{"id":236537,"date":"2013-09-03T15:15:36","date_gmt":"2013-09-03T18:15:36","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/?p=236537"},"modified":"2017-04-19T16:20:24","modified_gmt":"2017-04-19T19:20:24","slug":"sous-les-palmiers","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/sous-les-palmiers\/","title":{"rendered":"Sous les palmiers"},"content":{"rendered":"<p><em><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/dinossauro96.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236540\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-236540\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/dinossauro96-300x200.jpg\" alt=\"dinossauro96\" width=\"300\" height=\"200\" \/><span class=\"media-credits-inline\">MIGUEL BOYAYAN<\/span><\/a>Texte paru en f\u00e9vrier 2004<\/em><\/p>\n<p>Debout, adoss\u00e9 contre le battant de la porte d\u2019entr\u00e9e de sa maison, le professeur de biologie Vitorino de Sousa \u00e9coutait distraitement un jeune homme loquace lui \u00e9num\u00e9rer les enseignements de la Bible dans l\u2019espoir de le convertir \u00e0 la religion \u00e9vang\u00e9lique. Soudain, la conversation tranquille \u2013 comme on en entend encore beaucoup en fin d\u2019apr\u00e8s-midi dans les petites villes \u2013 prit des d\u00e9tours inattendus. Une histoire riche en hasards apparents d\u00e9buta et aboutit, quelques jours plus tard, \u00e0 la trouvaille d\u2019environ 70 fossiles de dinosaures de pr\u00e8s de 110 millions d\u2019ann\u00e9es, rencontr\u00e9s dans la province de l\u2019\u00c9tat du Maranh\u00e3o. Il \u00e9tait aussi question de la d\u00e9couverte possible d\u2019une nouvelle esp\u00e8ce de ces gigantesques reptiles pr\u00e9historiques, \u00e9limin\u00e9s de la plan\u00e8te il y a 65 millions d\u2019ann\u00e9es. Jusqu\u2019alors, des \u00e9chantillons aussi anciens de dinosaures \u00e9taient rares dans le Nordeste du Br\u00e9sil.<\/p>\n<p>Nous sommes \u00e0 Coroat\u00e1, ville de 50 000 habitants dans la province de l\u2019\u00c9tat du Maranh\u00e3o, \u00e0 200 kilom\u00e8tres au sud de la capitale, S\u00e3o Lu\u00eds. Un apr\u00e8s-midi de la fin du mois de juillet dernier. Apr\u00e8s avoir \u00e9cout\u00e9 le visiteur pendant de longues minutes, V. Coelho perdit patience et engagea la discussion sur l\u2019opposition entre science et religion, avec des arguments anim\u00e9s des deux c\u00f4t\u00e9s, lorsque le jeune \u00e9vang\u00e9lique affirma que les animaux existants dans le monde \u00e9taient d\u2019origine divine. Professeur de biologie dans un lyc\u00e9e, V. Coelho d\u00e9cida d\u2019enseigner un peu de science au jeune homme. Il lui expliqua que les restes de plantes et d\u2019animaux p\u00e9trifi\u00e9s, les fossiles, \u00e9taient la preuve que les \u00eatres vivants actuels n\u2019\u00e9taient pas l\u2019\u0153uvre de Dieu. Ils avaient \u00e9volu\u00e9 \u00e0 partir d\u2019autres esp\u00e8ces, apparues des millions d\u2019ann\u00e9es auparavant. Impressionn\u00e9 par l\u2019explication, le jeune commenta\u00a0: \u00ab\u00a0Il y a peu de temps, j\u2019ai vu dans la maison d\u2019une personne qui vit ici \u00e0 Coroat\u00e1 quelques pierres qui ressemblaient \u00e0 des os\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Coelho passa plusieurs jours intrigu\u00e9 par ce commentaire. En fin de semaine, il d\u00e9cida d\u2019aller v\u00e9rifier. Il empoigna l\u2019appareil photo, se dirigea vers la r\u00e9gion indiqu\u00e9e et atteignit la ferme de l\u2019agriculteur Alexandre Marques Vaz. Cultivateur de manioc, de pommes de terre, de riz et de ma\u00efs, A. Marquez Vaz avait de fait ramass\u00e9 pendant 13 ans des pierres qui ressemblaient \u00e0 des os. La forme de ces pierres avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine de grands d\u00e9bats entre l\u2019agriculteur et ses voisins. Certains pensaient qu\u2019il s\u2019agissait vraiment d\u2019os d\u2019animaux \u2013 peut-\u00eatre m\u00eame d\u2019\u00e9l\u00e9phant, vu la taille, pourquoi pas\u00a0? \u2013 tandis que d\u2019autres estimaient qu\u2019il ne s\u2019agissait que de pierres ordinaires.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Tresors-de-Coroata_com-texto.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236544\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-236544\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Tresors-de-Coroata_com-texto-300x119.jpg\" alt=\"Tresors de Coroata_com texto\" width=\"300\" height=\"119\" \/><\/a>Coelho dut converser longuement pour convaincre l\u2019agriculteur m\u00e9fiant de lui montrer les pierres en question, fervemment rang\u00e9es tel un tr\u00e9sor cach\u00e9. Et il y en avait beaucoup\u00a0: elles tapissaient le sol de l\u2019une des pi\u00e8ces de la maison en briques sans cr\u00e9pi, dans laquelle vit l\u2019agriculteur de 32 ans et sa famille. Alexandre Marquez Vaz avait ramass\u00e9 les pierres au bord des affluents du fleuve Itapecuru, qui traverse Coroat\u00e1 et se dirige vers le nord-est. De juillet \u00e0 novembre, quand il ne pleut pas beaucoup, le lit du fleuve baisse et laisse \u00e0 d\u00e9couvert les terrains creus\u00e9s par l\u2019eau autrefois recouverts par la for\u00eat de palmiers baba\u00e7us \u2013 c\u2019est la <em>Mata<\/em><em> dos Cocais<\/em>, v\u00e9g\u00e9tation typique de cette r\u00e9gion du Nordeste, qui se r\u00e9pand \u00e0 l\u2019est par les \u00c9tats du Piau\u00ed et du Cear\u00e1, d\u2019une superficie sup\u00e9rieure \u00e0 celle de l\u2019Angleterre.<\/p>\n<p><strong>La vert\u00e8bre et l\u2019annuaire t\u00e9l\u00e9phonique<br \/>\n<\/strong>Sous le regard matois du propri\u00e9taire de la maison, V. Coelho aper\u00e7ut rapidement un os cylindrique p\u00e9trifi\u00e9 de pr\u00e8s de 20 centim\u00e8tres de diam\u00e8tre. Se souvenant des cours de pal\u00e9ontologie suivis \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de l\u2019\u00c9tat du Piau\u00ed (UFPI), il en d\u00e9duisit aussit\u00f4t\u00a0que ce n\u2019\u00e9tait pas un os d\u2019\u00e9l\u00e9phant \u2013 comme certains l\u2019avaient imagin\u00e9 \u2013 mais une vert\u00e8bre p\u00e9trifi\u00e9e de la queue d\u2019un dinosaure. Les fossiles de dinosaures rencontr\u00e9s dans le pays \u00e9tant rares, V. Coelho savait qu\u2019il se trouvait en face d\u2019un mat\u00e9riel de grand int\u00e9r\u00eat scientifique. Il d\u00e9cida alors de rendre la d\u00e9couverte publique et fit venir une \u00e9quipe de t\u00e9l\u00e9vision de <em>TV Mirante<\/em> \u2013 qui retransmet la cha\u00eene nationale <em>Rede<\/em><em> Globo<\/em> dans le Maranh\u00e3o \u2013 pour faire un reportage. N\u00e9anmoins, il n\u2019a pas aim\u00e9 l\u2019\u00e9mission, retransmise quelques jours plus tard et seulement dans la r\u00e9gion de Coroat\u00e1. D\u2019apr\u00e8s lui, \u00ab\u00a0ce fut sensationnaliste\u00a0\u00bb. Insatisfait, il s\u2019empara de l\u2019annuaire \u00e0 la recherche d\u2019un sp\u00e9cialiste, et y trouva le pal\u00e9ontologue Manuel Alfredo Medeiros de l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale du Maranh\u00e3o (UFMA).<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai pens\u00e9 qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une fausse alerte\u00a0\u00bb, se souvient Medeiros. \u00ab\u00a0On m\u2019avait d\u00e9j\u00e0 appel\u00e9 \u00e0 deux autres reprises pour voir des fossiles dans d\u2019autres villes, qui n\u2019\u00e9taient en fait que des os r\u00e9cents\u00a0\u00bb. Mais comme la r\u00e9gion \u00e9tait susceptible d\u2019abriter des fossiles de dinosaures, Medeiros prit le risque de se d\u00e9placer. Il se rendit \u00e0 Coroat\u00e1 et ne fut pas d\u00e9\u00e7u\u00a0: les fossiles \u00e9taient vraiment des fossiles de dinosaures. La plupart des os p\u00e9trifi\u00e9s appartient \u00e0 des sauropodes, des dinosaures herbivores avec une longue queue et un grand cou \u2013 les plus grands sauropodes, rencontr\u00e9s en Argentine, atteignaient 30 m\u00e8tres de longueur et pesaient jusqu\u2019\u00e0 70 tonnes. La pi\u00e8ce de plus grande valeur scientifique est pr\u00e9cis\u00e9ment la vert\u00e8bre de la queue aper\u00e7ue par V. Coelho lors de sa premi\u00e8re rencontre avec l\u2019agriculteur. Selon Medeiros, le fossile appartient \u00e0 une nouvelle esp\u00e8ce de sauropode, qui a d\u00fb vivre dans cette r\u00e9gion entre 110 et 100 millions d\u2019ann\u00e9es auparavant, pendant la p\u00e9riode g\u00e9ologique appel\u00e9e Cr\u00e9tac\u00e9. Il s\u2019agit d\u2019une datation indirecte, \u00e9tablie sur la base d\u2019\u00e9tudes g\u00e9ologiques r\u00e9alis\u00e9es par la compagnie p\u00e9troli\u00e8re <em>Petrobr\u00e1s<\/em> et l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de Rio de Janeiro (UFRJ).<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Mapa.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236542\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-236542\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Mapa-796x1024.jpg\" alt=\"Mapa\" width=\"300\" height=\"386\" \/><\/a>La d\u00e9couverte confirme \u00e9galement que cette r\u00e9gion du Maranh\u00e3o est un immense d\u00e9p\u00f4t de fossiles continentaux d\u2019une phase du Cr\u00e9tac\u00e9 allant de 110 millions \u00e0 95 millions d\u2019ann\u00e9es. D\u2019apr\u00e8s Medeiros, les d\u00e9couvertes sont rares parce que les couches des roches les plus superficielles qui contiennent les fossiles se trouvent entre 5 et 15 m\u00e8tres de profondeur, sous la r\u00e9gion du <em>Cerrado<\/em> et la <em>Mata<\/em><em> dos Cocais<\/em>. \u00ab\u00a0Si une nouvelle datation confirme l\u2019\u00e2ge des fossiles entre 110 et 100 millions d\u2019ann\u00e9es, ce mat\u00e9riel fournira des informations pr\u00e9cieuses sur la faune continentale de cette phase du Cr\u00e9tac\u00e9\u00a0\u00bb, observe-t-il. En ce temps-l\u00e0, l\u2019Am\u00e9rique du Sud et l\u2019Afrique \u00e9taient encore en plein processus de s\u00e9paration, et le paysage du Maranh\u00e3o \u00e9tait bien diff\u00e9rent de celui d\u2019aujourd\u2019hui. Des recherches de l\u2019UFRJ et de <em>Petrobr\u00e1s<\/em> ont montr\u00e9 que le climat \u00e9tait surtout aride ou semi-aride, mais que dans les r\u00e9gions proches des fleuves il y avait des for\u00eats de conif\u00e8res semblables aux araucarias, des foug\u00e8res grandes comme des arbres et des plantes appel\u00e9es equisetums, qui rappellent la pr\u00eale.<\/p>\n<p>De conversation en conversation, Medeiros convainquit l\u2019agriculteur Alexandre Marquez Vaz \u00e0 lui faire au moins don de la vert\u00e8bre de sauropode, aujourd\u2019hui gard\u00e9e dans le Laboratoire de Pal\u00e9ontologie de l\u2019UFMA. D\u00e9sormais, le chercheur a l\u2019intention d\u2019identifier \u00e0 quel animal a appartenu cet os \u2013 de prime abord, cela semble quelque chose de nouveau, d\u2019un genre et d\u2019une esp\u00e8ce encore inconnus pour la science. \u00ab\u00a0Nous cherchons \u00e0 savoir si ces groupes ont \u00e9galement exist\u00e9 en Afrique ou s\u2019ils n\u2019\u00e9taient pr\u00e9sents qu\u2019au Br\u00e9sil\u00a0\u00bb, souligne le pal\u00e9ontologue. Revient maintenant \u00e0 Darcil\u00e9a Castro, de l\u2019\u00e9quipe de Medeiros, en collaboration avec des pal\u00e9ontologues de S\u00e3o Paulo, la t\u00e2che de classifier les autres os \u2013 environ 70 \u2013 p\u00e9trifi\u00e9s. Au prix de nombreux arguments scientifiques, le r\u00e9ticent A. Marquez Vaz abdiqua de sa collection, dont la garde reviendra \u00e0 la Maison de Culture de Coroat\u00e1.<\/p>\n<p>Le bassin du fleuve Itapecuru est en forme d\u2019arc du sud au nord de l\u2019\u00c9tat du Maranh\u00e3o, et il est aujourd\u2019hui consid\u00e9r\u00e9 comme une v\u00e9ritable vall\u00e9e de dinosaures. C\u2019est \u00e0 cet endroit qu\u2019eut lieu la d\u00e9couverte des fossiles de l\u2019esp\u00e8ce br\u00e9silienne de dinosaures la plus r\u00e9cente : l\u2019<em>Amazonsaurus<\/em> <em>maranhensis<\/em>, d\u00e9crit par l\u2019\u00e9quipe du g\u00e9ologue Ismar de Souza Carvalho, de l\u2019UFRJ (voir encadr\u00e9). En 2001, les \u00e9quipes de Medeiros et de Carvalho rencontr\u00e8rent sur l\u2019\u00eele do Cajual, \u00e0 Alc\u00e2ntara, la vert\u00e8bre d\u2019une nouvelle esp\u00e8ce de sauropodes, les corpulents dinosaures herbivores \u00e0 grande queue, long cou et petite t\u00eate. \u00c2g\u00e9 de pr\u00e8s de 95 millions d\u2019ann\u00e9es, cet os p\u00e9trifi\u00e9 a appartenu \u00e0 un sauropode d\u2019un groupe de <em>saltasaurines<\/em>. Au d\u00e9part rencontr\u00e9s seulement en Argentine, les <em>saltasaurines<\/em> mesuraient en moyenne 8 m\u00e8tres de la t\u00eate \u00e0 la queue \u2013 ce sont les nains de la famille des titanosaures, des animaux pouvant atteindre jusqu\u2019\u00e0 30 m\u00e8tres et peser presque 70 tonnes.<\/p>\n<div id=\"attachment_236539\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Alexandre-alta-resolucao.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236539\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-236539\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Alexandre-alta-resolucao-300x267.jpg\" alt=\"Pass\u00e9 reconstitu\u00e9 : Alexandre Vaz avec des fossiles d\u2019animaux qui v\u00e9curent \u00e0 proximit\u00e9 des fleuves il y a 110 millions d\u2019ann\u00e9es\" width=\"300\" height=\"267\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">JEFFERSON ALBINO<\/span><\/a> Pass\u00e9 reconstitu\u00e9 : Alexandre Vaz avec des fossiles d\u2019animaux qui v\u00e9curent \u00e0 proximit\u00e9 des fleuves il y a 110 millions d\u2019ann\u00e9es<span class=\"media-credits\">JEFFERSON ALBINO<\/span><\/p><\/div>\n<p>La d\u00e9couverte du fossile de l\u2019\u00eele do Cajual, quasiment 20 millions d\u2019ann\u00e9es plus vieux que les <em>saltasaurines<\/em> argentins, permit aux pal\u00e9ontologues br\u00e9siliens de pr\u00e9senter une nouvelle version sur l\u2019\u00e9volution de ces animaux. Au dire de Medeiros, \u00ab\u00a0ils sont probablement apparus dans la r\u00e9gion o\u00f9 se trouve aujourd\u2019hui le nord du Br\u00e9sil, avant d\u2019\u00e9migrer vers le sud\u00a0\u00bb. Les chercheurs des \u00c9tats de Rio de Janeiro et du Maranh\u00e3o ont d\u00e9j\u00e0 d\u00e9termin\u00e9 le genre et l\u2019esp\u00e8ce du <em>saltasaurine<\/em> du Maranh\u00e3o, mais son nom ne sera r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que dans quelques mois, lors de la publication de l\u2019article scientifique qui en fait la description.<\/p>\n<p><strong>Du nord au sud<br \/>\n<\/strong>Apr\u00e8s qu\u2019une extinction massive ait balay\u00e9 une bonne partie de la vie sur Terre il y a 210 millions d\u2019ann\u00e9es, les dinosaures \u00e9volu\u00e8rent \u00e0 partir d\u2019un carnivore bip\u00e8de qui ne mesurait pas plus d\u2019un m\u00e8tre de hauteur, le th\u00e9codonte. Des fossiles d\u00e9couverts dans diff\u00e9rentes r\u00e9gions de la plan\u00e8te indiquent que les dinosaures furent les animaux terrestres les plus nombreux durant 150 millions d\u2019ann\u00e9es, pendant une p\u00e9riode o\u00f9 le climat du globe \u00e9tait plus chaud et les continents de l\u2019H\u00e9misph\u00e8re Sud encore unis en un supercontinent, le Gondwana.<\/p>\n<p>Les pal\u00e9ontologues estiment que diverses esp\u00e8ces de dinosaures ont v\u00e9cu sur le territoire br\u00e9silien actuel, mais les fossiles de ces animaux y sont rares, en particulier parce que les grands r\u00e9servoirs d\u2019os p\u00e9trifi\u00e9s sont recouverts par la <em>Mata<\/em><em> dos Cocais<\/em>, au Maranh\u00e3o, ou par la v\u00e9g\u00e9tation du <em>Cerrado<\/em>, dans les \u00c9tats du Mato Grosso et de S\u00e3o Paulo.<\/p>\n<p><strong>Les fossiles d\u2019Araripe<br \/>\n<\/strong>M\u00eame en petit nombre, les fossiles de dinosaures br\u00e9siliens r\u00e9v\u00e8lent de pr\u00e9cieuses caract\u00e9ristiques physiques de ces reptiles et aident \u00e0 comprendre leur \u00e9volution. Pas tr\u00e8s loin du Maranh\u00e3o se trouve l\u2019un des plus importants d\u00e9p\u00f4ts mondiaux de fossiles de la p\u00e9riode du Cr\u00e9tac\u00e9, qui va de 140 millions \u00e0 100 millions d\u2019ann\u00e9es auparavant. Il s\u2019agit de la <em>Chapada<\/em><em> do Araripe<\/em>, un plateau de 160 kilom\u00e8tres de long et de 50 de largeur ; il est situ\u00e9 \u00e0 900 m\u00e8tres d\u2019altitude dans le sud du Cear\u00e1 et s\u2019\u00e9tend \u00e0 l\u2019est vers le Pernambuco et \u00e0 l\u2019ouest vers le Piau\u00ed. Dans les exploitations mini\u00e8res de calcaire et de pl\u00e2tre de cette r\u00e9gion, des fossiles de trois autres esp\u00e8ces de dinosaures ont \u00e9t\u00e9 rencontr\u00e9s. Deux d\u2019entre elles appartiennent au groupe des <em>spinosaurus<\/em>, des reptiles bip\u00e8des pouvant atteindre 10 m\u00e8tres de longueur et avec sur le dos une sorte de cr\u00eate. L\u2019un de ces <em>spinosaurus<\/em> est l\u2019<em>Angaturama limae<\/em>, d\u00e9crit en 1999 par le pal\u00e9ontologue Alexander Kellner du Mus\u00e9e National de l\u2019UFRJ, \u00e0 partir de fossiles du museau de l\u2019animal. Appartenant \u00e0 la m\u00eame famille que des esp\u00e8ces rencontr\u00e9es en Afrique et en Europe, ce dinosaure a v\u00e9cu il y a environ 110 millions d\u2019ann\u00e9es.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/2-fotos-e1492623717515.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236538\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-236538\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/2-fotos-e1492623717515-300x220.jpg\" alt=\"2 fotos\" width=\"300\" height=\"220\" \/><span class=\"media-credits-inline\">ANDERSON PINHEIRO<\/span><\/a>Il avait la t\u00eate et le museau allong\u00e9s et les dents semblables \u00e0 celles des crocodiles actuels. David Martill, de l\u2019Universit\u00e9 de Portsmouth, Angleterre, identifia en 1996 une autre esp\u00e8ce de <em>spinosaurus<\/em>, \u00e0 partir d\u2019un morceau post\u00e9rieur d\u2019un cr\u00e2ne trouv\u00e9 dans la <em>Chapada<\/em><em> do Araripe<\/em> et envoy\u00e9 clandestinement en Europe\u00a0: l\u2019<em>Irritator Challengeri<\/em>. L\u2019<em>Irritator<\/em> a re\u00e7u ce nom \u00e0 cause de la col\u00e8re attis\u00e9e par son identification. Martill observa que la partie arri\u00e8re du cr\u00e2ne appartenait \u00e0 un dinosaure, mais que le museau ne correspondait \u00e0 la description d\u2019aucun groupe connu. Ce n\u2019est que plus tard qu\u2019il d\u00e9couvrit que le museau de l\u2019animal avait \u00e9t\u00e9 artificiellement reconstitu\u00e9 par les contrebandiers pour valoriser la vente du fossile<\/p>\n<p>L\u2019un des fossiles les plus pr\u00e9cieux est le <em>Santanaraptor placidus<\/em>, \u00e9galement d\u00e9couvert dans la ville de Santana do Cariri, \u00e0 la <em>Chapada<\/em><em> do Araripe<\/em>. C\u2019est le premier fossile de dinosaure qui, en plus des os, a pr\u00e9serv\u00e9 une partie du cuir, des muscles et des vaisseaux sanguins de l\u2019animal. D\u2019une hauteur d\u2019\u00e0 peine 1,8\u00a0m\u00e8tres, ce carnivore a v\u00e9cu il y a 110 milllions d\u2019ann\u00e9es et est l\u2019anc\u00eatre du <em>Tyrannosaurus rex<\/em>, \u00e9norme pr\u00e9dateur connu et redoutable qui a domin\u00e9 l\u2019Am\u00e9rique du Nord il y a environ 40 millions d\u2019ann\u00e9es. Peut-\u00eatre aussi f\u00e9roce que le <em>Tyrannosaurus<\/em>, le <em>Pycnonemosaurus nevesi<\/em>, le plus grand pr\u00e9dateur br\u00e9silien. Reptile bip\u00e8de de 8 m\u00e8tres de longueur, il a v\u00e9cu il y a 80 millions d\u2019ann\u00e9es dans l\u2019\u00c9tat du Mato Grosso. Avec les membres ant\u00e9rieurs courts et les muscles de la queue tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9s, le <em>P. Nevesi<\/em> ressemble \u00e0 d\u2019autres animaux du m\u00eame groupe rencontr\u00e9s en Inde, en Afrique et en Argentine. Mais les formes les plus proches du <em>Pycnonemosaurus<\/em> sont en Argentine. \u00ab\u00a0Il a d\u00fb exister une faune commune au Br\u00e9sil et \u00e0 l\u2019Argentine, distincte de celle rencontr\u00e9e en Afrique\u00a0\u00bb, \u00e9crivait Kellner lorsqu\u2019il d\u00e9crivit le pr\u00e9dateur en 2002 dans les <em>Arquivos<\/em><em> do Museu Nacional<\/em>, en collaboration avec le pal\u00e9ontologue Di\u00f3genes de Almeida Campos du D\u00e9partement National de Production Min\u00e9rale de Rio de Janeiro.<\/p>\n<p>En 1971, l\u2019\u00e9quipe de Farid Arid, de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019\u00c9tat de S\u00e3o Paulo (Unesp), rencontra dans la r\u00e9gion de S\u00e3o Jos\u00e9 do Rio Preto l\u2019une des deux esp\u00e8ces de titanosaures identifi\u00e9es \u00e0 S\u00e3o Paulo. Il n\u2019y avait que trois os p\u00e9trifi\u00e9s de l\u2019<em>Antarctosaurus brasiliensis<\/em>, un animal sur lequel il existe peu d\u2019informations. Au milieu des ann\u00e9es 1980, un agriculteur de Presidente Prudente, ville situ\u00e9e \u00e0 l\u2019ouest de l\u2019\u00c9tat de S\u00e3o Paulo, trouva des fossiles d\u2019un autre titanosaure, que Kellner appela en 1999 le <em>Gondwanatitan faustoi<\/em> \u2013 il s\u2019agit de l\u2019un des squelettes les plus complets d\u00e9couverts dans le pays. Malgr\u00e9 ses pr\u00e8s de 8 m\u00e8tres de longueur, le <em>Gondwanatitan<\/em> \u2013 qui a v\u00e9cu entre 90 et 80 millions d\u2019ann\u00e9es auparavant \u2013 avait le cou et la queue plus courts que ceux de l\u2019<em>Amazonsaurus<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Les plus anciens<br \/>\n<\/strong>Mais le berceau des dinosaures br\u00e9siliens se situe r\u00e9ellement aux alentours de la ville de Santa Maria, dans la r\u00e9gion centrale de l\u2019\u00c9tat du Rio Grande do Sul. Les trois esp\u00e8ces les plus anciennes du pays \u2013 et probablement du monde \u2013 v\u00e9curent dans cet \u00c9tat il y a 225 millions d\u2019ann\u00e9es, lors du Triassique. Le plus vieux d\u2019entre eux, et le premier dinosaure br\u00e9silien, preuve \u00e0 l\u2019appui, est le <em>Staurikosaurus pricei<\/em>. D\u00e9couvert en 1937, ce carnivore d\u2019environ 2,5 m\u00e8tres est un des plus anciens dinosaures connus. Des dizaines de milliers d\u2019ann\u00e9es plus jeune que le <em>Staurikosaurus<\/em>, le <em>Saturnalia tupiniquim<\/em>\u00a0; herbivore de plus de 4 m\u00e8tres de longueur, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit il y a cinq ans par Max Langer, aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo (USP) de Ribeir\u00e3o Preto. L\u2019une des caract\u00e9ristiques curieuses de ce reptile, anc\u00eatre d\u2019animaux comme l\u2019<em>Amazonsaurus<\/em> et le <em>Gondwanatitan<\/em>, \u00e9tait sa capacit\u00e9, bien que quadrup\u00e8de, \u00e0 se d\u00e9placer seulement sur ses pattes arri\u00e8res dans certaines situations. Dans la ville de Candel\u00e1ria, au bord du fleuve Gua\u00edba, les fossiles d\u2019un dinosaure tr\u00e8s primitif de 1,2 m\u00e8tres ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverts. Il s\u2019agit du <em>Guaibasaurus candelaria<\/em>, environ 1 million d\u2019ann\u00e9es plus jeune que le <em>Staurikosaurus<\/em>. D\u2019abord classifi\u00e9 comme carnivore, on pense actuellement que ce quadrup\u00e8de \u2013 qui ne r\u00e9ussissait s\u00fbrement \u00e0 marcher que sur les pattes arri\u00e8res \u2013 \u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9 un herbivore.<\/p>\n<div id=\"attachment_236541\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Foto4.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236541\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-236541\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Foto4-300x107.jpg\" alt=\"Amazonsaurus maranhensis : 14 ann\u00e9es de recherche\" width=\"300\" height=\"107\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">AREL<\/span><\/a> <em>Amazonsaurus maranhensis<\/em> : 14 ann\u00e9es de recherche<span class=\"media-credits\">AREL<\/span><\/p><\/div>\n<p><strong>Le nouveau dinosaure de l\u2019\u00c9tat du Maranh\u00e3o<\/strong><\/p>\n<p>En janvier, l\u2019\u00e9quipe du g\u00e9ologue Ismar de Souza Carvalho, de l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de Rio de Janeiro (UFRJ), pr\u00e9senta la reconstitution d\u2019une nouvelle esp\u00e8ce de dinosaure br\u00e9silien, qui a v\u00e9cu dans le Maranh\u00e3o il y a 110 millions d\u2019ann\u00e9es. Il s\u2019agit de l\u2019<em>Amazonsaurus<\/em> <em>maranhensis<\/em>, un herbivore quadrup\u00e8de d\u2019une longueur totale de 10 m\u00e8tres et d\u2019un poids de pr\u00e8s de 10 tonnes. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit en 2003 dans <em>Cretaceous Research<\/em>, la plus importante revue scientifique sur le Cr\u00e9tac\u00e9, derni\u00e8re p\u00e9riode g\u00e9ologique durant laquelle ces grands reptiles ont v\u00e9cu.<\/p>\n<p>L\u2019<em>Amazonsaurus<\/em> est le plus ancien sauropode (dinosaure quadrup\u00e8de herbivore) br\u00e9silien du Cr\u00e9tac\u00e9, p\u00e9riode g\u00e9ologique allant de 144 \u00e0 65 millions d\u2019ann\u00e9es auparavant. C\u2019est pendant cette p\u00e9riode qu\u2019apparurent des plantes avec des fleurs, et que l\u2019Am\u00e9rique du Sud commen\u00e7a \u00e0 se s\u00e9parer de l\u2019Afrique. L\u2019\u00e9quipe de l\u2019UFRJ a d\u00e9couvert les fossiles de ce dinosaure au bord du fleuve Itapecuru \u2013 dans la ville d\u2019Itapecuru-Mirim, \u00e0 130 kilom\u00e8tres au sud de la capitale de l\u2019\u00c9tat, S\u00e3o Lu\u00eds \u2013, une surface de transition entre la For\u00eat Amazonienne et le Cerrado, encore dans l\u2019Amazonie L\u00e9gale br\u00e9silienne. En raison de cela, cet animal est consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e9tant le premier dinosaure d\u2019Amazonie dont l\u2019esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e.<\/p>\n<p>Les caract\u00e9ristiques marquantes de cette esp\u00e8ce sont le cou et la queue plus longs et plus fins aux extr\u00e9mit\u00e9s que ceux des autres sauropodes. Sur le dos de l\u2019<em>A. maranhensis<\/em>, on observe une l\u00e9g\u00e8re \u00e9l\u00e9vation\u00a0: ce sont les prolongements des vert\u00e8bres de la colonne, lesdites \u00e9pines neurales, qui atteignent 20 centim\u00e8tres. Selon Carvalho, la nouvelle esp\u00e8ce est le parent \u00e9loign\u00e9 d\u2019un sauropode qui a v\u00e9cu dans la r\u00e9gion nord-ouest de l\u2019Afrique \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode, le <em>Rebbachisaurus<\/em> <em>garasbae<\/em>. Les vert\u00e8bres des deux sont tr\u00e8s similaires \u2013 signe d\u2019une \u00e9volution \u00e0 partir d\u2019une m\u00eame esp\u00e8ce ancestrale. La d\u00e9couverte de l\u2019<em>Amazonsaurus<\/em> aidera \u00e0 comprendre comment ont \u00e9volu\u00e9 les environnements terrestres br\u00e9siliens dans le Cr\u00e9tac\u00e9, beaucoup moins \u00e9tudi\u00e9s que l\u2019environnement marin de cette m\u00eame p\u00e9riode, moment o\u00f9 se form\u00e8rent les r\u00e9serves br\u00e9siliennes de gaz et de p\u00e9trole dans l\u2019Atlantique. \u00ab\u00a0D\u00e9sormais, l\u2019analyse de l\u2019\u00e9volution des sauropodes devra inclure l\u2019\u00e9tude de l\u2019<em>Amazonsaurus<\/em> <em>maranhensis<\/em>\u00a0\u00bb, affirme Carvalho.<\/p>\n<p>L\u2019annonce de cette d\u00e9couverte couronna 13 ann\u00e9es de travail entrecoup\u00e9es de contretemps. Sous la coordination du v\u00e9t\u00e9ran chimiste C\u00e2ndido Sim\u00f5es Ferreira, \u00e2g\u00e9 de 84 ans et aujourd\u2019hui professeur \u00e9merite de l\u2019UFRJ, cinq jeunes chercheurs firent en 1991 le premier voyage dans l\u2019\u00c9tat du Maranh\u00e3o pour r\u00e9pertorier les zones comportant des roches form\u00e9es pendant le Cr\u00e9tac\u00e9, en vue de servir pour l\u2019entra\u00eenement des \u00e9tudiants en g\u00e9ologie de l\u2019UFRJ. Consid\u00e9r\u00e9es d\u2019un grand int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique parce qu\u2019elles abritent pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des r\u00e9serves de gaz et de p\u00e9trole de la plan\u00e8te, ces zones avec des roches du Cr\u00e9tac\u00e9 totalisent 150 000 km<sup>2<\/sup> \u2013 ou 1,5 fois la taille du Portugal \u2013, et ce uniquement pour l\u2019\u00c9tat du Maranh\u00e3o.<\/p>\n<p>Entass\u00e9s dans une Kombi remplie de provisions, les six chercheurs partirent de Rio de Janeiro et travers\u00e8rent en cinq jours la moiti\u00e9 du pays. Pendant trois semaines de travail intense, l\u2019\u00e9quipe parcourut des centaines de kilom\u00e8tres en analysant des terrains proches des voies ferr\u00e9es et des routes, sans rencontrer un seul endroit avec les roches recherch\u00e9es. Tendus et fatigu\u00e9s, les chercheurs d\u00e9cid\u00e8rent de changer de strat\u00e9gie et sillonn\u00e8rent en bateau les fleuves de la r\u00e9gion. C\u2019est alors qu\u2019ils atteignirent la ville d\u2019Itapecuru-Mirim, \u00e0 70 kilom\u00e8tres de Coroat\u00e1, o\u00f9 furent rencontr\u00e9s r\u00e9cemment d\u2019autres fossiles de dinosaures.<\/p>\n<p>Au cours de l\u2019un des premiers arr\u00eats au bord du fleuve Itapecuru, Ferreira, en descendant du bateau, tr\u00e9bucha sur une grande pi\u00e8ce, d\u2019abord confondue avec un os de vache. C\u2019\u00e9tait en fait la premi\u00e8re partie du squelette de l\u2019<em>Amazonsaurus<\/em> <em>maranhensis<\/em>, reconstitu\u00e9 \u00e0 partir de 20 pi\u00e8ces bien pr\u00e9serv\u00e9es et de 150 autres morceaux r\u00e9unis tout au long des six ann\u00e9es de fouilles au bord du fleuve Itapecuru. Tout aussi difficile que l\u2019extraction des fossiles de la roche dure fut la reconnaissance du travail, sign\u00e9 par Carvalho, Leonardo dos Santos \u00c1vila, du Mus\u00e9e National et Leonardo Salgado, de l\u2019Universit\u00e9 Nationale de Comahue, en Argentine. Parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un animal d\u2019un genre et d\u2019une esp\u00e8ce inconnus, l\u2019article a subi de multiples r\u00e9visions pendant trois ans, avant d\u2019\u00eatre accept\u00e9 par la <em>Cretaceous research<\/em>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Un professeur de biologie et un agriculteur participent \u00e0 la d\u00e9couverte d\u2019un vaste d\u00e9p\u00f4t de fossiles de dinosaures dans la province de l\u2019\u00c9tat du Maranh\u00e3o","protected":false},"author":16,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1180],"tags":[],"coauthors":[105],"class_list":["post-236537","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-sciences"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/236537","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=236537"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/236537\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=236537"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=236537"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=236537"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=236537"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}