{"id":236696,"date":"2013-09-03T14:40:11","date_gmt":"2013-09-03T17:40:11","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/?p=236696"},"modified":"2017-04-24T13:54:08","modified_gmt":"2017-04-24T16:54:08","slug":"parfum-bois-de-rose-no5-bresil","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/parfum-bois-de-rose-no5-bresil\/","title":{"rendered":"Parfum bois de rose n\u00ba5 br\u00e9sil"},"content":{"rendered":"<p><em><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/DSC_1097-verde.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236697\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-236697\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/DSC_1097-verde-801x1024.jpg\" alt=\"DSC_1097 verde\" width=\"300\" height=\"384\" \/><span class=\"media-credits-inline\">EDUARDO CESAR<\/span><\/a>Publi\u00e9 en mai 2005<\/em><\/p>\n<p>La phrase l\u00e9gendaire, prononc\u00e9e par l\u2019actrice Marilyn Monroe, suivant laquelle elle ne dormait habill\u00e9e que de quelques gouttes de Chanel n\u00ba 5, conserve &#8211; qui l\u2019aurait dit &#8211; une touche bien br\u00e9silienne. Le principal ingr\u00e9dient du fameux parfum fran\u00e7ais, lanc\u00e9 par l\u2019entreprise de mademoiselle Coco Chanel en 1921, est une huile essentielle extraite du bois de rose (le <em>pau-rosa<\/em>), un arbre originaire d\u2019Amazonie. Des estimatives indiquent qu\u2019environ 500 mille arbres de cette esp\u00e8ce ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 abattus depuis le d\u00e9but de l\u2019exploitation du bois de rose, ce qui a impliqu\u00e9 en son inscription, en avril 1992, par l\u2019Institut Br\u00e9silien pour l\u2019Environnement et les Ressources Naturelles Renouvelables (Ibama), sur la liste des esp\u00e8ces en danger d\u2019extinction. Pour pr\u00e9server ce bois pr\u00e9cieux et garantir la livraison de la mati\u00e8re premi\u00e8re \u00e0 l\u2019industrie du parfum, le professeur Lauro Barata, du Laboratoire de Chimie des Produits Naturels de l\u2019Universit\u00e9 Publique de Campinas (Unicamp), a commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper, en 1998, un projet d\u2019extraction de l\u2019huile essentielle des feuilles qui r\u00e9sultat en une production et une qualit\u00e9 similaires \u00e0 celle obtenue \u00e0 partir du bois. \u201cJ\u2019ai appris que l\u2019huile pouvait \u00eatre extrait des feuilles par des travaux publi\u00e9s par le professeur Otto Gottlieb\u201d, raconte Barata. Il se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 une \u00e9tude publi\u00e9e \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1960 par le chimiste n\u00e9 en R\u00e9publique Tch\u00e8que et naturalis\u00e9 br\u00e9silien, professeur retrait\u00e9 de l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo (USP) et dont le nom a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 par la communaut\u00e9 scientifique br\u00e9silienne pour concourir au Prix Nobel. \u201cJ\u2019ai \u00e9galement appris avec l\u2019exp\u00e9rience de Raul Alencar, un riverain de 80 ans qui a toujours v\u00e9cu des produits de la for\u00eat et est un producteur traditionnel de l\u2019huile de bois de rose\u201d, dit Barata. Ces deux r\u00e9f\u00e9rences ont servit de base pour son projet, financ\u00e9 par la Banque de l\u2019Amazonie (Basa), d\u2019un montant de 25 mille r\u00e9aux.<\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat du professeur de l\u2019Unicamp d\u2019\u00e9tudier l\u2019arbre amazonien est apparu en 1997, quand les \u00e9cologistes fran\u00e7ais ont commenc\u00e9 une campagne pour boycotter les produits Chanel \u00e0 cause de l\u2019extraction du bois de rose &#8211; dont le nom scientifique est <em>Aniba rosaeodora<\/em> &#8211; et la cons\u00e9quente d\u00e9vastation de la for\u00eat. En r\u00e9ponse, l\u2019entreprise fran\u00e7aise a engag\u00e9 l\u2019organisation non gouvernementale <em>Pro-Natura<\/em>, d\u2019origine franco-br\u00e9silienne, qui travaille en partenariat avec des entreprises, pour d\u00e9velopper des programmes de d\u00e9veloppement durable. L\u2019objectif \u00e9tait de trouver une solution qui calme les esprits des groupes d\u2019environnementalistes. Barata a alors \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 par l\u2019ONG pour faire un diagnostique de la situation de l\u2019extraction de l\u2019huile de l\u2019arbre amazonien. Dans son rapport final, il enseignait comment travailler avec la production durable du bois de rose, qui commen\u00e7ait avec la culture et la gestion, en passant par l\u2019extraction des feuilles. \u201cNous avons fait un inventaire de la situation et l\u2019entreprise s\u2019est engag\u00e9e \u00e0 adopter le d\u00e9veloppement durable propos\u00e9 dans notre rapport \u201d, raconte Barata. \u201cLa solution indiqu\u00e9e a permis de stopper les manifestations qui \u00e9taient programm\u00e9es.\u201d Mais ils continuent, de nos jours, \u00e0 acheter l\u2019extrait obtenu des arbres coup\u00e9s enti\u00e8rement au milieu de la for\u00eat. La pression internationale a provoqu\u00e9 une reprise des possibilit\u00e9s de gestion durable du bois de rose et, suite \u00e0 une s\u00e9rie de discussions avec la participation des producteurs, l\u2019Ibama a publi\u00e9, en 1998, un arr\u00eat\u00e9 contenant des directives qui r\u00e9glementent l\u2019abattage de l\u2019arbre.<\/p>\n<p><strong>Extraction exp\u00e9rimentale<br \/>\n<\/strong>\u00c0 partir de l\u2019\u00e9tude command\u00e9e par Chanel et avec le financement du projet par la Basa, Barata s\u2019est rendu plusieures fois en Amazonie. Ces voyages ont r\u00e9sult\u00e9 en un travail de culture du bois de rose en partenariat avec le producteur Raul Alencar. Une zone de <em>capoeira<\/em> \u2013 for\u00eat qui na\u00eet suite au d\u00e9boisement de la for\u00eat originale \u2013 dans la commune de Nova Aripuan\u00e3, dans l\u2019\u00c9tat de l\u2019Amazone, a \u00e9t\u00e9 choisie pour abriter les plants de bois de rose. Actuellement, la r\u00e9gion poss\u00e8de 10 mille arbres \u00e2g\u00e9s de trois ans et demi et qui sont pr\u00eats \u00e0 \u00eatre taill\u00e9s pour commencer l\u2019extraction exp\u00e9rimentale de l\u2019huile. Pour l\u2019exploration commerciale, la coupe peut commencer \u00e0 cinq ans pour l\u2019extraction du linalol, et, \u00e0 la 25<sup>\u00e8me<\/sup> ann\u00e9e, l\u2019arbre peut \u00eatre coup\u00e9 et l\u2019huile extraite du bois, suivant une gestion durable.<\/p>\n<p>L\u2019huile pure du bois poss\u00e8de une tonalit\u00e9 jaune-dor\u00e9e. Au d\u00e9but, elle poss\u00e8de un ar\u00f4me fort, un peu citrique, que se superpose aux autres ar\u00f4mes. Avec le temps, d\u2019autres odeurs s\u2019agr\u00e8gent \u00e0 la premi\u00e8re, de fa\u00e7on \u00e0 composer un m\u00e9lange harmonieux, doux et bois\u00e9. Par contre, l\u2019huile obtenue des feuilles est d\u2019un jaune presque transparent, avec un parfum tr\u00e8s doux, sans trop de gradations. Pour tester la qualit\u00e9 de l\u2019huile, des feuilles de diff\u00e9rents \u00e2ges, entre cinq et trente cinq ans, ont \u00e9t\u00e9 collect\u00e9s aussi bien dans la for\u00eat que dans les champs de culture pendant six mois. La premi\u00e8re plantation exp\u00e9rimentale \u00e9valu\u00e9e a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie en 1990 par des chercheurs de l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale Rurale de l\u2019Amazonie (Ufra), dans la commune de Benfica, \u00e0 27 kilom\u00e8tres de Bel\u00e9m, dans l\u2019\u00c9tat du Par\u00e1, en collaboration avec les chercheurs Selma Ohashi et Leonilde Rosa. Une autre plantation \u00e9tudi\u00e9e se situe \u00e0 Curu\u00e1 Una, dans le Par\u00e1, o\u00f9 il existe 300 arbres plant\u00e9s depuis 1973. L\u2019huile extraite des feuilles a pr\u00e9sent\u00e9 un rendement et une qualit\u00e9 similaires \u00e0 ceux du bois. En ce qui concerne la qualit\u00e9 de l\u2019huile obtenue des feuilles, la variation a \u00e9t\u00e9, en moyenne, de 0,9% \u00e0 1,1%, c\u2019est-\u00e0-dire, environ 10 kilos d\u2019huile par tonne de feuilles, un rendement semblable \u00e0 celui correspondant \u00e0 l\u2019extraction du bois. Par rapport \u00e0 l\u2019ar\u00f4me, l\u2019huile des feuilles perd la touche bois\u00e9e. Cela peut \u00eatre corrig\u00e9 en laboratoire. \u201cIl suffit d\u2019un traitement physique et chimique pour que l\u2019on ne sente plus la diff\u00e9rence entre les deux\u201d, affirme Barata.<\/p>\n<p>Sans r\u00e9v\u00e9ler le contenu du traitement fait en laboratoire, et qui peut \u00eatre reproduit industriellement, il envoya des \u00e9chantillons des huiles des feuilles et du bois pour \u00eatre \u00e9valu\u00e9s par deux repr\u00e9sentants, au Br\u00e9sil, de maisons internationales de parfum. Ils ont affirm\u00e9 que les diff\u00e9rences entre les deux \u00e9chantillons \u00e9taient minimes, et l\u2019un d\u2019entre eux a affirm\u00e9 que la fragance de l\u2019huile des feuilles \u00e9tait sup\u00e9rieure \u00e0 celle du bois.<\/p>\n<p>Actuellement, l\u2019extraction est faite uniquement \u00e0 partir d\u2019arbres natifs, qui se trouvent dans la for\u00eat, et non \u00e0 partir de cultures, qui sont peu nombreuses et exp\u00e9rimentales. Pour que l\u2019arbre dans la for\u00eat atteigne son point d\u2019abattage il faut attendre en moyenne de 30 \u00e0 35 ans. Et, pour obtenir une tonne de linalol il faut abattre de 25 \u00e0 50 arbres. Si la gestion et la culture sont pratiqu\u00e9s correctement, avec le choix de meilleures matrices, ce d\u00e9lai peut \u00eatre r\u00e9duit \u00e0 25 ans. Actuellement, la production annuelle d\u2019huile de bois de rose correspond \u00e0 environ 40 tonnes, ce qui repr\u00e9sente une petite fraction des 450 tonnes produites dans les ann\u00e9es 1950. Le d\u00e9clin de la demande se doit principalement \u00e0 l\u2019introduction du linalol synth\u00e9tique sur le march\u00e9 dans les ann\u00e9es 1980. Mais, m\u00eame si cela n\u2019avait pas eu lieu, les producteurs, actuellement r\u00e9duits \u00e0 six, ne pourraient pas r\u00e9pondre \u00e0 la demande, car l\u2019arbre, qui auparavant pouvait \u00eatre rencontr\u00e9 sur toute l\u2019Amazonie, ne se concentre plus que dans les communes de Parintins, Mau\u00e9s, Presidente Figueiredo et Nova Aripuan\u00e3, toutes dans l\u2019\u00c9tat de l\u2019Amazone, sur un cercle de 500 kilom\u00e8tres. L\u2019esp\u00e8ce a d\u00e9j\u00e0 disparu de la Guyane Fran\u00e7aise, o\u00f9 elle a commen\u00e7\u00e9 \u00e0 \u00eatre exploit\u00e9e au d\u00e9but de ann\u00e9es 1920, et, ensuite, dans les \u00c9tats de l\u2019Amap\u00e1 et du Par\u00e1.<\/p>\n<p>Le linalol synth\u00e9tique ne substitue pas le naturel, car la fragance est d\u2019une qualit\u00e9 inf\u00e9rieure. Mais il sert de base pour les savonnettes et d\u2019autres produits d\u2019hygi\u00e8ne et de beaut\u00e9. La facilit\u00e9 de produire de l\u2019huile essentielle \u00e9tait si grande que, quand la savonnette Phebo a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e au Br\u00e9sil, en 1930, elle comptait, dans sa formule, de l\u2019huile essentiel de bois de rose, ce qui est impensable de nos jours, \u00e9tant donn\u00e9 le prix \u00e9lev\u00e9 de la mati\u00e8re premi\u00e8re. \u201cLe linalol pouvait \u00e9galement \u00eatre rencontr\u00e9 dans d\u2019autres sources v\u00e9g\u00e9tales, telles que le basilic, mais aucune source ne pr\u00e9sentait une qualit\u00e9 sup\u00e9rieure \u00e0 celle du bois de rose. Tandis que, dans le bois de rose, le linalol repr\u00e9sente 80% de la composition de l\u2019huile essentielle, dans le basilic, ce pourcentage n\u2019est que de 30%\u201d, explique Barata.<\/p>\n<p>Pour extraire l\u2019huile essentielle il est n\u00e9cessaire de marcher beaucoup dans la for\u00eat car les arbres se trouvent parsem\u00e9s dans la nature. Sur une surface de 6 hectares, on n\u2019en trouve qu\u2019un. Pour le trouver, chaque b\u00fbcheron s\u2019enfonce solitairement dans la for\u00eat. Quand ils aper\u00e7oivent un bois de rose, l\u2019arbre est marqu\u00e9 avec un coutelas avec les initiales du producteur. Ceux qui ne doivent pas \u00eatre abattus doivent \u00e9galement \u00eatre identifi\u00e9s, suivant une exigence de l\u2019Ibama, en vue de pr\u00e9server les matrices qui sont entrain de produire des graines.<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Folha.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236698\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-236698\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Folha-935x1024.jpg\" alt=\"Folha\" width=\"300\" height=\"328\" \/><\/a>Hauteur de la coupe<br \/>\n<\/strong>En \u00e9t\u00e9, une autre \u00e9quipe p\u00e9n\u00e8tre dans la for\u00eat pour couper les arbres qui ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9s. \u201cNe sont abattus que les arbres qui mesurent plus de quatre empans de diam\u00e8tre\u201d, raconte Barata. La mesure d\u2019un empan de diam\u00e8tre se fait en \u00e9tirant les 2 mains ouvertes, unies par les pouces. Les quatres empans correspondent \u00e0 environ 30 centim\u00e8tres de diam\u00e8tre. Apr\u00e8s que l\u2019arbre est abattu, le bois est coup\u00e9 \u00e0 la scie et transport\u00e9 jusqu\u2019au bord du fleuve, \u00e0 dos d\u2019homme, attach\u00e9 \u00e0 un sac \u00e0 dos en liane. Les b\u00fbches y restent stock\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il y en ait suffisamment pour qu\u2019elles soient transport\u00e9es par bateau \u00e0 l\u2019usine d\u2019extraction de l\u2019huile. Ce transport n\u2019a lieu qu\u2019en hiver, quand les <em>igarap\u00e9s\u00a0<\/em>deviennent navigables. L\u2019extraction se fait par la m\u00e9thode d\u2019entra\u00eenement \u00e0 la vapeur, avec un \u00e9quipement qui ressemble \u00e0 une gigantesque cocotte minute pouvant contenir 1.500 litres. Par ce processus, la vapeur d\u2019eau passe par la plante aromatique en extrayant, en condensant et en s\u00e9parant ses essences.<\/p>\n<p>Tout ce processus, qui commence avec le marquage de l\u2019arbre et se termine avec le bois \u00e0 l\u2019usine, dure environ un an. Et son co\u00fbt est extr\u00eamement \u00e9lev\u00e9. Les propri\u00e9taires des usines \u2013 qui sont des riverains qui ont toujours v\u00e9cu dans la r\u00e9gion \u2013 n\u2019ont pas d\u2019argent pour assurer ce co\u00fbt. Ils se voient donc contraints \u00e0 vendre d\u2019avance leur production \u00e0 des interm\u00e9diaires, qui les revendent en Europe et aux \u00c9tats-Unis. Environ 90% de la production est export\u00e9e. L\u2019extrait est vendu en tambours de 200 litres \u00e0 des maisons de parfums au prix de 300 dollars US le litre. Au Br\u00e9sil, le producteur vend son produit \u00e0 l\u2019interm\u00e9diaire \u00e0 20 dollars US le litre. Peu d\u2019entre eux arrivent \u00e0 exporter directement aux industries, sans passer par les interm\u00e9diaires. Quand cela arrive, le producteur re\u00e7oit US$ 60 par litre d\u2019huile. Les maisons de parfums au Br\u00e9sil ach\u00e8tent directement de la centrale d\u2019achats, car les achats sont centralis\u00e9s. \u201cC\u2019est une cha\u00eene \u00e9norme et complexe, et celui qui sort perdant est le producteur \u201d, explique Barata.<\/p>\n<p>Le partenariat du chercheur avec les producteurs a r\u00e9sult\u00e9 en un plan de gestion et d\u2019extraction de l\u2019huile des feuilles qui s\u2019initie avec la culture du bois de rose int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 d\u2019autres cultures. Comme la plante doit \u00eatre prot\u00e9g\u00e9e du soleil au d\u00e9but de son cycle de vie, une des solutions est de planter un arbre tous les 5 m\u00e8tres, intercal\u00e9 avec des bananiers. Quand les bananiers sont au point pour la coupe, \u00e0 deux ans, le bois de rose est \u00e0 l\u2019\u00e9tat o\u00f9 il a besoin de soleil direct. Les bananes peuvent \u00eatres vendues et une autre s\u00e9rie de bananiers peut \u00eatre plant\u00e9e et retir\u00e9e d\u2019ici deux ans. C\u2019est au bout de la cinqui\u00e8me ann\u00e9e que le bois de rose commence \u00e0 rapporter, avec l\u2019extraction de l\u2019huile des feuilles. Le projet teste \u00e9galement la culture du bois de rose int\u00e9gr\u00e9e avec d\u2019autres plantes aromatiques d\u2019Amazonie, comme la racine de v\u00e9tiver, le cumaru, la copa\u00efba et d\u2019autres, telle l\u2019andiroba. Au d\u00e9but, avant que les plants de bois de rose ne soient transplant\u00e9s sur le sol, ils sont acclimat\u00e9s dans des serres prot\u00e9g\u00e9es par une couverture en feuilles de palmier d\u2019a\u00e7a\u00ed. Quand les feuilles du palmier se d\u00e9composent, les plantes sont plus structur\u00e9es et pr\u00e9par\u00e9es \u00e0 recevoir la lumi\u00e8re du soleil.<\/p>\n<p><strong>Nouveaux chemins<br \/>\n<\/strong>Pour que le projet puisse rapporter financi\u00e8rement, il faut planter au moins 10 mille plants de bois de rose sur 30 hectares. Le m\u00eame nombre de plants qui a \u00e9t\u00e9 plant\u00e9 sur la zone cultiv\u00e9e dans la commune de Nova Aripuan\u00e3. D\u2019autres 10 mille plants sont dans la serre, en attendant d\u2019\u00eatre transf\u00e9r\u00e9s directement sur le sol. Cette quantit\u00e9 est presque 30 fois sup\u00e9rieure \u00e0 ce qui serait n\u00e9cessaire d\u2019\u00eatre plant\u00e9 suivant l\u2019arr\u00eat\u00e9 de l\u2019Ibama. Pour chaque tambour de 200 litres export\u00e9, le producteur doit planter 80 pieds de bois de rose. Comme Raul Alencar exporte, en moyenne, dix tambours par an, il n\u2019aurait que 800 plants \u00e0 planter.<\/p>\n<p>Le projet de d\u00e9veloppement durable du bois de rose a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 dans plusieurs congr\u00e8s internationaux et a \u00e9veill\u00e9 l\u2019int\u00e9r\u00eat des entrepreneurs br\u00e9siliens qui ne veulent pas, pour l\u2019instant, divulguer leurs noms. Plusieurs de ceux qui plantent d\u2019autres cultures pourraient \u00e9galement avoir des gains avec la production de l\u2019huile de bois de rose. Et, si les arbres venaient \u00e0 dispara\u00eetre, le propre march\u00e9 consommateur serait affect\u00e9. Avant que cela n\u2019arrive, les producteurs qui ont toujours v\u00e9cu des ressources de la for\u00eat cherchent de nouvelles mani\u00e8res d\u2019extraire ce dont ils ont besoin. Le d\u00e9veloppement durable a \u00e9t\u00e9 le chemin choisi par les communaut\u00e9s amazoniennes qui vivent des ressources de l\u2019extraction de l\u2019andiroba et de l\u2019a\u00e7a\u00ed, par exemple, qui, auparavant, risquaient de dispara\u00eetre. Actuellement, l\u2019a\u00e7a\u00ed est important \u00e0 cause de son fruit et non \u00e0 cause du c\u0153ur de palmier. Et l\u2019huile d\u2019andiroba est la base de bougies qui \u00e9loignent les insectes et de plusieurs produits cosm\u00e9tiques. Ce m\u00eame chemin peut \u00eatre suivi pour la production de l\u2019huile des feuilles du bois de rose.<\/p>\n<p><strong>Un classique parmi les parfums<\/strong><\/p>\n<p>Paru le 5 mai de 1921, Chanel n\u00ba 5 est, jusqu\u2019\u00e0 nos jours, un grand succ\u00e8s. Symbole de raffinement et d\u2019\u00e9l\u00e9gance, le parfum a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par Ernest Beaux, reconnu comme ayant \u00e9t\u00e9 un des plus grands parfumeurs de tous temps, \u00e0 la demande de Gabrielle Chanel, plus connue sous le nom de Coco. La styliste voulait un parfum de femme, mais diff\u00e9rent de tous les autres vendus \u00e0 l\u2019\u00e9poque, bas\u00e9s sur des ar\u00f4mes floraux. La formule inclue, \u00e0 part l\u2019huile essentiel de bois de rose, du jasmin de Grasse \u2013 une ville dans la r\u00e9gion de la Provence, en France \u2013 de l\u2019ilang-ilang, du n\u00e9roli (huile extraite des fleurs du bigaradier), du santal et du v\u00e9tiver. La composition a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re du genre \u00e0 m\u00ealer des essences de fleurs avec des ald\u00e9hydes, substances obtenues par synth\u00e8se chimique. Huit d\u00e9cennies apr\u00e8s sa parution, le n\u00ba 5 continue \u00e0 \u00eatre un parfum classique et en m\u00eame temps contemporain. Il y a des controverses \u00e0 propos du choix du num\u00e9ro 5 pour la fragrance. Certains disent que c\u2019\u00e9tait le num\u00e9ro de chance de mademoiselle Chanel\u00a0; d\u2019autres, qu\u2019il s\u2019agissait de la cinqui\u00e8me formulation pr\u00e9sent\u00e9e par le parfumeur et qui a \u00e9t\u00e9 choisie par elle. En 1959, le design du flacon, cr\u00e9e par la fabrique de verres de Brosse, est entr\u00e9 au Mus\u00e9e d\u2019Art Moderne de New York, en tant que symbole de l\u2019avant-garde.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Les feuilles d\u2019un arbre d\u2019Amazonie assurent la continuit\u00e9 de la production du parfum Chanel","protected":false},"author":22,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1194],"tags":[],"coauthors":[115],"class_list":["post-236696","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-technologie"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/236696","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/22"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=236696"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/236696\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=236696"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=236696"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=236696"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=236696"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}