{"id":236404,"date":"2013-09-03T13:30:00","date_gmt":"2013-09-03T16:30:00","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/?p=236404"},"modified":"2017-04-18T16:09:41","modified_gmt":"2017-04-18T19:09:41","slug":"le-bond-quantitatif-de-la-recherche-bresilienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/le-bond-quantitatif-de-la-recherche-bresilienne\/","title":{"rendered":"Le bond quantitatif de la recherche br\u00e9silienne"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Futuro.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236405\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-236405\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Futuro-300x85.jpg\" alt=\"Futuro\" width=\"300\" height=\"85\" \/><span class=\"media-credits-inline\">Elizabeth Tognato<\/span><\/a>La petite r\u00e9union informelle s\u2019est tenue chez elle au milieu des couches et des biberons. En cong\u00e9 maternit\u00e9 (elle venait d\u2019\u00eatre m\u00e8re pour la troisi\u00e8me fois), Marie-Anne Van Sluys, \u00e2g\u00e9e de 34 ans et biologiste mol\u00e9culaire \u00e0 l\u2019Institut de Biosciences de l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo (USP), allait participer \u00e0 un nouveau projet de la FAPESP, soutenue par deux coll\u00e8gues du centre, son propre mari Carlos Menck et Mariana de Oliveira \u00e2g\u00e9e de 29 ans. En 1997, personne n\u2019aurait imagin\u00e9 le futur succ\u00e8s de ce projet qui marquerait une \u00e9tape importante de la science br\u00e9silienne. Marie-Anne allait proposer sa candidature au poste de coordinatrice d\u2019un des 30 laboratoires qui parviendraient \u00e0 s\u00e9quencer le g\u00e9nome <em>Xylella fastidiosa,<\/em> bact\u00e9rie provoquant la Chlorose Vari\u00e9gu\u00e9e des Agrumes, maladie des orangeraies connue au Br\u00e9sil sous le nom d\u2019amarelinho. Il s\u2019agissait d\u2019une \u00e9norme responsabilit\u00e9 pour cette jeune fille n\u00e9e de parents belges \u00e0 Rio de Janeiro et qui avait pass\u00e9 son doctorat en France. \u00c0 cette \u00e9poque le Br\u00e9sil ne poss\u00e9dait pas de sp\u00e9cialistes en mati\u00e8re de g\u00e9nomes. \u201cIl y avait une hi\u00e9rarchie entre les groupes de recherche, mais tout le monde \u00e9tait l\u00e0 pour apprendre\u201d, se rappelle Marie-Anne.<\/p>\n<p>Et ils ont appris. Le 13 juillet 2000, Marie-Anne faisait partie des 116 personnes signataires de l\u2019article scientifique historique sur le s\u00e9quencement du g\u00e9nome de la bact\u00e9rie <em>Xylella<\/em>. Les br\u00e9siliens ont \u00e9t\u00e9 les premiers \u00e0 s\u00e9quencer le g\u00e9nome d\u2019un pathog\u00e8ne qui attaque les plantes. Cette d\u00e9couverte leur a valu d\u2019\u00eatre publi\u00e9s et d\u2019appara\u00eetre sur la couverture de la c\u00e9l\u00e8bre revue scientifique <em>Nature<\/em>, fait jusqu\u2019alors in\u00e9dit pour la science br\u00e9silienne. La d\u00e9couverte du g\u00e9nome <em>Xylella<\/em> a eu une \u00e9norme r\u00e9percussion sur le plan national et international, tant dans le milieu scientifique que dans la soci\u00e9t\u00e9 pourtant peu au fait du quotidien des laboratoires de recherche. Les pays d\u00e9velopp\u00e9s, possiblement d\u00e9pit\u00e9s, se sont alors rendus compte que ce g\u00e9ant d\u2019Am\u00e9rique Latine \u00e9tait plus habile et plus versatile qu\u2019ils ne le pensaient. La revue anglaise <em>The Economist<\/em> a alors \u00e9crit \u201cSamba, football et&#8230; g\u00e9nomique\u201d, montrant ainsi que le savoir br\u00e9silien s\u2019\u00e9tendait maintenant \u00e0 un nouveau domaine de la connaissance.<\/p>\n<p>Le s\u00e9quencement du g\u00e9nome de la <em>Xylella<\/em> a \u00e9t\u00e9 une \u00e9tape d\u00e9terminante pour la recherche br\u00e9silienne en fonction de sa r\u00e9percussion mondiale, du profil et des nombreux chercheurs engag\u00e9s et cela malgr\u00e9 les critiques de certains. Ce projet a servi de mod\u00e8le \u00e0 d\u2019autres grands projets comme le r\u00e9seau national du programme G\u00e9nome Br\u00e9silien, cr\u00e9e en 2000 par le Conseil National de D\u00e9veloppement Scientifique et Technologique (CNPq). Ce programme a mont\u00e9 un r\u00e9seau de 25 laboratoires, r\u00e9partis dans 15 \u00e9tats br\u00e9siliens, qui a permis de d\u00e9chiffrer le code g\u00e9n\u00e9tique de la bact\u00e9rie <em>Chromobacterium violaceum<\/em>, d\u00e9couverte importante en biotechnologie. Mais si l\u2019on revient en arri\u00e8re, la nouvelle la plus importante ne concerne peut \u00eatre pas le s\u00e9quencement et les g\u00e8nes. La bonne nouvelle est que durant ces dix ou quinze derni\u00e8res ann\u00e9es, la science br\u00e9silienne dans son ensemble (non seulement en mati\u00e8re de g\u00e9nome) s\u2019est am\u00e9lior\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 reconnue et a atteint des niveaux d\u2019excellence in\u00e9dits sur le plan international. Depuis 1990, le nombre de chercheurs a tripl\u00e9, le nombre d\u2019articles scientifiques r\u00e9dig\u00e9s par des br\u00e9siliens et publi\u00e9s dans des revues internationales a doubl\u00e9, et le nombre de nouveaux docteurs form\u00e9s chaque ann\u00e9e dans le pays a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9 par cinq. \u201cDurant cette p\u00e9riode, la recherche br\u00e9silienne a acquis une nouvelle dimension, a gagn\u00e9 en masse critique et s\u2019est professionnalis\u00e9e\u201d, d\u00e9clare Carlos Henrique de Brito Cruz, recteur de l\u2019Universit\u00e9 Publique de Campinas (Unicamp) et ex-pr\u00e9sident de la FAPESP. Le succ\u00e8s du programme n\u2019\u00e9tait alors que le sommet visible de l\u2019iceberg qui aujourd\u2019hui se r\u00e9v\u00e8le dans son entier.<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/1.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236406\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-236406\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/1-300x199.jpg\" alt=\"1\" width=\"300\" height=\"199\" \/><\/a>Innovation et richesse<br \/>\n<\/strong>Pour l\u2019instant le bond r\u00e9alis\u00e9 par la recherche n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 suivi par le secteur de l\u2019innovation charg\u00e9 de transformer les id\u00e9es de la recherche de base (qui se d\u00e9roule g\u00e9n\u00e9ralement dans les universit\u00e9s publiques), en produits, emplois et richesse pour le pays. Un des indicateurs permettant de mesurer la sant\u00e9 de la recherche technologique d\u2019un pays est le nombre de brevets enregistr\u00e9s aux \u00c9tats-Unis, la plus grande \u00e9conomie du monde. En 1990, le Br\u00e9sil a obtenu 41 brevets (la Cor\u00e9e, 225). En 2001, la situation br\u00e9silienne ne s\u2019\u00e9tait gu\u00e8re am\u00e9lior\u00e9e; 110 nouveaux brevets enregistr\u00e9s pour 3.538 au profit du tigre asiatique. Il est vrai que le nombre de brevets conc\u00e9d\u00e9s aux br\u00e9siliens par l\u2019Institut national de la propri\u00e9t\u00e9 Industrielle (Inpi) \u00e0 Rio Janeiro, a doubl\u00e9 entre 1995 et 2002, passant de 1.445 \u00e0 3.724 brevets. C\u2019est une situation encourageante, sans pour autant \u00eatre r\u00e9volutionnaire. \u201cLes entreprises br\u00e9siliennes ne savent pas encore comment innover. Il s\u2019agit d\u2019une question culturelle. Ce type d\u2019activit\u00e9 implique des risques et demande du temps\u201d, d\u00e9clare Sergio Rezende, pr\u00e9sident de l\u2019organisme Financier d\u2019\u00c9tudes et de Projets (Finep), agence f\u00e9d\u00e9rale de soutien \u00e0 l\u2019innovation.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 tout, ce secteur a quand m\u00eame progress\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la cr\u00e9ation en 1995 du programme Partenariat pour l\u2019Innovation Technologique (PITE), promu par la FAPESP, et qui sert aujourd\u2019hui de mod\u00e8le \u00e0 certains projets identiques r\u00e9alis\u00e9s dans d\u2019autres \u00e9tats br\u00e9siliens et au niveau f\u00e9d\u00e9ral. Le PITE favorise la coop\u00e9ration entre des institutions de recherche de l\u2019\u00e9tat de S\u00e3o Paulo et des entreprises qui s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 la mise au point de produits ou de processus productifs d\u2019un niveau technologique \u00e9lev\u00e9. On esp\u00e8re que la r\u00e9cente loi soumise au Parlement par le Gouvernement F\u00e9d\u00e9ral sera approuv\u00e9e et qu\u2019elle ouvrira la voie au transfert effectif du savoir des centres de recherche vers les entreprises nationales. On esp\u00e8re \u00e9galement que les fonds sectoriels, cr\u00e9\u00e9s en 1999 pour financer l\u2019innovation, parviendront \u00e0 leur destination. \u201cIntroduire l\u2019innovation dans l\u2019ordre du jour du calendrier national est essentiel pour que notre pays devienne \u00e9conomiquement comp\u00e9titif\u201d, d\u00e9clare Carlos Am\u00e9rico Pacheco de l\u2019Institut Economique de l\u2019Unicamp et ex-secr\u00e9taire ex\u00e9cutif du Minist\u00e8re des Sciences et de la Technologie (MCT). Ce th\u00e8me est \u00e0 l\u2019ordre du jour des discours officiels mais ne se refl\u00e8te pas encore dans la politique industrielle. La force de Petrobras, d\u2019Embraer et de l\u2019agrobusiness br\u00e9silien, en partie gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019entreprise de Recherche Agricole Br\u00e9silienne (Embrapa), est encore une exception dans le panorama de l\u2019innovation.<\/p>\n<p><strong>Trois fois plus d\u2019articles<br \/>\n<\/strong>L\u2019augmentation de la publication d\u2019articles br\u00e9siliens dans des revues internationales est un des indicateurs les plus expressifs du renforcement de la recherche nationale. Selon les donn\u00e9es communiqu\u00e9es par l\u2019Institute for Scientific Information (ISI), le nombre d\u2019articles a tripl\u00e9 en 13 ans et le poids de la production nationale a doubl\u00e9 par rapport au reste du monde. Toujours selon l\u2019 ISI, qui contr\u00f4le la production scientifique de 8,5 mille revues dans 21 domaines d\u2019\u00e9tude, les chercheurs br\u00e9siliens ont publi\u00e9 3.552 articles en 1990, soit 0,64% de la production mondiale. En 2002, les chercheurs br\u00e9siliens ont publi\u00e9 11.285 travaux, ce qui correspond \u00e0 1,55% de la production mondiale. \u00c0 titre d\u2019exemple, ce r\u00e9sultat est sup\u00e9rieur \u00e0 la participation br\u00e9silienne dans le commerce international qui est de l\u2019ordre de 0,9%. Le Br\u00e9sil renforce son rang de leader scientifique incontest\u00e9 en Am\u00e9rique Latine. Pr\u00e8s de 44% des articles provenant d\u2019Am\u00e9rique Latine sont br\u00e9siliens. En 1990, ce pourcentage \u00e9tait de 37% (voir tableau ci-dessus). Les chiffres de l\u2019ISI refl\u00e8tent-ils exactement le bond quantitatif et qualitatif de la recherche br\u00e9silienne? Il ne s\u2019agit peut \u00eatre pas du meilleur param\u00e8tre permettant d\u2019expliquer ce ph\u00e9nom\u00e8ne, mais il ne doit pas \u00eatre ignor\u00e9. \u201cEn effet seulement 10% de la production scientifique br\u00e9silienne est publi\u00e9e dans des revues de l\u2019ISI\u201d, d\u00e9clare Evando Mirra, pr\u00e9sident du Centre de Gestion et d\u2019\u00c9tudes Strat\u00e9giques (CGEE) du MCT. \u201c Toutefois cet indicateur est important car il s\u2019agit d\u2019une r\u00e9f\u00e9rence internationale et il permet de faire des comparaisons.\u201d<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi que l\u2019on sait que le Br\u00e9sil est aujourd\u2019hui le 17\u00e8me producteur d\u2019articles scientifiques index\u00e9s. Un sur 65 articles publi\u00e9s dans les revues de r\u00e9f\u00e9rence de l\u2019ISI mentionne le nom d\u2019un scientifique br\u00e9silien. Vingt pays, dont le Br\u00e9sil, totalisent plus de 10 mille articles index\u00e9s par an. Parmi les pays ayant publi\u00e9 moins d\u2019articles que le Br\u00e9sil en 1981, seules la Chine et la Cor\u00e9e l\u2019ont d\u00e9pass\u00e9. En 2002, la Chine \u00e9tait le sixi\u00e8me producteur d\u2019articles index\u00e9s (33 mille travaux) et la Cor\u00e9e occupait le 14\u00e8me rang (15 mille articles). Malgr\u00e9 la mondialisation croissante de la science, la recherche est encore centralis\u00e9e dans les pays les plus riches. Malgr\u00e9 le d\u00e9clin de l\u2019int\u00e9r\u00eat pour la carri\u00e8re scientifique aux \u00c9tats-Unis, ces derniers se situent largement en t\u00eate des pays \u00e0 grande production scientifique. En effet, 33,6 % des articles mondiaux index\u00e9s par l\u2019ISI sont nord-am\u00e9ricains. Le Japon occupe le deuxi\u00e8me rang 9,5%, ensuite viennent le Royaume Uni (9%), l\u2019Allemagne (8,7%) et la France (6,2%).<\/p>\n<p>Les informations de l\u2019ISI nous renseignent \u00e9galement sur les domaines scientifiques br\u00e9siliens les plus publi\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Si on consid\u00e8re toute la production index\u00e9e entre 1998 et 2002, l\u2019agronomie est au premier rang avec 2,96% de la production mondiale. Ensuite viennent la physique (2,12%), les sciences spatiales (1,92%), la microbiologie (1,91%), l\u2019\u00e9tude des plantes et des animaux (1,87%), la pharmacologie (1,57%) et les math\u00e9matiques (1,51%). Ceux qui publient beaucoup ont davantage de chances d\u2019\u00eatre cit\u00e9s par des coll\u00e8gues br\u00e9siliens ou \u00e9trangers. Le nombre de travaux br\u00e9siliens mentionn\u00e9s a \u00e9galement augment\u00e9 mais de mani\u00e8re plus discr\u00e8te. Entre 1992 et 1996, les travaux br\u00e9siliens ont \u00e9t\u00e9 cit\u00e9s en moyenne 1,8 fois par article. Entre 1998 et 2002, cet indice \u00e9tait de l\u2019ordre de deux citations par article scientifique. Toutefois, les travaux br\u00e9siliens sont moins cit\u00e9s que la moyenne de la production mondiale dans tous les domaines d\u2019\u00e9tude. Avec 2,64 citations par travaux publi\u00e9s, cet indice est \u00e0 peine 16% inf\u00e9rieur \u00e0 la moyenne mondiale. La psychologie et la psychiatrie sont les domaines les plus cit\u00e9s. Pour les br\u00e9siliens, le renforcement de la Scientific Electronic Library Online (SciELO) est un autre param\u00e8tre indiquant leur souci de voir leurs travaux publi\u00e9s. Cette biblioth\u00e8que \u00e9lectronique, financ\u00e9e par la FAPESP depuis 1997 avec le soutien du Centre Latino-am\u00e9ricain et du centre d\u2019information carib\u00e9en en Sciences de la sant\u00e9 (Bireme), compte actuellement 123 p\u00e9riodiques br\u00e9siliens, consultables gratuitement. Le CNPq a \u00e9galement investit dans le SciELO depuis 2002.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/2.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236407\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright  wp-image-236407\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/2-902x1024.jpg\" alt=\"2\" width=\"300\" height=\"340\" \/><\/a>Pourquoi la science br\u00e9silienne a autant \u00e9volu\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es\u00a0? La r\u00e9ponse est qu\u2019il y a davantage de personnes qualifi\u00e9es menant des recherches dans le pays et une forte croissance de la professionnalisation des activit\u00e9s de recherche dans les universit\u00e9s et les centres d\u2019\u00e9tudes. De nos jours, le nombre de jeunes qui entrent dans la vie acad\u00e9mique et qui choisissent les sciences augmente constamment.<\/p>\n<p><strong>Davantage de femmes<br \/>\n<\/strong>De 1993 \u00e0 2002, le nombre de chercheurs travaillant dans les universit\u00e9s et les centres de recherche a tripl\u00e9, conform\u00e9ment aux donn\u00e9es du CNPq. Leur nombre est pass\u00e9 de plus de 20 mille \u00e0 pratiquement 60 mille individus, parmi lesquels 60% sont aujourd\u2019hui docteurs (<em>voir tableau ci-dessous<\/em>). 46% des chercheurs sont des femmes. \u201cMais le nombre de femmes \u00e0 la t\u00eate des groupes de recherche est moins important, environ 41%\u201d, d\u00e9clare Jacqueline Leta, de l\u2019Institut de Sciences Biom\u00e9dicales de l\u2019Universit\u00e9 f\u00e9d\u00e9rale de Rio de Janeiro (UFRJ), qui a men\u00e9 une \u00e9tude sur la participation f\u00e9minine dans la recherche br\u00e9silienne. L\u2019ensemble des chercheurs enregistr\u00e9 dans la base de donn\u00e9es du CNPq n\u2019inclut pas ceux travaillant dans le secteur priv\u00e9 et dont le nombre s\u2019\u00e9l\u00e8ve probablement \u00e0 plus de 30 mille individus.<\/p>\n<p>La croissance du nombre de chercheurs a permis \u00e0 la science br\u00e9silienne de s\u2019atteler \u00e0 des projets plus ambitieux, voire de concourir avec les plus grands centres internationaux dans certains domaines. \u201cJusqu\u2019aux ann\u00e9es 80, la communaut\u00e9 scientifique br\u00e9silienne \u00e9tait tr\u00e8s r\u00e9duite. Il y avait un esprit de famille dans la recherche\u201d, d\u00e9clare Brito. \u201cTout le monde connaissait le pr\u00e9nom de ses coll\u00e8gues. Ce n\u2019est plus le cas aujourd\u2019hui.\u201d Les d\u00e9clarations du recteur de l\u2019Unicamp, qui \u00e9tudie les tendances de la production scientifique nationale, ne sont pas une critique aux anciennes g\u00e9n\u00e9rations. Absolument pas. Il y a toujours eu des gens qualifi\u00e9s d\u00e9veloppant des travaux de qualit\u00e9 dans le pays, mais auparavant le nombre de chercheurs \u00e9tait limit\u00e9. Ils faisaient partie d\u2019un club r\u00e9duit et ferm\u00e9. Leur nombre n\u2019aurait m\u00eame pas permis de remplir un stade de football. Il y avait une certaine interaction entre ces chercheurs mais qui \u00e9tait surtout le fruit de bons rapports et de liens d\u2019amiti\u00e9, et non pas de projets pens\u00e9s en commun avec la communaut\u00e9 scientifique et les agences de soutien. \u201cLa collaboration entre les chercheurs \u00e9tait fortuite. Maintenant ces collaborations sont institutionnelles\u201d, d\u00e9clare Jos\u00e9 Fernando Perez, directeur scientifique de la FAPESP. Les groupes de recherches br\u00e9siliens ont \u00e9galement acquis davantage de maturit\u00e9. \u201cIls ont d\u00e9pass\u00e9 l\u2019ancienne vision comp\u00e9titive et ont commenc\u00e9 \u00e0 coop\u00e9rer davantage \u201d, rajoute Perez.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9tat de S\u00e3o Paulo concentre 50% des recherches men\u00e9es dans le pays. Il a \u00e9t\u00e9 le pionnier dans cette nouvelle approche de la science, mettant l\u2019accent sur de grands projets multidisciplinaires et favorisant le travail d\u2019\u00e9quipe pour atteindre des r\u00e9sultats significatifs. Les projets th\u00e9matiques de la FAPESP, cr\u00e9\u00e9s en 1990, sont un exemple de la maturit\u00e9 acquise par la science br\u00e9silienne. Jusqu\u2019en 2001, la Fondation avait investit 230 millions de R\u00e9aux dans 624 projets multidisciplinaires. Gr\u00e2ce au nombre croissant de chercheurs et une meilleure organisation, la recherche a pu d\u00e9velopper des projets ambitieux comme le programme Biota, institut virtuel qui regroupe 500 chercheurs dans le but de recenser l\u2019ensemble de la biodiversit\u00e9 pauliste. La Fondation est \u00e9galement \u00e0 l\u2019origine d\u2019un projet br\u00e9silien tr\u00e8s ambitieux \u00e0 travers un montage poltico-financier qui a permis la concr\u00e9tisation d\u2019un projet international litt\u00e9ralement astronomique. Il s\u2019agit de la construction de l\u2019Observatoire du Sud pour la Recherche en Astrophysique, appel\u00e9 Soar et r\u00e9cemment inaugur\u00e9 au Chili. Cet observatoire n\u2019a pas d\u2019\u00e9gal sur la Terre. Son seul concurrent est le t\u00e9lescope Hubble. Il devrait donc donner une nouvelle impulsion \u00e0 l\u2019astrophysique br\u00e9silienne. La participation financi\u00e8re br\u00e9silienne \u00e0 ce projet s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 12 millions de R\u00e9aux pour un co\u00fbt total de 28 millions de R\u00e9aux, ce qui permet au Br\u00e9sil de b\u00e9n\u00e9ficier de 34% du temps d\u2019observation du t\u00e9lescope andin (voir reportage sur le Soar).<\/p>\n<p>Sur le plan f\u00e9d\u00e9ral, de r\u00e9centes initiatives ont encourag\u00e9 le travail multidisciplinaire et multicentrique en regroupant les comp\u00e9tences compl\u00e9mentaires n\u00e9cessaires pour mener des recherches sur les grands th\u00e8mes scientifiques de base ou de recherche appliqu\u00e9e. La cr\u00e9ation par le MCT\/CNPq du programme Institutos do Mil\u00eanio (Instituts du Mill\u00e9nium) en 2001 s\u2019ins\u00e8re dans ce contexte.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/3.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236408\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-236408\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/3-300x228.jpg\" alt=\"3\" width=\"300\" height=\"228\" \/><\/a>Ces projets favorisent le travail en r\u00e9seau de nombreux chercheurs r\u00e9partis dans diff\u00e9rentes institutions et diff\u00e9rents \u00e9tats. On recense actuellement 17 Instituts du mill\u00e9nium travaillant sur des th\u00e8mes les plus divers comme les nanosciences, les math\u00e9matiques, la th\u00e9rapie cellulaire, les ressources c\u00f4ti\u00e8res et le g\u00e9nome des agrumes. Le lancement en 1996 du Programme de Soutien aux Centres d\u2019Excellence (Pronex) est \u00e9galement une initiative qui a fortement stimul\u00e9 les chercheurs br\u00e9siliens. \u201cCes deux programmes sont excellents et poss\u00e8dent de nouvelles formes de financement \u00e0 long terme mais leur mise en \u0153uvre est probl\u00e9matique\u201d, d\u00e9clare Luiz Davidovich, de l\u2019Institut de Physique de l\u2019UFRJ et coordinateur de l\u2019Institut du Millenium sur l\u2019information quantitative.<\/p>\n<p><strong>Financement irr\u00e9gulier<br \/>\n<\/strong>Le financement f\u00e9d\u00e9ral irr\u00e9gulier des sciences et de la technologie freine leur d\u00e9veloppement. Le pays leur consacre 1% do Produit Interne Brut (PIB), desquels 60% proviennent du pouvoir public (gouvernement f\u00e9d\u00e9ral et \u00e0 un niveau moindre les \u00e9tats) et 40% du secteur priv\u00e9. Les nations d\u00e9velopp\u00e9es consacrent proportionnellement deux ou trois fois plus de subventions \u00e0 ce secteur. L\u2019investissement priv\u00e9 dans la recherche br\u00e9silienne est encore faible, mais la situation a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 plus dramatique. Il y a quelques ann\u00e9es, les subventions vers\u00e9es par les entreprises ne repr\u00e9sentaient que 10% du total d\u00e9pens\u00e9 par les sciences. \u201cL\u2019objectif est d\u2019investir au moins 2% de notre PIB avec une plus grande participation du secteur priv\u00e9\u201d, d\u00e9clare le m\u00e9decin Eduardo Moacyr Krieger, de l\u2019Institut du Coeur (Incor), \u00e0 S\u00e3o Paulo, et pr\u00e9sident de l\u2019Acad\u00e9mie Br\u00e9silienne de Sciences (ABC). Gr\u00e2ce au soutien de la FAPESP et \u00e0 un trio d\u2019universit\u00e9s publiques de premier ordre (USP, Unicamp et Unesp), S\u00e3o Paulo est un \u00e9tat privil\u00e9gi\u00e9 dans le contexte national. Il souffre moins des variations budg\u00e9taires gouvernementales destin\u00e9es \u00e0 la recherche. (Voir ci-dessous tableau de l\u2019\u00e9volution des fonds f\u00e9d\u00e9raux destin\u00e9s \u00e0 la science ces derni\u00e8res ann\u00e9es).<\/p>\n<p>Dans les autres \u00e9tats br\u00e9siliens, o\u00f9 le syst\u00e8me public en mati\u00e8re de sciences d\u00e9pend davantage des subventions gouvernementales et de l\u2019infrastructure des universit\u00e9s f\u00e9d\u00e9rales, la vuln\u00e9rabilit\u00e9 est plus grande et g\u00e9n\u00e8re des situations quasi irr\u00e9elles. \u201cIl y a des \u00eelots d\u2019excellence dans un oc\u00e9an de mis\u00e8re\u201d, d\u00e9clare Davidovich. \u201c\u00c0 l\u2019UFRJ, nous poss\u00e9dons des laboratoires modernes situ\u00e9s dans des \u00e9difices sans \u00e9clairage, avec des goutti\u00e8res et des murs qui risquent de s\u2019effondrer.\u201d Pour renverser cette situation, certaines \u00e9quipes de pointe originaires de diff\u00e9rents \u00e9tats br\u00e9siliens essayent d\u2019\u00e9tablir des partenariats avec des centres poss\u00e9dant de meilleures conditions financi\u00e8res. \u201cDurant les moments de crise, la meilleure solution est d\u2019intensifier la coop\u00e9ration avec des coll\u00e8gues de S\u00e3o Paulo et de l\u2019\u00e9tranger\u201d, d\u00e9clare le neuroscientifique Iv\u00e1n Izquierdo, de l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale du Rio Grande do Sul (UFRGS).<\/p>\n<p>Comment expliquer l\u2019ascension de la recherche br\u00e9silienne sur le plan international depuis les ann\u00e9es 90, sans une augmentation expressive et r\u00e9guli\u00e8re des subventions destin\u00e9es \u00e0 la science\u00a0? La r\u00e9ponse est un secret de polichinelle. Le Br\u00e9sil a poursuivi une politique publique mise en oeuvre dans les ann\u00e9es 60 et a construit un syst\u00e8me d\u2019enseignement universitaire, principalement dans les universit\u00e9s publiques. C\u2019est de cet enseignement universitaire que sortent les nouveaux docteurs es sciences qui font cro\u00eetre la recherche nationale. Jusqu\u2019aux ann\u00e9es 80, les aspirants chercheurs voulant se sp\u00e9cialiser dans des domaines de pointe avaient peu d\u2019options et le chemin le plus court \u00e9tait de prendre l\u2019avion et de s\u2019envoler vers les \u00c9tats-Unis ou l\u2019Europe avec en poche une bourse d\u00e9livr\u00e9e par une agence de soutien nationale (ou m\u00eame \u00e9trang\u00e8re). De nos jours ce n\u2019est plus le cas. \u201c\u00c0 mon \u00e9poque il fallait partir \u00e0 l\u2019\u00e9tranger pour se sp\u00e9cialiser en biologie mol\u00e9culaire des plantes\u201d, d\u00e9clare Marie-Anne Van Sluys. \u201cMaintenant il est possible de passer son doctorat ici, tout en apprenant des techniques de pointe\u201d.\u2019L\u2019enseignement universitaire s\u2019est r\u00e9pandu dans le pays. En 1990, les programmes nationaux d\u2019enseignement universitaire ont form\u00e9 1.410 docteurs. L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, pr\u00e8s de 7.300 personnes ont re\u00e7u ce dipl\u00f4me au Br\u00e9sil (<em>voir graphique page ci-contre<\/em>).<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/4.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236409\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-236409\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/4-754x1024.jpg\" alt=\"4\" width=\"300\" height=\"407\" \/><\/a>Le futur de la science br\u00e9silienne, principalement en mati\u00e8re de technologie et d\u2019innovation, d\u00e9pendra des opportunit\u00e9s offertes \u00e0 cette vague croissante de docteurs qui repr\u00e9sente un capital humain pr\u00e9cieux. Au 21\u00e8me si\u00e8cle, peu de pays forment autant de docteurs que le Br\u00e9sil chaque ann\u00e9e. Mais quel sera l\u2019avenir de cette main d\u2019oeuvre hautement qualifi\u00e9e\u00a0? Il n\u2019y a pas (et il ne peut y avoir) assez de place pour tous ceux qui aspirent au m\u00e9tier de chercheur dans les centres nationaux de recherche. Une partie de ces chercheurs sera cependant absorb\u00e9e par les universit\u00e9s, d\u00fbment financ\u00e9es et encourag\u00e9es, afin d\u2019\u00e9lever l\u2019excellence et le poids de la recherche de base br\u00e9silienne. Certains docteurs \u00e9migreront in\u00e9vitablement vers les grands centres internationaux. Et les autres\u00a0? De nombreux jeunes chercheurs choisiront le secteur priv\u00e9 o\u00f9 ils pourront r\u00e9soudre deux probl\u00e8mes, tout d\u2019abord d\u2019ordre personnel en trouvant un emploi et ensuite d\u2019ordre structurel pour l\u2019\u00e9conomie du pays (encourager la recherche et l\u2019innovation dans le milieu entrepreneurial).<\/p>\n<p>Jos\u00e9 Fernando Perez de la FAPESP, Fernando Reinach de l\u2019Institut de Chimie de l\u2019USP et le pr\u00e9sident d\u2019Alellyx, entreprise br\u00e9silienne de biotechnologie, ont r\u00e9cemment propos\u00e9 un projet visant \u00e0 aider les nouveaux docteurs et l\u2019innovation. Les entreprises qui embauchent de jeunes chercheurs pour mener des activit\u00e9s de Recherches et de D\u00e9veloppement pourraient b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une exon\u00e9ration des charges sociales, inh\u00e9rentes au recrutement de ces individus. Cet encouragement serait valable durant les dix premi\u00e8res ann\u00e9es apr\u00e8s l\u2019obtention du dipl\u00f4me. Les auteurs de cette id\u00e9e estiment que 50 mille nouveaux docteurs pourraient b\u00e9n\u00e9ficier de cette proposition dans les dix prochaines ann\u00e9es. \u201cL\u2019impact de cette mesure sera imm\u00e9diat\u201d, d\u00e9clarent Perez et Reinach. \u201cLes co\u00fbts d\u2019embauche diminueront de 50%\u201d. Dans un d\u00e9partement de recherche, c\u2019est le recrutement qui co\u00fbte le plus cher aux entreprises. Cette mesure pourrait avoir des effets b\u00e9n\u00e9fiques pour le pays car elle favoriserait une augmentation des offres d\u2019emplois, la cr\u00e9ation d\u2019entreprises de base technologique, un accroissement des investissements priv\u00e9s dans l\u2019enseignement universitaire et un plus grand rapprochement entre l\u2019universit\u00e9 et l\u2019industrie. La science br\u00e9silienne a d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9 un bond important. Maintenant c\u2019est au tour de l\u2019innovation.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La recherche br\u00e9silienne se professionnalise, adopte le travail en groupe et am\u00e9liore son rang dans le monde ","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1191],"tags":[],"coauthors":[101],"class_list":["post-236404","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-politique-st"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/236404","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=236404"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/236404\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=236404"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=236404"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=236404"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=236404"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}