Vanzolini et ses coll\u00e8gues professeurs de Harvard en 1951\" width=\"300\" height=\"225\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">MZ \u2013COLLECTION USP <\/span><\/a> Paulo Vanzolini et ses coll\u00e8gues professeurs de Harvard en 1951<span class=\"media-credits\">MZ \u2013COLLECTION USP <\/span><\/p><\/div>\n<p>Peu de doctorats auront autant influenc\u00e9 un domaine de la science br\u00e9silienne comme celui de Paulo Vanzolini \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Harvard. Quand il est revenu au Br\u00e9sil en 1951, apr\u00e8s avoir fr\u00e9quent\u00e9 des biologistes qui examinaient la formation et la diversification d\u2019esp\u00e8ces d\u2019un point de vue \u00e9volutif, il a introduit des concepts qui ont r\u00e9volutionn\u00e9 la zoologie br\u00e9silienne et qui sont toujours utilis\u00e9s pour comprendre la biodiversit\u00e9. Paulo Vanzolini d\u00e9clarait qu\u2019il \u00e9tait essentiel d\u2019\u00e9tudier les esp\u00e8ces non seulement au moyen d\u2019exemplaires isol\u00e9s, comme c\u2019\u00e9tait alors de coutume, mais \u00e9galement \u00e0 travers la distribution dans le temps et dans l\u2019espace des populations d\u2019une m\u00eame esp\u00e8ce. Il a ensuite \u00e9mis l\u2019id\u00e9e que la grande diversit\u00e9 des esp\u00e8ces amazoniennes \u00e9tait due \u00e0 l\u2019isolement g\u00e9ographique de populations d\u2019animaux provoqu\u00e9 par des variations climatiques qui avaient eu lieu il y a des milliers d\u2019ann\u00e9es. Dans des \u00e9poques de climat froid et sec, les for\u00eats se seraient fragment\u00e9es et auraient form\u00e9 des \u00eeles de v\u00e9g\u00e9tation, \u00e9galement appel\u00e9es refuges, o\u00f9 les animaux ont pu survivre et former de nouvelles esp\u00e8ces.<\/p>\n<p>Cette approche peut encore \u00eatre utile, bien qu\u2019avec le temps, comme tout autre, elle ait pr\u00e9sent\u00e9 des limites. \u00abLes refuges n\u2019expliquent pas \u00e0 eux seuls les mod\u00e8les de diversit\u00e9 biologique\u00bb, souligne C\u00e9lio Haddad, professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Publique Pauliste (Unesp) de Rio Claro. Selon lui, les aspects phylog\u00e9n\u00e9tiques, climatiques et g\u00e9ologiques doivent \u00eatre analys\u00e9s ensembles pour pouvoir comprendre r\u00e9ellement la formation et la diversification des esp\u00e8ces. \u00abUne m\u00eame id\u00e9e ou hypoth\u00e8se peuvent \u00eatre utilis\u00e9es dans des contextes distincts\u00bb, d\u00e9clare le biologiste Jo\u00e3o Alexandrino, professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de S\u00e3o Paulo (Unifesp). Au d\u00e9but du mois de mai, un de ses \u00e9tudiants a entrepris une analyse sur la diversit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique des populations d\u2019un type de grenouille qui vit dans la for\u00eat atlantique et dans les champs du sud du Br\u00e9sil, de l\u2019Argentine et de l\u2019Uruguay. Apr\u00e8s avoir examin\u00e9 les premiers r\u00e9sultats des mod\u00e8les de diversit\u00e9, Jo\u00e3o Alexandrino a sugg\u00e9r\u00e9 \u00e0 son \u00e9tudiant de lire un article publi\u00e9 par Paulo Vanzolini, en 1981, sur le concept de refuges \u00e9vanescents, et dans lequel les \u00eeles de for\u00eats pourraient se fragmenter, obligeant les esp\u00e8ces moins sp\u00e9cialis\u00e9es \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 des environnements ouverts.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/048-055_ESPECIAL_VANZOLINI_FRA-01.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-161622 alignright\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/048-055_ESPECIAL_VANZOLINI_FRA-01-300x277.jpg\" alt=\"048-055_ESPECIAL_VANZOLINI_FRA-01\" width=\"300\" height=\"277\" \/><\/a>\u00abL\u2019approche concernant les refuges a \u00e9t\u00e9 novatrice \u00e0 cette \u00e9poque et a influenc\u00e9 plusieurs g\u00e9n\u00e9rations de chercheurs\u00bb, observe Hussam Zaher, directeur du Mus\u00e9e de Zoologie de l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo (USP), dont Paulo Vanzolini fut directeur durant trois d\u00e9cennies, ayant \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 directeur \u00e0 vie par le gouverneur Carvalho Pinto. \u00abOn a longtemps parl\u00e9 de refuges\u00bb. Hussam Zaher estime que le plus grand m\u00e9rite scientifique de Paulo Vanzolini est d\u2019avoir apport\u00e9 et aid\u00e9 \u00e0 implanter la synth\u00e8se moderne issue des travaux g\u00e9n\u00e9tiques de Theodosius Dobzhansky, d\u2019Ernest Mayr en zoologie et de George Simpson en pal\u00e9ontologie. Paulo Vanzolini a \u00e9t\u00e9 \u00e9l\u00e8ve d\u2019Ernest Mayr et de George Simpson \u00e0 Harvard qui, depuis cette \u00e9poque, est un centre de la science moderne. Theodosius Dobzhansky, qui a aussi travaill\u00e9 \u00e0 Harvard, a \u00e9t\u00e9 important pour la formation des premiers g\u00e9n\u00e9ticiens au Br\u00e9sil o\u00f9 il s\u2019est rendu \u00e0 quatre reprises. Vanzo, comme il pr\u00e9f\u00e8re qu\u2019on l\u2019appelle, connaissait bien les intellectuels car son arri\u00e8re grand-p\u00e8re avait traduit du latin vers l\u2019italien les six livres De rerum natura (de la nature des choses), du po\u00e8te romain Lucr\u00e8ce, et son grand-p\u00e8re envoyait des esp\u00e8ces int\u00e9ressantes d\u2019animaux br\u00e9siliens dans les mus\u00e9es d\u2019Europe. Lors d\u2019un t\u00e9moignage apport\u00e9 au zoologiste William Ronald Heyer, Paulo Vanzolini a racont\u00e9 qu\u2019il avait appris l\u2019anglais en lisant les pi\u00e8ces de Shakespeare dans l\u2019original.<\/p>\n<p>La th\u00e9orie des refuges a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e par le g\u00e9ologue allemand J\u00fcrgen Haffer en 1969 dans la revue Science. J\u00fcrgen Haffer a d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019il y avait une plus grande concentration de populations de diff\u00e9rentes esp\u00e8ces de toucans dans les zones de plus grande pluviosit\u00e9. Trois ans plus t\u00f4t, l\u2019ornithologue anglais Reginald Moreau avait soulign\u00e9 l\u2019influence des alternances climatiques et des refuges sur la distribution et la diff\u00e9renciation des populations d\u2019oiseaux en Afrique, mais sans aller plus loin. Parall\u00e8lement, Paulo Vanzolini et son ancien coll\u00e8gue de Harvard Ernest Williams ont analys\u00e9 et publi\u00e9, un an apr\u00e8s J\u00fcrgen Haffer, une \u00e9tude sur la variation g\u00e9ographique et la distribution d\u2019une esp\u00e8ce de l\u00e9zard du genre Anolis en Amazonie, qui pourrait \u00eatre expliqu\u00e9e par des variations climatiques. Lors d\u2019un entretien accord\u00e9 \u00e0 Pesquisa FAPESP en 2012, Paulo Vanzolini d\u00e9clarait que son travail et celui d\u2019Ernest Williams \u00e9tait \u00abun exemple pratique de ce qui avait \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 th\u00e9oriquement par J\u00fcrgen Haffer. Ce n\u2019est rien de plus qu\u2019un mod\u00e8le (conceptuel) qui peut \u00eatre r\u00e9pliqu\u00e9, y-compris dans d\u2019autres r\u00e9gions\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Applications et limites<\/strong><br \/>\n\u00abIl est impossible de dire que le mod\u00e8le de refuges, comme il pr\u00e9f\u00e9rait l\u2019appeler, ne puisse s\u2019appliquer \u00e0 une partie de notre faune\u00bb, d\u00e9clare le zoologue Miguel Trefaut Rodrigues. Les zones humides d\u2019altitude (\u00eeles de for\u00eats situ\u00e9es sur le sommet de collines, principalement dans la r\u00e9gion Nordeste et entour\u00e9es de plaines) sont aujourd\u2019hui \u00abla preuve la plus \u00e9vidente de refuges\u00bb, dit-il. Il s\u2019agit encore aujourd\u2019hui de zones climatiques stables qui favorisent la diversification des esp\u00e8ces. \u00abChaque zone poss\u00e8de une composition faunistique unique, mais cela n\u2019est pas suffisant pour en faire un refuge\u00bb. En 1980, dans la seule exp\u00e9dition qu\u2019ils ont men\u00e9e ensemble, Miguel Rodrigues, qui faisait son doctorat, et Paulo Vanzolini, son directeur de th\u00e8se, se sont rendu dans la commune de Catinga do Moura, dans le nord de l\u2019\u00e9tat de Bahia, pour r\u00e9aliser des collectes dans un lieu que Paulo Vanzolini pensait \u00eatre un refuge. \u00abC\u2019est seulement 10 ans apr\u00e8s ce voyage\u00bb, raconte Miguel Rodrigues, \u00abque je me suis aper\u00e7u que la zone de stabilit\u00e9 climatique se trouvait en r\u00e9alit\u00e9 dans les montagnes \u00e0 proximit\u00e9 de la Chapada Diamantina\u00bb.<\/p>\n<div id=\"attachment_161623\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Vanzolini_museu-de-zoologia.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-161623\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Vanzolini_museu-de-zoologia-300x225.jpg\" alt=\"L\u2019\u00e9quipe du Mus\u00e9e de Zoologie entre 1959 et 1962: (de gauche \u00e0 droite, debout) Helio Ferraz de Almeida Camargo, Eurico Alves de Camargo, Messias Carrera, Carlos Otaviano da Cunha Vieira, Lauro Travassos Filho,\u2028Werner Carlos Augusto Bokermann; (assis) Paulo Em\u00edlio Vanzolini, Lindolpho Rocha Guimar\u00e3es e Carlos Amadeu de Camargo Andrade\" width=\"300\" height=\"225\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">MZ \u2013COLLECTION USP <\/span><\/a> L\u2019\u00e9quipe du Mus\u00e9e de Zoologie entre 1959 et 1962: (<em>de gauche \u00e0 droite, debout<\/em>) Helio Ferraz de Almeida Camargo, Eurico Alves de Camargo, Messias Carrera, Carlos Otaviano da Cunha Vieira, Lauro Travassos Filho,\u2028Werner Carlos Augusto Bokermann; (<em>assis<\/em>) Paulo Em\u00edlio Vanzolini, Lindolpho Rocha Guimar\u00e3es e Carlos Amadeu de Camargo Andrade<span class=\"media-credits\">MZ \u2013COLLECTION USP <\/span><\/p><\/div>\n<p>Paulo Vanzolini aimait voyager mais sortait peu pour faire des collectes sur le terrain, argumentant qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas bon dans cela, et \u00e0 sa mani\u00e8re il rapportait toujours un mat\u00e9riel pr\u00e9cieux pour les collections du mus\u00e9e. Quand il arrivait quelque part, il faisait courir le bruit qu\u2019il avait apport\u00e9 un sac rempli d\u2019argent et qu\u2019il achetait des animaux. \u00abParmi les 400 l\u00e9zards du genre Tropidurus qu\u2019il a achet\u00e9 aux enfants \u00e0 Cocorob\u00f3, dans l\u2019\u00e9tat de Bahia, j\u2019ai trouv\u00e9 six exemplaires d&#8217;une nouvelle esp\u00e8ce\u00bb, d\u00e9clare Rodrigues.<\/p>\n<p>De 1967 jusqu\u2019\u00e0 la moiti\u00e9 de 1980, Paulo Vanzolini et d\u2019autres chercheurs br\u00e9siliens ont, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019Exp\u00e9dition Permanente en Amazonie, parcouru des zones inexplor\u00e9es le long des principaux fleuves de la r\u00e9gion dans deux embarcations, les premi\u00e8res financ\u00e9es par la FAPESP, le Lindolpho Guimar\u00e3es, de 11,5 m\u00e8tres de long, et le Garbe, de 18 m\u00e8tres de long.<\/p>\n<p><strong>La libert\u00e9 du boh\u00e8me<\/strong><br \/>\nLors d\u2019un entretien o\u00f9 on l\u2019interrogeait sur la dualit\u00e9 du scientifique et du compositeur, Paulo Vanzolini a expliqu\u00e9, irrit\u00e9, que personne ne pouvait faire que de la zoologie ou que de la musique \u00e0 temps complet. Mais \u00e0 quelle activit\u00e9 consacrait il le plus de temps, insistait le journaliste. \u00abComment croyez vous que je gagne ma vie ? C\u2019est celle du zoologue\u00bb, r\u00e9pondit-il. \u00abEn v\u00e9rit\u00e9, il aimait ses l\u00e9zards. Composer \u00e9tait une activit\u00e9 de fin de soir\u00e9e, sans grand s\u00e9rieux, un hobby. Il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 un musicien acharn\u00e9. Il disait que ses connaissances universitaires lui suffisaient\u00bb, dit Luiz Tatit, professeur du D\u00e9partement de Linguistique de l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo (USP).<\/p>\n<p>Selon lui, il ne faut pas essayer de chercher un r\u00e9volutionnaire de la samba chez Paulo Vanzolini. \u00abIl a adopt\u00e9 la samba carioca \u00e0 S\u00e3o Paulo, comme l\u2019ont \u00e9galement fait \u00e0 leur mani\u00e8re Adoniran Barbosa ou Geraldo Filme. Comme il n\u2019a jamais eu besoin de la musique pour vivre et que composer n\u2019\u00e9tait pas son principal souci, il a ignor\u00e9 tous les mouvements musicaux qui apparaissaient ainsi que la crise travers\u00e9e par la samba. \u00abSon univers \u00e9tait libre et tr\u00e8s particulier\u00bb, note Luiz Tatit. Selon Regina Machado, professeur \u00e0 l\u2019Institut d\u2019Arts de l\u2019Unicamp, Paulo Vanzolini a aid\u00e9 \u00e0 populariser la samba urbaine pauliste.<\/p>\n<p>\u00ab\u00c0 son \u00e9poque on ne pouvait pas parler d\u2019une samba de S\u00e3o Paulo, mais d\u2019une samba carioca qui sortait de ses fronti\u00e8res pour parvenir aux paulistes qui l\u2019agr\u00e9mentaient de certaines caract\u00e9ristiques propres gr\u00e2ce \u00e0 cette premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration dont faisait partie Paulo Vanzolini\u00bb, estime Regina, auteur de La voix dans la chanson populaire br\u00e9silienne (Ateli\u00ea). Le ton caract\u00e9ristique de ce mouvement ne se trouvait pas dans les notes mais dans le d\u00e9bat entre les sambistes sur l\u2019affirmation de leur appartenance pauliste\u00bb. Aux c\u00f4t\u00e9s du sentiment de fiert\u00e9 inspir\u00e9 par le progr\u00e8s pauliste cette samba montrait \u00e9galement les d\u00e9s\u00e9quilibres et les diff\u00e9rents maux li\u00e9s \u00e0 l\u2019urbanisation.<\/p>\n<p>\u00abCeci transparait dans les paroles d\u2019Adoniran Barbosa, qui parlent d\u2019immigration, ou dans les paroles plus biographiques de Paulo Vanzolini qui racontent ses fr\u00e9quentations avec des propri\u00e9taires de bar ou avec des amis dans ces \u00abpetits enfers\u00bb, th\u00e8mes qui ne faisaient pas partie des sambas cariocas\u00bb, observe Luiz Tatit. \u00c0 l\u2019inverse de l\u2019effervescence de Rio, les concerts de samba \u00e0 S\u00e3o Paulo \u00e9taient limit\u00e9s \u00e0 la vie nocturne des bars et des boites de nuit. \u00abPaulo Vanzolini, va cependant grandir en \u00e9coutant de la samba \u00e0 la radio, principalement de Noel Rosa, \u00e0 qui il s\u2019identifiait. En fin de comptes, Noel a \u00e9chang\u00e9 la m\u00e9decine pour la musique. Paulo Vanzolini, par contre, s\u2019est form\u00e9 et s\u2019est transform\u00e9 en scientifique compositeur. Pour lui le sambiste n\u2019avait rien \u00e0 voir avec un malfrat et ce mot n\u2019a d\u2019ailleurs jamais fait partie de ses chansons. \u00abIl aimait dire qu\u2019il \u00e9tait boh\u00e8me et travailleur\u00bb, raconte Sonia Marrach, auteur du livre Musique et universit\u00e9 dans la ville de S\u00e3o Paulo: de la samba de Paulo Vanzolini \u00e0 l\u2019avant-garde pauliste (Editora Unesp).<\/p>\n<p>Paulo Vanzolini n\u2019a jamais voulu devenir musicien professionnel. Il adorait raconter des histoires. Lors d\u2019un spectacle tr\u00e8s applaudi, son partenaire Paulinho Nogueira, s\u2019est tourn\u00e9 vers le public et a d\u00e9clar\u00e9: \u00abVous \u00eates des gens sympathiques, mais je ne suis pas d\u2019accord sur le fait que vous applaudissiez le seule personne qui ne sache pas faire la diff\u00e9rence entre un ton mineur et un ton majeur\u00bb. C\u2019\u00e9tait un \u00abanalphab\u00e8te musical\u00bb par choix et non pas par manque d\u2019opportunit\u00e9s. \u00abD\u2019un c\u00f4t\u00e9 il illustrait le c\u00f4t\u00e9 intuitif du musicien populaire et d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, son \u00e9rudition lui permettait de travailler ses chansons de mani\u00e8re tr\u00e8s \u00e9labor\u00e9e. Sa grande importance r\u00e9sidait justement dans ce m\u00e9lange d\u2019univers populaire et de c\u00f4t\u00e9 intellectuel. \u00abCeci a \u00e9norm\u00e9ment influenc\u00e9 les \u0153uvres de Chico Buarque et de Caetano Veloso\u00bb, rappelle Regina Machado. Le professeur Antonio Candido, critique et essayiste, constate, dans la pr\u00e9sentation de la collection de disques Acerto de contas, que Vanzolini travaille avec un minimum de mots pour obtenir un rendement maximum dans des paroles tr\u00e8s expressives qui sont de v\u00e9ritables portraits po\u00e9tiques des petits matins paulistes.<\/p>\n<p>\u00abPaulo Vanzolini se distingue dans le panorama de la musique populaire br\u00e9silienne par sa pens\u00e9e musicale r\u00e9gie par la contradiction. Selon lui, le caract\u00e8re essentiel de la vie, dans ses diff\u00e9rents aspects, r\u00e9side dans le mouvement, le changement, issus de la n\u00e9gation et des conflits transformateurs des choses subjectives et objectives\u00bb, estime Sonia. Ce qui est notable c\u2019est que cette contradiction s\u2019exprime avec une bonne humeur, avec une veine comique et une bienveillance lui permettant de s\u2019\u00e9merveiller de tout.<\/p>\n<p>La l\u00e9gende dit qu\u2019il a mis six mois pour d\u00e9cider s\u2019il allait utiliser le mot \u00abd\u00e9montre\u00bb ou \u00abr\u00e9v\u00e8le\u00bb dans un vers de Boca da noite. Mais m\u00e9lodiquement le r\u00e9sultat c\u2019est toujours de la samba. \u00abIl fait des sambas ressemblantes aux miennes mais sans \u00eatre totalement similaires car les th\u00e8mes qu\u2019il utilise sont diff\u00e9rents. Les miens sont plus populaires, les siens plus intellectuels, car c\u2019est un professeur, de zoologie ou je ne sais quoi, c\u2019est un type intelligent. Mais notre samba se ressemble\u00bb, d\u00e9clarait Adoniran Barbosa. La samba de Paulo Vanzolini est toujours rest\u00e9e la m\u00eame, gr\u00e2ce justement \u00e0 ce que Luiz Tatit appelait \u00abses l\u00e9zards\u00bb, son travail \u00e0 l\u2019universit\u00e9.<\/p>\n<p><em>Articles scientifiques<\/em><br \/>\nVANZOLINI, P.E. <a href=\"http:\/\/www.scielo.br\/scielo.php?script=sci_arttext&amp;pid=S0103-40141992000200003&amp;lng=en&amp;nrm=iso&amp;tlng=pt\" target=\"_blank\">Paleoclimas e especia\u00e7\u00e3o em animais da Am\u00e9rica do Sul tropical<\/a>. <strong>Estudos avan\u00e7ados<\/strong>. v. 6, n\u00b0 15, pp. 41-65, 1992.<br \/>\nPORTO, T.J. <em>et al<\/em>. <a href=\"http:\/\/www.sci.ccny.cuny.edu\/biology\/Carnaval\/Carnaval_Lab\/Publications_files\/Porto,%20et%20al.%202013.%20Biodiversity%20Research..pdf\" target=\"_blank\">Evaluating forest refugial models using species distribution models, model filling and inclusion: a case study with 14 Brazilian species<\/a>. <strong>Diversity and Distributions<\/strong>. v. 19, pp. 330-40, 2013.<br \/>\nTURCHETTO-ZOLET, A.C. <em>et al<\/em>. <a href=\"http:\/\/www.ncbi.nlm.nih.gov\/pubmed\/23279129\" target=\"_blank\">Phylogeographical patterns shed light on evolutionary process in South America<\/a>. <strong>Molecular Ecology<\/strong>. v. 22, pp. 1,193-213, 2013.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Un regard \u00e9volutif et des exp\u00e9ditions en Amazonie ont marqu\u00e9 le travail de Paulo Vanzolini","protected":false},"author":475,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1180],"tags":[],"coauthors":[785],"class_list":["post-161616","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-sciences"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/161616","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/475"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=161616"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/161616\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=161616"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=161616"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=161616"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=161616"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}