{"id":236640,"date":"2013-09-03T14:20:49","date_gmt":"2013-09-03T17:20:49","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/?p=236640"},"modified":"2017-04-19T17:39:49","modified_gmt":"2017-04-19T20:39:49","slug":"des-fibres-pour-tous-les-usages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/des-fibres-pour-tous-les-usages\/","title":{"rendered":"Des fibres pour tous les usages"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_236646\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Fios.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236646\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-236646\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Fios-300x227.jpg\" alt=\"La transformation des fibres du curau\u00e1: de cordes \u00e0 des tissus sophistiqu\u00e9es\" width=\"300\" height=\"227\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">miguel boyayan<\/span><\/a> La transformation des fibres du curau\u00e1: de cordes \u00e0 des tissus sophistiqu\u00e9es<span class=\"media-credits\">miguel boyayan<\/span><\/p><\/div>\n<p>La fibre s\u00e9ch\u00e9e du curau\u00e1 (<em>Ananas erectifolius<\/em>), plante amazonienne de la m\u00eame famille que l\u2019ananas ressemble en apparence au sisal. Mais la ressemblance s\u2019arr\u00eate l\u00e0. Cette fibre, tr\u00e8s douce au toucher, poss\u00e8de une grande r\u00e9sistance m\u00e9canique lui permettant de supporter des tensions \u00e9lev\u00e9es m\u00eame sur une faible \u00e9paisseur. Cette propri\u00e9t\u00e9 en fait une rempla\u00e7ante naturelle de la fibre de verre. Quand elle est m\u00e9lang\u00e9e \u00e0 d\u2019autres mat\u00e9riaux \u00e0 base de polypropyl\u00e8ne, comme des restes de couvertures et de moquettes inutilis\u00e9es par l\u2019industrie textile, elle se transforme en un mat\u00e9riel d\u00e9j\u00e0 adopt\u00e9 par l\u2019industrie automobile. \u201cCertaines voitures en circulation comme, les mod\u00e8les Fox et Polo de Volkswagen utilisent d\u00e9j\u00e0 ce nouveau mat\u00e9riel sur le toit des voitures, dans la partie interne des portes, et dans la porte du coffre\u201d, d\u00e9clare le professeur Alcides Lopes Le\u00e3o, membre de la Facult\u00e9 de Sciences Agronomiques de l\u2019Universit\u00e9 Publique Pauliste (Unesp) \u00e0 Botucatu, qui \u00e9tudie les diverses applications de cette plante depuis 8 ans. L\u2019int\u00e9r\u00eat suscit\u00e9 par le curau\u00e1 (<em>Ananas erectifolius<\/em>) est n\u00e9 de l\u2019observation des indiens qui utilisent ce mat\u00e9riel pour fabriquer des cordes, des hamacs et des lignes de p\u00eache, d\u00e9montrant ainsi les qualit\u00e9s de r\u00e9sistance et de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 de cette fibre. Les nouveaux mat\u00e9riaux issus de la fibre v\u00e9g\u00e9tale sont encore peu nombreux car la mati\u00e8re premi\u00e8re disponible ne r\u00e9pond pas \u00e0 la demande. \u201cPour r\u00e9pondre \u00e0 la seule demande de Volkswagen il faudrait produire 100 tonnes de fibres par jours. La production actuelle ne repr\u00e9sente que 10 tonnes par mois\u201d, calcule Lopes.<\/p>\n<p>Pour introduire la fibre de curau\u00e1 sur le march\u00e9, l\u2019Unesp a \u00e9tabli un partenariat avec l\u2019entreprise Pematec-Triangel, situ\u00e9e \u00e0 S\u00e3o Bernardo do Campo, qui fabrique les pi\u00e8ces structurelles sous la forme de composites. Ce partenariat a d\u00e9but\u00e9 en 2000, quand l\u2019entreprise a \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9e par Volkswagen afin de d\u00e9velopper des pi\u00e8ces automobiles avec de nouvelles fibres. Les constructeurs automobiles cherchent chaque fois plus \u00e0 remplacer certaines pi\u00e8ces qui ne sont pas recyclables et \u00e9galement pour diminuer le poids des v\u00e9hicules. Pematec a tout d\u2019abord commenc\u00e9 \u00e0 mener des recherches sur le jute, qui \u00e9tait tr\u00e8s utilis\u00e9 en Europe pour des applications de m\u00eame type. Mais lors d\u2019une visite en Allemagne, Gilson Romanato directeur de l\u2019entreprise, a appris des propres allemands qu\u2019il y avait au Br\u00e9sil une fibre v\u00e9g\u00e9tale bien meilleure que la jute. De retour au Br\u00e9sil, l\u2019entrepreneur s\u2019est inform\u00e9 sur ces fibres et a fait la connaissance du professeur Lopes Le\u00e3o qui avait d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 certaines \u00e9tudes dans ce domaine.<\/p>\n<p>Dans une de ces \u00e9tudes le professeur avait test\u00e9 diff\u00e9rentes fibres br\u00e9siliennes et \u00e9trang\u00e8res afin d\u2019en comparer les propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9caniques. Le curau\u00e1 s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 imbattable pour sa r\u00e9sistance par rapport \u00e0 l\u2019\u00e9toupe, la banane, la bagasse de canne \u00e0 sucre, le chanvre, la ramie, le sisal, le jute, la mauve et le bois. L\u2019autre \u00e9tude concernait un projet de recherche financ\u00e9 par la FAPESP, faisant partie du Programme Partenariat pour l\u2019Innovation Technologique (PITE), coordonn\u00e9 par Lopes Le\u00e3o, et qui avait pour th\u00e8me la production de mat\u00e9riaux composites \u00e0 base de fibres v\u00e9g\u00e9tales comme le curau\u00e1, appliqu\u00e9s \u00e0 l\u2019industrie automobile. L\u2019entreprise Toro de Diadema, qui \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9poque partenaire de ce projet, a d\u00fb abandonner ses plans d\u2019investissement dans ces composites suite \u00e0 de nombreux probl\u00e8mes financiers. L\u2019accord pass\u00e9 entre l\u2019Unesp et Toro a donc \u00e9t\u00e9 annul\u00e9 et Pematec s\u2019est engag\u00e9e \u00e0 produire les pi\u00e8ces sollicit\u00e9es par le constructeur automobile.<\/p>\n<div id=\"attachment_236642\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Curva-104-pg-72.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236642\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-236642\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Curva-104-pg-72-671x1024.jpg\" alt=\"Le curau\u00e1: feuilles  fibreuses et fruit plus petit que l\u2019ananas.  \" width=\"300\" height=\"458\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">miguel boyayan<\/span><\/a> Le curau\u00e1: feuilles fibreuses et fruit plus petit que l\u2019ananas<span class=\"media-credits\">miguel boyayan<\/span><\/p><\/div>\n<p>Dans le projet initial, d\u00e9velopp\u00e9 par l\u2019universit\u00e9 pour l\u2019entreprise Pematec, un endroit appel\u00e9 Vale do Ribeira avait \u00e9t\u00e9 choisi pour cultiver la plante, mais les \u00e9tudes concernant l\u2019adaptation de la plante \u00e0 cette r\u00e9gion \u00e9taient encore incompl\u00e8tes. Pematec a donc achet\u00e9 une ferme \u00e0 Santar\u00e9m, dans l\u2019\u00e9tat du Par\u00e1, et a commenc\u00e9 \u00e0 encourager les agriculteurs \u00e0 augmenter leurs cultures. \u201cQuand nous sommes arriv\u00e9s ici, 150 \u00e0 200 familles travaillaient dans ces cultures, mais nous pensons qu\u2019elles seront au nombre de 400 \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 2005 \u201d, d\u00e9clare Romanato. L\u2019approvisionnement en fibres de la ferme est assur\u00e9. \u201cS\u2019il manque des fibres ou si nous avons des probl\u00e8mes de s\u00e9chage durant la saison des pluies, nous utilisons les fibres de notre plantation.\u201d Une usine exp\u00e9rimentale de traitement de la fibre employant 50 personnes a commenc\u00e9 \u00e0 fonctionner au mois de juillet de cette ann\u00e9e \u00e0 Santar\u00e9m sous la direction de Gilmar Lazarini, ancien \u00e9l\u00e8ve de l\u2019Unesp. Les fibres v\u00e9g\u00e9tales qui mesurent pr\u00e8s de 1,20 m\u00e8tres de long sont d\u00e9coup\u00e9es en morceau de 5 \u00e0 7 centim\u00e8tres et m\u00e9lang\u00e9es dans une proportion de 50 % avec des fibres textiles de polypropyl\u00e8ne.<\/p>\n<p><strong>Pi\u00e8ces inject\u00e9es<br \/>\n<\/strong>Le mat\u00e9riel composite est ensuite pil\u00e9 et achemin\u00e9 au si\u00e8ge de l\u2019entreprise \u00e0 S\u00e3o Bernardo o\u00f9 sont fabriqu\u00e9es les pi\u00e8ces en plastique lors d\u2019un processus appel\u00e9 thermoformage. Le mat\u00e9riel est ensuite plac\u00e9 dans un moule qui est chauff\u00e9 pour obtenir la forme finale qui sera refroidie \u00e0 temp\u00e9rature ambiante. L\u2019autre technique est le moulage par injection. La fibre moulue m\u00e9lang\u00e9e aux granul\u00e9s de plastique passe par un processus appel\u00e9 extrusion qui synth\u00e9tise les deux mat\u00e9riaux. Le m\u00e9lange passe ensuite dans un appareil injecteur pour mouler la pi\u00e8ce. Plusieurs r\u00e9sines plastiques ont \u00e9t\u00e9 test\u00e9es \u00e0 cet effet depuis 1995 comme le polypropyl\u00e8ne, le poly\u00e9thyl\u00e8ne de haute et basse densit\u00e9 ainsi que d\u2019autres. Le processus par injection permet de remplacer partiellement les r\u00e9sines plastiques. L\u2019entreprise General Motors au Br\u00e9sil, par exemple, a pass\u00e9 un contrat de recherche avec l\u2019Unesp pour mettre au point des pi\u00e8ces inject\u00e9es renforc\u00e9es avec des fibres naturelles. Le BMC (sigle de Bulk Molding Compound), est un troisi\u00e8me proc\u00e9d\u00e9 qui n\u2019est pas utilis\u00e9 par manque de mati\u00e8re premi\u00e8re. Il s\u2019agit d\u2019un proc\u00e9d\u00e9 de fabrication qui utilise la fibre pure transform\u00e9e en petits granul\u00e9s et sans ajout de polypropyl\u00e8ne pour fabriquer des pi\u00e8ces externes de v\u00e9hicules comme les pare-chocs avec une base en \u00e9poxy ou en polyester afin de remplacer la fibre de verre difficilement recyclable.<\/p>\n<p>La flexibilit\u00e9 et la douceur de la fibre amazonienne ont amen\u00e9 les chercheurs \u00e0 l\u2019utiliser comme mati\u00e8re premi\u00e8re pour la confection de v\u00eatements. Ainsi, selon la taille de la fibre, elle peut \u00eatre autant utilis\u00e9e par l\u2019industrie textile que pour le moulage par injection. Aux Philippines, les fibres de l\u2019ananas provenant de feuilles \u00e9cart\u00e9es par l\u2019industrie des jus de fruit sont transform\u00e9es en v\u00eatements fins utilis\u00e9s durant les mariages. Par manque de technologies et de machines n\u00e9cessaires pour fabriquer les fils, l\u2019Unesp a d\u00fb faire appel \u00e0 l\u2019Institut des Fibres Naturelles de Poznan en Pologne qui est partenaire de l\u2019universit\u00e9 depuis 1994. C\u2019est ainsi que 500 kilos de fibres ont \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s en Pologne par Lopes Le\u00e3o. Le m\u00e9lange curau\u00e1, polyester et laine, en trames ouvertes et ferm\u00e9es s\u2019est transform\u00e9 en chemises, jupes, pulls, chaussettes et m\u00eame des rideaux. Pour s\u2019assurer que la fibre ne provoquerait pas d\u2019allergies au contact de la peau, de nombreux tests ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s sur des volontaires de jour et de nuit afin d\u2019\u00e9valuer \u00e9galement le repos des personnes durant leur sommeil.<\/p>\n<div id=\"attachment_236643\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Curva-104-pg-73.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236643\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-236643\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Curva-104-pg-73-300x205.jpg\" alt=\"Ci-dessus, pi\u00e8ce composite utilis\u00e9e sur le toit des voitures \" width=\"300\" height=\"205\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">miguel boyayan<\/span><\/a> Ci-dessus, pi\u00e8ce composite utilis\u00e9e sur le toit des voitures<span class=\"media-credits\">miguel boyayan<\/span><\/p><\/div>\n<p>Cette plante est versatile car elle permet \u00e9galement l\u2019exploitation de la brom\u00e9la\u00efne, un enzyme utilis\u00e9 pour fabriquer des m\u00e9dicaments qui facilitent la digestion, ainsi que pour la fabrication d\u2019antiacides utilis\u00e9s dans l\u2019industrie alimentaire pour attendrir la viande, pour produire des biscuits et des oeufs d\u00e9shydrat\u00e9s et \u00e9galement pour traiter le cuir. La brom\u00e9la\u00efne est principalement extraite de l\u2019ananas. Mais la quantit\u00e9 produite est encore faible par rapport aux besoins du march\u00e9, ce qui en fait un produit commercial cher. L\u2019\u00e9tude de l\u2019activit\u00e9 de cet enzyme dans le curau\u00e1 indique que les feuilles en poss\u00e8dent moins que les fruits (qui ressemblent \u00e0 de petits ananas), mais la grande quantit\u00e9 de pulpe verte (mucilage) retir\u00e9e pour obtenir les fibres et inutilis\u00e9e par l\u2019industrie, pourrait viabiliser \u00e9conomiquement son extraction.<\/p>\n<p>L\u2019objectif de Pematec est de traiter 100 tonnes de fibres par jour, ce qui indique une grande quantit\u00e9 de r\u00e9sidus en fin de traitement. Afin d\u2019\u00e9viter de futurs probl\u00e8mes environnementaux, l\u2019Unesp a d\u00e9velopp\u00e9 un projet qui utilise le mucilage pour produire un biogaz qui fait fonctionner les machines qui s\u00e8chent les fibres. Ce r\u00e9sidu peut \u00e9galement servir \u00e0 alimenter le b\u00e9tail et c\u2019est une autre application actuellement d\u00e9velopp\u00e9e par l\u2019universit\u00e9. \u201cEn fonction de sa teneur \u00e9lev\u00e9e en prot\u00e9ines et en vitamines, nous nous sommes aper\u00e7u qu\u2019il \u00e9tait possible de l\u2019utiliser pour enrichir les rations animales \u201d, d\u00e9clare Lopes Le\u00e3o.<\/p>\n<p><strong>Cultures dans le Sud-est<br \/>\n<\/strong>Pour exploiter toutes les possibilit\u00e9s offertes par le curau\u00e1, il faut augmenter la production et probablement le cultiver ailleurs qu\u2019en Amazonie, principalement dans le Sud-est du pays qui est plus proche du march\u00e9 de consommation. L\u2019Unesp d\u00e9veloppe \u00e9galement pour Pematec une \u00e9tude sur l\u2019adaptation des plantes au climat et au sol de cette r\u00e9gion depuis 2000. Plusieurs pousses ont \u00e9t\u00e9 import\u00e9es du Par\u00e1 et plant\u00e9es dans le campus de Lajeado ainsi que dans une ferme de l\u2019Unesp \u00e0 S\u00e3o Manuel, ville proche de Botucatu. Les pousses appartiennent \u00e0 deux vari\u00e9t\u00e9s : violette et blanche. \u201cNous pensons que la vari\u00e9t\u00e9 violette s\u2019adapte mieux au climat de la r\u00e9gion de S\u00e3o Paulo \u201d, d\u00e9clare Lopes Le\u00e3o. La plante a d\u00e9j\u00e0 support\u00e9 sans probl\u00e8mes trois hivers dont le dernier avec des temp\u00e9ratures atteignant &#8211; 3,5\u00baC. Ainsi la crainte qu\u2019elle ne s\u2019adapte pas \u00e0 la r\u00e9gion Sud-est s\u2019est vite dissip\u00e9e. \u201cNous savons qu\u2019elle ne meurt pas facilement, qu\u2019elle est r\u00e9sistante, sans maladies connues et qu\u2019elle r\u00e9pond bien \u00e0 la fertilisation.\u201d<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Curva-104-pg-74.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236644\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-236644\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Curva-104-pg-74-693x1024.jpg\" alt=\"Z-1.0\" width=\"300\" height=\"443\" \/><span class=\"media-credits-inline\">miguel boyayan<\/span><\/a>La multiplication des pousses est r\u00e9alis\u00e9e par clonage des bourgeons qui se situent entre la base et les feuilles de la plante. Les bourgeons sont plac\u00e9s dans une culture g\u00e9latineuse o\u00f9 se trouvent tous les sels min\u00e9raux, les macros et micros nutriments ainsi que des vitamines et des phytohormones (r\u00e9gulateurs de la croissance v\u00e9g\u00e9tale) n\u00e9cessaires \u00e0 la plante. Avec un seul bourgeon il est possible d\u2019en obtenir quatre en 45 jours, ce qui correspond \u00e0 la p\u00e9riode de sous-culture. Ces quatre bourgeons en produisent 16, suivant ainsi une progression g\u00e9om\u00e9trique. \u201cAvec dix bourgeons issus d\u2019une m\u00eame plante, nous pouvons obtenir plus de 10 mille plantes identiques en seulement quatre sous-cultures\u201d, d\u00e9clare le professeur Isaac Stringueta Machado, membre du projet et travaillant dans le domaine de la biotechnologie environnementale \u00e0 la Facult\u00e9 de Sciences Agronomiques de l\u2019Unesp. Deux ou trois mois plus tard, les premi\u00e8res plantes vont dans une serre et au bout de quatre mois elles mesurent d\u00e9j\u00e0 pr\u00e8s de 20 centim\u00e8tres et sont pr\u00eates \u00e0 \u00eatre plant\u00e9es dans les champs.<\/p>\n<p>Il faut ensuite attendre 1 an, p\u00e9riode n\u00e9cessaire pour que les feuilles atteignent pr\u00e8s de 1,20 m\u00e8tres et phase id\u00e9ale pour faire la premi\u00e8re r\u00e9colte. Six mois plus tard, quand les feuilles ont atteint la m\u00eame taille, on fait une nouvelle r\u00e9colte. On peut faire quatre r\u00e9coltes avant de recommencer le cycle qui peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e avec des pousses produites par la plante m\u00e8re ou par clonage. La deuxi\u00e8me option est plus int\u00e9ressante car outre une r\u00e9duction de temps et d\u2019espace n\u00e9cessaires \u00e0 cette multiplication, deux aspects positifs se d\u00e9tachent dans cette micro-propagation in vitro. Le premier est la propret\u00e9 clonale. Comme le clone est obtenu \u00e0 partir d\u2019une portion jeune de la plante (m\u00e9rist\u00e8mes) qui ne poss\u00e8de pas encore de vaisseaux conducteurs d\u00e9finis (xyl\u00e8me et e phlo\u00e8me), tout les phytopathog\u00e8nes, bact\u00e9ries ou champignons existants peuvent \u00eatre \u00e9limin\u00e9s. L\u2019autre aspect positif concerne la fid\u00e9lit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique qui permet de faire des copies exactes des meilleures plantes s\u00e9lectionn\u00e9es pour s\u2019adapter aux conditions de la r\u00e9gion Sud-est.<\/p>\n<p>\u201cNous nous sommes aper\u00e7us que les plantes clon\u00e9es ont un potentiel multiplicateur plus important que la plante sylvestre. L\u2019induction provoqu\u00e9e par ces r\u00e9gulateurs de croissance est enregistr\u00e9e dans la m\u00e9moire (g\u00e9notype) de la plante et elles continuent \u00e0 se d\u00e9velopper \u00e0 un rythme sup\u00e9rieur \u00e0 celui constat\u00e9 dans les cultures traditionnelles\u201d, d\u00e9clare Machado. Selon Lopes Le\u00e3o, la croissance de la production d\u00e9pend du clonage pour pouvoir r\u00e9pondre \u00e0 la demande de l\u2019industrie automobile. \u201cC\u2019est pour cette raison que nous sommes en train de monter une structure de reproduction de 5 \u00e0 8 millions de plantes par an, au sein de l\u2019Unesp, pour r\u00e9pondre \u00e0 une demande croissante de pousses de curau\u00e1 qui seront transport\u00e9es en camion vers l\u2019\u00c9tat du Par\u00e1 pour y \u00eatre plant\u00e9es.\u201d<\/p>\n<div id=\"attachment_236645\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Curva-104-pg-75a.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236645\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-236645\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Curva-104-pg-75a-723x1024.jpg\" alt=\"V\u00eatements vari\u00e9s produits avec des fibres de curau\u00e1 m\u00e9lang\u00e9es \u00e0  d\u2019autres mat\u00e9riaux\" width=\"300\" height=\"425\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">miguel boyayan<\/span><\/a> V\u00eatements vari\u00e9s produits avec des fibres de curau\u00e1 m\u00e9lang\u00e9es \u00e0 d\u2019autres mat\u00e9riaux<span class=\"media-credits\">miguel boyayan<\/span><\/p><\/div>\n<p>Le potentiel du curau\u00e1 int\u00e9resse d\u00e9j\u00e0 les europ\u00e9ens qui ont d\u00e9j\u00e0 fait des propositions au groupe de recherche pour envoyer des pousses de curau\u00e1 \u00e0 Ceylan, en Malaisie et en Indon\u00e9sie. Pour que la fibre amazonienne ne subisse pas le m\u00eame destin tragique que le caoutchouc qui, produit \u00e0 la fin du XIX<sup>e<\/sup> et d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, \u00e9tait la plus grande source de revenu du Br\u00e9sil avant que les colonies britanniques d\u2019Asie ne le cultivent et provoquent une chute dramatique des exportation br\u00e9siliennes, la recette de Lopes Le\u00e3o est d\u2019investir dans des technologies qui permettront au produit br\u00e9silien d\u2019\u00eatre toujours en avance sur ses concurrents. Outre la comp\u00e9tence irr\u00e9futable de l\u2019\u00e9quipe de l\u2019Unesp et des chercheurs de la Facult\u00e9 de Sciences Agronomiques, les r\u00e9sultats obtenus sont \u00e9galement dus \u00e0 une \u00e9quipe multidisciplinaire compos\u00e9e d\u2019Elisabete Frollini de l\u2019Institut de Chimie de l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo (USP) \u00e0 S\u00e3o Carlos et de Luiz Mattoso de l\u2019Embrapa Instrumentation Agricole, \u00e9galement \u00e0 S\u00e3o Carlos. Les essais pour \u00e9valuer l\u2019interaction des fibres avec le plastique sont r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 l\u2019Embrapa . Les composites sont test\u00e9s \u00e0 l\u2019IQSC. \u201cNotre travail doit \u00eatre hautement technique car l\u2019industrie est tr\u00e8s exigeante\u201d, d\u00e9clare Lopes Le\u00e3o. \u201cNous savons comment r\u00e9agissent les pi\u00e8ces utilis\u00e9es en Sib\u00e9rie \u00e0 une temp\u00e9rature de moins 50 \u00b0C, ainsi que dans la chaleur de Teresina, dans l\u2019\u00e9tat du Piau\u00ed.\u201d<\/p>\n<p>L\u2019organisme Financier d\u2019\u00c9tudes et de Projets (Finep), \u00e0 travers le programme Fonds Verde-Amarelo qui soutien l\u2019innovation et encourage les \u00e9changes entre les universit\u00e9s et les entreprises, a sign\u00e9 un accord en 2002 avec l\u2019entreprise Pematec et l\u2019Unesp pour un montant d\u2019environ 800 mille r\u00e9aux, \u00e0 fonds perdus et valide pour deux ans. Ce financement est destin\u00e9 \u00e0 viabiliser le projet dans toutes ses \u00e9tapes comme l\u2019\u00e9tude de la plante dans les champs, son adaptation dans la r\u00e9gion sud est, le clonage et le transport des pousses ainsi que les applications de la fibre dans l\u2019industrie automobile et l\u2019utilisation des r\u00e9sidus de la plante. La moiti\u00e9 de ce montant, financ\u00e9 par la Finep, est destin\u00e9 aux boursiers, aux \u00e9quipements et aux tests. L\u2019accord se termine en d\u00e9cembre mais sera renouvel\u00e9 pour un an. L\u2019entreprise Pematec qui a financ\u00e9 l\u2019autre moiti\u00e9 du budget total consacr\u00e9 au projet, peut d\u00e9duire fiscalement son investissement dans le cadre du programme de soutien \u00e0 la recherche.<\/p>\n<p>Le groupe de recherche commence \u00e0 revoir certains concepts adopt\u00e9s au d\u00e9but du projet. L\u2019un d\u2019eux concerne le nombre de plantes \u00e0 l\u2019hectare. Au d\u00e9but de l\u2019\u00e9tude ce nombre \u00e9tait de 10 mille et il est pass\u00e9 \u00e0 60 mille par hectare. L\u2019autre concerne l\u2019utilisation de la brom\u00e9la\u00efne qui auparavant n\u2019\u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e que comme un sous-produit, Aujourd\u2019hui l\u2019enzyme, dont la valeur de march\u00e9 d\u00e9passe celle de la fibre, est consid\u00e9r\u00e9 comme un produit pleinement associ\u00e9 \u00e0 l\u2019exploitation du curau\u00e1. En outre, les chercheurs savent maintenant que la plante peut \u00eatre cultiv\u00e9e dans n\u2019importe quel endroit de l\u2019\u00c9tat de S\u00e3o Paulo et qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une culture rentable. Actuellement le kilo de fibre s\u00e9ch\u00e9e co\u00fbte environ 3 r\u00e9aux, alors qu\u2019il y a deux il ne valait que 1 r\u00e9al. Mais le changement le plus visible est l\u2019utilisation de toutes les possibilit\u00e9s offertes par la plante, tant pour l\u2019industrie automobile que pour l\u2019industrie pharmaceutique et textile.<\/p>\n<p><strong>Les projets<br \/>\n<\/strong>Production de composites \u00e0 base de fibres naturelles pour l\u2019industrie automobile;\u00a0<strong>Modalit\u00e9\u00a0<\/strong>Programme partenariat pour l\u2019innovation technologique (pite);\u00a0<strong>Coordinateurs\u00a0<\/strong>Alcides lopes le\u00e3o &#8211; unesp;\u00a0<strong>Investissement\u00a0<\/strong>728.350,00 r\u00e9aux (toro) et 145.750,00 r\u00e9aux (fapesp)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Les feuilles s\u00e9ch\u00e9es de curau\u00e1 poss\u00e8dent de nombreuses utilit\u00e9s comme la fabrication de pi\u00e8ces automobiles, de v\u00eatements et de rem\u00e8des","protected":false},"author":22,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1194],"tags":[],"coauthors":[115],"class_list":["post-236640","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-technologie"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/236640","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/22"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=236640"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/236640\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=236640"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=236640"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=236640"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=236640"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}