{"id":204568,"date":"2015-12-02T15:00:24","date_gmt":"2015-12-02T17:00:24","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=204568"},"modified":"2015-11-26T14:55:16","modified_gmt":"2015-11-26T16:55:16","slug":"danse-de-la-pluie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/danse-de-la-pluie\/","title":{"rendered":"Danse de la pluie"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_204572\" style=\"max-width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-204572\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Aguas_ok_2JG0789_11-300x200.jpg\" alt=\"Des changements dans le volume et la fr\u00e9quence des pr\u00e9cipitations ainsi que la mauvaise utilisation des aquif\u00e8res sont parmi les facteurs qui mettent \u00e0 sec les canalisations dans certaines r\u00e9gions du Br\u00e9sil\" width=\"290\" height=\"193\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">L\u00c9O RAMOS<\/span>Des changements dans le volume et la fr\u00e9quence des pr\u00e9cipitations ainsi que la mauvaise utilisation des aquif\u00e8res sont parmi les facteurs qui mettent \u00e0 sec les canalisations dans certaines r\u00e9gions du Br\u00e9sil<span class=\"media-credits\">L\u00c9O RAMOS<\/span><\/p><\/div>\n<p><em>Publi\u00e9 en d\u00e9cembre 2014<\/em><\/p>\n<p>L\u2019Amazonie n\u2019est pas uniquement la plus grande for\u00eat tropicale qui reste au monde. Cet infini de vert entrecoup\u00e9 par des fleuves aux cours sinueux, de tailles et couleurs vari\u00e9es, ne se limite pas \u00e0 \u00eatre l\u2019habitat d\u2019une incroyable diversit\u00e9 de plantes et d\u2019animaux. La for\u00eat amazonienne est aussi un moteur capable de changer la direction des vents. C\u2019est une pompe qui aspire l\u2019eau de l\u2019air sur l\u2019oc\u00e9an Atlantique et du sol et la fait circuler en Am\u00e9rique du Sud provoquant, dans les r\u00e9gions \u00e9loign\u00e9es, les pluies tant envi\u00e9es, de nos jours, par les habitants de S\u00e3o Paulo. Mais le fonctionnement de cette pompe d\u00e9pend du maintien de la for\u00eat, dont la portion br\u00e9silienne a perdu, jusqu\u2019en 2013, 763 mille kilom\u00e8tres carr\u00e9s (km2) de sa superficie d\u2019origine, l\u2019\u00e9quivalent de trois \u00e9tats de la taille de celui de S\u00e3o Paulo. Antonio Donato Nobre, chercheur \u00e0 l\u2019Institut National de Recherches Spatiales (Inpe), n\u2019accuse personne. Ce qui lui importe c\u2019est d\u2019inverser ce processus et non seulement de r\u00e9duire la d\u00e9forestation \u00e0 z\u00e9ro, mais de r\u00e9cup\u00e9rer la for\u00eat. Dans le rapport <a href=\"http:\/\/www.ccst.inpe.br\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/Futuro-Climatico-da-Amazonia.pdf\" target=\"_blank\"><em>O futuro clim\u00e1tico da Amaz\u00f4nia<\/em><\/a> (Le futur climatique de l\u2019Amazonie), paru fin octobre, le chercheur indique clairement que la seule raison pour que des mesures imm\u00e9diates ne soient pas prises pour r\u00e9duire la d\u00e9forestation c\u2019est le fait de m\u00e9connaitre ce que sait la science. Pour lui, la voie \u00e0 suivre est de sensibiliser la population.\u00a0\u00ab C\u2019est le moment id\u00e9al car l\u2019eau dispara\u00eet des robinets \u00bb, dit-il.<\/p>\n<p>Dans le rapport, pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 partir de l\u2019analyse d\u2019environ 200 articles scientifiques, il d\u00e9montre que chaque jour la for\u00eat du bassin amazonien transpire 20 milliards de tonnes d\u2019eau (20 trillions de litres). C\u2019est davantage que les 17 milliards de tonnes que le fleuve Amazone d\u00e9verse quotidiennement dans l\u2019Atlantique. C\u2019est ce fleuve vertical qui nourrit les nuages et aide \u00e0 changer l\u2019itin\u00e9raire des vents. Nobre explique que les cartes des vents au-dessus de l\u2019Atlantique montrent que, dans l\u2019h\u00e9misph\u00e8re Sud et \u00e0 basse altitude, l\u2019air se d\u00e9place vers le nord-ouest en direction de l\u2019\u00e9quateur. \u00ab En Amazonie, la for\u00eat d\u00e9tourne cet ordre \u00bb , affirme-t-il.<br \/>\n\u00ab Pendant une partie de l\u2019ann\u00e9e, les aliz\u00e9s charg\u00e9s d\u2019humidit\u00e9 descendent de l\u2019h\u00e9misph\u00e8re Nord et convergent vers l\u2019ouest et le sud-ouest, p\u00e9n\u00e9trant en Am\u00e9rique du Sud \u00bb.<\/p>\n<p>Cette circulation contredit un paradigme m\u00e9t\u00e9orologique qui affirme que les vents devraient souffler des r\u00e9gions plus froides vers celles plus chaudes. Il explique: \u00ab En Amazonie, ils vont toute l\u2019ann\u00e9e du chaud, l\u2019Atlantique \u00e9quatorial, vers le froid, la for\u00eat \u00bb. Un partenariat avec les Russes Anastasia Makarieva et Victor Gorshkov, de l\u2019Institut de Physique Nucl\u00e9aire de P\u00e9tersbourg, a contribu\u00e9 \u00e0 expliquer, du point de vue de la physique, les ph\u00e9nom\u00e8nes m\u00e9t\u00e9orologiques de l\u2019Amazonie. Dans un article publi\u00e9 en f\u00e9vrier 2014 dans le Journal of Hydrometeorology, ils affirment, en se basant sur des analyses th\u00e9oriques confirm\u00e9es par des observations empiriques, que la d\u00e9forestation modifie les mod\u00e8les de pression et peut causer un d\u00e9clin des vents charg\u00e9s d\u2019humidit\u00e9 venant de l\u2019oc\u00e9an vers le continent. Le groupe a analys\u00e9 les donn\u00e9es de 28 stations m\u00e9t\u00e9orologiques dans deux r\u00e9gions du Br\u00e9sil. Il a constat\u00e9 que les vents venant de la for\u00eat amazonienne transportent plus d\u2019eau et sont associ\u00e9s \u00e0 des taux plus \u00e9lev\u00e9s de pluies que les vents qui sont originaires de zones sans for\u00eat et qui arrivent \u00e0 la m\u00eame station.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/006-013_CAPA-Aguas_FR.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-204574\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/006-013_CAPA-Aguas_FR-775x1024.jpg\" alt=\"006-013_CAPA-Aguas_FR\" width=\"290\" height=\"383\" \/><\/a>Selon les chercheurs, cela se produit en raison de la pompe biotique d\u2019humidit\u00e9, une th\u00e9orie propos\u00e9e par le duo russe en 2007 pour expliquer la dynamique de vents sous l\u2019influence des for\u00eats. Cette id\u00e9e compl\u00e8te la description propos\u00e9e par le climatologue Jos\u00e9 Antonio Marengo, \u00e0 l\u2019\u00e9poque chercheur \u00e0 l\u2019Inpe, de comment l\u2019Amazonie exporte des pluies vers les r\u00e9gions plus m\u00e9ridionales de l\u2019Am\u00e9rique du Sud. La th\u00e9orie de la pompe biotique applique une physique inhabituelle \u00e0 la m\u00e9t\u00e9orologie et pr\u00e9suppose que la condensation de l\u2019eau, favoris\u00e9e par la transpiration de la for\u00eat, r\u00e9duit la pression atmosph\u00e9rique qui pompe de la mer vers la terre les courants d\u2019air charg\u00e9s d\u2019eau.<\/p>\n<p>Les fondements de l\u2019influence de la condensation sur les vents ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s dans un article publi\u00e9 en 2013 par Makarieva et Gorshkov, en partenariat avec Nobre et d\u2019autres collaborateurs, dans l\u2019Atmospheric Chemistry and Physics, l\u2019une des revues les plus importantes dans ce domaine. Gr\u00e2ce \u00e0 une s\u00e9rie d\u2019\u00e9quations, ils d\u00e9montrent que la vapeur d\u2019eau rejet\u00e9e dans l\u2019atmosph\u00e8re par la transpiration de la for\u00eat g\u00e9n\u00e8re, en se condensant, un flux capable de propulser les vents sur de longues distances. Selon Nobre, la nouvelle physique de condensation qu\u2019ils proposent a g\u00e9r\u00e9, au cours de la r\u00e9vision de l\u2019article, une controverse avec les m\u00e9t\u00e9orologistes qui ont d\u00e9battu le sujet avec fureur sur les blogs scientifiques dans le but de renverser l\u2019\u00e9quation principale de cette \u00e9tude. Ils ont \u00e9chou\u00e9 et le travail a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9. Le chercheur de l\u2019Inpe explique la pol\u00e9mique. \u00ab C\u2019est une physique qui attribue \u00e0 la condensation, un ph\u00e9nom\u00e8ne de base et central du fonctionnement atmosph\u00e9rique, un effet oppos\u00e9 \u00e0 ce que l\u2019on croyait \u00bb affirme-t-il. \u00ab Il sera n\u00e9cessaire de r\u00e9\u00e9crire les livres didactiques dans ce domaine. \u00bb<\/p>\n<p>Pour comprendre la dimension des controverses entre physiciens th\u00e9oriciens et m\u00e9t\u00e9orologues, Nobre rappelle que la physique d\u00e9veloppe une compr\u00e9hension des ph\u00e9nom\u00e8nes atmosph\u00e9riques \u00e0 partir de lois fondamentales de la nature, tandis que la m\u00e9t\u00e9orologie le fait, en grande partie, fond\u00e9e sur l\u2019observation de mod\u00e8les climatiques du pass\u00e9, dont la statistique est absorb\u00e9e par les mod\u00e8les math\u00e9matiques. Ces mod\u00e8les repr\u00e9sentent bien les fluctuations climatiques observ\u00e9es, mais pr\u00e9sentent des failles en pr\u00e9sence d\u2019alt\u00e9rations significatives dans le mod\u00e8le.<\/p>\n<p>C\u2019est le cas actuellement, lorsqu\u2019un nouveau contexte \u2013 caus\u00e9 par la d\u00e9forestation, les changements climatiques globaux ou d\u2019autres facteurs \u2013 g\u00e9n\u00e8re des ph\u00e9nom\u00e8nes climatiques inattendus pour certaines r\u00e9gions, comme des pluies torrentielles et des p\u00e9riodes de s\u00e9cheresse plus longues. La th\u00e9orie physique a raison l\u00e0 o\u00f9 les extrapolations du pass\u00e9 ont eu tort. C\u2019est pour cela que, selon lui, il est n\u00e9cessaire de construire de nouveaux mod\u00e8les climatologiques qui replacent la physique au centre des efforts de la m\u00e9t\u00e9orologie.<\/p>\n<p>Le moment est d\u00e9sormais crucial car le climat amazonien est en train de changer. Les ann\u00e9es 2005 et 2010 ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par d\u2019importantes s\u00e9cheresses dans la r\u00e9gion. \u00ab Auparavant, le climat en Amazonie \u00e9tait marqu\u00e9 par une saison humide et une autre davantage humide\u00a0; maintenant il y a aussi la saison s\u00e8che \u00bb, affirme Nobre. Les d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s \u00e0 la for\u00eat par ces s\u00e9cheresses n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9vastateurs car elle est capable de se r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer, mais le cumul des dommages d\u00e9truit graduellement cette capacit\u00e9. Un effet important que l\u2019on observe d\u00e9j\u00e0 et qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vu par des mod\u00e8les climatiques il y a 20 ans est un prolongement de la saison s\u00e8che, qui a affect\u00e9 la production agricole dans certaines parties de l\u2019\u00e9tat du Mato Grosso. La pr\u00e9occupation majeure est le risque d\u2019atteindre un point de non retour, \u00e0 partir duquel la for\u00eat ne serait plus capable de produire suffisamment de pluie, ni m\u00eame pour subvenir \u00e0 ses propres besoins. Des travaux de mod\u00e9lisation qui tiennent compte du climat et de la v\u00e9g\u00e9tation indiquent que ce point sera atteint quand 40 % de la superficie originale de la for\u00eat sera perdue, un pourcentage qui ne fait pas l\u2019unanimit\u00e9. Selon le rapport de Nobre, 20 % de la for\u00eat a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 abattue et 20% suppl\u00e9mentaires ont \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9s au point d\u2019avoir perdu une partie de leurs propri\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n<div id=\"attachment_204571\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-204571 size-medium\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Aguas_image0025-300x225.jpg\" alt=\"\u00ab Fleuves volants \u00bb:  des courants de  vapeur d\u2019eau qui  se forment au-dessus de la for\u00eat amazonienne  exportent de la  pluie vers la r\u00e9gion  sud du Br\u00e9sil\" width=\"300\" height=\"225\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">Gerard Moss \/ projet \u201dFleuves Volants\u201d<\/span>\u00ab Fleuves volants \u00bb: des courants de vapeur d\u2019eau qui se forment au-dessus de la for\u00eat amazonienne exportent de la pluie vers la r\u00e9gion sud du Br\u00e9sil<span class=\"media-credits\">Gerard Moss \/ projet \u201dFleuves Volants\u201d<\/span><\/p><\/div>\n<p>Si la th\u00e9orie de la pompe biotique est correcte, les effets de ce point de non retour devront \u00eatre plus s\u00e9v\u00e8res que la savanisation propos\u00e9e par le climatologue Carlos Nobre, fr\u00e8re a\u00een\u00e9 d\u2019Antonio. \u00ab Si la for\u00eat perd la capacit\u00e9 d\u2019apporter de l\u2019humidit\u00e9 de l\u2019oc\u00e9an, la pluie dans la r\u00e9gion peut cesser compl\u00e8tement \u00bb d\u00e9clare Nobre, le cadet. Sans eau pour maintenir une savane, le r\u00e9sultat pourrait \u00eatre une d\u00e9sertification en Amazonie. Si cela se produit, le sc\u00e9nario qu\u2019il pr\u00e9voit pour les r\u00e9gions Sud et Sud-Est du pays pourrait \u00eatre similaire \u00e0 celui d\u2019autres r\u00e9gions sur la m\u00eame latitude: se transformer en d\u00e9sert.<\/p>\n<p>Antonio Nobre ne se risque pas trop \u00e0 parler du cas de S\u00e3o Paulo. \u00ab Mon rapport concerne l\u2019Amazonie. \u00bb Mais il croit que la s\u00e9cheresse ici n\u2019est pas ind\u00e9pendante de ce qui se passe dans le Nord. Selon lui, il a \u00e9t\u00e9 possible de d\u00e9vaster une bonne partie de la for\u00eat tropicale atlantique sans sentir une r\u00e9duction des pr\u00e9cipitations car l\u2019Amazonie \u00e9tait capable de satisfaire au manque d\u2019eau dans l\u2019atmosph\u00e8re locale. Mais il semblerait que cela ne se produise plus. Il profite de l\u2019occasion pour sugg\u00e9rer que non seulement la for\u00eat amazonienne mais aussi celle qui longeait la c\u00f4te de presque tout le Br\u00e9sil puisse \u00eatre imm\u00e9diatement r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e. Si ce n\u2019est pas pour un autre motif, l\u2019\u00e9puisement dont sont victimes les r\u00e9servoirs qui alimentent une bonne partie de la population de S\u00e3o Paulo devrait \u00eatre un argument suffisant.<\/p>\n<p>L\u2019exportation de l\u2019eau de la r\u00e9gion amazonienne vers d\u2019autres r\u00e9gions du Br\u00e9sil, particuli\u00e8rement le Sud-Est et le Sud, est une r\u00e9alit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 un ph\u00e9nom\u00e8ne connu comme les \u00ab fleuves volants \u00bb. Les pluies intenses dans le sud-ouest de l\u2019Amazonie d\u00e9but 2014 \u2013 pratiquement le double du volume habituel, tandis que S\u00e3o Paulo traversait le pire moment d\u2019une s\u00e9cheresse historique \u2013 ont \u00e9t\u00e9 un indice de cette ligne directe. \u00ab La pluie a \u00e9t\u00e9 retenue \u00e0 Rond\u00f4nia, dans l\u2019\u00e9tat de l\u2019Acre, et en Bolivie en raison d\u2019un blocage atmosph\u00e9rique, une sorte de bulle d\u2019air qui emp\u00eachait le passage de l\u2019humidit\u00e9. Cela a cr\u00e9\u00e9 une stabilit\u00e9 atmosph\u00e9rique, inhibant la formation de pluies et \u00e9levant les temp\u00e9ratures \u00bb explique Marengo, actuellement chercheur au Centro Nacional de Monitoramento e Alertas de Desastres Naturais (Centre National de Surveillance et d\u2019Alerte Contre les Catastrophes Naturelles\/Cemaden). Il est coauteur d\u2019un article dirig\u00e9 par Jhan Carlo Espinoza, de l\u2019Institut de G\u00e9ophysique du P\u00e9rou, qui est en cours de publication par l\u2019Environmental Research Letters et fait partie des r\u00e9sultats du programme Green Ocean (GO) Amazon, soutenu par la FAPESP.<\/p>\n<p>Il est cependant impossible d\u2019affirmer \u00e0 quel point cette relation influence la s\u00e9cheresse \u00e0 S\u00e3o Paulo. \u00ab Nous ne savons pas encore calculer la quantit\u00e9 de pluies du Sud-est qui provient d\u2019Amazonie ni celle qui arrive ici transport\u00e9e par des courants froids venus du Sud, par l\u2019humidit\u00e9 port\u00e9e par les brises marines ou par l\u2019\u00e9vaporation locale \u00bb explique-t-il. Selon lui, la d\u00e9forestation peut avoir un impact \u00e0 long terme, mais il est toutefois impossible d\u2019affirmer si elle est li\u00e9e \u00e0 la s\u00e9cheresse actuelle. \u00ab Le Sud-Est peut ne pas devenir un d\u00e9sert \u00bb pond\u00e8re-t-il,<br \/>\n\u00ab mais les conditions climatiques extr\u00eames peuvent devenir plus intenses. \u00bb Des \u00e9tudes employant des mod\u00e8les climatiques cr\u00e9\u00e9s par le groupe de Marengo pr\u00e9voyaient d\u00e9j\u00e0 une redistribution du total des pluies, avec un volume tr\u00e8s important d\u2019eau en quelques jours et des p\u00e9riodes de s\u00e9cheresse plus longues, un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9j\u00e0 observ\u00e9 dans le sud-est et dans le sud du pays au cours des 50 derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Selon l\u2019ing\u00e9nieur agronome Walter de Paula Lima, professeur \u00e0 l\u2019\u00c9cole Sup\u00e9rieure d\u2019Agriculture Luiz de Queiroz (Esalq) de l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo (USP) et coordinateur scientifique du Programme Coop\u00e9ratif de Surveillance Environnementale de Micro-bassins (Promab) de l\u2019Institut de Recherches et d\u2019\u00c9tudes Foresti\u00e8res, outre cet effet \u00e0 distance sur une \u00e9chelle nationale, la relation entre la v\u00e9g\u00e9tation et les ressources en eau se d\u00e9roule \u00e9galement \u00e0 une \u00e9chelle locale. Dans ses \u00e9tudes sur l\u2019effet des for\u00eats (ou leur suppression) dans des micro-bassins, il a d\u00e9montr\u00e9 que la bande de v\u00e9g\u00e9tation primaire (for\u00eat ciliaire), qui longe les cours d\u2019eau, contribue \u00e0 la bonne sant\u00e9 des rivi\u00e8res.<br \/>\n\u00ab Le syst\u00e8me Cantareira, qui approvisionne S\u00e3o Paulo, est compos\u00e9 de milliers de micro-bassins \u00bb rappelle-t-il. \u00ab Les plus d\u00e9grad\u00e9s ne contribuent pas aux sources d\u2019eau \u00bb. Cette \u00e9valuation manque, toutefois, de donn\u00e9es exp\u00e9rimentales concr\u00e8tes. Selon Lima, pour conna\u00eetre exactement l\u2019effet des for\u00eats ciliaires sur les sources d\u2019eau, il serait n\u00e9cessaire d\u2019\u00e9tudier un micro-bassin exp\u00e9rimental dans lequel il serait possible de mesurer les propri\u00e9t\u00e9s des cours d\u2019eau avec et sans la protection de la for\u00eat, sans qu\u2019il n\u2019y ait d\u2019autres facteurs en jeu. Un cadre pratiquement inatteignable.<\/p>\n<p>Une exp\u00e9rience pratique qui renforce l\u2019importance de pr\u00e9server les bandes riveraines pour l\u2019entretien des ressources en eau est d\u00e9crite par le biologiste Ricardo Ribeiro Rodrigues, sp\u00e9cialiste en r\u00e9cup\u00e9ration de for\u00eats natives de l\u2019Esalq. Il explique qu\u2019il y a 24 ans l\u2019eau a disparu du micro-bassin d\u2019Iracem\u00e1polis, commune \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019\u00e9tat de S\u00e3o Paulo. La mairie a demand\u00e9 l\u2019aide de l\u2019Esalq et le groupe de Rodrigues a mis en place un projet de conservation des sols du micro-bassin et de restauration de la bande riveraine qui aurait d\u00fb s\u2019y trouver. \u00ab J\u2019y suis retourn\u00e9 r\u00e9cemment et j\u2019ai eu un choc \u00bb, raconte le chercheur. Le niveau du r\u00e9servoir est un peu plus bas, mais il a suffisamment d\u2019eau pour continuer \u00e0 approvisionner Iracem\u00e1polis, dont la population a tripl\u00e9 au cours de cette p\u00e9riode. \u00ab Toute la r\u00e9gion, Iracem\u00e1polis mise \u00e0 part, fait face \u00e0 des probl\u00e8mes de manque d\u2019eau. \u00bb<\/p>\n<p>Les for\u00eats affectent la sant\u00e9 des ressources en eau par le biais de leur influence sur les pluies, mais leurs relations avec les eaux souterraines est \u00e9galement importante. L\u2019ing\u00e9nieur Edson Wendland, professeur au D\u00e9partement d\u2019Hydraulique et d\u2019Assainissement de l\u2019USP de S\u00e3o Carlos, \u00e9tudie justement ce qui se passe avec la recharge de l\u2019aquif\u00e8re Guarani quand la v\u00e9g\u00e9tation du cerrado est remplac\u00e9e par des cultures telles les p\u00e2turages, la canne \u00e0 sucre, les agrumes ou l\u2019eucalyptus. Le travail est d\u00e9velopp\u00e9 dans le bassin du Ribeir\u00e3o da On\u00e7a, dans la commune de Brotas, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019\u00e9tat de S\u00e3o Paulo, \u00e9tudi\u00e9 depuis les ann\u00e9es 1980.<\/p>\n<div id=\"attachment_204570\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-204570 size-medium\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Aguas_40_2JG08832-300x200.jpg\" alt=\"Fin de novembre  le syst\u00e8me Cantareira avait de l\u2019eau dans  le r\u00e9servoir Paiva Castro...\" width=\"300\" height=\"200\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">L\u00c9O RAMOS<\/span>Fin de novembre\u00a0le syst\u00e8me Cantareira avait de l\u2019eau dans le r\u00e9servoir Paiva Castro&#8230;<span class=\"media-credits\">L\u00c9O RAMOS<\/span><\/p><\/div>\n<p>L\u2019id\u00e9e est de d\u00e9tailler, gr\u00e2ce \u00e0 des puits de surveillance et des stations climatologiques et avant que toute la v\u00e9g\u00e9tation originelle du cerrado de la r\u00e9gion ne soit supprim\u00e9e, comment se fait la recharge de l\u2019aquif\u00e8re Guarani avec diff\u00e9rents usages du sol. \u00ab On ne peut g\u00e9rer ce que l\u2019on ne connait pas \u00bb,<br \/>\naffirme Wendland \u00e0 propos de l\u2019une des sources d\u2019eau souterraine les plus importantes du Br\u00e9sil. L\u2019aquif\u00e8re est une couche poreuse de roches dans laquelle s\u2019infiltre l\u2019eau de pluie, ensuite lib\u00e9r\u00e9e lentement vers les fleuves. Cette diff\u00e9rence de temps entre l\u2019approvisionnement et la d\u00e9charge, une cons\u00e9quence du lent trajet de l\u2019eau dans le milieu souterrain, est ce qui assure la p\u00e9rennit\u00e9 des fleuves qui d\u00e9pendent de cette \u00e9pargne hydrique.<\/p>\n<p>Le groupe de Wendland a montr\u00e9, par exemple, que la disponibilit\u00e9 en eau diminue lorsque les petits arbres tortueux du cerrado, adapt\u00e9s \u00e0 vivre sous stress hydrique sont remplac\u00e9s par des eucalyptus, qui consomment beaucoup d\u2019eau et qui en peu d\u2019ann\u00e9es atteignent la taille d\u2019abattage. Des mesures r\u00e9alis\u00e9es entre 2004 et 2007 montrent que les taux de recharge ont une relation \u00e9troite avec l\u2019intensit\u00e9 des pr\u00e9cipitations et la taille des cultures agricoles dans cette r\u00e9gion o\u00f9 le cerrado a pratiquement disparu, conform\u00e9ment \u00e0 un article accept\u00e9 pour publication dans les Anais da Academia Brasileira de Ci\u00eancias (Annales de l\u2019Acad\u00e9mie Br\u00e9silienne des Sciences).<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, cela ne signifie pas que les eucalyptus soient des hors-la-loi inconditionnels. L\u2019impact des arbres de haute taille d\u00e9pend en partie de la profondeur de l\u2019aquif\u00e8re \u00e0 l\u2019emplacement o\u00f9 ils sont plant\u00e9s. Selon Lima, les plus de 20 ans de suivi continu effectu\u00e9 par le Promab ont d\u00e9montr\u00e9 que la relation entre les esp\u00e8ces foresti\u00e8res et l\u2019eau n\u2019est pas constante. \u00ab L\u00e0 o\u00f9 la disponibilit\u00e9 est critique, un \u00e9l\u00e9ment nouveau peut ass\u00e9cher les micro-bassins \u00bb, explique-t-il. \u00ab Mais l\u00e0 o\u00f9 il y a un bon \u00e9quilibre hydrique et climatique, la diminution de l\u2019eau ne se fait pas sentir. \u00bb Ces r\u00e9sultats indiquent clairement qu\u2019il est n\u00e9cessaire d\u2019effectuer un zonage indiquant o\u00f9 l\u2019on peut planter et o\u00f9 la pratique serait nuisible. Il s\u2019agit d\u2019une planification qui n\u2019existe pas au Br\u00e9sil.<\/p>\n<p>Pour Wendland, l\u2019importance de comprendre la relation entre le cerrado et les aquif\u00e8res est cruciale car les sources des plus grands bassins fluviaux du pays appartiennent \u00e0 ce biome. Outre leur importance en tant que ressource en eau, certains de ces bassins \u2013 celui du Paran\u00e1, du Tocantins, du Parna\u00edba et du S\u00e3o Francisco \u2013 sont les principaux fournisseurs d\u2019eau pour la production d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 au Br\u00e9sil.<\/p>\n<p>En un peu plus d\u2019un demi-si\u00e8cle, la moiti\u00e9 de la superficie du cerrado a \u00e9t\u00e9 d\u00e9bois\u00e9e et remplac\u00e9e par des activit\u00e9s agricoles. Pour \u00e9valuer l\u2019effet de ce changement dans l\u2019utilisation des terres sur la disponibilit\u00e9 en eau, l\u2019\u00e9tudiant de doctorat Paulo Tarso de Oliveira, du groupe de S\u00e3o Carlos, a r\u00e9alis\u00e9 une \u00e9tude en utilisant des donn\u00e9es de t\u00e9l\u00e9d\u00e9tection sur toute la superficie de ce biome. Gr\u00e2ce \u00e0 des capteurs, il a \u00e9t\u00e9 possible d\u2019\u00e9valuer non seulement le changement de v\u00e9g\u00e9tation, mais aussi de quantifier les pr\u00e9cipitations, les indices d\u2019\u00e9vapotranspiration par les plantes et d\u2019estimer la variation de stockage de l\u2019eau. Selon un article publi\u00e9 en septembre 2014 dans Water Resources Research, les donn\u00e9es indiquent une r\u00e9duction de l\u2019\u00e9coulement en raison des activit\u00e9s agricoles plus intensives.<\/p>\n<p>La d\u00e9forestation et l\u2019exploitation agricole du sol ont une importance, mais Wendland affirme que le plus gros probl\u00e8me pour la recharge de l\u2019aquif\u00e8re est aujourd\u2019hui la r\u00e9duction des pr\u00e9cipitations. \u00ab L\u2019aquif\u00e8re pallie au manque de pr\u00e9cipitations pendant deux ou trois ans\u00a0; ensuite, il n\u2019arrive plus \u00e0 maintenir le d\u00e9bit de base des fleuves \u00bb. Selon les r\u00e9sultats observ\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les pr\u00e9cipitations de la saison des pluies ont \u00e9t\u00e9 inf\u00e9rieures \u00e0 la moyenne. Il explique \u00e9galement des ph\u00e9nom\u00e8nes alarmants tels l\u2019\u00e9puisement de la source principale du fleuve S\u00e3o Francisco, qui est rest\u00e9e \u00e0 sec pendant environ trois mois et ne s\u2019est remise \u00e0 jaillir qu\u2019\u00e0 la fin novembre.<\/p>\n<p>Le d\u00e9fi de la gestion des eaux souterraines, qui repr\u00e9sentent 98 % de l\u2019eau douce sur la plan\u00e8te, a d\u2019autres particularit\u00e9s dans les zones urbaines, o\u00f9 elles peuvent \u00eatre une ressource essentielle. Selon le g\u00e9ologue Ricardo Hirata, de l\u2019Institut de G\u00e9osciences (CIG) de l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo, 75 % des communes paulistes sont approvisionn\u00e9es, en partie ou totalement, par ces eaux. Cela inclut des villes importantes de l\u2019\u00e9tat de S\u00e3o Paulo, en particulier Ribeir\u00e3o Preto, o\u00f9 elles approvisionnent 100 % de ses plus de 600 000 habitants. \u00c0 l\u2019\u00e9chelle nationale, d\u2019autres villes sont enti\u00e8rement approvisionn\u00e9es par les eaux souterraines, selon le livre \u00c1guas subterr\u00e2neas urbanas no Brasil (Eaux souterraines urbaines au Br\u00e9sil)\u00a0en cours de publication par l\u2019IGc et par le Centre de Recherche en Eaux Souterraines (Cepas): Juazeiro do Norte, au Cear\u00e1, Santar\u00e9m, au Par\u00e1 et Uberaba, \u00e0 Minas Gerais.<\/p>\n<p>Ce qui est surprenant c\u2019est que dans les villes l\u2019eau perdue par l\u2019approvisionnement public se retrouve dans l\u2019aquif\u00e8re. \u00ab L\u2019imperm\u00e9abilisation des sols r\u00e9duit la p\u00e9n\u00e9tration de l\u2019eau de pluie, mais les pertes compensent et d\u00e9passent cette r\u00e9duction et le bilan est un rechargement plus important l\u00e0 o\u00f9 se trouvent des villes, par rapport \u00e0 d\u2019autres r\u00e9gions \u00bb explique Hirata.\u00a0\u00ab Si l\u2019on analyse l\u2019eau d\u2019un puits quelconque \u00e0 S\u00e3o Paulo, la moiti\u00e9 de cette eau proviendra de l\u2019aquif\u00e8re et l\u2019autre moiti\u00e9 de la Sabesp \u00bb (NT: la Sabesp est la compagnie qui fournit des services d\u2019eau et d\u2019assainissement dans l\u2019\u00e9tat de S\u00e3o Paulo). Il estime que la ville compte pr\u00e8s de 13 000 puits, tous priv\u00e9s et la plupart ill\u00e9gaux. \u00ab Il existe une l\u00e9gislation pour g\u00e9rer cette ressource, mais elle n\u203aest pas respect\u00e9e \u00bb affirme-t-il.<\/p>\n<div id=\"attachment_204569\" style=\"max-width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-204569\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Aguas_21_2JG08932-681x1024.jpg\" alt=\"... tandis que la s\u00e9cheresse  \u00e9tait \u00e9vidente dans le Jacarei\/Jaguari\" width=\"290\" height=\"436\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">L\u00c9O RAMOS<\/span>&#8230; tandis que la s\u00e9cheresse<br \/> \u00e9tait \u00e9vidente dans le Jacarei\/Jaguari<span class=\"media-credits\">L\u00c9O RAMOS<\/span><\/p><\/div>\n<p>Un probl\u00e8me caus\u00e9 par les villes est la contamination des eaux souterraines par les nitrates, en raison de fuites dans le r\u00e9seau d\u2019\u00e9gouts. Comme le processus de d\u00e9contamination est cher, les puits contamin\u00e9s sont abandonn\u00e9s. Dans les villes o\u00f9 ils sont utilis\u00e9s pour l\u2019approvisionnement public, la solution est de m\u00e9langer l\u2019eau pollu\u00e9e \u00e0 celle de puits non contamin\u00e9s pour que la qualit\u00e9 finale soit acceptable. \u00ab \u00c0 Natal il ne reste plus suffisamment d\u2019eau propre pour ce m\u00e9lange \u00bb alerte Hirata. Les eaux souterraines repr\u00e9sentent 70 % de l\u2019approvisionnement en eau dans cette capitale.<\/p>\n<p>Un autre genre important de pollution provient de l\u2019industrie, comme celle caus\u00e9e par les solvants organochlor\u00e9s. Le g\u00e9ologue Reginaldo Bertolo, \u00e9galement de l\u2019IGc et directeur du Cepas, \u00e9tudie comment se comporte ce polluant dans l\u2019aquif\u00e8re au-dessous de Jurubatuba, dans la zone sud de S\u00e3o Paulo, une r\u00e9gion industrielle depuis les ann\u00e9es 1950. \u00ab C\u2019est un contaminant qui pr\u00e9sente une action complexe dans l\u2019aquif\u00e8re \u00bb, dit-il. Dans cette roche solide, o\u00f9 l\u2019eau coule dans les fractures, ce compos\u00e9 plus dense que l\u2019eau coule vers le fond et ne s\u2019arr\u00eate que lorsqu\u2019il touche une couche imperm\u00e9able. \u00ab Ils sont toxiques et canc\u00e9rog\u00e8nes \u00bb. La pollution emp\u00eache l\u2019utilisation des eaux souterraines dans une r\u00e9gion o\u00f9 la demande est importante.<\/p>\n<p>En collaboration avec des chercheurs de l\u2019Universit\u00e9 de Guelph, au Canada, le groupe de Bertolo identifie ces polluants pour comprendre comment ils se comportent et proposer des strat\u00e9gies pour les \u00e9liminer de l\u2019aquif\u00e8re. La prochaine \u00e9tape consistera \u00e0 utiliser un syst\u00e8me d\u00e9velopp\u00e9 par les Canadiens pour pr\u00e9lever des \u00e9chantillons de la roche et installer des puits sp\u00e9ciaux de surveillance. \u00ab Cet \u00e9quipement permet de recueillir de l\u2019eau de plus de 20 fractures diff\u00e9rentes en utilisant une seule perforation \u00bb, affirme-t-il. \u00ab Nous allons construire un mod\u00e8le math\u00e9matique pour reproduire ce qui se passe et faire des pr\u00e9visions. \u00bb<\/p>\n<p>Bertolo avertit qu\u2019il est important de mieux cartographier les eaux souterraines et d\u2019analyser leur qualit\u00e9, parce que c\u2019est une ressource qui peut \u00eatre compl\u00e9mentaire dans les villes. \u00ab L\u2019eau souterraine est une ressource peu connue. \u00bb L\u2019ing\u00e9nieur Monica Porto, de l\u2019\u00c9cole Polytechnique de l\u2019USP, ne croit pas qu\u2019il soit possible de trop augmenter l\u2019utilisation de ces eaux dans la r\u00e9gion m\u00e9tropolitaine de S\u00e3o Paulo. Selon elle, pour aller au-del\u00e0 des pr\u00e8s de 10 m\u00e8tres cubes par seconde (m3\/s) pomp\u00e9s des milliers de puits existants, des milliers de nouveaux puits seraient n\u00e9cessaires. \u00ab Mais ces 10 m3\/s ne peuvent pas manquer, nous devons en prendre bien soin \u00bb.<\/p>\n<p>Mme. Porto, qui a \u00e9t\u00e9 Pr\u00e9sident de l\u2019Association Br\u00e9silienne des Ressources en Eau et int\u00e8gre toujours son Conseil Consultatif, pense \u00e0 des fa\u00e7ons d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 hydrique pour la population. Le manque d\u2019eau est l\u2019un des probl\u00e8mes les plus graves qui peuvent arriver dans une ville. \u00ab Nous sommes contraints de travailler avec une tr\u00e8s faible probabilit\u00e9 de d\u00e9faillance. \u00bb Selon elle, en 2009, le gouvernement de l\u2019\u00e9tat de S\u00e3o Paulo a command\u00e9 une \u00e9tude sur ce qui devrait \u00eatre fait pour assurer l\u2019approvisionnement en eau. L\u2019\u00e9tude a \u00e9t\u00e9 achev\u00e9e en octobre 2013, au cours de la plus importante crise d\u2019approvisionnement en eau de l\u2019\u00e9tat de S\u00e3o Paulo. Monica Porto explique qu\u2019il est impossible de consid\u00e9rer la r\u00e9gion de S\u00e3o Paulo et sa banlieue de fa\u00e7on isol\u00e9e, car il n\u2019y a plus d\u2019endroit o\u00f9 capter de l\u2019eau sans entrer en conflit avec des voisins. Par cons\u00e9quent, l\u2019\u00e9tude englobe la m\u00e9ga-m\u00e9tropole, qui comprend plus de 130 communes et une population de 30 millions de personnes.<\/p>\n<p>Les travaux n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration de la s\u00e9curit\u00e9 hydrique ont d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9, avec un syst\u00e8me pour recueillir l\u2019eau du fleuve Juqui\u00e1, dans la Vall\u00e9e du Ribeira. Ils devraient s\u2019achever en 2018. La construction des barrages de Pedreira et de Duas Pontes, qui doivent approvisionner la r\u00e9gion de Campinas, sont en phase d\u2019autorisation environnementale.\u00a0\u00ab Manaus et Campinas sont les seules villes au Br\u00e9sil avec plus de 1 million d\u2019habitants qui ne poss\u00e8dent pas de r\u00e9servoir d\u2019eau \u00bb explique Monica Porto. Cela ne manque pas \u00e0 Manaus, qui est au bord du fleuve Amazone, mais manque \u00e0 Campinas, qui d\u00e9pend du syst\u00e8me Cantareira. Elle emploie tous les moyens possibles pour \u00e9conomiser l\u2019eau et affirme que la crise actuelle est importante pour sensibiliser la population sur le besoin de r\u00e9duire sa consommation. Elle souligne \u00e9galement l\u2019importance de l\u2019ensemble des mesures qui devra \u00eatre revu en caract\u00e8re d\u2019urgence. \u00ab Nous devons apprendre par la douleur \u00bb d\u00e9clare Monica Porto, qui a l\u2019habitude de blaguer en disant qu\u2019il vaut mieux qu\u2019il ne pleuve pas trop pour ne pas \u00e9carter cette crise instructive. \u00ab Mais s\u2019il ne pleut pas bient\u00f4t, je vais arr\u00eater de plaisanter: il faut qu\u2019il pleuve \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Projets<\/strong><br \/>\n<strong>1.<\/strong> Comprendre les causes des biais qui d\u00e9terminent le d\u00e9but de la saison des pluies en Amazonie en suivant les mod\u00e8les climatiques \u00e0 partir des observations de GoAmazon et de la pluie (<a href=\"http:\/\/www.bv.fapesp.br\/pt\/auxilios\/83532\/entendimento-das-causas-dos-vieses-que-determinam-o-inicio-da-estacao-chuvosa-na-amazonia-nos-modelo\/\" target=\"_blank\">n\u00ba 13\/50538-7<\/a>); <strong>Chercheur responsable<\/strong> Jos\u00e9 Antonio Marengo Orsini (Cemaden); <strong>Modalit\u00e9<\/strong> Ligne R\u00e9guli\u00e8re d\u2019Aide au Projet de Recherche \u2013 GoAmazon; <strong>Investissement<\/strong> 57 960,00 reais (FAPESP).<br \/>\n<strong>2.<\/strong> Mise en place du mod\u00e8le hydrog\u00e9ologique conceptuel et transport et destination des compos\u00e9s organochlor\u00e9s dans l\u2019aquif\u00e8re fractur\u00e9 de la r\u00e9gion de Jurubatuba, S\u00e3o Paulo (<a href=\"http:\/\/www.bv.fapesp.br\/pt\/auxilios\/84496\/estabelecimento-do-modelo-conceitual-hidrogeologico-e-de-transporte-e-destino-de-compostos-organoclo\/\" target=\"_blank\">n\u00ba 13\/10311-3<\/a>); <strong>Chercheur responsable<\/strong> Reginaldo Antonio Bertolo (IGc-USP); <strong>Modalit\u00e9<\/strong> Ligne R\u00e9guli\u00e8re d\u2019Aide au Projet de Recherche; <strong>Investissement<\/strong> 502 715,27 reais (FAPESP).<\/p>\n<p><em>Articles scientifiques<\/em><br \/>\nMAKARIEVA, A. M. <em>et al.<\/em> <a href=\"http:\/\/journals.ametsoc.org\/doi\/abs\/10.1175\/JHM-D-12-0190.1\" target=\"_blank\">Why does air passage over forest yield more rain? Examining the coupling between rainfall, pressure and atmospheric moisture content<\/a>. <strong>Journal of Hydrometeorology<\/strong>. v. 15, n. 1, p. 411-26. f\u00e9v. 2014.<br \/>\nMAKARIEVA, A. M. <em>et al.<\/em> <a href=\"http:\/\/www.atmos-chem-phys.net\/13\/1039\/2013\/acp-13-1039-2013.pdf\" target=\"_blank\">Where do winds come from? A new theory on how water vapor condensation influences atmospheric pressure and dynamics<\/a>. <strong>Atmospheric Chemistry and Physics.<\/strong> v. 13, p. 1039-56. 25 jan. 2013.<br \/>\nESPINOZA, J. <em>et al<\/em>. <a href=\"http:\/\/iopscience.iop.org\/1748-9326\/9\/12\/124007\/article\" target=\"_blank\">The extreme\u00ad 2014 flood in South-western Amazon basin: The role of tropical-subtropical South Atlantic SST gradient<\/a>. <strong>Environmental Research Letters<\/strong>. Sous presse.<br \/>\nWENDLAND, E. <em>et al<\/em>. <a href=\"http:\/\/www.scielo.br\/scielo.php?script=sci_serial&amp;pid=0001-3765&amp;lng=en&amp;nrm=iso\" target=\"_blank\">Recharge contribution to the Guarani Aquifer System estimated from the water balance method in a representative watershed<\/a>. <strong>Anais da Academia Brasileira de Ci\u00eancias<\/strong>. Sous presse.<br \/>\nOLIVEIRA, P. T. S. <em>et al<\/em>. <a href=\"http:\/\/onlinelibrary.wiley.com\/doi\/10.1002\/2013WR015202\/abstract\" target=\"_blank\">Trends in water balance components across the Brazilian Cerrado<\/a>. <strong>Water Resources Research.<\/strong> v. 50, n. 9,\u00a0p. 7100-14. sept. 2014.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La p\u00e9nurie d\u2019eau qui alarme le pays poss\u00e8de une \u00e9troite relation avec les for\u00eats","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1177],"tags":[],"coauthors":[95],"class_list":["post-204568","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-couverture"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/204568","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=204568"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/204568\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=204568"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=204568"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=204568"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=204568"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}