{"id":236632,"date":"2013-09-03T14:10:10","date_gmt":"2013-09-03T17:10:10","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/?p=236632"},"modified":"2017-04-19T17:28:50","modified_gmt":"2017-04-19T20:28:50","slug":"plastique-a-base-de-sucre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/plastique-a-base-de-sucre\/","title":{"rendered":"Plastique \u00e0 base de sucre"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_236636\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Pl\u00e1stico80-pl\u00e1sticos-p-70-71.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236636\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-236636\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Pl\u00e1stico80-pl\u00e1sticos-p-70-71-300x195.jpg\" alt=\"Pellets : petites pastilles de bioplastique servant de mati\u00e8re premi\u00e8re aux industries de transformation pour mouler diff\u00e9rents types de produits\" width=\"300\" height=\"195\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">Miguel boyayan<\/span><\/a> <em>Pellets<\/em>: petites pastilles de bioplastique servant de mati\u00e8re premi\u00e8re aux industries de transformation pour mouler diff\u00e9rents types de produits<span class=\"media-credits\">Miguel boyayan<\/span><\/p><\/div>\n<p><em>Publi\u00e9 en octobre 2002<\/em><\/p>\n<p>Le sucre et l\u2019alcool ne sont plus les seuls produits commerciaux importants extraits de la canne \u00e0 sucre, il faut maintenant y ajouter la production de plastiques biod\u00e9gradables. Depuis le mois de d\u00e9cembre 2000, l\u2019entreprise PHB Industrial qui appartient au groupe Irm\u00e3os Biagi de Serrana (SP) et au groupe Balbo de Sert\u00e3ozinho (SP) produit chaque mois 4 \u00e0 5 tonnes d\u2019un biopolym\u00e8re produit \u00e0 partir du saccharose. La totalit\u00e9 de la production de cette usine pilote, situ\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Usine da Pedra \u00e0 Serrana, est export\u00e9e vers des pays comme les \u00c9tats-Unis, l\u2019Allemagne et le Japon.<\/p>\n<p>&#8220;Nous avons l\u2019intention de d\u00e9marrer nos op\u00e9rations commerciales entre 2004 et 2005 en construisant une usine pouvant produire 10 mille tonnes de bioplastique par an&#8221;, d\u00e9clare le physicien Sylvio Ortega Filho, responsable du d\u00e9veloppement du plastique biod\u00e9gradable au sein de l\u2019entreprise PHB qui est financ\u00e9e par la FAPESP dans le cadre du Programma d\u2019Innovation Technologiques pour les Petites Entreprises (PIPE). &#8220;Nous ne connaissons aucune autre entreprise au monde qui produise commercialement ce type de r\u00e9sine bioplastique &#8220;, d\u00e9clare Ortega Filho.<\/p>\n<p>La mise au point de ce polym\u00e8re, qui se d\u00e9compose rapidement sous l\u2019action de micro-organismes quand il est jet\u00e9 dans des remblais sanitaires, des d\u00e9charges publiques ou expos\u00e9 \u00e0 un environnement contenant des bact\u00e9ries actives, est le fruit d\u2019un partenariat r\u00e9ussi entre l\u2019Institut de Recherches Technologiques (IPT), la Coop\u00e9rative des Producteurs de Canne \u00e0 Sucre et d\u2019Alcool de l\u2019\u00c9tat de S\u00e3o Paulo (Copersucar) et l\u2019Institut de Sciences Biom\u00e9dicales (ICB) de l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo (USP). Les premi\u00e8res \u00e9tudes ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es au d\u00e9but des ann\u00e9es 90 et dix ans plus tard le pays est reconnu comme \u00e9tant l\u2019un des centres mondiaux les plus avanc\u00e9s en mati\u00e8re de recherche et de mise au point de bioplastiques.<\/p>\n<p>Cette technologie a \u00e9galement permis une autre avanc\u00e9e dans ce domaine. Il s\u2019agit de la mise au point d\u2019un proc\u00e9d\u00e9 permettant d\u2019obtenir ce polym\u00e8re \u00e0 partir de la bagasse de canne \u00e0 sucre hydrolys\u00e9e qui est un r\u00e9sidu de l\u2019industrie de l\u2019alcool et du sucre. Ce projet, \u00e9galement financ\u00e9 par la FAPESP, a \u00e9t\u00e9 coordonn\u00e9 par Luiziana Ferreira da Silva, chercheur en biochimie appartenant au Regroupement en Biotechnologies de l\u2019IPT et membre de l\u2019\u00e9quipe qui a mis au point le bioplastique. L\u2019hydrolyse (rupture de la structure du produit) lib\u00e8re les sucres pr\u00e9sents dans la bagasse qui sont ensuite consomm\u00e9s par les bact\u00e9ries utilis\u00e9es dans le proc\u00e9d\u00e9 de transformation du sucre en polyester naturel.<\/p>\n<div id=\"attachment_236634\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Pl\u00e1stico80-bact\u00e9rias-p-72.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236634\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-236634\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Pl\u00e1stico80-bact\u00e9rias-p-72-300x190.jpg\" alt=\"Ci-dessus, la bact\u00e9rie Ralstonia eutropha, qui transforme le sucre en polym\u00e8re\" width=\"300\" height=\"190\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">LUIZIANA FERREIRA DA SILVA\/IPT<\/span><\/a> Ci-dessus, la bact\u00e9rie <em>Ralstonia eutropha<\/em>, qui transforme le sucre en polym\u00e8re<span class=\"media-credits\">LUIZIANA FERREIRA DA SILVA\/IPT<\/span><\/p><\/div>\n<p>L\u2019hydrolyse induit cependant la formation de substances toxiques pour les bact\u00e9ries. L\u2019IPT a donc d\u00e9velopp\u00e9 un proc\u00e9d\u00e9 qui enl\u00e8ve la toxicit\u00e9 du produit hydrolys\u00e9e afin qu\u2019il puisse \u00eatre consomm\u00e9 par les micro-organismes. &#8220;Gr\u00e2ce \u00e0 ce proc\u00e9d\u00e9, il est possible de fabriquer le m\u00eame polym\u00e8re que celui d\u00e9j\u00e0 export\u00e9 et baptis\u00e9 PolyHydroxyButyrate ou plus simplement PHB avec le sucre extrait de la bagasse&#8221;, d\u00e9clare Luiziana.<\/p>\n<p>La diff\u00e9rence entre la technique cr\u00e9\u00e9e par Luiziana et la pr\u00e9c\u00e9dente d\u00e9velopp\u00e9e par l\u2019IPT, Copersucar et l\u2019USP et utilis\u00e9e par l\u2019entreprise PHB, concerne la mati\u00e8re premi\u00e8re utilis\u00e9e. Alors que Luiziana utilise la xylose (substance sucr\u00e9e contenue dans la bagasse de canne \u00e0 sucre), le proc\u00e9d\u00e9 pr\u00e9c\u00e9dent, dont les \u00e9tudes ont \u00e9t\u00e9 coordonn\u00e9es par le professeur Jos\u00e9 Geraldo Pradella de l\u2019IPT, utilise le saccharose.<\/p>\n<p>Elle a \u00e9galement identifi\u00e9 deux nouvelles bact\u00e9ries (<em>Burkholderia sacchari et Burkholderia cepacia<\/em>), la premi\u00e8re \u00e9tant jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent inconnue, qui sont tr\u00e8s efficaces dans le processus de synth\u00e8se et de production du bioplastique obtenu par hydrolyse de la bagasse. La bact\u00e9rie <em>sacchari<\/em> peut \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9e pour produire le PHB \u00e0 partir de la m\u00e9lasse ou du saccharose.<\/p>\n<p>Les caract\u00e9ristiques physiques et m\u00e9caniques du plastique biod\u00e9gradable sont comparables \u00e0 celles de certains polym\u00e8res synth\u00e9tiques \u00e0 base de p\u00e9trole mais ce plastique se d\u00e9compose plus rapidement que les plastiques classiques. &#8220;C\u2019est la grande diff\u00e9rence de ce produit &#8220;, d\u00e9clare Luiziana. Les r\u00e9sines plastiques biod\u00e9gradables se d\u00e9composent en 12 mois selon le milieu dans lequel elles se trouvent alors que les emballages en poly (t\u00e9r\u00e9phtalate d&#8217;\u00e9thyl\u00e8ne), appel\u00e9s PET et utilis\u00e9s principalement pour les sodas et les boissons gazeuses, mettent plus de 200 ans pour se d\u00e9composer et les plastiques traditionnels plus de cent ans. La perte de masse atteint 90% en six mois dans les fosses septiques et 50% en 280 jours dans des remblais sanitaires. Quand ces plastiques se d\u00e9composent, ils se transforment en gaz carbonique et en eau et ne lib\u00e8rent pas de r\u00e9sidus toxiques.<\/p>\n<div id=\"attachment_236637\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Pl\u00e1stico80-produtos-p-73.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236637\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-236637\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Pl\u00e1stico80-produtos-p-73-300x197.jpg\" alt=\"Ci-contre, ustensiles fabriqu\u00e9s avec du bioplastique \" width=\"300\" height=\"197\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">miguel boyayan<\/span><\/a> Ci-contre, ustensiles fabriqu\u00e9s avec du bioplastique<span class=\"media-credits\">miguel boyayan<\/span><\/p><\/div>\n<p><strong>R\u00e9serve d\u2019\u00e9nergie<br \/>\n<\/strong>Le d\u00e9but du processus de production du PHB dans cette usine pilote a commenc\u00e9 par la culture de bact\u00e9ries appartenant \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce <em>Ralstonia eutropha,<\/em> dans des bior\u00e9acteurs utilisant des sucres (saccharose, glucose, etc.) comme mati\u00e8re premi\u00e8re. Les microorganismes s\u2019alimentent de ces sucres et les transforment en granul\u00e9s intracellulaires qui sont en v\u00e9rit\u00e9 des polyesters. &#8220;Pour les bact\u00e9ries, ces polyesters (plastique biod\u00e9gradable) sont une r\u00e9serve d\u2019\u00e9nergie comparable \u00e0 la r\u00e9serve de graisse chez les mammif\u00e8res &#8220;, d\u00e9clare Luiziana. L\u2019\u00e9tape suivante du processus de production concerne l\u2019extraction et la purification du PHB accumul\u00e9 dans les bact\u00e9ries. Avec un solvant organique (non nuisible \u00e0 l\u2019environnement), on provoque la rupture de la paroi cellulaire des microorganismes pour lib\u00e9rer les granul\u00e9s du biopolym\u00e8re. Selon les calculs r\u00e9alis\u00e9s en laboratoire, il faut trois kilos de sucre pour obtenir un kilo de plastique.<\/p>\n<p>Le PHB peut \u00eatre utilis\u00e9 comme mati\u00e8re premi\u00e8re dans de nombreuses applications, principalement dans des secteurs o\u00f9 la puret\u00e9 et la biod\u00e9gradabilit\u00e9 sont n\u00e9cessaires. Il peut \u00eatre utilis\u00e9 pour la fabrication d\u2019emballages de produits de nettoyage, d\u2019hygi\u00e8ne corporelle, de cosm\u00e9tiques et de produits pharmaceutiques. Il peut \u00e9galement servir \u00e0 la fabrication de sacs et de tonneaux pour les engrais et les insecticides, de vases pour les plantes et la fabrication de produits par moulage \u00e0 injection comme des jouets et du mat\u00e9riel scolaire. En outre, comme il est biocompatible et facilement absorb\u00e9 par l\u2019organisme humain, il peut \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9 dans le domaine m\u00e9dical et pharmaceutique pour fabriquer des fils de suture, des proth\u00e8ses osseuses et des capsules qui lib\u00e8rent graduellement des substances dans l\u2019organisme. &#8220;Gr\u00e2ce \u00e0 son imperm\u00e9abilit\u00e9, le bioplastique peut \u00eatre utilis\u00e9 pour des emballages alimentaires de longue conservation comme les jus de fruit naturels, le lait pasteuris\u00e9 et les boissons isotoniques &#8220;, d\u00e9clare Ortega Filho. Le FDA (<em>Food and Drug Administration<\/em>), organisme qui r\u00e9glemente le secteur alimentaire et le secteur des m\u00e9dicaments aux \u00c9tats-Unis, a d\u00e9j\u00e0 approuv\u00e9 l\u2019utilisation du plastique biod\u00e9gradable dans les emballages alimentaires.<\/p>\n<p>Pour la production d\u2019objets plus flexibles, comme des flacons de shampoing, ou des sacs plastiques, les chercheurs ont d\u00e9j\u00e0 mis au point un autre produit appartenant \u00e0 la m\u00eame famille de polym\u00e8re et appel\u00e9 PHB-HV (polyhydroxybutirate- hydroxyval\u00e9rate) produit avec du sucre et de l\u2019acide propionique.<\/p>\n<p>Le principal obstacle rencontr\u00e9 pour la mise au point du PHB concernait le choix des bact\u00e9ries. &#8220;Pour trouver la meilleure bact\u00e9rie qui serait utilis\u00e9e pour transformer le sucre en plastique, nous avons test\u00e9 plus de 50 souches jusqu\u2019\u00e0 parvenir aux deux lign\u00e9es les plus appropri\u00e9es qui sont les esp\u00e8ces <em>Burkholderia sacchari et Burkholderia cepacia<\/em> &#8220;, d\u00e9clare Luiziana, qui a conclu son projet durant le premier semestre de cette ann\u00e9e. Les deux microorganismes sont parvenus \u00e0 am\u00e9liorer la production gr\u00e2ce \u00e0 leur croissance rapide, leur efficacit\u00e9 durant la conversion de la xylose en PHB et leur capacit\u00e9 de stockage du polym\u00e8re. Les bact\u00e9ries font toujours l\u2019objet d\u2019am\u00e9liorations g\u00e9n\u00e9tiques pour augmenter la production de bioplastiques.<\/p>\n<p>&#8220;L\u2019avantage de cette nouvelle technologie est la transformation d\u2019un r\u00e9sidu de l\u2019industrie sucri\u00e8re en mat\u00e9riel noble comme les bioplastiques &#8220;, d\u00e9clare Luiziana. Actuellement, 60% \u00e0 90% de la bagasse (pour un total de 81 millions de tonnes annuelles) produite dans les usines sont utilis\u00e9es pour produire de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9. Les r\u00e9sidus exc\u00e9dentaires, qui en 1999 atteignaient 8 millions de tonnes, provoquent de s\u00e9rieux probl\u00e8mes de stockage et de pollution. &#8220;L\u2019utilisation de la bagasse pour produire du PHB att\u00e9nuera ces probl\u00e8mes &#8220;, d\u00e9clare-t-elle.<\/p>\n<div id=\"attachment_236635\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Pl\u00e1stico80-f\u00e1brica-p-74.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236635\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-236635\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Pl\u00e1stico80-f\u00e1brica-p-74-300x197.jpg\" alt=\"PHB Industrial: En 2005, l\u2019entreprise produira 10 mille tonnes de bioplastique par an\" width=\"300\" height=\"197\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">miguel boyayan<\/span><\/a> PHB Industrial: En 2005, l\u2019entreprise produira 10 mille tonnes de bioplastique par an<span class=\"media-credits\">miguel boyayan<\/span><\/p><\/div>\n<p>La technique permettant d\u2019obtenir du PHB en utilisant des bact\u00e9ries n\u2019est pas une nouveaut\u00e9. Elle est connue depuis le d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Cependant ce polym\u00e8re n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 exploit\u00e9 commercialement en fonction de ses co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s de production. Le m\u00e9rite des chercheurs br\u00e9siliens est d\u2019\u00eatre parvenus \u00e0 r\u00e9duire consid\u00e9rablement ce co\u00fbt si on le compare aux plastiques biod\u00e9gradables synth\u00e9tis\u00e9s aux \u00c9tats-Unis et en Europe et fabriqu\u00e9s uniquement dans des usines pilotes et des laboratoires utilisant des sources diff\u00e9rentes comme le sucre de betterave et le ma\u00efs. Cette r\u00e9duction est due principalement aux faibles co\u00fbts de production de la culture de la canne \u00e0 sucre car l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 consomm\u00e9e est produite avec la bagasse de canne. &#8220;Pour pouvoir obtenir un prix comp\u00e9titif, l\u2019id\u00e9al est que l\u2019unit\u00e9 de production de plastiques biod\u00e9gradables fonctionne aupr\u00e8s d\u2019une usine sucri\u00e8re &#8220;, d\u00e9clare Ortega Filho.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 cette r\u00e9duction des co\u00fbts de production, le plastique biod\u00e9gradable est plus cher que le plastique classique. &#8220;Un kilo de polym\u00e8re synth\u00e9tique co\u00fbte environ 1 dollar US alors que le PHB co\u00fbte entre 4 et 5 dollars US selon son application &#8220;, d\u00e9clare Ortega Filho. Il est quand m\u00eame comp\u00e9titif et principalement sur le march\u00e9 international. En effet, les fabricants de polym\u00e8res comme les \u00c9tats-Unis, le Japon et certains pays europ\u00e9ens sont oblig\u00e9s de recycler leurs produits. Les d\u00e9penses de recyclage ne sont pas inclues dans le co\u00fbt du plastique. Au Br\u00e9sil, le calcul de ce co\u00fbt ne consid\u00e8re que l\u2019achat de la r\u00e9sine et sa transformation. Il n\u2019y a aucune pr\u00e9occupation \u00e0 ce sujet ni de co\u00fbts effectifs de recyclage.<\/p>\n<p>Durant ces 60 prochaines ann\u00e9es, l\u2019Allemagne pr\u00e9tend remplacer au moins 60% de sa consommation de plastiques synth\u00e9tiques par des polym\u00e8res biod\u00e9gradables. Cette mesure vise, entre autres choses, \u00e0 soulager les d\u00e9charges publiques du pays. La longue permanence des plastiques synth\u00e9tiques dans ces d\u00e9charges provoque de graves probl\u00e8mes environnementaux car ils forment une couche imperm\u00e9able bloquant le passage de liquides et de gaz issus de la fermentation des d\u00e9chets et retardent ainsi la stabilisation de la mati\u00e8re organique. Le probl\u00e8me est inqui\u00e9tant quand on sait qu\u2019au Br\u00e9sil ces plastiques repr\u00e9sentent 20 % des d\u00e9chets urbains.<\/p>\n<p>Selon Luiziana, ces r\u00e9sines plastiques biod\u00e9gradables ont un autre avantage car elles sont produites \u00e0 partir de ressources renouvelables contrairement aux plastiques classiques \u00e0 base de p\u00e9trole.<\/p>\n<p><strong>Production de <em>pellets<br \/>\n<\/em><\/strong>La production mondiale de plastique repr\u00e9sente 200 millions de tonnes par an. Selon les pr\u00e9visions de certains sp\u00e9cialistes, la part de march\u00e9 des bioplastiques repr\u00e9sentera environ 1% \u00e0 2% de cette production dans les dix prochaines ann\u00e9es et le PHB compte bien y participer. &#8220;Mais pour que cela devienne possible nous devons tout abord conclure la mise au point de cette technologie afin de produire des p<em>ellets<\/em> qui pourront \u00eatre vendus aux industries de transformation&#8221;, d\u00e9clare-t-elle.<\/p>\n<p><em>Les Pellets<\/em> sont de petites pastilles cylindriques millim\u00e9triques obtenues \u00e0 partir du m\u00e9lange de r\u00e9sine granul\u00e9e de PHB avec d\u2019autres polym\u00e8res ou des fibres naturelles. C\u2019est la mati\u00e8re premi\u00e8re qui est utilis\u00e9e par les industries de transformation. &#8220;Les industries n\u2019ach\u00e8tent pas le PHB pur. Elles veulent qu\u2019il soit d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9par\u00e9 avant la transformation finale &#8220;, d\u00e9clare Ortega Filho.<\/p>\n<p>Pour mettre au point ces <em>pellets<\/em>, l\u2019entreprise PHB Industrial a sign\u00e9 un accord de coop\u00e9ration et de recherche avec le D\u00e9partement d\u2019Ing\u00e9nierie de Mat\u00e9riaux (DeMa) de l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de S\u00e3o Carlos (UFSCar) et a obtenu un financement de 338 mille r\u00e9aux de la FAPESP \u00e0 travers le PIPE. Ce projet qui a d\u00e9but\u00e9 en 2001 devrait encore s\u2019\u00e9tendre sur un an.<\/p>\n<p>Les fonds ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s pour acheter des \u00e9quipements de base pour la fabrication des <em>pellets<\/em>. &#8220;Nous avons achet\u00e9 un appareil permettant de mesurer l\u2019indice de fluidit\u00e9 et un \u00e9quipement d\u2019essai universel pour analyser la traction, la flexion et la compression &#8220;, d\u00e9clare Ortega Filho. &#8220;D\u2019ici la fin de l\u2019ann\u00e9e, nous allons recevoir une machine d\u2019extrusion avec laquelle nous r\u00e9aliserons des \u00e9tudes visant \u00e0 d\u00e9velopper un produit poss\u00e9dant des caract\u00e9ristiques r\u00e9pondant aux demandes du march\u00e9.&#8221; Les \u00e9quipements seront install\u00e9s dans un nouveau laboratoire au sein de l\u2019UFSCar. &#8220;Le financement de la FAPESP est essentiel pour que le Biocycle (nom donn\u00e9 au PHB) devienne commercialement viable. &#8220;, d\u00e9clare l\u2019ing\u00e9nieur en mat\u00e9riaux Jefter Fernandes do Nascimento, coordinateur du projet du PIPE.<\/p>\n<p>Pour l\u2019instant, les 60 tonnes annuelles de Biocycle produites par l\u2019entreprise PHB Industrial sont principalement envoy\u00e9es dans des entreprises et des centres de recherche \u00e9trangers qui d\u00e9veloppent \u00e9galement des p<em>ellets<\/em>. Ortega Filho d\u00e9clare \u00e9galement:&#8221;Nous exportons vers des centres am\u00e9ricains et europ\u00e9ens, comme le Fraunhofer Institute, en Allemagne et l\u2019entreprise am\u00e9ricaine Metabolix, dont les propri\u00e9taires \u00e9taient auparavant des chercheurs appartenant au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Ils poursuivent les m\u00eames recherches que nous en essayant de d\u00e9couvrir le <em>pellet<\/em> id\u00e9al pour chaque application. Cependant le PHB a pris de l\u2019avance sur ses concurrents et si tout se d\u00e9roule comme pr\u00e9vu l\u2019entreprise exportera d\u2019ici peu des <em>pellets<\/em> de plastique biod\u00e9gradables&#8221;.<\/p>\n<p><strong>Les projets<\/strong><br \/>\n<strong>1.<\/strong> Obtention et caract\u00e9risation de Polym\u00e8res D\u00e9gradables dans l\u2019Environnement (PAD) \u00e0 partir de Sources Renouvelables: Canne \u00e0 sucre; <strong>Modalit\u00e9<\/strong> Programme d\u2019Innovation Technologique pour les Petites Entreprises (PIPE); <strong>Coordinateur<\/strong> Jefter Fernandes do Nascimento &#8211; PHB Industrial; <strong>Investissement<\/strong> 338.840,00 r\u00e9aux<br \/>\n<strong>2.<\/strong> Obtention de lign\u00e9es bact\u00e9riennes et D\u00e9veloppement de Technologies pour la Production de Plastiques Biod\u00e9gradables \u00e0 partir de l\u2019Hydrolyse de la Bagasse de Canne \u00e0 Sucre; <strong>Modalit\u00e9<\/strong> Ligne r\u00e9guli\u00e8re d\u2019aide \u00e0 la recherche; <strong>Coordinatrice<\/strong> Luiziana Ferreira da Silva &#8211; IPT; <strong>Investissement<\/strong> 52.133,47 r\u00e9aux et 19.645,00 dollars US.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Un produit br\u00e9silien am\u00e9lior\u00e9 conquiert une place sur le march\u00e9 international ","protected":false},"author":23,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1194],"tags":[],"coauthors":[116],"class_list":["post-236632","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-technologie"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/236632","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/23"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=236632"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/236632\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=236632"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=236632"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=236632"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=236632"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}