{"id":236718,"date":"2013-09-03T14:20:53","date_gmt":"2013-09-03T17:20:53","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/?p=236718"},"modified":"2017-04-24T14:53:14","modified_gmt":"2017-04-24T17:53:14","slug":"la-carte-de-lexclusion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/la-carte-de-lexclusion\/","title":{"rendered":"La carte de l\u2019exclusion"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_236719\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Exclui-1.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236719\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-236719\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Exclui-1-773x1024.jpg\" alt=\"Plus de 8,9 millions de personnes ne poss\u00e8dent pas un niveau de vie appropri\u00e9 \u00e0 S\u00e3o Paulo.\" width=\"300\" height=\"398\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">JO\u00c3O WAINER\/FOLHA IMAGEM<\/span><\/a> Plus de 8,9 millions de personnes ne poss\u00e8dent pas un niveau de vie appropri\u00e9 \u00e0 S\u00e3o Paulo.<span class=\"media-credits\">JO\u00c3O WAINER\/FOLHA IMAGEM<\/span><\/p><\/div>\n<p><em>Publi\u00e9 en janvier 2003<\/em><\/p>\n<p>La ville de S\u00e3o Paulo compte 1 million d\u2019exclus suppl\u00e9mentaires depuis ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es. Actuellement, pr\u00e8s de 8,9 millions de personnes sur les 10 millions habitant \u00e0 S\u00e3o Paulo vivent en dessous d\u2019un niveau de vie appropri\u00e9, acc\u00e8dent difficilement \u00e0 l\u2019\u00e9ducation, aux services d\u2019assainissement et au logement, entre autres services. Cette d\u00e9t\u00e9rioration de la qualit\u00e9 de vie dans 76 des 96 districts de la ville est due \u00e0 l\u2019absence ou \u00e0 l\u2019inad\u00e9quation de politiques publiques et au manque d\u2019\u00e9quipements sociaux. La situation s\u2019est aggrav\u00e9e car le manque de planification a accru les in\u00e9galit\u00e9s intra-urbaines. Vila Jacu\u00ed, par exemple, enregistre un d\u00e9ficit de plus de 27 mille places dans les cr\u00e8ches, ce qui est loin d\u2019\u00eatre le cas pour les districts de Jaguar\u00e9, Br\u00e1s ou Bom Retiro. Pour chaque nouvel emploi cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Aricanduva, 1 114 postes sont cr\u00e9\u00e9s \u00e0 S\u00e9. Pour chaque SDF de Morumbi, il y en a 1 061 \u00e0 Mooca, et le taux moyen des homicides du district du Jardim \u00c2ngela est 28 fois plus \u00e9lev\u00e9 que celui de Moema.<\/p>\n<p>Cette topographie sociale perverse appara\u00eet sur la Carte de l\u2019Exclusion\/Inclusion sociale de la Ville de S\u00e3o Paulo, point central du projet de recherche <em>Dynamique Sociale, Qualit\u00e9 Environnementale et Espaces Intra-Urbains \u00e0 S\u00e3o Paulo. <\/em>Il s\u2019agit d\u2019une analyse Socio-spatiale d\u00e9velopp\u00e9e dans le cadre du programme de Recherches en Politiques Publiques de la FAPESP.<\/p>\n<p>Cette carte est le fruit d\u2019un partenariat entre l\u2019Universit\u00e9 Pontificale Catholique de S\u00e3o Paulo (PUC-SP), l\u2019Institut National de Recherches Spatiales (Inpe) et l\u2019Institut Polis. Elle en est \u00e0 sa troisi\u00e8me \u00e9dition et a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9e au moyen d\u2019une comparaison des recensements r\u00e9alis\u00e9s par l\u2019Institut Br\u00e9silien de G\u00e9ographie et de Statistique (IBGE) en 1991, 1996 et 2000, les statistiques communales et les donn\u00e9es de la recherche Origine\/Destination de la Compagnie du M\u00e9tro de S\u00e3o Paulo qui d\u00e9coupe la ville en 270 r\u00e9gions. La recherche utilise une m\u00e9thode d\u2019analyse g\u00e9ospatiale et un traitement math\u00e9matique informatis\u00e9 appartenant au Syst\u00e8me d\u2019Information G\u00e9o r\u00e9f\u00e9renci\u00e9e (SIG), qui permet d\u2019identifier le lieu exact des donn\u00e9es recens\u00e9es dans les diff\u00e9rentes zones de la ville et d\u2019\u00e9laborer d\u2019un Indice d\u2019Exclusion (IEX) permettant de classer les divers niveaux de qualit\u00e9 de vie des districts de S\u00e3o Paulo.&#8221;Les informations g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par la carte sont strat\u00e9giques pour d\u00e9finir des politiques publiques adapt\u00e9es aux n\u00e9cessit\u00e9s de chaque r\u00e9gion &#8220;, d\u00e9clare Alda\u00edza Sposati, coordinatrice du projet et assistante sociale de la commune de S\u00e3o Paulo.<\/p>\n<p>L\u2019Indice d\u2019Exclusion\/Inclusion sociale (IEX), \u00e9labor\u00e9 par les chercheurs du projet, ressemble \u00e0 l\u2019Indice de D\u00e9veloppement Humain (IDH) utilis\u00e9 par l\u2019Organisation des Nations Unies (ONU) pour recenser la qualit\u00e9 de vie dans diff\u00e9rents pays, mais d\u2019une mani\u00e8re plus \u00e9largie. Alors que l\u2019IDH utilise quatre indicateurs pour \u00e9valuer la situation \u00e9conomique de diff\u00e9rentes nations, l\u2019indice d\u2019exclusion utilise 47 indicateurs baptis\u00e9s &#8220;utopies&#8221; par les chercheurs et qui sont regroup\u00e9s dans quatre grands domaines: l\u2019autonomie, la qualit\u00e9 de vie, le d\u00e9veloppement humain et l\u2019\u00e9galit\u00e9.<\/p>\n<p>Les chercheurs du projet ont d\u00e9velopp\u00e9 une m\u00e9thodologie d\u2019analyse comparable \u00e0 celle de Santo Andr\u00e9 dans l\u2019ABC pauliste (ceinture industrielle de S\u00e3o Paulo) et commencent \u00e0 cartographier les in\u00e9galit\u00e9s intra-urbaines dans les communes de Campinas, Guarulhos, Piracicaba et Goi\u00e2nia. &#8220;Les principales donn\u00e9es proviennent de l\u2019IBGE et il est fondamental de les inclure aux informations transmises par les mairies&#8221;, explique Dirce Koga, chercheur \u00e0 la PUC-SP et membre de l\u2019\u00e9quipe.<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Exclui-INFO.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236723\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-236723\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Exclui-INFO-300x192.jpg\" alt=\"Exclui INFO\" width=\"300\" height=\"192\" \/><\/a>Qualit\u00e9 de vie<br \/>\n<\/strong>L\u2019indicateur Autonomie \u00e9value le revenu des chefs de famille ainsi que les offres d\u2019emploi dans les diff\u00e9rents districts. L\u2019indicateur Qualit\u00e9 de Vie mesure l\u2019acc\u00e8s \u00e0 certains services, comme l\u2019assainissement, la sant\u00e9, l\u2019\u00e9ducation, le nombre de logement et le confort r\u00e9sidentiel. L\u2019indicateur D\u00e9veloppement Humain consid\u00e8re le niveau scolaire des chefs de famille, la long\u00e9vit\u00e9, la mortalit\u00e9 infantile et juv\u00e9nile et la violence. L\u2019indice \u00c9galit\u00e9 consid\u00e8re le degr\u00e9 de concentration des femmes chefs de famille. Des notes positives et n\u00e9gatives ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9es \u00e0 chacun de ces indicateurs, variant de -1 \u00e0 1, le chiffre z\u00e9ro \u00e9tant d\u00e9finit comme le niveau de base de l\u2019inclusion sociale. Les districts ont \u00e9t\u00e9 class\u00e9s en fonction de leur \u00e9loignement positif ou n\u00e9gatif de ce niveau.<\/p>\n<p>Selon ce crit\u00e8re, le pire endroit pour vivre \u00e0 S\u00e3o Paulo se trouve au district Jardim \u00c2ngela, avec un indice -1; et le meilleur \u00e0 Moema, avec un indice +1. Avec un indice 0, Vila Jaguara se situe \u00e0 un bon niveau. Selon cette \u00e9valuation, 76 des 96 districts de la ville ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s comme \u00e9tant des zones d\u2019exclusion sociale. Succ\u00e9dant \u00e0 la Zone Est, la Zone Sud est d\u00e9sormais la r\u00e9gion la plus d\u00e9munie de la ville. &#8220;Nous avons constat\u00e9 que les niveaux d\u2019exclusion sociale de la zone Est n\u2019avaient pas \u00e9volu\u00e9 depuis la derni\u00e8re d\u00e9cennie car la r\u00e9gion s\u2019est am\u00e9lior\u00e9e dans le domaine collectif. Par contre dans le Sud, l\u2019exclusion sociale s\u2019est intensifi\u00e9e. Nous devons maintenant essayer d\u2019en comprendre les causes&#8221; d\u00e9clare Alda\u00edza.<\/p>\n<p>La situation est \u00e9galement grave dans la r\u00e9gion situ\u00e9e \u00e0 la limite de la Serra da Cantareira, au nord-ouest de la ville, o\u00f9 se concentrent un grand nombre de districts exclus. Le fait le plus pervers est qu\u2019il s\u2019agit de r\u00e9gions o\u00f9 naissent des sources et qui sont des zones environnementales prot\u00e9g\u00e9es, mais qui ont \u00e9t\u00e9 &#8220;congel\u00e9es&#8221;, selon les propres dires d\u2019Alda\u00edza, tant du point de vue des investissements que des am\u00e9liorations. Ces zones d\u00e9valoris\u00e9es sont maintenant envahies et d\u00e9grad\u00e9es. &#8220;Les indices d\u2019exclusion compromettent l\u2019avenir de la ville. Aucune mesure n\u2019est prise en mati\u00e8re de politique environnementale ou de protection humaine&#8221; alerte Alda\u00edza.<\/p>\n<div id=\"attachment_236720\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Exclui-2.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236720\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-236720\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Exclui-2-271x300.jpg\" alt=\"Des populations d\u00e9munies occupent des r\u00e9gions de sources et  des zones environnementales prot\u00e9g\u00e9es, compromettant l\u2019avenir de la ville\" width=\"300\" height=\"333\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">LALO DE ALMEIDA\/FOLHA IMAGEM<\/span><\/a> Des populations d\u00e9munies occupent des r\u00e9gions de sources et des zones environnementales prot\u00e9g\u00e9es, compromettant l\u2019avenir de la ville<span class=\"media-credits\">LALO DE ALMEIDA\/FOLHA IMAGEM<\/span><\/p><\/div>\n<p><strong>Planification urbaine<br \/>\n<\/strong>La carte de l\u2019exclusion\/Inclusion sociale permet de r\u00e9aliser une radiographie d\u00e9taill\u00e9e de la topographie sociale de S\u00e3o Paulo et c\u2019est un excellent outil de planification urbaine. La premi\u00e8re carte, comparant les donn\u00e9es du recensement de 1991 et les donn\u00e9es de 1996, a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e par le Secr\u00e9tariat Municipal de l\u2019\u00c9ducation durant le mandat du maire Celso Pitta afin d\u2019\u00e9valuer la demande \u00e9ducationnelle des diff\u00e9rentes r\u00e9gions. La deuxi\u00e8me carte publi\u00e9e en 2000, dans le cadre du programme de Politiques Publiques promu par la FAPESP, a \u00e9t\u00e9 un outil strat\u00e9gique pour d\u00e9finir des zones de mise en oeuvre de programmes sociaux durant le mandat de Marta Suplicy. &#8220;L\u2019accent est mis sur les zones pr\u00e9sentant un plus grand indice d\u2019exclusion &#8220;, d\u00e9clare Alda\u00edza.<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me version qui inclut les donn\u00e9es du recensement de 2000 n\u2019est pas encore termin\u00e9e mais les r\u00e9sultats pr\u00e9liminaires sont d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9s dans les discussions men\u00e9es sur le Budget Participatif de la mairie et la planification de programmes de sant\u00e9.<\/p>\n<p>\u201cLes politiques publiques profitent de cette spatialisation des donn\u00e9es. Cette m\u00e9thode d\u2019analyse permet de comprendre les diff\u00e9rences existantes entre les diff\u00e9rents territoires d\u2019une m\u00eame commune&#8221;, d\u00e9clare Gilberto C\u00e2mara, coordinateur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Observation de la Terre de l\u2019INPE et coordinateur adjoint du projet. &#8220;Les pauvres d\u2019Itaim Paulista sont diff\u00e9rents des pauvres du Jardim \u00c2ngela&#8221;. L\u2019utilisation de la statistique spatiale est tr\u00e8s sensible \u00e0 l\u2019analyse et elle compl\u00e8te les \u00e9valuations qualitatives. Elle augmente les chances d\u2019identifier et de choisir &#8220;une cible&#8221; pour la d\u00e9finition de politiques publiques, augmentant ainsi les chances de succ\u00e8s de projets et de programme sociaux en \u00e9vitant \u00e9galement le gaspillage des fonds publics. &#8220;La carte de l\u2019exclusion sociale est un outil visant \u00e0 am\u00e9liorer la capacit\u00e9 de d\u00e9cision du maire&#8221;, d\u00e9clare C\u00e2mara.<\/p>\n<p>\u00c0 titre d\u2019exemple, la m\u00e9thode d\u2019analyse utilis\u00e9e dans le projet r\u00e9v\u00e8le qu\u2019entre 1996 et 2001, la population de la ville a enregistr\u00e9 une croissance de 2%. Le nombre d\u2019habitants du district d\u2019Anhang\u00fcera a augment\u00e9 de 129,96%, alors que celui de Pari a diminu\u00e9 de 27,54%. Ces chiffres indiquent une grande migration intra-urbaine des districts du centre de la ville comme celui de Pari, vers la p\u00e9riph\u00e9rie comme ceux d\u2019Anhang\u00fcera, Graja\u00fa et Cidade Tiradentes, entre autres. Cette migration est motiv\u00e9e par le manque d\u2019\u00e9quipements et de services publics qui ne r\u00e9pondent plus aux demandes d\u2019une population croissante.<\/p>\n<p>Ce mouvement migratoire a compromis la qualit\u00e9 de vie des diff\u00e9rents districts paulistes. L\u2019indicateur Autonomie, par exemple, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une impressionnante in\u00e9galit\u00e9 en ce qui concerne les offres d\u2019emploi parmi les diff\u00e9rents districts paulistes. Celui de S\u00e9, d\u2019une faible densit\u00e9 populationnelle, concentre le plus grand taux avec 6,80 emplois par habitants. La r\u00e9gion d\u2019Anhang\u00fcera, malgr\u00e9 l\u2019explosion d\u00e9mographique de cette derni\u00e8re d\u00e9cennie, conserve un taux de croissance stable en termes d\u2019offres d\u2019emploi, 0,18 emploi par habitant. Le manque de travail oblige les travailleurs\/habitants \u00e0 se d\u00e9placer quotidiennement vers d\u2019autres zones plus favorables en mati\u00e8re d\u2019emploi. &#8220;Cette situation devrait interpeller davantage les pouvoirs publics locaux, principalement en mati\u00e8re de transports en commun &#8220;, d\u00e9clare Dirce Koga.<\/p>\n<p>Le cadre occupationnel s\u2019aggrave quand on compare le nombre d\u2019emplois offert \u00e0 la population \u00e9conomiquement active (PEA) comprise entre 14 et 69 ans. Il n\u2019y a que 64 % d\u2019emplois disponibles par rapport \u00e0 la PEA de la ville. Selon les statistiques, les 36% restants ne font pas partie du march\u00e9 du travail. La situation la plus critique est celle de Cidade Tiradentes o\u00f9 moins de deux habitants (1,8) sur 10 ont un emploi dans le m\u00eame district.<\/p>\n<p>Le plus faible revenu familial, correspondant \u00e0 4,64 salaires minimums, se trouve dans le district de Jos\u00e9 Bonif\u00e1cio, et le plus \u00e9lev\u00e9, environ 41 salaires minimums, \u00e0 Moema. Le niveau de base de l\u2019Indice d\u2019 Exclusion du revenu familial correspond \u00e0 14 salaires minimums, comme \u00e0 Bom Retiro. En utilisant ce crit\u00e8re, 20 districts ont re\u00e7u des notes positives et 54 des notes n\u00e9gatives.<\/p>\n<div id=\"attachment_236721\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Exclui-3.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236721\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-236721\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Exclui-3-915x1024.jpg\" alt=\"Moema: le meilleur endroit pour vivre \u00e0 S\u00e3o Paulo\" width=\"300\" height=\"336\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">TUCA VIEIRA\/FOLHA IMAGEM<\/span><\/a> Moema: le meilleur endroit pour vivre \u00e0 S\u00e3o Paulo<span class=\"media-credits\">TUCA VIEIRA\/FOLHA IMAGEM<\/span><\/p><\/div>\n<p><strong>Services d\u00e9ficitaires<br \/>\n<\/strong>Le manque de place dans les cr\u00e8ches publiques et priv\u00e9es de S\u00e3o Paulo a augment\u00e9 de 34% depuis 1995. Il est vrai que durant cette p\u00e9riode, la population comprise dans une tranche d\u2019\u00e2ge se situant entre 0 e 4 ans a chut\u00e9 de 12%, cependant le nombre de places est toujours insuffisant. Le probl\u00e8me est particuli\u00e8rement grave \u00e0 Vila Jacu\u00ed o\u00f9 ce d\u00e9ficit est pass\u00e9 de 540 \u00e0 10.014 places, situation 2 mille fois plus grave que celle de Jaguar\u00e9. Il manque \u00e9galement des places dans les \u00e9coles maternelles pour les enfants \u00e2g\u00e9s entre 5 et 6 ans dans 85 des 96 districts paulistes. Dans certaines zones comme Pari, qui a vu sa population diminuer, on enregistre 83,49% de places exc\u00e9dentaires. Les \u00e9coles d\u2019enseignement primaire ne r\u00e9pondent \u00e9galement pas aux demandes dans au moins 13 r\u00e9gions de la ville. Dans les \u00e9coles publiques du district de Rep\u00fablica, il n\u2019y a que 868 places disponibles pour 3.646 enfants, ce qui repr\u00e9sente un d\u00e9ficit de 76,19%.<\/p>\n<p>Dix districts ne poss\u00e8dent pas de dispensaires m\u00e9dicaux. Dans les zones centrales, le d\u00e9ficit est de 100%. Dans les 76 autres districts, la couverture m\u00e9dicale se situe en dessous du niveau de base avec un dispensaire pour 20 mille habitants. La situation la plus grave est celle de Campo Limpo, alors que l\u2019on enregistre des places exc\u00e9dentaires \u00e0 Jaguara ou Ponte Rasa.<\/p>\n<p>Toutefois la recherche indique un point positif. En 1996, le pourcentage des chefs de famille sans instruction est pass\u00e9 de 9,47% \u00e0 6,45%, une r\u00e9duction de 3,2%. Cependant, le pourcentage de chefs de famille analphab\u00e8tes d\u00e9passe la moyenne des communes br\u00e9siliennes dans 47 districts, atteignant 20,08% dans certains cas. La plus grande concentration d\u2019analphab\u00e8tes se trouve \u00e0 Graja\u00fa et la plus faible \u00e0 Barra Funda. Le pourcentage de chefs de famille ayant 8 \u00e0 14 ans d\u2019\u00e9tudes a augment\u00e9 de 32,20%, principalement \u00e0 Lajeado. Une autre bonne nouvelle est que le nombre d\u2019individus poss\u00e9dant un niveau universitaire a augment\u00e9 de 13,85% pour l\u2019ensemble de la ville durant la m\u00eame p\u00e9riode. Seuls dix districts n\u2019ont pas enregistr\u00e9 de croissance. Le plus grand nombre de dipl\u00f4mes d\u2019\u00e9tudes sup\u00e9rieures obtenus a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 dans le district d\u2019Iguatemi.<\/p>\n<p>Les indices d\u2019esp\u00e9rance de vie sont \u00e9galement positifs dans 23 des 96 districts. Ces indices sont calcul\u00e9s par la diff\u00e9rence entre l\u2019ann\u00e9e de d\u00e9c\u00e8s et l\u2019esp\u00e9rance de vie de la population. Cependant, le pourcentage d\u2019homicides a augment\u00e9 de 11,33%, entre 1996 et 1999. Dans le district Jardim \u00c2ngela, le nombre d\u2019homicides est de 94,42 pour 100 mille habitants. Dans l\u2019arrondissement de S\u00e9, ce taux est pass\u00e9 de 37,52 \u00e0 93,47.<\/p>\n<p><strong>Nouveaux indicateurs<br \/>\n<\/strong>Le projet entre dans la phase II du Programme de Recherches en Politiques Publiques. Les objectifs poursuivis concernent l\u2019\u00e9laboration de nouvelles cartes, l\u2019am\u00e9lioration des indicateurs, la r\u00e9vision du contenu de l\u2019indicateur d\u2019\u00e9galit\u00e9 et le rajout de nouveaux indicateurs dans l\u2019Indice d\u2019Exclusion\/Inclusion comme d\u00e9mocratie, citoyennet\u00e9 et bonheur. &#8220;Nous travaillons sur l\u2019id\u00e9e que l\u2019exclusion est un motif de souffrance et que le bonheur est un droit public &#8220;, explique Dirce. Les plans d\u2019action concernent \u00e9galement le futur fonctionnement du Centre d\u2019\u00c9tudes sur les In\u00e9galit\u00e9s Socio territoriales (Cedest), lanc\u00e9 en janvier 2002 et qui fonctionnera \u00e0 l\u2019Institut P\u00f3lis.<\/p>\n<div id=\"attachment_236722\" style=\"max-width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Exclui-4.jpg\" rel=\"attachment wp-att-236722\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-236722\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Exclui-4-300x201.jpg\" alt=\"Jardim \u00c2ngela: district champion dans le classement de l\u2019exclusion \" width=\"300\" height=\"201\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">MIGUEL BOYAYAN<\/span><\/a> Jardim \u00c2ngela: district champion dans le classement de l\u2019exclusion<span class=\"media-credits\">MIGUEL BOYAYAN<\/span><\/p><\/div>\n<p><strong>\u201cIl faut suivre la volont\u00e9 de Dieu\u201d<\/strong><\/p>\n<p>Perch\u00e9e sur les hauteurs du district de Jardim \u00c2ngela, Copacabana ressemble \u00e0 une ville fant\u00f4me. Le lundi \u00e0 13h30, les rues sont d\u00e9sertes et les maisons ferm\u00e9es. Toutes les portes et les fen\u00eatres des maisons sont prot\u00e9g\u00e9es par des grilles pointues en aluminium. Les bars sont \u00e9galement ferm\u00e9s et le silence est absolu. \u00c0 un coin de rue, un groupe d\u2019enfants joue au ballon sur un terrain vague rempli d\u2019ordures. Deux cent m\u00e8tres plus loin, sur une dalle en ciment qui surmonte Vila Tupi, cinq enfants l\u00e2chent un cerf-volant. C\u2019est l\u00e0 dit-on, que les chefs du trafic imposent aux habitants un couvre-feu \u00e0 toute heure du jour et de la nuit.<\/p>\n<p>Le district de Jardim \u00c2ngela qui compte 250 mille habitants est une sorte de couloir isol\u00e9 dans la zone Sud de la ville, un type de \u201ctrou urbain\u201d qui se termine dans la Serra do Mar. Ce district, peupl\u00e9 r\u00e9cemment, abrite une population sans aucune qualification professionnelle et attire une grande partie des \u00e9migr\u00e9s intra-urbains. Il enregistre le taux d\u2019homicide le plus \u00e9lev\u00e9 et le pire indice (-1) d\u2019exclusion sociale de la ville de S\u00e3o Paulo. \u201cJe pense qu\u2019il y a une part d\u2019exag\u00e9ration quand on dit que cette r\u00e9gion est tr\u00e8s violente\u201d, d\u00e9clare Helena dos Santos, \u00e2g\u00e9e de 54 ans, et vivant depuis 36 ans dans le district de Jardim \u00c2ngela. \u201cLa violence est partout.\u201d C\u2019est l\u00e0 qu\u2019elle a connu et \u00e9pous\u00e9 Jo\u00e3o qui avant poss\u00e9dait son propre camion mais qui aujourd\u2019hui conduit le camion des autres\u201d.<\/p>\n<p>C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019argent qu\u2019il gagnait sur la route et le salaire de couturi\u00e8re de sa femme qui travaillait dans une boutique de confection de la rue Jos\u00e9 Paulino, situ\u00e9e dans la r\u00e9gion centrale, qu\u2019ils ont \u00e9lev\u00e9 leurs deux enfants. \u201cJ\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019arr\u00eater la confection et aujourd\u2019hui je fais des g\u00e2teaux pour des f\u00eates et parfois je couds \u201d, raconte Helena. C\u2019est ainsi qu\u2019elle \u00e9l\u00e8ve ses cinq petits-enfants car son fils a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 il y a deux ans. \u201cIl \u00e9tait policier militaire, mais ce jour l\u00e0 il n\u2019\u00e9tait pas en service. C\u2019\u00e9tait un dimanche et il venait de d\u00eener avec sa femme chez moi. Il a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 \u00e0 quelques m\u00e8tres d\u2019ici et nous ne savons toujours pas ce qui s\u2019est pass\u00e9 \u201d dit-elle, en ne cachant pas qu\u2019elle n\u2019aime pas aborder ce sujet. Elle n\u2019attribue pas sa trag\u00e9die personnelle \u00e0 la violence qui r\u00e8gne dans le district de Jardim \u00c2ngela. Mais elle avoue: \u201c\u00e0 l\u2019\u00e9poque j\u2019ai eu envie de retourner \u00e0 la campagne, mais j\u2019ai ensuite pens\u00e9 qu\u2019il fallait suivre la volont\u00e9 de Dieu. J\u2019ai donc d\u00e9cid\u00e9 de rester et je me sens bien ici \u201d.<\/p>\n<p>Regina Eug\u00eania, \u00e2g\u00e9e de 34 ans et m\u00e8re de trois filles, d\u00e9fend \u00e9galement l\u2019endroit o\u00f9 elle habite depuis 11 ans. \u201cCe ne sont pas les \u00e9coles qui manquent pour les enfants.\u201d Elle ne sait pas qu\u2019il manque des places dans les cr\u00e8ches du quartier. \u201cJe n\u2019en ai jamais eu besoin. Je ne travaillais pas et je restais chez moi avec les enfants.\u201d Regina reconna\u00eet qu\u2019il y a des probl\u00e8mes dans la r\u00e9gion en mati\u00e8re de sant\u00e9. \u201cQuand quelqu\u2019un a besoin d\u2019un m\u00e9decin, nous allons dans un h\u00f4pital \u00e0 Campo Limpo, en fin de compte c\u2019est \u00e0 \u00e7a que servent les assurances de sant\u00e9 priv\u00e9es \u201d, dit-elle. Campo Limpo est le district voisin et poss\u00e8de un indice d\u2019exclusion sociale de -0,61, occupant la 27<sup>\u00e8me<\/sup> place au classement de l\u2019exclusion. Elle avoue que sa plus grande difficult\u00e9 est de continuer \u00e0 payer son assurance m\u00e9dicale priv\u00e9e. Son mari \u00e9tait contr\u00f4leur de la qualit\u00e9 dans une grande entreprise mais il est au ch\u00f4mage depuis trois mois et elle fait de petits boulots au noir pour subvenir aux besoins de sa famille comme du repassage, du nettoyage et la cuisine. \u201cNous devons couper certaines d\u00e9penses, y compris l\u2019assurance m\u00e9dicale priv\u00e9e\u201d dit-elle.<\/p>\n<p>De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 la route du M\u2019Boi Mirim, Maria do Socorro Pereira, \u00e2g\u00e9e de 47 ans, frite des beignets sous sa baraque en toile. \u201cJ\u2019ai cette baraque depuis 8 ans et je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9e\u201d, dit-elle avec fiert\u00e9. La proximit\u00e9 d\u2019un poste de la police militaire est \u00e9galement dissuasive. Mais elle d\u00e9clare qu\u2019elle a un pacte avec ceux qui ont une \u201cgueule de bandit\u201d. \u201cJe leur offre un beignet gratuitement et je gagne leur sympathie.\u201d Elle attend impatiemment que la mairie tienne sa promesse et transforme le M\u2019Boi Mirim en couloirs d\u2019autobus. \u201cCela va certainement augmenter la circulation et je vendrai ainsi davantage de beignets\u201d, pr\u00e9voit-elle.<\/p>\n<p><strong>Le projet<\/strong><br \/>\nDynamique Sociale, Qualit\u00e9 Environnementale et Espaces Intra-Urbains \u00e0 S\u00e3o Paulo: Une Analyse Sociologique et Spatiale; <strong>Modalit\u00e9<\/strong> Programme de Recherches en Politiques Publiques;<strong>Coordinatrice<\/strong> Alda\u00edza de Oliveira Spozati \u2013 Facult\u00e9 de Service Social de l\u2019Universit\u00e9 Pontificale Catholique de S\u00e3o Paulo (PUC-SP); <strong>Investissement<\/strong> 88.600,00 r\u00e9aux<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Une \u00e9tude r\u00e9v\u00e8le une aggravation de la qualit\u00e9 de vie dans 76 des 96 districts de la ville de S\u00e3o Paulo depuis ces 15 derni\u00e8res ann\u00e9es","protected":false},"author":95,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1188],"tags":[],"coauthors":[397],"class_list":["post-236718","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-humanites"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/236718","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/95"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=236718"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/236718\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=236718"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=236718"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=236718"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=236718"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}