{"id":161700,"date":"2014-01-21T14:34:43","date_gmt":"2014-01-21T16:34:43","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=161700"},"modified":"2015-01-21T15:27:47","modified_gmt":"2015-01-21T17:27:47","slug":"pourquoi-la-terre-tremble-t-elle-au-bresil","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/pourquoi-la-terre-tremble-t-elle-au-bresil\/","title":{"rendered":"Pourquoi la terre tremble-t-elle au Br\u00e9sil"},"content":{"rendered":"<p><em>Publi\u00e9 en mai 2013<\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/072-077_MapaCrosta_FRA-01.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-161701 alignright\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/072-077_MapaCrosta_FRA-01-235x300.jpg\" alt=\"072-077_MapaCrosta_FRA-01\" width=\"235\" height=\"300\" \/><\/a>Le 8 octobre 2010, la terre a trembl\u00e9 comme on le l\u2019avait jamais vu \u00e0 Mara Rosa, ville de 10 mille habitants situ\u00e9e au nord de l\u2019\u00e9tat de Goi\u00e1s. Il \u00e9tait 5 heures de l\u2019apr\u00e8s midi pass\u00e9es ce vendredi l\u00e0 et les personnes se pr\u00e9paraient pour le week-end quand le sol s\u2019est mis \u00e0 balancer si intens\u00e9ment qu\u2019il \u00e9tait impossible de tenir debout. Les arbres ont \u00e9t\u00e9 secou\u00e9s, les murs se sont fissur\u00e9s et des tuiles sont tomb\u00e9es des toitures. Moins d\u2019une minute plus tard, l\u2019onde de choc de ce s\u00e9isme de magnitude 5, l\u2019un des plus forts enregistr\u00e9s dans le pays au cours de ces 30 derni\u00e8res ann\u00e9es, avait parcouru 250 kilom\u00e8tres et atteint Bras\u00edlia o\u00f9 certains b\u00e2timents ont d\u00fb \u00eatre \u00e9vacu\u00e9s. \u00abBeaucoup de personnes vivant \u00e0 Mara Rosa ont pens\u00e9 que la terre allait s\u2019ouvrir et que c\u2019\u00e9tait la fin du monde\u00bb, raconte Lucas Barros, chef de l\u2019Observatoire Sismologique de l\u2019Universit\u00e9 de Brasilia (UnB). Au cours des semaines suivantes, Lucas Barros et son \u00e9quipe ont install\u00e9 des sismographes \u00e0 Mara Rosa et dans les communes voisines pour mesurer la r\u00e9verb\u00e9ration de ce tremblement de terre. En six mois, 800 autres secousses sismiques moins intenses ont eu lieu au m\u00eame endroit et ont permis de d\u00e9terminer la cause directe de l\u2019agitation terrestre dans cette r\u00e9gion. Bien en dessous de Mara Rosa, \u00e0 trois kilom\u00e8tres de profondeur, il y a une longue fissure de la cro\u00fbte terrestre, couche la plus rigide et externe de la plan\u00e8te. Tout au long de cette cassure, qui s\u2019\u00e9tend sur 5 kilom\u00e8tres, les roches s\u2019\u00e9taient fractur\u00e9es, faisant trembler la terre. \u00abNous avons d\u00fb r\u00e9aliser des r\u00e9unions publiques \u00e0 Mara Rosa et \u00e0 Mutun\u00f3polis pour expliquer aux gens ce qui se passait et ce qu\u2019ils devaient faire pour se prot\u00e9ger\u00bb, d\u00e9clare Lucas Barros.<\/p>\n<p>La d\u00e9couverte de cette fracture n\u2019a pas surpris le groupe de l\u2019UnB. Mara Rosa et les autres communes situ\u00e9es au nord de l\u2019\u00e9tat de Goi\u00e1s et au sud de l\u2019\u00e9tat du Tocantins se trouvent dans une r\u00e9gion g\u00e9ologiquement instable, connue sous le nom de zone sismique Goi\u00e1s-Tocantins et qui concentre 10% des tremblements de terre au Br\u00e9sil. Une partie des g\u00e9ologues a attribu\u00e9 cette fr\u00e9quence \u00e9lev\u00e9e de tremblements de terre dans cette r\u00e9gion (l\u2019une des neuf zones sismiques d\u00e9limit\u00e9es au Br\u00e9sil et s\u2019\u00e9tendant sur 700 kilom\u00e8tres de long et 200 kilom\u00e8tres de large) \u00e0 sa proximit\u00e9 du Trans Lin\u00e9ament br\u00e9silien, une longue cicatrice de la cro\u00fbte terrestre qui traverse le Br\u00e9sil et qui, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Atlantique, continue en Afrique. On estime que la cro\u00fbte terrestre est plus fragile le long de ce lin\u00e9ament car elle concentrerait des blocs rocheux fissur\u00e9s qui par compression se rompraient plus facilement, produisant plus facilement des tremblements de terre.<\/p>\n<p>Mais cette th\u00e9orie ne fait pas l\u2019unanimit\u00e9 car souvent la localisation des tremblements de terre ne co\u00efncide pas avec cet ensemble de failles et on n\u2019a jamais d\u00e9tect\u00e9 de s\u00e9ismes sur certains de ses segments. Ceux qui doutent de l\u2019influence directe du lin\u00e9ament sur les secousses sismiques de cette r\u00e9gion misent sur des causes plus profondes comme celles qui viennent d\u2019\u00eatre d\u00e9couvertes par un groupe de chercheurs de l\u2019Institut d\u2019Astronomie de G\u00e9ophysique et de Sciences Atmosph\u00e9riques (IAG) de l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo (USP) \u00e0 partir d\u2019un relev\u00e9 r\u00e9cemment conclu sur l\u2019\u00e9paisseur de la cro\u00fbte terrestre br\u00e9silienne.<\/p>\n<p>Dans une \u00e9tude publi\u00e9e au mois de f\u00e9vrier de cette ann\u00e9e dans la revue Geophysical Research Letters, le sismologue Marcelo Assump\u00e7\u00e3o et le g\u00e9ophysicien Victor Sacek pr\u00e9sentent une explication plus compl\u00e8te (et pour beaucoup de gens, plus convaincante) pour expliquer cette concentration de secousses sismiques dans les \u00e9tats de Goi\u00e1s et du Tocantins. A certains endroits de cette zone sismique, la cro\u00fbte terrestre est plus fine qu\u2019ailleurs dans le pays et subit la pression exerc\u00e9e par le poids du manteau, couche g\u00e9ologique inf\u00e9rieure \u00e0 la cro\u00fbte terrestre et plus dense qu\u2019elle. Des mesures d\u2019intensit\u00e9 du champ gravitationnel r\u00e9alis\u00e9es dans cette zone de cro\u00fbte plus fine y indiquent un \u00e9paississement du manteau. Cette combinaison entre ces deux couches de roches (la cro\u00fbte et la r\u00e9gion sup\u00e9rieure du manteau qui d\u2019un point de vue physique se comportent comme une structure unique et rigide appel\u00e9e lithosph\u00e8re) les plient comme une branche pr\u00eate \u00e0 se casser. Dans cette situation, la lithosph\u00e8re peut se fissurer comme une r\u00e8gle en plastique que l\u2019on plie en essayant d\u2019en r\u00e9unir les extr\u00e9mit\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00abLa lithosph\u00e8re tend \u00e0 s\u2019enfoncer l\u00e0 o\u00f9 elle est plus dense et \u00e0 s\u2019\u00e9lever l\u00e0 o\u00f9 la densit\u00e9 est moindre\u00bb, explique Marcelo Assump\u00e7\u00e3o. \u00abCes tendances produisent des failles et \u00e9ventuellement des tremblements de terre\u00bb, ajoute le sismologue du IAG, et coordonnateur du R\u00e9seau Sismographique Br\u00e9silien qui surveille les s\u00e9ismes dans le pays.<\/p>\n<p>Lors d\u2019un entretien dans son bureau au d\u00e9but du mois d\u2019avril, Victor Sacek, co-auteur de l\u2019\u00e9tude, prend un livre avec une couverture flexible pour illustrer ce qui se passe dans la zone sismique Goi\u00e1s-Tocantins o\u00f9 se trouve la ville de Mara Rosa. \u00abSupposons que ce livre repr\u00e9sente la lithosph\u00e8re de la r\u00e9gion, une augmentation de charge \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la lithosph\u00e8re compte tenu d\u2019une proportion plus importante de roches du manteau (plus denses), lui fera subir une flexion\u00bb, explique-t-il en mettant le livre \u00e0 l\u2019horizontale et en exer\u00e7ant une pression lat\u00e9rale, ce qui le fait se plier comme si un bloc de pierre \u00e9tait coll\u00e9 \u00e0 la couverture inf\u00e9rieure. La partie sup\u00e9rieure est alors soumise \u00e0 des forces de compression et l\u2019inf\u00e9rieure \u00e0 des forces de distension. \u00abBien qu\u2019elle soit rigide, la lithosph\u00e8re poss\u00e8de une certaine flexibilit\u00e9 et r\u00e9siste jusqu\u2019\u00e0 un certain point \u00e0 la d\u00e9formation\u00bb, explique Sacek. Mais \u00e0 partir d\u2019une certaine limite elle peut se plier et rompre.<\/p>\n<p>Il y a quelques ann\u00e9es, en analysant la carte de la distribution sismique au Br\u00e9sil, Marcelo Assump\u00e7\u00e3o s\u2019est aper\u00e7u que la plupart des s\u00e9ismes avaient lieu dans la zone Goi\u00e1s-Tocantins o\u00f9, en 2004, le g\u00e9ophysicien Jes\u00fas Berrocal, ancien professeur de l\u2019USP avait d\u00e9couvert une anomalie gravim\u00e9trique. Dans cette r\u00e9gion le champ gravitationnel est anormalement \u00e9lev\u00e9 pour une r\u00e9gion de plateau avec une altitude moyenne comprise entre 300 et 400 m\u00e8tres. Sur ces terres planes et relativement basses (par exemple, on n\u2019y trouve pas de montagnes) il n\u2019y a pas d\u2019exc\u00e8s de masse sur la surface qui puisse justifier la flexion de la lithosph\u00e8re. Marcelo Assump\u00e7\u00e3o a alors rapidement conclu que cette masse ne pouvait se trouver que sous la terre, probablement dans des r\u00e9gions profondes comme les couches plus superficielles du manteau, sachant que la cro\u00fbte terrestre n\u2019a que 35 kilom\u00e8tres d\u2019\u00e9paisseur dans cette r\u00e9gion.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/072-077_MapaCrosta_FRA-021.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-161705\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/072-077_MapaCrosta_FRA-021-243x300.jpg\" alt=\"072-077_MapaCrosta_FRA-02\" width=\"243\" height=\"300\" \/><\/a>Mais il fallait v\u00e9rifier la consistance de cette hypoth\u00e8se et voir si l\u2019\u00e9paississement du manteau pouvait r\u00e9ellement courber la lithosph\u00e8re. Marcelo Assump\u00e7\u00e3o a alors demand\u00e9 \u00e0 Victor Sacek, sp\u00e9cialiste en simulations informatiques, de cr\u00e9er un mod\u00e8le math\u00e9matique pour repr\u00e9senter les couches g\u00e9ologiques de cette r\u00e9gion de Goi\u00e1s et du Tocantins tenant compte de toutes les forces qui agissent sur elles. Victor Sacek a alors d\u00e9velopp\u00e9 un programme incluant autant l\u2019effet de forces locales, cr\u00e9\u00e9es \u00e0 quelques dizaines de kilom\u00e8tres de cette r\u00e9gion sismique par des diff\u00e9rences de relief (vall\u00e9es, fleuves et collines) et des variations de l\u2019\u00e9paisseur de la cro\u00fbte, que l\u2019effet des forces r\u00e9gionales \u00e0 l\u2019\u00e9chelle plan\u00e9taire qui ont lieu \u00e0 des milliers de kilom\u00e8tres en bordure des blocs o\u00f9 se divise la lithosph\u00e8re.<\/p>\n<p>En r\u00e9unissant ces \u00e9l\u00e9ments, Victor Sacek a d\u00e9couvert une zone fragile de la cro\u00fbte qui co\u00efncide avec la zone de pr\u00e9valence de s\u00e9ismes des \u00e9tats du Goi\u00e1s et du Tocantins. Dans ce grand bloc de 200 kilom\u00e8tres de large et de 5 kilom\u00e8tres de profondeur, les forces sont si intenses qu\u2019elles peuvent d\u00e9passer la limite d\u2019\u00e9lasticit\u00e9 des roches et les fragmenter. \u00abCe mod\u00e8le explique m\u00eame la profondeur des s\u00e9ismes qui g\u00e9n\u00e9ralement se produisent \u00e0 moins de 5 kilom\u00e8tres de la surface\u00bb, affirme Victor Sacek.<\/p>\n<p>Avec Marcelo Assump\u00e7\u00e3o, il estime que ce m\u00e9canisme (l\u2019effet de flexion dans des r\u00e9gions plus fines de la cro\u00fbte) peut \u00e9galement \u00eatre la cause de la fr\u00e9quence \u00e9lev\u00e9e de s\u00e9ismes dans d\u2019autres r\u00e9gions du pays comme le bassin du pantanal et la zone sismique de Porto de Ga\u00fachos, dans l\u2019\u00e9tat du Mato Grosso, o\u00f9, en 1955, a eu lieu la plus grande secousse sismique jamais enregistr\u00e9e au Br\u00e9sil et d\u2019une magnitude de 6,2 degr\u00e9s sur l\u2019\u00e9chelle de Richter. Les tremblements de terre d\u2019une magnitude sup\u00e9rieure \u00e0 5 sont rares au Br\u00e9sil, il y en a en moyenne un tous les cinq ans. Mais m\u00eame faibles, ils effrayent g\u00e9n\u00e9ralement la population peu habitu\u00e9e aux s\u00e9ismes et peu pr\u00e9par\u00e9e pour y faire face. Outre cette absence d\u2019informations pour affronter les s\u00e9ismes, les habitations les plus pr\u00e9caires ne r\u00e9sistent pas aux petites secousses qui causeraient peu de d\u00e9g\u00e2ts dans une m\u00e9tropole. Le 9 d\u00e9cembre 2007, un s\u00e9isme de magnitude 4,9 a endommag\u00e9 plusieurs maisons \u00e0 Cara\u00edbas, aux alentours d\u2019Itacarambi, situ\u00e9e au nord de l\u2019\u00e9tat de Minas Gerais, o\u00f9 l\u2019\u00e9croulement d\u2019un mur a tu\u00e9 un enfant. \u00abC\u2019est la seule mort directe caus\u00e9e par un s\u00e9isme dont nous ayons connaissance dans le pays\u00bb, relate le g\u00e9ologue Cristiano Chimpliganond, de l\u2019UnB.<\/p>\n<p>L\u2019effet de flexion de la cro\u00fbte explique \u00e9galement l\u2019occurrence de s\u00e9ismes dans d\u2019autres zones sismiques du Br\u00e9sil comme c\u2019est le cas en bordure de la plateforme continentale situ\u00e9e entre les \u00e9tats du Rio Grande do Sul et de l\u2019Esp\u00edrito Santo o\u00f9 le fonds de l\u2019oc\u00e9an s\u2019enfonce abruptement \u00e0 une distance qui varie entre 100 et 200 kilom\u00e8tres de la c\u00f4te. \u00c0 cet endroit, la profondeur de l\u2019oc\u00e9an passe de 50 m\u00e8tres \u00e0 2 mille m\u00e8tres. Les s\u00e9diments que les fleuves transportent vers la mer s\u2019accumulent \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 de cet endroit, exer\u00e7ant un poids suppl\u00e9mentaire sur la cro\u00fbte. Marcelo Assump\u00e7\u00e3o estime que cette surcharge est \u00e0 l\u2019origine des s\u00e9ismes d\u00e9tect\u00e9s dans cette r\u00e9gion selon des m\u00e9canismes similaires \u00e0 ceux qui se manifestent dans les \u00e9tats de Goi\u00e1s et de Tocantins. La diff\u00e9rence dans ce cas l\u00e0 est que l\u2019exc\u00e8s de masse ne se trouve pas sous la cro\u00fbte mais au dessus.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/072-077_MapaCrosta_FRA-02_TOCATINS.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-161707 alignright\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/072-077_MapaCrosta_FRA-02_TOCATINS-300x258.jpg\" alt=\"072-077_MapaCrosta_FRA-02_TOCATINS\" width=\"300\" height=\"258\" \/><\/a>Dans une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e en 2011, Marcelo Assump\u00e7\u00e3o et des collaborateurs de l\u2019Universit\u00e9 Publique Pauliste (Unesp), de l\u2019Institut de Recherches Technologiques de S\u00e3o Paulo (IPT) et de Petrobras, ont analys\u00e9 un s\u00e9isme qui a eu lieu au mois d\u2019avril 2008 \u00e0 125 kilom\u00e8tres au sud de la ville de S\u00e3o Vicente, sur la c\u00f4te pauliste et qui avait \u00e9t\u00e9 ressenti jusqu\u2019\u00e0 S\u00e3o Paulo. Le point d\u2019origine du s\u00e9isme \u00e9tait justement localis\u00e9 \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 du niveau de la plateforme continentale et les caract\u00e9ristiques de ses ondes sismiques semblent confirmer qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9 par une surcharge de s\u00e9diments.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9laboration des mod\u00e8les expliquant la cause des s\u00e9ismes br\u00e9siliens n\u2019est devenue possible que gr\u00e2ce \u00e0 la d\u00e9couverte des variations d\u2019\u00e9paisseurs de la cro\u00fbte terrestre dans le pays. Marcelo Assump\u00e7\u00e3o et ses collaborateurs de l\u2019UnB, de l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale du Rio Grande do Norte (UFRN) et de l\u2019Observatoire National (ON) ont r\u00e9uni des informations sur l\u2019\u00e9paisseur de la cro\u00fbte en analysant environ mille points en Am\u00e9rique latine, tant sur le continent que dans l\u2019oc\u00e9an. Sur ce total, environ 200 mesures ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es ces 20 derni\u00e8res ann\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 un financement de la FAPESP et du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral. Sur la carte qui synth\u00e9tise ces donn\u00e9es et publi\u00e9e dans le Journal of South American Earth Sciences, les chercheurs attirent l\u2019attention sur des r\u00e9gions o\u00f9 la cro\u00fbte est plus \u00e9paisse ou plus mince. \u00abL\u2019\u00e9paisseur de la cro\u00fbte est un des param\u00e8tres les plus importants pour comprendre la tectonique (les forces et les mouvements des couches g\u00e9ologiques) d\u2019une r\u00e9gion\u00bb, affirme le sismologue Jordi Juli\u00e0, de l\u2019UFRN.<\/p>\n<p>Cette \u00e9tude est la compilation la plus compl\u00e8te et la plus d\u00e9taill\u00e9e faite sur la cro\u00fbte br\u00e9silienne. L\u2019\u00e9paisseur dans tous ces points a \u00e9t\u00e9 obtenue \u00e0 l\u2019aide d\u2019un croisement de donn\u00e9es acquis gr\u00e2ce \u00e0 trois m\u00e9thodes qui utilisent les ondes sismiques pour d\u00e9duire la structure des couches g\u00e9ologiques qu\u2019elles traversent. La plus pr\u00e9cise d\u2019entre elles et aussi la plus ch\u00e8re concerne la r\u00e9fraction sismique, dans laquelle les chercheurs enregistrent le long de centaines de kilom\u00e8tres les s\u00e9ismes provoqu\u00e9s par des explosions contr\u00f4l\u00e9es. Les deux autres m\u00e9thodes se basent sur le suivi durant des ann\u00e9es des s\u00e9ismes qui ont lieu autour du globe.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/MAPACROSTA.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-161708\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/MAPACROSTA-255x300.jpg\" alt=\"MAPACROSTA\" width=\"255\" height=\"300\" \/><\/a>De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, la cro\u00fbte terrestre br\u00e9silienne poss\u00e8de une \u00e9paisseur similaire \u00e0 celle des autres continents avec une moyenne de 40 kilom\u00e8tres mesur\u00e9e au niveau de la mer. Il y a cependant quelques r\u00e9gions dans le pays o\u00f9 la cro\u00fbte atteint \u00e0 peine 35 kilom\u00e8tres. L\u2019une d\u2019entre elles, une \u00e9tendue de terre d\u2019environ mille kilom\u00e8tres qui va du pantanal, dans l\u2019\u00e9tat du Mato Grosso do Sul, jusqu\u2019aux \u00e9tats de Goi\u00e1s et du Tocantins, n\u2019est pas encore bien d\u00e9finie car il y a peu d\u2019informations sismiques disponibles sur cette r\u00e9gion. Par contre, dans le Nordeste, o\u00f9 ont eu lieu la plupart des exp\u00e9rimentations de r\u00e9fraction sismique men\u00e9es par l\u2019\u00e9quipe de Reinhardt Fuck, de l\u2019UnB, l\u2019incertitude est moindre.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 que se trouve la zone la plus vaste du territoire national avec une cro\u00fbte plus mince et qui se situe dans la province de Borborema, bloc rocheux sur lequel s\u2019assoient tous les \u00e9tats du Nordeste. C\u2019est la r\u00e9gion de plus grande occurrence de s\u00e9ismes du pays. Dans certains endroits de cette r\u00e9gion, la cro\u00fbte a moins de trente kilom\u00e8tres d\u2019\u00e9paisseur. Cet affinement semble avoir eu lieu au cours d\u2019une p\u00e9riode comprise entre 136 et 65 millions d\u2019ann\u00e9es, p\u00e9riode durant laquelle l\u2019Am\u00e9rique du Sud s\u2019est s\u00e9par\u00e9e de l\u2019Afrique.<\/p>\n<p>L\u2019un des records d\u2019\u00e9paisseur se trouve sous la for\u00eat amazonienne, \u00e0 la jonction des \u00e9tats de Roraima, d\u2019Amazonie et du Par\u00e1. C\u2019est l\u2019un des morceaux de cro\u00fbte les plus anciens du Br\u00e9sil avec plus de 2,5 milliards d\u2019ann\u00e9es et une \u00e9paisseur de 45 kilom\u00e8tres. \u00abCes r\u00e9gions plus anciennes tendent \u00e0 avoir une cro\u00fbte plus \u00e9paisse\u00bb, d\u00e9clare Marcelo Assump\u00e7\u00e3o.<\/p>\n<p>Mais la portion de cro\u00fbte la plus \u00e9paisse du pays se trouve dans une r\u00e9gion relativement jeune, le bassin du Paran\u00e1, qui a commenc\u00e9 \u00e0 se former il y a 460 millions d\u2019ann\u00e9es. La cro\u00fbte atteint 46 kilom\u00e8tres d\u2019\u00e9paisseur \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019\u00e9tat de S\u00e3o Paulo, pr\u00e8s du fleuve Paran\u00e1. Marcelo Assump\u00e7\u00e3o \u00e9met deux raisons possibles \u00e0 cet \u00e9paississement. La premi\u00e8re, sugg\u00e9r\u00e9e par diff\u00e9rentes \u00e9tudes, est qu\u2019il y aurait un bloc de cro\u00fbte plus ancien sous le bassin du Paran\u00e1, \u00e2g\u00e9 de milliards d\u2019ann\u00e9es et appel\u00e9 craton du Paranapanema. La deuxi\u00e8me raison est li\u00e9e \u00e0 l\u2019intense activit\u00e9 volcanique dans cette r\u00e9gion il y a 130 millions d\u2019ann\u00e9es. Pour diff\u00e9rentes motifs que l\u2019on ignore encore, le manteau sous le bassin du Paran\u00e1 est devenu anormalement chaud, ph\u00e9nom\u00e8ne que les g\u00e9ologues appellent panache thermique. Ce panache aurait partiellement fondu les couches profondes de la terre, cr\u00e9ant des magmas de composition basaltique qui se sont d\u00e9vers\u00e9s \u00e0 la surface et il serait \u00e0 l\u2019origine de l\u2019une des plus grandes r\u00e9gions volcaniques de la plan\u00e8te. Ces roches ont cr\u00e9\u00e9 des \u00e9tendues de terre rouge qui sont tr\u00e8s fertiles. Une partie du mat\u00e9riel cr\u00e9\u00e9 durant ce processus est rest\u00e9 en dessous, et quand le manteau a refroidi, il s\u2019est soud\u00e9 \u00e0 la portion inf\u00e9rieure de la cro\u00fbte, augmentant son \u00e9paisseur.<\/p>\n<p>Marcelo Assump\u00e7\u00e3o a \u00e9largi la cartographie de la cro\u00fbte \u00e0 la cordill\u00e8re des Andes avec l\u2019aide de chercheurs chiliens et chinois. Sous cette cha\u00eene de montagne, l\u2019\u00e9paisseur de la cro\u00fbte varie de 35 kilom\u00e8tres, \u00e0 la fronti\u00e8re du P\u00e9rou avec l\u2019\u00c9quateur, \u00e0 75 kilom\u00e8tres dans l\u2019altiplano bolivien. Cette \u00e9paisseur maximale est \u00e9galement observ\u00e9e dans d\u2019autres r\u00e9gions montagneuses relativement jeunes comme l\u2019Himalaya. Il y a g\u00e9n\u00e9ralement un rapport direct entre l\u2019altitude d\u2019un terrain et l\u2019\u00e9paisseur de la cro\u00fbte. \u00abPlus la topographie est \u00e9lev\u00e9e, plus la cro\u00fbte sera \u00e9paisse\u00bb, explique Marcelo Assump\u00e7\u00e3o. \u00abIl est normal que la cro\u00fbte atteigne 70 kilom\u00e8tres d\u2019\u00e9paisseur pour des altitudes sup\u00e9rieures \u00e0 3 mille m\u00e8tres\u00bb.<\/p>\n<div id=\"attachment_161704\" style=\"max-width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-161704\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Crosta_DSC_0304.jpg\" alt=\"Cordill\u00e8re des Andes: r\u00e9gion d\u2019Am\u00e9rique \u2028du Sud o\u00f9 la cro\u00fbte est plus \u00e9paisse et atteint 75 kilom\u00e8tres\" width=\"290\" height=\"193\" srcset=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Crosta_DSC_0304.jpg 290w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Crosta_DSC_0304-120x80.jpg 120w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Crosta_DSC_0304-250x166.jpg 250w\" sizes=\"auto, (max-width: 290px) 100vw, 290px\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">EDUARDO C\u00c9SAR<\/span>Cordill\u00e8re des Andes: r\u00e9gion d\u2019Am\u00e9rique \u2028du Sud o\u00f9 la cro\u00fbte est plus \u00e9paisse et atteint 75 kilom\u00e8tres<span class=\"media-credits\">EDUARDO C\u00c9SAR<\/span><\/p><\/div>\n<p>Mais il y a des exceptions. Dans le nord de l\u2019Argentine, l\u00e0 o\u00f9 les Andes se dressent \u00e0 plus de 4 mille kilom\u00e8tres d\u2019altitude, la cro\u00fbte a moins de 55 kilom\u00e8tres d\u2019\u00e9paisseur. Les chercheurs ont \u00e0 nouveau \u00e9mis deux hypoth\u00e8ses. Soit la cro\u00fbte \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 anormalement fine bien avant la formation des Andes, soit elle est devenue si \u00e9paisse et si chaude il y a 4 millions d\u2019ann\u00e9es qu\u2019elle a perdu une partie de ses couches plus profondes, ph\u00e9nom\u00e8ne connu sous le nom de d\u00e9lamination.<\/p>\n<p>\u00c0 la fronti\u00e8re du P\u00e9rou et de l\u2019\u00c9quateur, o\u00f9 l\u2019altitude d\u00e9passe les 3 mille m\u00e8tres son \u00e9paisseur est d\u2019\u00e0 peine 35 kilom\u00e8tres. Dans ce cas l\u00e0, la cro\u00fbte semble \u00eatre soutenue par le mouvement des courants des couches plus profondes du manteau qui bien qu\u2019ils soient faits de roches se comportent comme un liquide extr\u00eamement visqueux qui s\u2019\u00e9coule \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de temps g\u00e9ologique de quelques centim\u00e8tres par an. La force de ces courants ascendants est capable de soulever la cro\u00fbte, augmentant la hauteur des montagnes d\u2019un ou deux kilom\u00e8tres. L\u2019effet inverse peut \u00e9galement se produire. Dans certaines r\u00e9gions, le flux descendant peut tirer la cro\u00fbte vers le bas, comme dans le bassin de Mara\u00f1on, situ\u00e9 entre l\u2019\u00c9quateur, le P\u00e9rou et la Colombie, selon les observations de Victor Sacek et de Naomi Ussami, g\u00e9ophysicienne \u00e0 l\u2019USP.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 vingt ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudes, les recherches dans ce domaine en Am\u00e9rique du Sud ont pris du retard. Les \u00c9tats-Unis et l\u2019Europe disposent de cartes d\u00e9taill\u00e9es sur l\u2019\u00e9paisseur de la cro\u00fbte depuis la fin des ann\u00e9es 90. \u00abLes progr\u00e8s en mati\u00e8re de cartographie de la cro\u00fbte terrestre varient selon les niveaux de revenu par habitant de chaque pays\u00bb, d\u00e9clare Marcelo Assump\u00e7\u00e3o. \u00abNous sommes juste meilleurs que l\u2019Afrique\u00bb.<\/p>\n<p>Les principales institutions de recherche br\u00e9silienne dans ce domaine se sont regroup\u00e9es il y a deux ans et ont fond\u00e9 le R\u00e9seau Sismographique Br\u00e9silien, qui poss\u00e8de 50 stations sismologiques et qui pr\u00e9tend en avoir 80 dans l\u2019avenir. Les chercheurs esp\u00e8rent ainsi mieux surveiller le pays et augmenter la d\u00e9finition de la carte. Plus on observera de s\u00e9ismes plus on pourra obtenir des d\u00e9tails sur l\u2019\u00e9paisseur de la cro\u00fbte. Cet apport de d\u00e9tails permettra de cr\u00e9er des mod\u00e8les qui pourront pr\u00e9voir avec pr\u00e9cision les zones pouvant \u00eatre touch\u00e9es par des s\u00e9ismes de plus grande magnitude. \u00abLa sismologie ne peut pas pr\u00e9voir les tremblements de terre et m\u00eame si elle y parvenait elle ne pourrait les \u00e9viter\u00bb, d\u00e9clare Lucas Barros. \u00abC\u2019est pour cela que nous devons apprendre \u00e0 vivre avec eux et \u00e0 nous en prot\u00e9ger\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Projet<\/strong><br \/>\n\u00c9volution tectonique, climatique et \u00e9rosive en bordures convergentes: une approche digitale (<a href=\"http:\/\/www.bv.fapesp.br\/pt\/bolsas\/128771\/evolucao-tectonica-climatica-e-erosional-em-margens-convergentes-uma-abordagem-numerica\/\" target=\"_blank\">n\u00ba 2011\/10400-0<\/a>); Modalit\u00e9: Bourse de post-doctorat; Coordination: Victor Sacek \u2013 IAG\/USP; Investissement: 153 896,91 de reais (FAPESP).<\/p>\n<p><em>Articles scientifiques<br \/>\n<\/em>ASSUMP\u00c7\u00c3O, M. e SACEK, V. <a href=\"http:\/\/onlinelibrary.wiley.com\/doi\/10.1002\/grl.50142\/abstract\" target=\"_blank\">Intra-plate seismicity and flexural stresses in central Brazil<\/a>. <strong>Geophysical Research Letters<\/strong>. v. 40 (3), p. 487-91. 16 fev. 2013.<br \/>\nASSUMP\u00c7\u00c3O, M. <em>et al<\/em>. <a href=\"http:\/\/www.sciencedirect.com\/science\/article\/pii\/S089598111300045X\" target=\"_blank\">Crustal thickness map of Brazil: Data compilation and main features<\/a>. <strong>Journal of South American Earth Sciences<\/strong>. v. 43, p. 74-85. abr. 2013.<br \/>\nASSUMP\u00c7\u00c3O, M. <em>et al<\/em>. <a href=\"http:\/\/www.sciencedirect.com\/science\/article\/pii\/S0040195112007330\" target=\"_blank\">Models of crustal thickness for South America from seismic refraction, receiver functions and surface wave dispersion<\/a>. <strong>Tectonophysics<\/strong>. 2013 (on-line).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Des sismologues proposent une explication aux tremblements de terre au Br\u00e9sil","protected":false},"author":14,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1180],"tags":[],"coauthors":[103,105],"class_list":["post-161700","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-sciences"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/161700","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=161700"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/161700\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=161700"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=161700"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=161700"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=161700"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}