{"id":236548,"date":"2013-09-03T15:30:28","date_gmt":"2013-09-03T18:30:28","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/?p=236548"},"modified":"2017-04-19T15:24:24","modified_gmt":"2017-04-19T18:24:24","slug":"en-bonne-compagnie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/en-bonne-compagnie\/","title":{"rendered":"En bonne compagnie"},"content":{"rendered":"<p><em><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/33.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236553\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-236553\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/33-300x188.jpg\" alt=\"33\" width=\"300\" height=\"188\" \/><span class=\"media-credits-inline\">SOAR<\/span><\/a>Publi\u00e9 en avril 2004<\/em><\/p>\n<p>Il y a quinze jours, Alexandre Soares de Oliveira a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 avec sa femme et son fils de 3 ans pour s\u2019installer au Chili. En compagnie de son coll\u00e8gue Eduardo Cypriano, \u00e9galement mari\u00e9 mais sans enfants et d\u00e9j\u00e0 install\u00e9 au Chili depuis le mois de janvier, Oliveira fera partie de l\u2019\u00e9quipe de soutien br\u00e9silienne du Soar, un t\u00e9lescope financ\u00e9 par des institutions br\u00e9siliennes et nord-am\u00e9ricaines qui entrera en fonctionnement ce mois-ci. Ce t\u00e9lescope qui est actuellement en phase d\u2019exp\u00e9rimentation et dont le montage du projet et la construction ont dur\u00e9 dix ans, se situe sur le sommet d\u2019une montagne des Andes Chiliennes \u00e0 2.701 m\u00e8tres d\u2019altitude, \u00e0 la limite du d\u00e9sert d\u2019Atacama. Les deux jeunes physiciens, Oliveira \u00e2g\u00e9 de 34 ans et Cypriano de 30 ans, savent qu\u2019ils font partie d\u2019un projet historique qui repr\u00e9sente un bond qualitatif notable pour la recherche br\u00e9silienne en mati\u00e8re d\u2019astrophysique.<\/p>\n<p>Dans deux ou trois mois, le Soar (Southern Observatory for Astrophysical Research &#8211; Observatoire du Sud pour la Recherche en Astrophysique) fournira de nombreuses images beaucoup plus pr\u00e9cises que celles obtenues jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent par les \u00e9quipements utilis\u00e9s dans le pays pour \u00e9tudier l\u2019univers. Le Soar, \u00e9quip\u00e9 d\u2019un miroir principal de 4,2 m\u00e8tres de diam\u00e8tre, sera 1.600 fois plus puissant que le plus grand des t\u00e9lescopes br\u00e9siliens qui poss\u00e8de un miroir de 1,6 m\u00e8tre de diam\u00e8tre et qui fonctionne depuis f\u00e9vrier 1981 \u00e0 l\u2019observatoire du Pico dos Dias \u00e0 1.860 m\u00e8tres d\u2019altitude, dans la commune de Bras\u00f3polis situ\u00e9e dans l\u2019\u00e9tat de Minas G\u00e9rais.<\/p>\n<p>Le Soar \u00e9liminera le d\u00e9calage existant en mati\u00e8re d\u2019\u00e9quipements de base pour la recherche dans ce domaine au Br\u00e9sil depuis dix ans et propulsera le pays au rang des plus grands centres d\u2019observation du monde. Sur la m\u00eame montagne, le Cerro Pachon, \u00e0 400 m\u00e8tres de l\u00e0, se trouve une des unit\u00e9s de l\u2019observatoire Gemini, un des plus puissants t\u00e9lescopes du monde, qui est entr\u00e9 en fonctionnement il y a quatre ans. Ce t\u00e9lescope est le fruit d\u2019un partenariat entre sept pays, y compris le Br\u00e9sil qui b\u00e9n\u00e9ficie modestement de 17 nuits maximum d\u2019observation par an. De cette montagne au sol pierreux sans v\u00e9g\u00e9tation et couverte de neige quelques jours par an, on peut apercevoir \u00e0 environ quinze kilom\u00e8tres au nord-est, l\u2019Observatoire Inter-Am\u00e9ricain Cerro Tololo (CTIO), contr\u00f4l\u00e9 par les \u00c9tats-Unis et \u00e9quip\u00e9 d\u2019une dizaine de t\u00e9lescopes, le plus grand d\u2019entre eux ayant la m\u00eame port\u00e9e que le Soar mais dot\u00e9 d\u2019\u00e9quipements vieux de 40 ans.<\/p>\n<p>Le t\u00e9lescope qui sera inaugur\u00e9 le 17 avril en pr\u00e9sence d\u2019une centaine d\u2019invit\u00e9s, ressemble \u00e9galement sous de nombreux aspects aux t\u00e9lescopes spatiaux. En effet, son miroir est pratiquement deux fois plus grand que celui de Hubble et son image d\u2019une qualit\u00e9 \u00e9quivalente. Le Soar \u00e9liminera les distorsions lumineuses dues \u00e0 l\u2019atmosph\u00e8re terrestre gr\u00e2ce \u00e0 un ensemble de miroirs compl\u00e9mentaires. Le t\u00e9lescope Hubble n\u2019est pas affect\u00e9 par ces distorsions lumineuses en fonction de sa position orbitale \u00e0 500 kilom\u00e8tres de la Terre, mais le prix de cet avantage s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 pr\u00e8s de 2 milliards de dollars US.<\/p>\n<div id=\"attachment_236552\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/32.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236552\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-236552\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/32-300x192.jpg\" alt=\"Dans les Andes, \u00e0 2.701 m\u00e8tres d\u2019altitude:  Parmi les plus grands centres d\u2019observation de l\u2019Univers\" width=\"300\" height=\"192\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">SOAR<\/span><\/a> Dans les Andes, \u00e0 2.701 m\u00e8tres d\u2019altitude: Parmi les plus grands centres d\u2019observation de l\u2019Univers<span class=\"media-credits\">SOAR<\/span><\/p><\/div>\n<p>Le Soar n\u2019a co\u00fbt\u00e9 que 28 millions de dollars US. La contribution financi\u00e8re du Br\u00e9sil dans ce projet s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 12 millions de dollars US r\u00e9partis entre le Conseil National de D\u00e9veloppement Scientifique et Technologique (CNPq) pour un montant de 10 millions de dollars et la FAPESP pour un montant de 2 millions de dollars. Gr\u00e2ce \u00e0 cet apport financier, les chercheurs br\u00e9siliens b\u00e9n\u00e9ficieront de 34% du temps d\u2019observation du Soar ce qui correspond \u00e0 127 nuits d\u2019observation par an dans un ciel pratiquement toujours clair, sec et d\u00e9gag\u00e9. Ceci repr\u00e9sente un avantage suppl\u00e9mentaire par rapport aux trois t\u00e9lescopes du Pico dos Dias soumis \u00e0 des pr\u00e9cipitations fr\u00e9quentes durant l\u2019\u00e9t\u00e9. Les trois autres partenaires sont nord-am\u00e9ricains, il s\u2019agit du National Optical Astronomy Observatories (Noao), qui est \u00e9galement responsable de l\u2019observatoire voisin \u00e0 Cerro Tololo, et qui b\u00e9n\u00e9ficiera de 33% du temps d\u2019observation du Soar; l\u2019Universit\u00e9 de la Caroline du Nord (UCN), qui b\u00e9n\u00e9ficiera de 16% du temps et l\u2019Universit\u00e9 d\u2019\u00c9tat du Michigan (MSU), de 14%. Chaque participant c\u00e8dera 10% de son temps aux astronomes chiliens en \u00e9change de la cession du territoire, comme c\u2019est le cas pour une dizaine de t\u00e9lescopes \u00e9trangers construits dans les Andes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Instruments compl\u00e9mentaires<br \/>\n<\/strong>\u201cAvec l\u2019entr\u00e9e en fonctionnement du Soar et l\u2019acc\u00e8s au Gemini, la communaut\u00e9 scientifique br\u00e9silienne comptera sur de nombreux instruments qui d\u00e9velopperont et compl\u00e8teront les projets de recherches\u201d, d\u00e9clare Albert Bruch, directeur du laboratoire National d\u2019Astrophysique (LNA), institution responsable des trois t\u00e9lescopes de Bras\u00f3polis et qui administre \u00e9galement de la participation br\u00e9silienne dans le projet Gemini et le Soar. L\u2019Observatoire du Pico dos Dias qui a servi de base \u00e0 l\u2019astrophysique br\u00e9silienne ne sera pas oubli\u00e9. \u201cNous aurons besoin de tous les t\u00e9lescopes pour r\u00e9pondre aux besoins de la recherche astronomique au Br\u00e9sil\u201d.d\u00e9clare-t-il.<\/p>\n<p>Le Soar, construit pour r\u00e9pondre aux besoins d\u2019environ 200 groupes br\u00e9siliens de recherche en astrophysique, et r\u00e9partis dans les universit\u00e9s de S\u00e3o Paulo, Rio de Janeiro, Rio Grande do Sul, Minas G\u00e9rais, Santa Catarina, Bahia, Rio Grande do Norte, Esp\u00edrito Santo e Paran\u00e1, est selon Bruch; \u201cun bond quantitatif pour la recherche br\u00e9silienne\u201d. Le Soar examinera le ciel dans un spectre lumineux visible au d\u00e9but de l\u2019infrarouge, et une longueur d\u2019onde variant entre 6 mille et 22 mille angstr\u00f6ms (1 angstr\u00f6ms correspond a 1 milliardi\u00e8me de m\u00e8tre). Il sera utilis\u00e9 pour \u00e9tudier l\u2019origine des \u00e9toiles, des galaxies, de l\u2019univers et pour mener des recherches sur les trous noirs, corps c\u00e9lestes se comportant comme des monstres affam\u00e9s capables de d\u00e9vorer tout ce qui se trouve sur leur passage, m\u00eame la lumi\u00e8re. Ces trous noirs qui sont \u00e9tudi\u00e9s de mani\u00e8re intensive par des \u00e9quipes de S\u00e3o Paulo, de Santa Catarina et du Sud du Br\u00e9sil paraissent \u00eatre plus nombreux qu\u2019on ne le pensait et sont m\u00eame capables d\u2019influencer le destin des galaxies (voir Recherche FAPESP n\u00ba 96, f\u00e9vrier 2004). Un autre travail qui sera probablement d\u00e9velopp\u00e9 concerne les lentilles gravitationnelles, nom donn\u00e9 aux galaxies qui d\u00e9vient la lumi\u00e8re \u00e9mise par d\u2019autres galaxies encore plus \u00e9loign\u00e9es. La compr\u00e9hension de l\u2019effet de ces lentilles gravitationnelles permettra de d\u00e9terminer avec pr\u00e9cision l\u2019origine des distorsions lumineuses qui arrivent sur la Terre.<\/p>\n<p>Le nouveau t\u00e9lescope sera principalement utile dans des recherches r\u00e9clamant des observations continues ou une vaste couverture du ciel, dans des projets ambitieux comme le recensement d\u2019\u00e9toiles ou de galaxies d\u2019une r\u00e9gion de l\u2019espace, quel que soient leurs types. Le centre d\u2019observation Gemini qui poss\u00e8de deux t\u00e9lescopes plus puissants \u00e9quip\u00e9s de miroirs de 8,1 m\u00e8tres de diam\u00e8tre, un au Chili et l\u2019autre \u00e0 Hawa\u00ef \u00e0 4.220 m\u00e8tres d\u2019altitude, va compl\u00e9ter les recherches, mais il ne permettra pas de r\u00e9aliser de nombreuses et de longues observations car son temps d\u2019utilisation est partag\u00e9 entre les \u00e9quipes de sept pays qui en ont financ\u00e9 la construction (\u00c9tats-Unis, Royaume Uni, Canada, Chili, Australie, Argentine et Br\u00e9sil).<\/p>\n<div id=\"attachment_236550\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/7.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236550\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-236550\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/7-774x1024.jpg\" alt=\"Travaux dans les Andes: Anneau de 20 m\u00e8tres...\" width=\"300\" height=\"397\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">SOAR<\/span><\/a> Travaux dans les Andes: Anneau de 20 m\u00e8tres&#8230;<span class=\"media-credits\">SOAR<\/span><\/p><\/div>\n<p>De nos jours, il est commun qu\u2019une m\u00eame recherche utilise plusieurs t\u00e9lescopes. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 une \u00e9quipe internationale de chercheurs, y compris de la br\u00e9silienne Silvia Rossi, qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 possible de d\u00e9couvrir l\u2019\u00e9toile poss\u00e9dant la plus faible quantit\u00e9 d\u2019\u00e9l\u00e9ments chimiques avec une masse sup\u00e9rieure \u00e0 celle de l\u2019hydrog\u00e8ne ou de l\u2019h\u00e9lium (la plus ancienne d\u00e9j\u00e0 d\u00e9couverte, \u00e2g\u00e9e de 12 \u00e0 15 milliards d\u2019ann\u00e9es) \u00e0 l\u2019aide de quatre t\u00e9lescopes situ\u00e9s aux \u00c9tats-Unis, au Chili et en Australie (voir Recherche FAPESP n\u00ba 83, janvier 2003). \u201cLes observations r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 l\u2019aide de t\u00e9lescopes poss\u00e9dant des miroirs de 2,2 ou de 4 m\u00e8tres de diam\u00e8tre, permettent de s\u00e9lectionner des cibles pour ensuite r\u00e9aliser des observations plus d\u00e9taill\u00e9es avec de plus grands t\u00e9lescopes, car la nuit d\u2019observation est tr\u00e8s courue et on\u00e9reuse, comme c\u2019est le cas pour le VLT (Very Large Telescope, au Chili) ou pour le Gemini\u201d, d\u00e9clare Silvia.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Fiert\u00e9 et stress<br \/>\n<\/strong>\u201cNous entrons dans la premi\u00e8re division de la recherche mondiale. Nous avions jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent d\u2019excellents joueurs, mais nous jouions en deuxi\u00e8me division\u201d, d\u00e9clare avec fiert\u00e9 Mr. Jo\u00e3o Evangelista Steiner, chercheur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo (USP) et pr\u00e9sident du Consortium et du Conseil Directeur du Soar. Mr. Steiner a particip\u00e9 au projet du t\u00e9lescope en 1993, \u201cdepuis les premi\u00e8res id\u00e9es\u201d, comme il le dit lui-m\u00eame. Une d\u00e9cennie plus tard, \u00e0 54 ans, apr\u00e8s avoir aid\u00e9 \u00e0 surmonter les diverses difficult\u00e9s en mati\u00e8re de logistique, de montage de projet, de s\u00e9lection d\u2019entreprises et d\u2019achat d\u2019\u00e9quipements, il ne cache pas satisfaction et sa fiert\u00e9 de voir le projet finalement conclu. \u201cConstruire un t\u00e9lescope comme celui-ci est une exp\u00e9rience unique dans la vie.\u201d d\u00e9clare-t-il. Mais bien s\u00fbr tout a un prix. En mars 1999, en plein milieu des travaux, ce qu\u2019il appelle \u201cune quantit\u00e9 indescriptible de probl\u00e8mes\u201d a min\u00e9 sa patience habituelle et a entra\u00een\u00e9 son hospitalisation, victime d\u2019un grave stress.<\/p>\n<p>En 1993, lors une r\u00e9union r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 Tucson en Arizona Steiner a repr\u00e9sent\u00e9 le Br\u00e9sil dans le projet Gemini. Pendant une pause, il a propos\u00e9 \u00e0 l\u2019astrophysicienne repr\u00e9sentant le Nao, Sidney Wolff, de construire un autre t\u00e9lescope pour que la recherche br\u00e9silienne ne prenne pas de retard. \u201cL\u2019observatoire du Pico dos Dias \u00e9tait la base et Gemini le sommet, mais il manquait le corps pour r\u00e9pondre aux futures demandes de la recherche br\u00e9silienne \u201d, raconte Steiner. \u201cIl \u00e9tait impossible de soutenir \u00e0 long terme les programmes d\u2019enseignement universitaire au Br\u00e9sil avec ces seuls t\u00e9lescopes.\u201d<\/p>\n<p>Sidney a trouv\u00e9 l\u2019id\u00e9e int\u00e9ressante car elle avait d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9 un projet identique avec une universit\u00e9 nord am\u00e9ricaine, mais ils n\u2019avaient gu\u00e8re avanc\u00e9. De retour au Br\u00e9sil, Steiner s\u2019est efforc\u00e9 de convaincre les agences de financement de l\u2019importance de ce nouveau t\u00e9lescope pour la recherche br\u00e9silienne. \u201cNous n\u2019annulons pas les projets en cours, mais nous en choisissons un en priorit\u00e9 pour les besoins des groupes de recherche br\u00e9siliens et de nos partenaires nord-am\u00e9ricains qui ont d\u00e9j\u00e0 accept\u00e9, car cela r\u00e9pondait \u00e9galement \u00e0 leurs besoins\u201d, d\u00e9clare-t-il. \u201cNous n\u2019avons c\u00e9d\u00e9 en rien dans le dessin du projet.\u201d Quand l\u2019avant projet et les demandes de financement ont \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9s, la construction a pu d\u00e9marrer \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 1997.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re t\u00e2che \u00e9tait de pr\u00e9parer l\u2019emplacement, ce qui n\u2019\u00e9tait pas si simple car il s\u2019agissait du sommet d\u2019une montagne \u00e9loign\u00e9e de 80 kilom\u00e8tres de La Serena, la ville la plus proche situ\u00e9e au bord de l\u2019oc\u00e9an pacifique et qui poss\u00e9dait son propre a\u00e9roport avec des vols journaliers pour Santiago. Au bout d\u2019un an, les machines de terrassement ont d\u00e9coup\u00e9 la pointe du c\u00f4ne, retirant 13 mille m\u00e8tres cubes de pierre et ont cr\u00e9e une zone plane de 3.600 m\u00e8tres carr\u00e9s. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019a \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9 l\u2019\u00e9difice comportant le t\u00e9lescope et les salles de contr\u00f4le, \u00e9quip\u00e9 de mur en acier (acier br\u00e9silien, il faut le signaler) pour \u00e9viter l\u2019interf\u00e9rence des sources de chaleur sur la lumi\u00e8re des \u00e9toiles, pour r\u00e9sister \u00e9galement \u00e0 la variation de temp\u00e9rature qui varie de &#8211; 25\u00baC \u00e0 30 \u00baC et m\u00eame aux tremblements de terre. Un anneau de 20 m\u00e8tres de diam\u00e8tre pesant 50 tonnes a \u00e9t\u00e9 install\u00e9 sur la structure m\u00e9tallique. Cet anneau a \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9 par l\u2019entreprise Santin, de Piracicaba, \u00e9tat de S\u00e3o Paulo et transport\u00e9 au sommet du Cerro Pachon en quatre parties par quatre camions, en une seule fois.<\/p>\n<p>C\u2019est sur cet anneau que les grues ont soigneusement d\u00e9pos\u00e9 la coupole (ou d\u00f4me), une demie sph\u00e8re de 14 m\u00e8tres de haut, construite par l\u2019entreprise Equatorial de S\u00e3o Jos\u00e9 dos Campos. Le dernier jeudi du mois de f\u00e9vrier, deux jours apr\u00e8s le Carnaval, le miroir principal a \u00e9t\u00e9 install\u00e9 sous la coupole, sous une autre structure m\u00e9tallique. Il s\u2019agit d\u2019un miroir de 4,2 m\u00e8tres de diam\u00e8tre et de seulement 10 centim\u00e8tres d\u2019\u00e9paisseur, fabriqu\u00e9 et poli aux \u00c9tats-Unis. C\u2019est une pi\u00e8ce fascinante. Elle a la forme d\u2019une gigantesque lentille de contact et est quasi lisse. Sa rugosit\u00e9 est si faible que si on l\u2019\u00e9tirait pour atteindre une superficie \u00e9quivalente \u00e0 celle du Br\u00e9sil, sa plus grande \u00e9l\u00e9vation n\u2019atteindrait pas plus de 2 centim\u00e8tres.<\/p>\n<div id=\"attachment_236551\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/22.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236551\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-236551\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/22-670x1024.jpg\" alt=\"...de diam\u00e8tre et d\u00f4me de 14 m\u00e8tres de hauteur\" width=\"300\" height=\"458\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">SOAR<\/span><\/a> &#8230;de diam\u00e8tre et d\u00f4me de 14 m\u00e8tres de hauteur<span class=\"media-credits\">SOAR<\/span><\/p><\/div>\n<p>Le miroir principal du Soar est tr\u00e8s fin pour \u00e9viter que les dilatations et les contractions du verre interf\u00e8rent sur la lumi\u00e8re des \u00e9toiles. Ces interf\u00e9rences sont communes aux autres miroirs de t\u00e9lescope qui ont parfois 50 centim\u00e8tres d\u2019\u00e9paisseur. Comme il est tr\u00e8s fin, il est malheureusement tr\u00e8s flexible. Mais ce probl\u00e8me a \u00e9t\u00e9 contourn\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 ses 220 appuis (ou tuteurs) sur lesquels il repose. Ces tuteurs donnent avec une pr\u00e9cision admirable une forme id\u00e9ale au miroir. Le d\u00e9placement maximum de chacun de ces points correspond \u00e0 cent millioni\u00e8me de l\u2019\u00e9paisseur d\u2019un fil de cheveux.<\/p>\n<p>Ce miroir fonctionnera en m\u00eame temps que deux autres miroirs ajust\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 un m\u00e9canisme connu sous le nom d\u2019optique active et qui permet d\u2019obtenir une meilleure qualit\u00e9 d\u2019image. Le t\u00e9lescope poss\u00e8de \u00e9galement deux miroirs suppl\u00e9mentaires capables de corriger les distorsions dues \u00e0 l\u2019atmosph\u00e8re terrestre. L\u2019objectif de ce deuxi\u00e8me jeu de miroirs (optique adaptative), d\u00e9j\u00e0 adopt\u00e9 par d\u2019autres t\u00e9lescopes comme Gemini, est d\u2019obtenir la m\u00eame qualit\u00e9 d\u2019image que Hubble qui \u00e9chappe aux interf\u00e9rence de l\u2019atmosph\u00e8re pour la simple raison d\u2019\u00eatre dans l\u2019espace. \u00c0 partir de l\u2019ann\u00e9e prochaine, le Soar sera \u00e9quip\u00e9 d\u2019un spectrographe qui d\u00e9composera et analysera la lumi\u00e8re et qui est en train d\u2019\u00eatre construit par une \u00e9quipe de l\u2019USP et du LNA dans le cadre d\u2019un projet th\u00e9matique coordonn\u00e9 par Beatriz Barbuy et financ\u00e9 par la FAPESP pour un montant d\u2019environ 1 million de dollars. En accord avec le projet r\u00e9alis\u00e9 sous la responsabilit\u00e9 technique de Jacques L\u00e9pine, directeur de l\u2019Institut d\u2019Astronomie, G\u00e9ophysique et Sciences Atmosph\u00e9riques (IAG) de l\u2019USP, la version finale de ce spectrographe, dont le prototype fonctionne depuis l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re au Pico dos Dias, poss\u00e8dera environ 1.300 points de captation \u00e9quip\u00e9s de fibres optiques qui vont indiquer en permanence les variations de chaque fr\u00e9quence lumineuse venant de galaxies, d\u2019amas de galaxies et de n\u00e9buleuses, entre autres objets astronomiques.<\/p>\n<p><strong>L\u2019impr\u00e9visible en vue<\/strong>. Les premi\u00e8res images fournies par le Soar serviront uniquement \u00e0 ajuster les \u00e9quipements, les miroirs et les programmes informatiques. Les deux chercheurs br\u00e9siliens qui sont d\u00e9j\u00e0 sur place apporteront leur soutien aux \u00e9quipes qui arriveront et quand cela sera possible m\u00e8neront leurs propres recherches. L\u2019observatoire ne sera utilis\u00e9 dans des projets de recherche que dans deux ou trois mois, selon un chronogramme qui sera d\u00e9finie par le LNA en fonction des demandes des physiciens. Selon Bruch, le Soar traitera environ 50 projets br\u00e9siliens par an, la moiti\u00e9 du volume de travail au Pico dos Dias, alors que Gemini ne traite qu\u2019environ 15 projets par an.<\/p>\n<p>Selon Steiner, le Soar favorisera un accroissement qualitatif de la production d\u2019articles scientifique br\u00e9siliens qui repr\u00e9sente actuellement 2% de la production mondiale en astrophysique, soit 250 articles. Cependant la perspective de d\u00e9couvrir ce qui n\u2019a m\u00eame pas \u00e9t\u00e9 imagin\u00e9 est une chose beaucoup plus passionnante. \u201cNous sommes face \u00e0 l\u2019impr\u00e9visible, sans avoir la moindre id\u00e9e de ce qui peut appara\u00eetre et qui g\u00e9n\u00e9ralement surgit quand un t\u00e9lescope, \u00e9quip\u00e9 de nouvelles technologies, entre en fonctionnement.\u201d d\u00e9clare Steiner.<\/p>\n<p><strong>Le projet<\/strong><br \/>\nT\u00e9lescope soar; <strong>Modalit\u00e9<\/strong> Projet sp\u00e9cial; <strong>Coordinateur<\/strong> Jo\u00e3o steiner \u2013 iag\/usp; <strong>Investissement<\/strong> 10 millions de dollars us (cnpq) et 2 millions de dollars us (fapesp)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"L\u2019entr\u00e9e en fonctionnement du t\u00e9lescope Soar propulse le pays au rang des plus grands centres d\u2019observation du monde","protected":false},"author":17,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1180],"tags":[],"coauthors":[5968],"class_list":["post-236548","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-sciences"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/236548","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/17"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=236548"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/236548\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=236548"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=236548"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=236548"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=236548"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}