{"id":236529,"date":"2013-09-03T15:10:53","date_gmt":"2013-09-03T18:10:53","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/?p=236529"},"modified":"2017-04-19T14:11:25","modified_gmt":"2017-04-19T17:11:25","slug":"la-nuit-dans-le-sertao","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/la-nuit-dans-le-sertao\/","title":{"rendered":"La nuit, dans le <em>sert\u00e3o<\/em>"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_236530\" style=\"max-width: 307px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Caatinga-1.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236530\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-236530\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Caatinga-1-297x300.jpg\" alt=\"La chauve-souris Glossophaga  soricina visite le cactus  Pilosocereus catinguicola:  gains r\u00e9ciproques\" width=\"297\" height=\"300\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">ISABEL MACHADO<\/span><\/a> La chauve-souris <em>Glossophaga soricina<\/em> visite le cactus <em>Pilosocereus catinguicola<\/em>: gains r\u00e9ciproques<span class=\"media-credits\">ISABEL MACHADO<\/span><\/p><\/div>\n<p><em>Publi\u00e9 en f\u00e9vrier 2005<\/em><\/p>\n<p>D\u00e8s qu\u2019il fait nuit, les chauves-souris envahissent le ciel de la <em>Caatinga<\/em>. Elles ne sont pas \u00e0 la recherche de sang \u2013 les esp\u00e8ces h\u00e9matophages sont la minorit\u00e9 parmi ces mammif\u00e8res \u2013 mais de nectar, particuli\u00e8rement celui des fleurs des cactus, blanches ou verd\u00e2tres, qui s\u2019\u00e9panouissent au cr\u00e9puscule, et ressortent dans l\u2019obscurit\u00e9. Moins nombreux parmi les pollinisateurs d\u2019autres \u00e9cosyst\u00e8mes br\u00e9siliens, les chauves-souris correspondent \u00e0 13% des animaux qui, en transportant du pollen, garantissent la reproduction des plantes de la r\u00e9gion du semi-aride br\u00e9silien. Elles ne perdent que pour les abeilles et les colibris, suivant une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e par l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de Pernambouc (UFPE) qui \u00e9valua les particularit\u00e9s et la fr\u00e9quence de la pollinisation parmi 147 esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales de la <em>Caatinga<\/em> \u2013 incluant les arbres jusqu\u2019aux plantes rampantes. Dans le Cerrado, dans les langues de sables (<em>restingas<\/em>) et dans les for\u00eats humides, les chauves-souris se retrouvent normalement au bout de la liste des pollinisateurs, avec un pourcentage jusqu\u2019\u00e0 dix fois inf\u00e9rieur aux autres animaux, bien apr\u00e8s les gu\u00eapes, les scarab\u00e9s, les papillons de nuit, les papillons et les mouches.<\/p>\n<p>Attir\u00e9s probablement par l\u2019abondance de cactus ou par les cavernes, ces animaux impressionnants assument le r\u00f4le de cupidons ang\u00e9licaux parmi la flore du <em>sert\u00e3o<\/em>. Dans ce cas, la fl\u00e8che est un museau prolong\u00e9, et le but, le stigmate \u2013 la structure de la fleur qui re\u00e7oit le pollen, une fine poudre form\u00e9e par des cellules reproductrices masculines, lib\u00e9r\u00e9 pas de minces tiges, les anth\u00e8res. \u00c0 la recherche du nectar, liquide riche en sucres qui leur sert d\u2019aliment, les chauves-souris nectarivores \u00e9tirent leur langue \u00e9troite, cylindrique et rouge\u00e2tre, \u00e0 la pointe de laquelle se trouvent des touffes de poils courts, les papilles. Elles touchent le pollen \u00e9galement avec leur museau ou d\u2019autres parties de leur corps. Adh\u00e9rant ainsi \u00e0 la peau de la chauve-souris, le pollen est transport\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019organe reproductif f\u00e9minin des fleurs. Le pollen d\u00e9pend presque toujours d\u2019un agent externe \u2013 vent, animal ou eau \u2013 pour atteindre le stigmate de la m\u00eame ou d\u2019une autre fleur\u00a0: c\u2019est quand les cellules masculines et f\u00e9minines se rencontrent et la fertilisation a lieu.<\/p>\n<p>C\u2019est de cette fa\u00e7on que la chauve-souris entre dans le cycle de vie des cactus, qui appartiennent \u00e0 l\u2019une des trois familles des plantes les plus abondantes de la <em>Caatinga<\/em>, avec 41 esp\u00e8ces end\u00e9miques ou uniques \u00e0 cet \u00e9cosyst\u00e8me, le seul exclusivement br\u00e9silien, qui s\u2019\u00e9tend sur 800 mil kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la r\u00e9gion du <em>Nordeste<\/em>. Tout entre eux\u2013 chauves-souris et cactus \u2013 semble s\u2019embo\u00eeter, dans un complexe casse-t\u00eate \u00e9volutif. Les fleurs des plusieurs esp\u00e8ces de cactus sont nocturnes, ainsi comme les chauves-souris, et leurs couleurs sont claires, puisque, dans l\u2019obscurit\u00e9, le rouge et l\u2019orange feraient peu de diff\u00e9rence pour ces animaux, qui voient mal.<\/p>\n<p>L\u2019odeur est, elle, le grand attractif. \u201cL\u2019odorat des chauves-souris est plus d\u00e9velopp\u00e9 que leur vision, c\u2019est pour \u00e7a que l\u2019odeur forte et sucr\u00e9e des fleurs des cactus qui, pour nous, est \u00e9c\u0153urant, fait plus de diff\u00e9rence que les couleurs\u201d, affirme la biologiste Isabel Cristina Machado, coordinatrice de l\u2019\u00e9tude d\u00e9velopp\u00e9e conjointement avec Ariadna Lopes, \u00e9galement de l\u2019UFPE, et qui a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e dans la revue <em>brit\u00e2nica<\/em><em> Annals of Botany<\/em>. Ces mammif\u00e8res volants poss\u00e8dent \u00e9galement les dents incisives atrophi\u00e9es, ce qui facilite le passage de la longue langue avec laquelle elles collectent le doux nectar. C\u2019est le cas de la <em>Glossophaga soricina<\/em>, une petite chauve-souris \u2013 elle p\u00e8se environ 10 grammes \u2013 qui poss\u00e8de un pelage marron fonc\u00e9 et pr\u00e8s de 20 centim\u00e8tres d\u2019envergure. Elle ressemble \u00e0 une souris ail\u00e9e.<\/p>\n<div id=\"attachment_236531\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Caatinga-2.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236531\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-236531\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Caatinga-2-300x214.jpg\" alt=\"Rencontres sous le soleil : en haut,  l\u2019Angelonia pubescens \u00e0 l\u2019attente de l\u2019abeille pollinisatrice...\" width=\"300\" height=\"214\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">ISABEL MACHADO<\/span><\/a> Rencontres sous le soleil : en haut,<br \/>l\u2019<em>Angelonia pubescens<\/em> \u00e0 l\u2019attente de l\u2019abeille pollinisatrice&#8230;<span class=\"media-credits\">ISABEL MACHADO<\/span><\/p><\/div>\n<p><strong>Peur et froid<br \/>\n<\/strong>Prendre des photos pour faire le registre et identifier les chauves-souris a \u00e9t\u00e9 une \u00e9preuve de feu pour Isabel, qui ne cache pas la peur qu\u2019elle ressentait parfois \u00e0 leur \u00e9gard : \u201cPar moments, elles \u00e9taient si proches que je pensai qu\u2019elles allaient me toucher\u201d. D\u2019autres moments difficiles pour elle et pour Ariadna ont \u00e9t\u00e9 les longues heures d\u2019observation, la nuit, quand il fait froid dans le <em>sert\u00e3o<\/em>. \u201cNous avions le torticolis de tant fixer attentivement les fleurs, pour ne pas rater la photo au cas d\u2019une visite, qui ne dure qu\u2019une fraction de secondes \u201d, raconte Isabel. Ariadna et elle ont confirm\u00e9 les processus de pollinisation de 99 esp\u00e8ces de plantes dans trois zones de la <em>Caatinga<\/em> \u00e0 Pernambouc : les alentours de la commune d\u2019Alagoinha, \u00e0 200 kilom\u00e8tres du littoral ; le Parc National de la Vall\u00e9e du Catimbau, \u00e0 Bu\u00edque, \u00e0 285 kilom\u00e8tres de la c\u00f4te ; et une r\u00e9serve de la station exp\u00e9rimentale de l\u2019Entreprise Pernamboucaine de Recherche Agro-pastorale \u00e0 Serra Talhada, \u00e0 700 kilom\u00e8tres de Recife.<\/p>\n<p>Une seule fleur de <em>xiquexique<\/em> (<em>Pilosocereus gounellei<\/em>) ou de <em>facheiro (Pilosocereus pentaedrophorus<\/em>), esp\u00e8ces exclusives de la <em>Caatinga<\/em>, ou de tout autre cactus chiropt\u00e8rophile \u2013 qui est pollinis\u00e9 par les chauves-souris \u2013, produit jusqu\u2019\u00e0 200 microlitres de nectar par jour, un volume 50 \u00e0 plus de 100 fois plus important que celui lib\u00e9r\u00e9 par d\u2019autres plantes qui, plus parcimonieuses, offrent \u00e0 ses pollinisateurs \u00e0 peine de 3 \u00e0 5 microlitres du doux aliment. \u201cCette quantit\u00e9 de nectar des fleurs de cactus est une r\u00e9compense \u00e0 la visite d\u2019une chauve-souris, un pollinisateur qui est bien plus grand et a besoin de plus d\u2019aliment qu\u2019une abeille\u201d, explique Isabel.<\/p>\n<p>La gourmande chauve-souris ne fait concurrence qu\u2019au colibri, un autre pollinisateur de la flore de la r\u00e9gion du semi-aride, qui compense l\u2019effort de vol en ing\u00e9rant beaucoup de nectar. C\u2019est le cas du colibri connu sous le nom de <em>rabo-branco-de-cauda-larga<\/em> (queue-blanche-\u00e0-la-large-tra\u00eene, <em>Phaethornis gounellei<\/em>), une esp\u00e8ce au bec long et recourb\u00e9, end\u00e9mique au Nordeste, que l\u2019on retrouve dans des zones de <em>Caatinga<\/em> du Piau\u00ed \u00e0 Bahia, et qui a l\u2019habitude de rendre visite aux brom\u00e9lias pendant le jour. Avec les colibris, le rapport est diff\u00e9rent\u00a0: \u00e0 la place de l\u2019odeur, comme il arrive avec les chauves-souris, ce qui attire ces oiseaux est la couleur des fleurs. Le rouge est la couleur pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e non seulement des colibris mais des oiseaux en g\u00e9n\u00e9ral. Les abeilles, par contre, sont moins exigeantes\u00a0: elles rendent visite aux fleurs lilas, bleus, jaunes, violettes et orange.<\/p>\n<p>Mais les deux botanistes de Pernambouc alertent qu\u2019il n\u2019est pas possible de d\u00e9duire, uniquement par la couleur de la fleur, quel est le pollinisateur. Les analyses plus d\u00e9taill\u00e9es prennent en compte une s\u00e9rie d\u2019autres caract\u00e9ristiques des fleurs, comme la forme, l\u2019odeur, la taille, le moment de la journ\u00e9e o\u00f9 elles s\u2019\u00e9panouissent et les r\u00e9compenses qu\u2019elles offrent aux animaux qui transportent le pollen au stigmate \u2013 certaines offrent aussi des huiles florales, en outre du nectar. \u201cUne variable peut en exclure une autre \u201d, dit Isabel. \u201cLa fleur rouge d\u2019une brom\u00e9liac\u00e9e ou d\u2019un cactus, g\u00e9n\u00e9ralement sans parfum, est associ\u00e9e \u00e0 la pollinisation par les colibris et par d\u2019autres oiseaux, qui n\u2019ont pas d\u2019odorat d\u00e9velopp\u00e9. Les abeilles, \u00e0 leur tour, ne voient pas bien le rouge, mais sentent l\u2019odeur.\u201d<\/p>\n<div id=\"attachment_236532\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Caatinga-3.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236532\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-236532\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Caatinga-3-300x284.jpg\" alt=\"...\u00e0 c\u00f4t\u00e9, le colibri m\u00e2le Chlorostilbon  aureoventris et  le cactus Opuntia palmadora...\" width=\"300\" height=\"284\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">ISABEL MACHADO<\/span><\/a> &#8230;\u00e0 c\u00f4t\u00e9, le colibri m\u00e2le <em>Chlorostilbon<\/em><br \/><em>aureoventris<\/em> et le cactus <em>Opuntia palmadora<\/em>&#8230;<span class=\"media-credits\">ISABEL MACHADO<\/span><\/p><\/div>\n<p><strong>Avec les jambes<br \/>\n<\/strong>Les abeilles moyennes et grandes, avec 1, 2 \u00e0 3 centim\u00e8tres de longueur, sont en t\u00eate de la pollinisation dans la <em>Caatinga<\/em>, o\u00f9 elles aident \u00e0 la fertilisation de 30% des plantes. Elles sont le principal groupe de pollinisateurs \u00e9galement dans le <em>Cerrado<\/em> (65%), dans les langues de sables (<em>restingas<\/em>) (41%) et dans les for\u00eats humides, comme l\u2019Amazonienne ou la For\u00eat Atlantique (25%). C\u2019est aussi l\u2019animal qui utilise le plus les ressources offertes par les fleurs \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la r\u00e9gion Nordeste. Il y a des abeilles qui collectent de tout\u00a0: du nectar, un aliment calorique\u00a0; du pollen, riche en prot\u00e9ines\u00a0; des huiles florales, aliment pour les larves\u00a0; et les r\u00e9sines utilis\u00e9es dans la construction des nids.<\/p>\n<p>Il existe, m\u00eame ainsi, des particularit\u00e9s. \u201cNi la chauve-souris, ni le colibri, ni la mouche, ni aucun autre pollinisateur ne collecte des huiles florales \u201d, affirme Isabel. Si une plante n\u2019offre que des huiles, on peut conclure qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une plante dont la pollinisation est limit\u00e9e aux abeilles. Mais pas \u00e0 n\u2019importe quelle abeille\u00a0: uniquement aux abeilles de certaines familles, telle l\u2019<em>Anthophoridae<\/em>, avec des esp\u00e8ces marrons et d\u2019autres presque noires, dont les pattes ant\u00e9rieures et m\u00e9dianes poss\u00e8dent des poils rigides qui forment une esp\u00e8ce de peigne qui facilite la collecte des huiles produites par les fleurs.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 des dizaines d\u2019observations, de plus de quatre heures d\u2019affil\u00e9, et qui ont r\u00e9sult\u00e9 en de nombreuses piq\u00fbres d\u2019insectes, Isabel a d\u00e9couvert que les abeilles qui se posaient sur les fleurs lilas, bleut\u00e9es ou m\u00eame violettes d\u2019un petit arbuste appel\u00e9 <em>Angelonia pubescens<\/em> pratiquaient la pollinisation de la plante, tandis qu\u2019elles collectaient des huiles de la fleur dans deux cavit\u00e9s plac\u00e9es dans les p\u00e9tales. \u201cLe nectar, les abeilles le r\u00e9coltent avec la langue, mais pour les huiles, cela doit \u00eatre fait avec les pattes \u201d, observe la chercheuse de Pernambouc. \u201cDans les deux cas, la collecte du pollen sur les fleurs est passive, non intentionnelle.\u201d<\/p>\n<p>L\u2019abeille <em>Centris hyptides<\/em> s\u2019embo\u00eete litt\u00e9ralement dans la fleur lors de la r\u00e9colte du nectar. Marron, avec environ 1,5 centim\u00e8tre, cette esp\u00e8ce unique du <em>sert\u00e3o<\/em> du Nordeste br\u00e9silien se pose sur la fleur lorsqu&#8217;elle r\u00e9colte l\u2019huile, qui se trouve sur les p\u00e9tales inf\u00e9rieurs. C\u2019est comme si elle attrapait la fleur avec les pattes. Le dos de l\u2019insecte touche l\u2019\u00e9tamine \u2013 la structure masculine de la fleur \u2013 et conduit le pollen vers le stigmate. Cette esp\u00e8ce poss\u00e8de les pattes ant\u00e9rieures allong\u00e9es, une particularit\u00e9 qui lui conf\u00e8re plus d\u2019efficacit\u00e9 dans la collecte des huiles des fleurs de l\u2019<em>Angelonia<\/em>. Le plus commun c\u2019est que, des trois pattes que les abeilles poss\u00e8dent de chaque c\u00f4t\u00e9 du corps, les plus longues soient celles du milieu.<\/p>\n<p>Une autre abeille exclusive de la <em>Caatinga<\/em> adapt\u00e9e \u00e0 la pollinisation d\u2019une petite plante herbac\u00e9e, est la <em>Tapinotaspis nordestina<\/em>, qui mesure presque un centim\u00e8tre et qui, elle, poss\u00e8de les pattes m\u00e9dianes plus allong\u00e9es. Cette esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e par le groupe d\u2019Isabel en 2002, \u00e0 partir d\u2019exemplaires collect\u00e9s \u00e0 Bu\u00edque. \u00c7a n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 la seule. Au cours de ces deux derni\u00e8res ann\u00e9es, des sp\u00e9cialistes en classification d\u2019abeilles ont nomm\u00e9 les autres quatre esp\u00e8ces, jusqu\u2019\u00e0 lors inconnues, gr\u00e2ce aux exemplaires qu\u2019Isabel et son groupe ont collect\u00e9 dans la <em>Caatinga<\/em>.<\/p>\n<div id=\"attachment_236533\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Caatinga-4.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236533\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-236533\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Caatinga-4-300x198.jpg\" alt=\"...et la Ruellia asperula et une abeille  volant le nectar\" width=\"300\" height=\"198\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">ISABEL MACHADO<\/span><\/a> &#8230;et la <em>Ruellia asperula<\/em> et une abeille<br \/>volant le nectar<span class=\"media-credits\">ISABEL MACHADO<\/span><\/p><\/div>\n<p>C\u2019est la <em>Tapinotaspis nordestina<\/em> qui garanti la pollinisation de l\u2019<em>Angelonia cornigera<\/em>, une des plantes rampantes \u00e9tudi\u00e9es, en se posant sur la fleur pour collecter les huiles, comme par une esp\u00e8ce d\u2019accolade. C\u2019est avec cette huile, riche en lipides (mati\u00e8re grasse), que ces insectes alimentent leurs larves. \u00c0 cause de situations comme celle-ci, raconte Isabel, la pollinisation, dans plusieurs cas, assure non seulement la reproduction d\u2019une plante, mais aussi celle des propres pollinisateurs.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9pendance d\u2019une fleur d\u00e9termin\u00e9e par rapport \u00e0 une esp\u00e8ce animale et vice-versa, constitue, n\u00e9anmoins, une exception \u00e0 la r\u00e8gle. Ce qui pr\u00e9domine est une relation g\u00e9n\u00e9raliste. C\u2019est-\u00e0-dire\u00a0: une plante est ornitophile (pollinis\u00e9e par les oiseaux), mais ses fleurs ne sont visit\u00e9es que par une seule esp\u00e8ce d\u2019oiseau. \u201cDans la plupart des cas\u201d, explique le chercheur, \u201cla d\u00e9pendance ne sera pas de l\u2019un par rapport \u00e0 l\u2019autre, mais d\u2019un groupe d\u2019animaux pour une plante ou un groupe de plantes. Des colibris, par exemple, ne sont g\u00e9n\u00e9ralement pas pollinisateurs uniquement d\u2019une esp\u00e8ce, mais de plusieurs\u201d. Dans la plupart des cas, la propre structure de reproduction des plantes, particuli\u00e8rement quand les fleurs sont plus ouvertes, permet la pollinisation par plus d\u2019un groupe d\u2019animaux. Il s\u2019agit d\u2019une strat\u00e9gie de survie, car, d\u2019autant plus sp\u00e9cifique est le pollinisateur, d\u2019autant moins de chances aura la plante de se reproduire s\u2019il vient \u00e0 dispara\u00eetre.<\/p>\n<p>Les orchid\u00e9es sont une exception, car elles sont pollinis\u00e9es par des groupes sp\u00e9cifiques d\u2019abeilles et maintiennent les fleurs ouvertes jusqu\u2019\u00e0 un mois, quand d\u2019habitude les fleurs durent une matin\u00e9e ou une nuit. Par rapport \u00e0 un aspect, les orchid\u00e9es sont, n\u00e9anmoins, identiques \u00e0 presque mille esp\u00e8ces de plantes connues de la <em>Caatinga<\/em>, \u00e0 celles des autres \u00e9cosyst\u00e8mes et \u00e0 celles de nos jardins : apr\u00e8s avoir re\u00e7u la visite du pollinisateur, elles fanent et laissent tomber les p\u00e9tales. Maintenir une fleur ouverte et attractive pendant des jours et des nuits d\u2019affil\u00e9 requiert beaucoup d\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n<p>Si cette dose extra d\u2019\u00e9nergie exige d\u00e9j\u00e0 beaucoup des plantes dans les environnements humides, que dire dans la <em>Caatinga<\/em>, o\u00f9 il ne pleut que de 500 \u00e0 900 millim\u00e8tres par an, moins de la moiti\u00e9 de ce qui tombe annuellement dans la For\u00eat Atlantique. Pendant la p\u00e9riode s\u00e8che, qui s\u2019\u00e9tend sur pr\u00e8s de six mois, de juillet \u00e0 d\u00e9cembre, plusieurs plantes perdent leurs feuilles de fa\u00e7on \u00e0 r\u00e9duire la transpiration et \u00e0 r\u00e9sister au manque d\u2019eau. Mais c\u2019est justement \u00e0 cette \u00e9poque que la floraison peut \u00eatre la plus exub\u00e9rante. Le r\u00e9sultat est un spectacle de points rouges, jaunes et lilas au milieu du gris des branches et des troncs secs des arbres.<\/p>\n<p><strong>Les projets<\/strong><br \/>\nSyndromes de pollinisation, syst\u00e8mes sexuels et ressources florales d\u2019esp\u00e8ces de la <em>Caatinga<\/em> \u00e0 Pernambouc et Syst\u00e8mes de Pollinisation d\u2019esp\u00e8ces existantes dans la v\u00e9g\u00e9tation de la <em>Caatinga<\/em> :ornithophilie et chiropterophilie; <strong>Modalit\u00e9<\/strong> Aide \u00e0 la Recherche (Facepe) et Bourse de Productivit\u00e9 pour la Recherche\/CNPq; <strong>Coordinatricea<\/strong> Isabel Cristina Machado \u2013 UFPE; <strong>Investissement<\/strong> 11.023,00 r\u00e9aux (Facepe) et 24.000,00 r\u00e9aux (CNPq)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Des botanistes de Pernambouc apportent de la lumi\u00e8re sur les particularit\u00e9s de la pollinisation dans la Caatinga","protected":false},"author":152,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1180],"tags":[],"coauthors":[466],"class_list":["post-236529","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-sciences"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/236529","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/152"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=236529"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/236529\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=236529"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=236529"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=236529"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=236529"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}