{"id":204640,"date":"2015-12-02T15:06:36","date_gmt":"2015-12-02T17:06:36","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=204640"},"modified":"2015-12-02T17:46:20","modified_gmt":"2015-12-02T19:46:20","slug":"le-scientifique-des-maladies-tropicales","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/le-scientifique-des-maladies-tropicales\/","title":{"rendered":"Le scientifique\u00a0des maladies tropicales"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-204641\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/FCW_Hildebrando_Hildebrando2-681x1024.jpg\" alt=\"FCW_Hildebrando_Hildebrando\" width=\"290\" height=\"436\" \/><span class=\"media-credits-inline\">L\u00c9O RAMOS<\/span><em>Publi\u00e9 en octobre 2014<\/em><\/p>\n<p>Chercheur et m\u00e9decin de sant\u00e9 publique, Luiz Hildebrando Pereira da Silva s\u2019est \u00e9teint \u00e0 S\u00e3o Paulo le 24 septembre, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 86 ans. Il \u00e9tait hospitalis\u00e9 depuis quelques semaines \u00e0 l\u2019Institut du C\u0153ur (InCor) de S\u00e3o Paulo suite \u00e0 une pneumonie. Luiz Hildebrando Pereira da Silva [n.d.t. : commun\u00e9ment appel\u00e9 Luiz Hildebrando] n\u2019a pas r\u00e9agi au traitement et est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 apr\u00e8s une d\u00e9faillance multiple des organes. La veill\u00e9e fun\u00e8bre a \u00e9t\u00e9 r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 la famille et aux proches, dont son grand ami le parasitologue Erney Plessmann de Camargo, professeur de l\u2019Institut de Sciences Biom\u00e9dicales de l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo (USP). Dans les ann\u00e9es 1990, Camargo a men\u00e9 des \u00e9tudes avec Hildebrando sur le paludisme dans l\u2019\u00c9tat de Rond\u00f4nia : \u00ab J\u2019ai connu Hildebrando \u00e0 la facult\u00e9 de m\u00e9decine en 1959 et apr\u00e8s on a travaill\u00e9 ensemble sur plusieurs recherches \u00bb.<\/p>\n<p>Professeur \u00e9m\u00e9rite de l\u2019USP et de l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de Rond\u00f4nia, Luiz Hildebrando \u00e9tait un des plus grands sp\u00e9cialistes mondiaux en maladies tropicales. Il a effectu\u00e9 une grande partie de sa carri\u00e8re \u00e0 l\u2019Institut Pasteur en France, o\u00f9 il s\u2019est exil\u00e9 apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 poursuivi par le gouvernement militaire qui a pris le pouvoir en 1964 \u2013 il \u00e9tait alors professeur \u00e0 la Facult\u00e9 de m\u00e9decine de l\u2019USP. De retour au Br\u00e9sil dans les ann\u00e9es 1990, il a r\u00e9alis\u00e9 des recherches sur le paludisme dans l\u2019\u00c9tat de Rond\u00f4nia.<\/p>\n<p>Dipl\u00f4m\u00e9 en m\u00e9decine \u00e0 l\u2019USP en 1953, l\u2019ann\u00e9e d\u2019apr\u00e8s il est parti avec le parasitologue Samuel Pessoa \u00e0 Miseric\u00f3rdia de Pianc\u00f3 (dans le sert\u00e3o de Para\u00edba) pour participer \u00e0 l\u2019organisation du Laboratoire de Parasitologie et de l\u2019enseignement de la discipline dans la nouvelle Facult\u00e9 de m\u00e9decine de Jo\u00e3o Pessoa. Il y a d\u00e9velopp\u00e9 entre 1954 et 1956 des recherches sur l\u2019\u00e9pid\u00e9miologie de la bilharziose et de la maladie de Chagas. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il a vu, \u00e0 travers la loupe d\u2019un microscope et \u00e0 la lumi\u00e8re d\u2019une simple rallonge \u00e9lectrique, le parasite Schistosoma mansoni, tr\u00e8s fr\u00e9quent dans les zones c\u00f4ti\u00e8res du Nord-Est mais encore inconnu dans le sert\u00e3o. Comme il l\u2019a racont\u00e9 dans une interview accord\u00e9e en 2013 apr\u00e8s avoir remport\u00e9 la 12e \u00e9dition du Prix de la Fondation Conrado Wessel dans la cat\u00e9gorie m\u00e9decine, c\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu\u2019il a ressenti pour la premi\u00e8re fois \u00ab l\u2019\u00e9motion esth\u00e9tique de la d\u00e9couverte \u00bb.<\/p>\n<p>Invit\u00e9 \u00e0 occuper le poste de professeur assistant de parasitologie \u00e0 la FMUSP, il est rentr\u00e9 \u00e0 S\u00e3o Paulo et a d\u00e9velopp\u00e9, entre 1956 et 1960, des recherches sur la chimioth\u00e9rapie de la trypanosomiase am\u00e9ricaine. Re\u00e7u au concours de professeur titulaire, il a obtenu une bourse du Conseil National de Recherche Scientifique et Technologique (CNPq) pour un stage de postdoctorat \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Libre de Bruxelles. En 1962 et 1963, il a travaill\u00e9 \u00e0 l\u2019Institut Pasteur avec le chercheur Fran\u00e7ois Jacob, qui a d\u00e9couvert avec Jacques Monod le mod\u00e8le de r\u00e9gulation de l\u2019expression g\u00e9nique chez les procaryotes \u2013 d\u00e9couverte qui leur a valu le Prix Nobel de m\u00e9decine en 1965. Il est rentr\u00e9 \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 1963 et a organis\u00e9, avec le professeur Camargo, le Laboratoire de G\u00e9n\u00e9tique de Protozoaires \u00e0 la Facult\u00e9 de m\u00e9decine de l\u2019USP.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-204642\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Hildebrando_luiz-h2-300x225.jpg\" alt=\"Hildebrando_luiz h\" width=\"290\" height=\"218\" \/><span class=\"media-credits-inline\">Archives familiales<\/span>C\u2019est alors qu\u2019a \u00e9clat\u00e9 le coup d\u2019\u00e9tat militaire. Militant communiste depuis son adolescence, Luiz Hildebrando a \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9 trois mois sur le bateau Raul Soares pour avoir recueilli des fonds et donn\u00e9 l\u2019asile \u00e0 des personnes recherch\u00e9es. Sur d\u00e9cret du gouverneur Ademar de Barros, il a \u00e9t\u00e9 destitu\u00e9 de ses fonctions le dernier jour du fonctionnement de l\u2019Acte Institutionnel n\u00b01. Nouveau d\u00e9part pour Paris et l\u2019Institut Pasteur. Mais en 1967, encourag\u00e9 par une campagne de rapatriement de scientifiques promue par le Minist\u00e8re br\u00e9silien des Affaires \u00c9trang\u00e8res, il a organis\u00e9 au Br\u00e9sil un cours sur la g\u00e9n\u00e9tique mol\u00e9culaire au d\u00e9partement de biochimie de l\u2019USP. L\u2019ann\u00e9e suivante, il a accept\u00e9 le poste de professeur du d\u00e9partement de g\u00e9n\u00e9tique de l\u2019USP \u00e0 Ribeir\u00e3o Preto et a centr\u00e9 ses recherches sur la g\u00e9n\u00e9tique d\u2019eucaryotes unicellulaires. En 1969, il a \u00e0 nouveau \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9 (en fonction cette fois de l\u2019Acte Institutionnel 5 de la junte militaire) et est reparti \u00e0 Paris, o\u00f9 il a repris ses fonctions au Centre National de Recherche Scientifique (CNRS) et \u00e0 l\u2019Institut Pasteur. Pendant ses ann\u00e9es d\u2019exil, il est devenu une r\u00e9f\u00e9rence intellectuelle des exil\u00e9s br\u00e9siliens en France en occupant le poste de secr\u00e9taire politique de la base du Parti Communiste Br\u00e9silien \u00e0 Paris.<\/p>\n<p>En 1971, il a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 chef de l\u2019Unit\u00e9 de Diff\u00e9renciation Cellulaire du D\u00e9partement de Biologie Mol\u00e9culaire de l\u2019Institut Pasteur. En 1976, il a \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 par Jacques Monod (alors directeur de l\u2019Institut) \u00e0 organiser une nouvelle unit\u00e9 de Parasitologie Exp\u00e9rimentale. L\u2019unit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 1978 dans le but de d\u00e9velopper des recherches sur la biologie mol\u00e9culaire des parasites du paludisme, et en particulier du Plasmodium falciparum. Ce fut une p\u00e9riode d\u2019activit\u00e9s intenses, avec une \u00e9quipe qui a d\u00e9velopp\u00e9 des \u00e9tudes sur des mod\u00e8les exp\u00e9rimentaux et avec des volontaires humains sur des mol\u00e9cules candidates \u00e0 des vaccins contre le paludisme.<\/p>\n<p>En 1990, alors qu\u2019il \u00e9tait encore \u00e0 Paris, il a organis\u00e9 avec Erney Camargo une \u00e9quipe de recherche dans l\u2019\u00c9tat de Rond\u00f4nia. Quand il a pris sa retraite de l\u2019Institut Pasteur en 1996, il a d\u00e9cid\u00e9 de rentrer au Br\u00e9sil. En 1997, il a \u00e9t\u00e9 admis sur concours au poste de professeur titulaire de parasitologie \u00e0 l\u2019USP. Il a alors pris la direction des programmes de recherches \u00e0 Rond\u00f4nia, dans une annexe de l\u2019USP en Amazonie. Les programmes ont permis de r\u00e9duire le taux de paludisme dans la r\u00e9gion de 40 \u00e0 7 % du total des cas de maladie dans la r\u00e9gion amazonienne. L\u00e0-bas il a mont\u00e9 le Centre de M\u00e9decine Tropicale (Cepem) au Secr\u00e9tariat \u00e0 la sant\u00e9 de Rond\u00f4nia. Il a aussi cr\u00e9\u00e9 l\u2019Institut de Recherche en Pathologies Tropicales (Ipepatro), qui r\u00e9unit des sp\u00e9cialistes et des chercheurs dipl\u00f4m\u00e9s de l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de Rond\u00f4nia. L\u2019Ipepatro a \u00e9t\u00e9 absorb\u00e9 par la Fondation Oswaldo Cruz et est devenu l\u2019une des 5 nouvelles unit\u00e9s de la Fiocruz en 2009. Luis Hildebrando Pereira da Silva \u00e9tait mari\u00e9 et p\u00e8re de 5 enfants.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Luiz Hildebrando Pereira da Silva fut l\u2019un des plus grands sp\u00e9cialistes mondiaux en parasitologie","protected":false},"author":475,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1180],"tags":[],"coauthors":[785],"class_list":["post-204640","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-sciences"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/204640","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/475"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=204640"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/204640\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=204640"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=204640"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=204640"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=204640"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}