{"id":204598,"date":"2015-12-02T15:10:16","date_gmt":"2015-12-02T17:10:16","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=204598"},"modified":"2015-12-02T17:44:40","modified_gmt":"2015-12-02T19:44:40","slug":"pour-sortir-de-loubli","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/pour-sortir-de-loubli\/","title":{"rendered":"Pour sortir de l\u2019oubli"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_204601\" style=\"max-width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-204601\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Neglig_vacina_corr1-300x194.jpg\" alt=\"Des enfants jouent  dans un cours d\u2019eau  de Rond\u00f4nia en fin d\u2019apr\u00e8s-midi, la p\u00e9riode la plus propice aux piq\u00fbres du moustique du paludisme\" width=\"290\" height=\"187\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">EDUARDO CESAR<\/span>Des enfants jouent dans un cours d\u2019eau de Rond\u00f4nia en fin d\u2019apr\u00e8s-midi, la p\u00e9riode la plus propice aux piq\u00fbres du moustique du paludisme<span class=\"media-credits\">EDUARDO CESAR<\/span><\/p><\/div>\n<p><em>Publi\u00e9 en d\u00e9cembre 2014<\/em><\/p>\n<p>Des chercheurs de plusieurs pays se sont r\u00e9unis les 13 et 14 novembre dernier au si\u00e8ge de la FAPESP afin de discuter des possibilit\u00e9s de coop\u00e9ration en mati\u00e8re de d\u00e9veloppement et d\u2019offre de nouveaux traitements contre les \u00ab maladies tropicales n\u00e9glig\u00e9es \u00bb, celles qui int\u00e9ressent peu les industries pharmaceutiques parce qu\u2019elles touchent surtout des populations et des pays pauvres. \u00c0 titre d\u2019exemples, la maladie de Chagas, la leishmaniose visc\u00e9rale, le paludisme et la trypanosomiase africaine (ou maladie du sommeil). Organis\u00e9e avec la Royal Society of Chemistry (RSC) du Royaume Uni et les organisations internationales Drugs for Neglected Diseases initiative (DNDi) et Medicines for Malaria Venture (MMV), la rencontre a montr\u00e9 que le Br\u00e9sil poss\u00e8de des comp\u00e9tences particuli\u00e8res dans les domaines de la chimie organique et de la biologie mol\u00e9culaire pour aider \u00e0 trouver de nouveaux m\u00e9dicaments \u2013 et ce m\u00eame si l\u2019articulation entre les groupes de recherche et les incitations \u00e0 des collaborations internationales est encore rare dans ce domaine. De l\u2019avis d\u2019Alejandra Palermo, responsable innovation de la RSC, \u00ab la rencontre a permis de comprendre comment le Br\u00e9sil peut \u00eatre inclus dans de grandes \u00e9tudes sur les maladies n\u00e9glig\u00e9es. Nous souhaitons approfondir cette relation parce que le pays poss\u00e8de une forte communaut\u00e9 dans le domaine de la chimie, et beaucoup de maladies \u00e9voqu\u00e9es pendant la r\u00e9union sont ici end\u00e9miques \u00bb.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s les donn\u00e9es de l\u2019Organisation Mondiale de la Sant\u00e9 (OMS), les maladies tropicales n\u00e9glig\u00e9es atteignent pr\u00e8s d\u20191 milliard de personnes dans le monde. Sur les 17 maladies de ce type enregistr\u00e9es par l\u2019OMS, 14 sont pr\u00e9sentes au Br\u00e9sil. L\u2019an dernier, la RSC a sign\u00e9 un accord avec les deux entit\u00e9s internationales (dont le si\u00e8ge est en Suisse) dans l\u2019objectif de d\u00e9velopper de nouveaux m\u00e9dicaments. L\u2019entit\u00e9 britannique a offert l\u2019acc\u00e8s \u00e0 un r\u00e9seau de collaboration dans le domaine de la chimie organique et \u00e0 des logiciels qui facilitent l\u2019\u00e9change de connaissances. Pour Palermo, beaucoup de travaux pr\u00e9sent\u00e9s par des chercheurs br\u00e9siliens peuvent \u00eatre poursuivis sous l\u2019orientation et en partenariat avec les deux organisations internationales, dont la mission est de d\u00e9velopper des m\u00e9dicaments accessibles aux plus pauvres.<\/p>\n<p>Une initiative d\u00e9j\u00e0 en cours compte sur la participation du Laboratoire de Chimie Organique Synth\u00e9tique de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019\u00c9tat de Campinas (Unicamp), avec lequel DNDi d\u00e9veloppe un programme in\u00e9dit en Am\u00e9rique latine: le Lead Optimization Latin America (Lola). Luiz Carlos Diaz, coordonnateur du laboratoire, explique que \u00ab le but est de perfectionner et de tester des compos\u00e9s chimiques in vivo contre la maladie de Chagas et la leishmaniose \u00bb.\u00a0Selon lui, le travail en r\u00e9seau promu par l\u2019organisation internationale permet de tester une m\u00eame mol\u00e9cule sous diff\u00e9rents aspects dans d\u2019autres pays, et donc d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer le processus de production d\u2019un m\u00e9dicament. Au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, l\u2019entit\u00e9 mondiale a r\u00e9ussi \u00e0 lancer deux nouveaux traitements contre le paludisme, un contre la maladie du sommeil, un contre la leishmaniose visc\u00e9rale, une combinaison de m\u00e9dicaments contre la leishmaniose visc\u00e9rale sp\u00e9cifique pour l\u2019Asie et un traitement p\u00e9diatrique avec dose adapt\u00e9e contre la maladie de Chagas.<\/p>\n<p>En ce moment par exemple, l\u2019analyse et la pr\u00e9paration d\u2019un nouveau compos\u00e9 pour la maladie de Chagas ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9parties entre le laboratoire de l\u2019Unicamp, le Centre de Biotechnologie Mol\u00e9culaire Structurelle de l\u2019USP, coordonn\u00e9 par le professeur Adriano Adricopulo, et l\u2019Institut de Physique de l\u2019USP \u00e0 S\u00e3o Carlos. \u00c0 ce projet participent \u00e9galement des entreprises pharmaceutiques \u2013 dont Abbvie et Pfizer \u2013 et des instituts de recherches internationaux, comme le Swiss Tropical Institute (Suisse) et le Drug Discovery Unit de l\u2019Universit\u00e9 de Dundeee (Australie), entre autres.<\/p>\n<div id=\"attachment_204599\" style=\"max-width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-204599\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Neglig_176962-688x1024.jpg\" alt=\"Le moustique anopheles gambiae, vecteur du paludisme\" width=\"290\" height=\"431\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">CDC\/James Gathany<\/span>Le moustique <em>anopheles gambiae<\/em>, vecteur du paludisme<span class=\"media-credits\">CDC\/James Gathany<\/span><\/p><\/div>\n<p>Une autre initiative in\u00e9dite en Am\u00e9rique latine r\u00e9unit l\u2019\u00e9quipe de Dias et le MMV dans le programme nomm\u00e9 Brazil Heterocycles, qui a d\u00e9j\u00e0 synth\u00e9tis\u00e9 deux mol\u00e9cules prometteuses pour le traitement du paludisme. Ce projet compte sur des collaborations avec des centres internationaux, parmi lesquels Imperial College London, Monash University (Australie), Glaxo Smith Kline (Espagne), Astra Zeneca et Syngene (Inde).<\/p>\n<p><strong>Obstacles<\/strong><br \/>\nPour Glaucius Oliva, \u00ab les \u00e9tapes les plus ch\u00e8res du d\u00e9veloppement de nouveaux m\u00e9dicaments sont la d\u00e9couverte de la mol\u00e9cule et les tests pr\u00e9cliniques et de toxicit\u00e9 \u00bb . Oliva est coordonnateur du Centre de Recherche et Innovation en Biodiversit\u00e9 et M\u00e9dicaments (CIBFar), un des Centres de Recherche, Innovation et Diffusion (Cepid) de la FAPESP qui participe \u00e0 l\u2019un des projets de synth\u00e8se mol\u00e9culaire coordonn\u00e9es par l\u2019\u00e9quipe de Carlos Dias \u00e0 l\u2019Unicamp: \u00ab Avec le soutien financier de grandes organisations mondiales \u00e0 cette \u00e9tape pr\u00e9cise, l\u2019industrie pharmaceutique peut entrer post\u00e9rieurement dans les \u00e9tapes d\u2019essais cliniques et de production \u00e0 grande \u00e9chelle. Du coup, l\u2019industrie pharmaceutique commence \u00e0 s\u2019int\u00e9resser aux maladies tropicales n\u00e9glig\u00e9es \u00bb . Pr\u00e9sident du Conseil National de D\u00e9veloppement Scientifique et Technologique jusqu\u2018a\u00a0 f\u00e9vrier 2015 (CNPq), Oliva pense que le partenariat entre la DNDi, le MMV et l\u2019Unicamp doit servir d\u2019exemple pour d\u2019autres initiatives.<\/p>\n<p>Mais il estime \u00e9galement que la recherche br\u00e9silienne doit surmonter certains obstacles pour pouvoir contribuer davantage aux \u00e9tudes sur les maladies tropicales n\u00e9glig\u00e9es. L\u2019un d\u2019eux est reli\u00e9 \u00e0 la pharmacocin\u00e9tique, qui est le chemin parcouru par une mol\u00e9cule dans l\u2019organisme apr\u00e8s son administration. Pour Walter Colli, biochimiste, professeur de l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo (USP) et coordonnateur adjoint de la FAPESP en sciences de la vie, \u00ab les chercheurs en toxicologie et en chimie synth\u00e9tique et m\u00e9dicinale qui travaillent \u00e0 la cr\u00e9ation de nouvelles mol\u00e9cules sont encore peu nombreux au Br\u00e9sil \u00bb.<\/p>\n<p>Un groupe de chercheurs de l\u2019USP a notamment montr\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait possible d\u2019am\u00e9liorer l\u2019action de m\u00e9dicaments d\u00e9j\u00e0 existants par le biais de la synth\u00e8se chimique de compos\u00e9s naturels, au moins tant que de nouveaux m\u00e9dicaments ne sont pas pr\u00eats. Ils ont r\u00e9ussi \u00e0 synth\u00e9tiser une mol\u00e9cule \u00e0 partir des b\u00e9tala\u00efnes, les pigments pr\u00e9sents dans des fleurs fluorescentes et dans les betteraves. Le compos\u00e9 parvient \u00e0 traverser facilement des membranes de cellules animales et \u00e0 servir de sondes et de marqueurs fluorescents pour la biologie cellulaire. Selon le chercheur de l\u2019Institut de Chimie de l\u2019USP et coordonnateur de la recherche, Erik Bastos, \u00ab la mol\u00e9cule fluorescente pourra \u00eatre fonctionnelle et agir comme un taxi, qui n\u2019\u00e9teindra sa lumi\u00e8re rouge que lorsqu\u2019il aura laiss\u00e9 le m\u00e9dicament au bon endroit et au bon moment \u00bb.<\/p>\n<p>La nouvelle mol\u00e9cule est encore en phase de tests. Comme le d\u00e9veloppement d\u2019un nouveau m\u00e9dicament et les analyses pharmacologiques sont chers, le groupe de Bastos pense que le compos\u00e9 peut initialement \u00eatre utilis\u00e9 pour am\u00e9liorer l\u2019action de m\u00e9dicaments pour le paludisme d\u00e9j\u00e0 disponibles sur le march\u00e9: \u00ab Nous avons prouv\u00e9 avec des tests in vitro que les b\u00e9tala\u00efnes synth\u00e9tis\u00e9es en laboratoire pouvaient aller au-del\u00e0 des membranes du parasite du paludisme. Avec cette technique, la dose du m\u00e9dicament habituel peut \u00eatre r\u00e9duite. L\u2019efficacit\u00e9 du traitement est meilleure parce que le tra\u00e7age du m\u00e9dicament permettra de trouver de nouveaux chemins pour conduire la drogue jusqu\u2019au parasite \u00bb.<\/p>\n<p>Des recherches de ce type peuvent jouer un r\u00f4le important dans le processus d\u2019\u00e9radication de certaines maladies. \u00ab En am\u00e9liorant ce qui existe d\u00e9j\u00e0, il est possible, \u00e0 court terme, d\u2019augmenter l\u2019efficacit\u00e9 d\u2019un traitement \u00bb , affirme Carolina Batista, directrice m\u00e9dicale de la DNDi en Am\u00e9rique latine. Elle cite comme exemple le traitement de la maladie de Chagas, dont le m\u00e9dicament le plus utilis\u00e9 est le benznidazole, cr\u00e9\u00e9 dans les ann\u00e9es 1970.<\/p>\n<p>Entre 2012 et 2013, la DNDi a command\u00e9 une vaste \u00e9tude charg\u00e9e de comparer le benznidazole et l\u2019E1224, une nouvelle mol\u00e9cule prometteuse dans la lutte contre la maladie de Chagas. Les tests in vitro ont donn\u00e9 de bons r\u00e9sultats, par contre il n\u2019en a pas \u00e9t\u00e9 de m\u00eame dans les tests cliniques avec des patients. Malgr\u00e9 tout, une partie de l\u2019\u00e9tude a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 l\u2019efficacit\u00e9 du traitement \u00e0 base de benznidazole chez des patients chroniques. Une autre \u00e9tude publi\u00e9e cette ann\u00e9e par des institutions de recherche espagnoles a prouv\u00e9 que le benznidazole reste le compos\u00e9 le plus efficace pour le traitement de la maladie de Chagas. Mais Carolina Batista rappelle que le probl\u00e8me du benznidazole reste ses\u00a0\u00ab effets secondaires compliqu\u00e9s, comme des allergies et des maux de t\u00eate. Cela montre que m\u00eame un m\u00e9dicament ancien et largement utilis\u00e9 a encore besoin d\u2019\u00eatre am\u00e9lior\u00e9 et \u00e9tudi\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019une des \u00e9tudes qui \u00e9valuent actuellement l\u2019action du benznidazole est men\u00e9e par l\u2019Institut Dante Pazzanese de S\u00e3o Paulo et des institutions du Canada et d\u2019Argentine. Plus de 3 000 patients de diff\u00e9rents pays ont \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9s et les premiers r\u00e9sultats doivent \u00eatre diffus\u00e9s en 2015. Sergio Sosa-Estani, directeur de l\u2019Institut National de Diagnostic et Recherche sur la Maladie de Chagas de Buenos Aires et membre de la DNDi en Argentine, pr\u00e9cise: \u00ab Nous avons d\u00e9j\u00e0 r\u00e9ussi \u00e0 analyser l\u2019action du m\u00e9dicament chez des enfants atteints de la maladie de Chagas, ce qui nous a permis d\u2019en conclure qu\u2019il serait possible de diminuer leurs doses de benznidazole \u00bb.<\/p>\n<div id=\"attachment_204600\" style=\"max-width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Neglig_Goncalves_etal_GA-22.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-204600\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Neglig_Goncalves_etal_GA-22-300x96.jpg\" alt=\"Sur des images trait\u00e9es num\u00e9riquement,  un compos\u00e9 extrait  de fleurs fluorescentes traverse des membranes de  deux \u00e9rythrocytes,  l\u2019un d\u2019eux infect\u00e9  avec un plasmodium de paludisme\" width=\"290\" height=\"93\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">Archives erick bastos (iq-usp) - Images publi\u00e9es dans la revue Plos One<\/span><\/a> Sur des images trait\u00e9es num\u00e9riquement, un compos\u00e9 extrait de fleurs fluorescentes traverse des membranes de deux \u00e9rythrocytes, l\u2019un d\u2019eux infect\u00e9 avec un plasmodium de paludisme<span class=\"media-credits\">Archives erick bastos (iq-usp) - Images publi\u00e9es dans la revue Plos One<\/span><\/p><\/div>\n<p><strong>Expansion de la recherche<\/strong><br \/>\nLes participants de la rencontre ont mis l\u2019accent sur la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9couvrir de nouvelles mol\u00e9cules capables de renforcer la lutte contre les maladies tropicales n\u00e9glig\u00e9es. En 2012, l\u2019OMS a lanc\u00e9 de nouvelles directives sur le contr\u00f4le et l\u2019\u00e9limination de ces maladies jusqu\u2019en 2020. D\u2019apr\u00e8s l\u2019organisation, les d\u00e9fis sont \u00e9normes en ce qui concerne la maladie de Chagas et la leishmaniose. Actuellement, pr\u00e8s de 7,6 millions de personnes sont infect\u00e9es par la maladie de Chagas dans le monde. Mais si l\u2019on tient compte des facteurs de risque (dont les logements pr\u00e9caires dans les r\u00e9gions les plus pauvres), le nombre de personnes qui risque d\u2019attraper la maladie est environ de 100 millions de personnes rien qu\u2019en Am\u00e9rique latine \u2013 conform\u00e9ment aux donn\u00e9es de la DNDi. L\u2019OMS ajoute que seul 4,3 % du total des financements pour des recherches sur les maladies tropicales n\u00e9glig\u00e9es est consacr\u00e9 \u00e0 la maladie de Chagas et \u00e0 la leishmaniose.<\/p>\n<p>Pour combler cette lacune, le MMV et la DNDi ont sign\u00e9 \u00e0 Londres un accord destin\u00e9 \u00e0 \u00e9largir les recherches dans ce domaine. Les institutions re\u00e7oivent des donations de gouvernements, d\u2019entreprises et de fondations (comme celle de Bill et Melinda Gates). Chef du d\u00e9partement de la d\u00e9couverte de m\u00e9dicaments du MMV, Jeremy Burrows explique que l\u2019objectif de l\u2019entit\u00e9 est d\u2019\u00e9laborer de nouveaux compos\u00e9s pour traiter le paludisme, qui atteint annuellement de 80 \u00e0 100 millions de personnes dans le monde: \u00ab Nous collaborons d\u00e9j\u00e0 avec plus de 300 partenaires, et avec l\u2019aide de la science br\u00e9silienne nous pouvons contribuer de mani\u00e8re importante \u00e0 la lutte contre le paludisme \u00bb.<\/p>\n<p>La DNDi est le fruit d\u2019un partenariat entre des institutions publiques de recherche et une partie de l\u2019industrie pharmaceutique. L\u2019entit\u00e9 est n\u00e9e avec l\u2019argent gagn\u00e9 par l\u2019organisation humanitaire M\u00e9decins Sans Fronti\u00e8res \u00e0 l\u2019occasion du Prix Nobel de la Paix en 1999, et aujourd\u2019hui elle administre un r\u00e9seau de 350 collaborations dans 43 pays. Robert Don, directeur des d\u00e9couvertes et du d\u00e9veloppement pr\u00e9clinique de la DNDi, dit que l\u2019entit\u00e9 \u00ab met en contact des universit\u00e9s et l\u2019industrie, qui n\u2019arriveraient pas \u00e0 d\u00e9velopper de nouveaux produits si elles travaillaient seules \u00bb.<\/p>\n<p>Pour le chimiste britannique Simon Campbell, membre de la RSC et consultant des deux entit\u00e9s dans les projets en collaboration avec l\u2019\u00e9quipe de l\u2019Unicamp, la communaut\u00e9 scientifique br\u00e9silienne est reconnue parmi celles qui font des recherches sur les maladies tropicales n\u00e9glig\u00e9es. En outre, elle poss\u00e8de de bons laboratoires et un financement adapt\u00e9. Ce nonobstant, il pense que le pays doit investir davantage dans les domaines de la chimie synth\u00e9tique et m\u00e9dicinale pour transformer la connaissance de la biologie en nouveaux traitements:\u00a0\u00ab Nous avons besoin de traitements plus efficaces et avec moins d\u2019effets secondaires. Une mani\u00e8re d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer ce processus est de travailler en collaboration, et pour cela nous comptons sur le soutien des scientifiques br\u00e9siliens \u00bb .<\/p>\n<p>Cette vision est partag\u00e9e par Vanderlan Bolzani, professeur de l\u2019Institut de Chimie de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019\u00c9tat Paulista (Unesp): \u00ab Nous avons besoin de former une grande masse critique dans le domaine de la chimie synth\u00e9tique, d\u2019encourager des chercheurs plus jeunes \u00e0 travailler la pr\u00e9paration \u00e0 la mise au point de mol\u00e9cules qui puissent contribuer \u00e0 l\u2019\u00e9radication de maladies comme le paludisme et la maladie de Chagas \u00bb. Lors de l\u2019ouverture de la rencontre, le directeur scientifique de la FAPESP, Carlos Henrique de Brito Cruz, a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019un tel \u00e9v\u00e9nement \u00e9tait l\u2019opportunit\u00e9 de rapprocher directement des chercheurs de S\u00e3o Paulo avec d\u2019autres chercheurs du monde et deux fondations scientifiques importantes, la FAPESP et la Royal Society of Chemistry: \u00ab Les institutions concern\u00e9es souhaitent partager des informations de recherche pour aboutir plus rapidement \u00e0 des r\u00e9sultats \u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Des chercheurs r\u00e9fl\u00e9chissent \u00e0 des partenariats en qu\u00eate de traitements de maladies qui int\u00e9ressent peu les industries pharmaceutiques","protected":false},"author":421,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1191],"tags":[],"coauthors":[740],"class_list":["post-204598","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-politique-st"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/204598","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/421"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=204598"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/204598\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=204598"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=204598"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=204598"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=204598"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}