{"id":204655,"date":"2015-12-02T15:10:15","date_gmt":"2015-12-02T17:10:15","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=204655"},"modified":"2015-12-02T17:46:32","modified_gmt":"2015-12-02T19:46:32","slug":"atmosphere-perturbee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/atmosphere-perturbee\/","title":{"rendered":"Atmosph\u00e8re perturb\u00e9e"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_204656\" style=\"max-width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-204656\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Tita_Venus2-784x1024.jpg\" alt=\"La plan\u00e8te V\u00e9nus, photographi\u00e9e par la sonde europ\u00e9enne Venus Express: pratiquement de la m\u00eame taille que la Terre avec des vents soufflant \u00e0 400 kilom\u00e8tres heure\" width=\"290\" height=\"379\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\"> ESA\/MPS\/DLR\/IDA, M. P\u00c9REZ-AY\u00daCAR &amp; C. WILSON<\/span>La plan\u00e8te V\u00e9nus, photographi\u00e9e par la sonde europ\u00e9enne Venus Express: pratiquement de la m\u00eame taille que la Terre avec des vents soufflant \u00e0 400 kilom\u00e8tres heure<span class=\"media-credits\"> ESA\/MPS\/DLR\/IDA, M. P\u00c9REZ-AY\u00daCAR & C. WILSON<\/span><\/p><\/div>\n<p><em>Publi\u00e9 en novembre 2014<\/em><\/p>\n<p>Les jours sont longs sur V\u00e9nus. La plan\u00e8te tourne tr\u00e8s lentement. Presque aussi grande que la Terre, V\u00e9nus a une p\u00e9riode de rotation de 243 jours. Avec une rotation aussi lente, les m\u00e9t\u00e9orologistes pensaient que l\u2019atmosph\u00e8re v\u00e9nusienne \u00e9tait l\u2019une des plus calmes du Syst\u00e8me Solaire. Toutefois, des sondes envoy\u00e9es sur la plan\u00e8te ont d\u00e9tect\u00e9 dans la haute atmosph\u00e8re des vents violents constants soufflant \u00e0 400 kilom\u00e8tres heure. Des vents d\u2019une telle intensit\u00e9 ne se manifestent g\u00e9n\u00e9ralement sur terre que lors d\u2019ouragans ou, parfois \u00e0 de hautes altitudes. Sur V\u00e9nus, ils soufflent constamment, principalement \u00e0 l\u2019\u00e9quateur.<\/p>\n<p>Pour essayer de comprendre ce myst\u00e8re, le m\u00e9t\u00e9orologiste Jo\u00e3o Rafael Dias Pinto, de l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo (USP), et Jonathan Lloyd Mitchell, astronome de l\u2019Universit\u00e9 de Californie \u00e0 Los Angeles, ont cr\u00e9\u00e9 un mod\u00e8le informatique simplifi\u00e9 de plan\u00e8te avec une atmosph\u00e8re. Des simulations utilisant ce mod\u00e8le et publi\u00e9es en ao\u00fbt dans la revue Icarus d\u00e9crivent correctement pour la premi\u00e8re fois comment se comportent les vents qui balaient V\u00e9nus. Il s\u2019agit d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne connu sous le nom de super-rotation atmosph\u00e9rique et \u00e9galement observ\u00e9 sur Titan, la plus grande lune de Saturne. \u00ab Nous avons d\u00e9tect\u00e9 de nouveaux et d\u2019importants m\u00e9canismes qui nous aident \u00e0 mieux comprendre ces vents \u00bb, d\u00e9clare Jonathan Lloyd Mitchell.<\/p>\n<p>Le secret de la super-rotation, selon ce nouveau mod\u00e8le, r\u00e9side dans le mode de propagation de la chaleur dans l\u2019atmosph\u00e8re de V\u00e9nus et de Titan. La chaleur s\u2019y propage verticalement vers le haut et en direction des p\u00f4les et cela plus lentement que sur Terre. En outre, un type particulier d\u2019ondulation dans l\u2019atmosph\u00e8re affecte les courants de gaz.<\/p>\n<p>V\u00e9nus et Titan sont si dissemblables qu\u2019il est assez curieux que leurs atmosph\u00e8res se comportent de mani\u00e8re identique. La temp\u00e9rature \u00e0 la surface de V\u00e9nus atteint 477 degr\u00e9s Celsius, cons\u00e9quence de l\u2019effet de serre de son atmosph\u00e8re riche en gaz carbonique. Sur Titan, la temp\u00e9rature est de moins 180 degr\u00e9s, et des pluies de m\u00e9thane alimentent des lacs en surface. Cependant, en se posant sur Titan, la sonde spatiale Huygens a d\u00e9couvert en 2005 un profil de vents quasi identique \u00e0 celui observ\u00e9 sur V\u00e9nus par les sondes sovi\u00e9tiques de la s\u00e9rie Venera dans les ann\u00e9es 70 et 80. Les vents qui soufflent faiblement en surface atteignent 360 km\/h \u00e0 l\u2019\u00e9quateur de V\u00e9nus et de Titan et cela \u00e0 plus de 50 kilom\u00e8tres d\u2019altitude. Sur la Terre, ces vents de haute altitude situ\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9quateur ne d\u00e9passent pas 15 km\/h.<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/046-047_Tita-e-Venus_FR-e1448475268676.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-204657\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/046-047_Tita-e-Venus_FR-e1448475268676-300x220.jpg\" alt=\"046-047_Tita e Venus_FR\" width=\"290\" height=\"213\" \/><\/a>Outre la rotation<\/strong><br \/>\nJo\u00e3o Rafael Dias Pinto explique que sur la Terre le d\u00e9placement des masses d\u2019air qui entourent le globe est d\u00fb \u00e0 la diff\u00e9rence de temp\u00e9rature entre l\u2019\u00e9quateur et les p\u00f4les et \u00e0 la rotation de la plan\u00e8te. C\u2019est pour cela que les m\u00e9t\u00e9orologistes s\u2019attendaient \u00e0 des vents plus faibles pour des plan\u00e8tes et satellites ayant une rotation plus lente. Les chercheurs essayaient de comprendre cette super rotation depuis les ann\u00e9es 70 et ont fini par conclure que, outre cette rotation plus lente, il est probable qu\u2019un type sp\u00e9cifique d\u2019oscillations situ\u00e9 dans les mouvements de l\u2019atmosph\u00e8re, les ondes atmosph\u00e9riques, aident \u00e0 cr\u00e9er un jet d\u2019air intense qui se concentre \u00e0 l\u2019\u00e9quateur et qui couvre pratiquement tout le corps c\u00e9leste. \u00ab C\u2019est comme si l\u2019atmosph\u00e8re enti\u00e8re se d\u00e9pla\u00e7ait dans un seul sens \u00bb, explique Jo\u00e3o Rafael Dias Pinto. \u00ab Le probl\u00e8me, c\u2019est que la plupart des mod\u00e8les atmosph\u00e9riques de V\u00e9nus et de Titan, m\u00eame les plus r\u00e9alistes, ne parviennent pas \u00e0 reproduire cette super-rotation \u00bb.<\/p>\n<p>Il s\u2019est mis \u00e0 \u00e9tudier la super rotation au cours de son doctorat et, lors d\u2019une conf\u00e9rence en France en 2011, il a rencontr\u00e9 Mitchell, un sp\u00e9cialiste de Titan et de V\u00e9nus qui souhaitait attaquer de front le probl\u00e8me \u00e0 l\u2019aide d\u2019un mod\u00e8le plus simplifi\u00e9. \u00ab Avec un mod\u00e8le mieux con\u00e7u, je peux mieux contr\u00f4ler la dynamique de l\u2019atmosph\u00e8re \u00bb, explique Jo\u00e3o Rafael Dias Pinto. Il a men\u00e9 des recherches sous l\u2019orientation de Mitchell et des br\u00e9siliens Rosmeri Porf\u00edrio da Rocha et T\u00e9rcio Ambrizzi, de l\u2019Institut d\u2019Astronomie de G\u00e9ophysique et de Sciences Atmosph\u00e9riques (IAG) de l\u2019USP, et est parvenu \u00e0 simuler cette super rotation en utilisant un mod\u00e8le atmosph\u00e9rique utilis\u00e9 pour les pr\u00e9visions m\u00e9t\u00e9orologiques.<\/p>\n<p>En modifiant certains param\u00e8tres de ce mod\u00e8le, Jo\u00e3o Rafael Dias Pinto a d\u00e9couvert que le ralentissement de la rotation de la plan\u00e8te n\u2019\u00e9tait pas suffisant pour acc\u00e9l\u00e9rer la rotation de l\u2019atmosph\u00e8re. \u00ab Jo\u00e3o Rafael a d\u00e9montr\u00e9 que le mod\u00e8le ne d\u00e9clenche une super rotation que s\u2019il transporte plus lentement la chaleur de l\u2019\u00e9quateur vers les p\u00f4les \u00bb, explique Mitchell, observant que sur V\u00e9nus et Titan l\u2019air circule verticalement tr\u00e8s lentement, malgr\u00e9 la force des vents.<\/p>\n<p>Jo\u00e3o Rafael Dias Pinto a \u00e9galement observ\u00e9 dans ses simulations un type sp\u00e9cial d\u2019onde plan\u00e9taire issu des oscillations dans le mouvement d\u2019air \u00e0 l\u2019\u00e9quateur de la plan\u00e8te. \u00ab Il s\u2019agit d\u2019ondes plan\u00e9taires qui produisent et entretiennent la super rotation \u00bb, d\u00e9clare Mitchell.<\/p>\n<p>\u00ab Ces aspects li\u00e9s \u00e0 la super rotation n\u2019avaient jamais \u00e9t\u00e9 analys\u00e9s de mani\u00e8re d\u00e9taill\u00e9e \u00bb, d\u00e9clare S\u00e9bastien Lebonnois, astronome du Centre National de Recherche Scientifique (CNRS) en France et qui \u00e9tudie la super rotation de V\u00e9nus et de Titan. \u00ab Pour confirmer ces analyses, nous aurons besoin d\u2019observations du vent et de la temp\u00e9rature avec un degr\u00e9 de pr\u00e9cision qu\u2019il est m\u00eame difficile d\u2019obtenir sur Terre \u00bb.\u00a0Malgr\u00e9 les difficult\u00e9s, il esp\u00e8re obtenir des donn\u00e9es concr\u00e8tes de la sonde V\u00e9nus Express ou de la sonde Cassini qui survole Titan.<\/p>\n<p><strong>Projet<\/strong><br \/>\nInteraction onde-\u00e9coulement moyen et super-rotation\u00a0atmosph\u00e9rique sur des plan\u00e8tes terrestres (<a href=\"http:\/\/www.bv.fapesp.br\/pt\/bolsas\/137817\/interacao-onda-escoamento-medio-e-superrotacao-atmosferica-em-planetas-terrestres\/\" target=\"_blank\">n\u00ba 12\/13202-8<\/a>); <strong>Modalit\u00e9<\/strong> Bourse de Doctorat \u2013 Stage \u00e0 l\u2019\u00c9tranger;\u00a0<strong>Chercheur responsable<\/strong> Tercio Ambrizzi (IAG\/USP);\u00a0<strong>Boursier<\/strong> Jo\u00e3o Rafael Dias Pinto; <strong>Investissement\u00a0<\/strong>40 381,84 reais (FAPESP).<\/p>\n<p><em>Article scientifique<\/em><br \/>\nDIAS PINTO, J. R. et MITCHELL, J. L. <a href=\"http:\/\/www.sciencedirect.com\/science\/article\/pii\/S0019103514002280\" target=\"_blank\">Atmospheric superrotation in anid ealized GCM: Parameter dependence of the eddy response.<\/a> <strong>Icarus<\/strong>. v. 238. p.93-109. Ao\u00fbt 2014.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Les m\u00e9t\u00e9orologistes veulent comprendre pourquoi les vents soufflent-ils aussi fort sur V\u00e9nus et Titan","protected":false},"author":14,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1180],"tags":[],"coauthors":[103],"class_list":["post-204655","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-sciences"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/204655","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=204655"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/204655\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=204655"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=204655"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=204655"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=204655"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}