{"id":281288,"date":"2019-04-09T19:25:53","date_gmt":"2019-04-09T22:25:53","guid":{"rendered":"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=281288"},"modified":"2019-04-15T17:30:47","modified_gmt":"2019-04-15T20:30:47","slug":"modes-de-liberation-et-de-survie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/modes-de-liberation-et-de-survie\/","title":{"rendered":"Modes de lib\u00e9ration et de survie"},"content":{"rendered":"<p>Refuser de travailler, affronter verbalement ses ma\u00eetres et provoquer de petits pr\u00e9judices sont devenus des stratag\u00e8mes de femmes noires esclaves pour d\u00e9valoriser leur propre prix de vente. Certaines allaient m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 demander protection \u00e0 des familles ennemies de leurs ma\u00eetres pour r\u00e9ussir \u00e0 se faire affranchir. L\u2019abolition de l\u2019esclavage n\u2019a eu lieu qu\u2019en 1888 au Br\u00e9sil, mais apr\u00e8s l\u2019\u00e9tablissement de la Loi du Ventre Libre en 1871 [loi qui accordait d\u2019office la libert\u00e9 aux enfants n\u00e9s \u00e0 partir de cette date], des esclaves se sont vus octroyer le droit d\u2019acheter leur libert\u00e9. R\u00e9unir de l\u2019argent dans ce but exigeait des sacrifices qui s\u2019ajoutaient \u00e0 l\u2019esclavage, comme par exemple travailler pendant les rares pauses ou n\u00e9gocier la part de la r\u00e9mun\u00e9ration qui serait destin\u00e9e \u00e0 leurs propri\u00e9taires. En utilisant cette strat\u00e9gie, les femmes r\u00e9ussissaient mieux que les hommes, en fonction surtout de la demande de personnel pour des travaux domestiques. Mais une fois libres, elles devaient surmonter d\u2019autres obstacles tout aussi difficiles que les pr\u00e9c\u00e9dents\u00a0: trouver un travail pour survivre, s\u2019occuper seules des enfants et s\u2019ins\u00e9rer dans la soci\u00e9t\u00e9 locale.<\/p>\n<p>Dans une \u00e9tude d\u00e9but\u00e9e au cours de son master et poursuivie pendant son postdoctorat \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de New York, l\u2019historienne L\u00facia Helena Oliveira Silva, professeure de la Facult\u00e9 de Sciences et Lettres de l\u2019Universit\u00e9 de l\u2019\u00e9tat de S\u00e3o Paulo (FCL-Unesp, campus de Assis) a montr\u00e9 que des esclaves africaines et afro-br\u00e9siliennes tentaient de se faire lib\u00e9rer par le biais de moyens juridiques. \u00c9galement vice-coordinatrice du Centre Noir de Recherche et Activit\u00e9s para-universitaires (Nupe-Unesp), elle observe\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 partir d\u2019une \u00e9tude de 157 proc\u00e9dures judiciaires trait\u00e9es par la Cour de Campinas, j\u2019ai constat\u00e9 que plus de la moiti\u00e9 des proc\u00e8s pour racheter sa libert\u00e9 concernait des femmes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les esclaves qui voulaient acheter leur libert\u00e9 demandaient une audience au juge local afin d\u2019\u00e9tablir le montant \u00e0 payer. Ils devaient \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9s par un homme libre parce qu\u2019aux yeux de la loi ils n\u2019\u00e9taient pas consid\u00e9r\u00e9s comme des personnes, mais comme la propri\u00e9t\u00e9 d\u2019autrui. L. H. Oliveira Silva raconte que pour r\u00e9ussir la somme exig\u00e9e, les femmes esclaves faisaient la lessive, travaillaient comme nounou, nourrice, brodeuse ou repasseuse, vendaient des aliments dans la rue qu\u2019elles pr\u00e9paraient elles-m\u00eames ou qu\u2019elles cultivaient sur un petit lopin de terre. Le march\u00e9 des employ\u00e9es domestiques offrait plus d\u2019opportunit\u00e9 aux captives qu\u2019aux esclaves.<\/p>\n<div id=\"attachment_281293\" style=\"max-width: 1150px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/088-091_Escravas_253-2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-281293 size-full\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/088-091_Escravas_253-2.jpg\" alt=\"\" width=\"1140\" height=\"1624\" srcset=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/088-091_Escravas_253-2.jpg 1140w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/088-091_Escravas_253-2-250x356.jpg 250w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/088-091_Escravas_253-2-700x997.jpg 700w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/088-091_Escravas_253-2-120x171.jpg 120w\" sizes=\"auto, (max-width: 1140px) 100vw, 1140px\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">Jo\u00e3o Goston, IMS Collection Pedro Correa do Lago <\/span><\/a> Une m\u00e8re et son enfant \u00e0 Salvador, 1884<span class=\"media-credits\">Jo\u00e3o Goston, IMS Collection Pedro Correa do Lago <\/span><\/p><\/div>\n<p>Pour obtenir plus vite la libert\u00e9, poursuit la chercheuse, elles adoptaient des attitudes destin\u00e9es \u00e0 faire baisser leur propre prix, comme par exemple multiplier les fuites. Ce fut le cas de l\u2019esclave Cristina. Transf\u00e9r\u00e9e malgr\u00e9 elle de Rio de Janeiro \u00e0 Campinas, elle refusait de rester dans la ville. Les coups de son ma\u00eetre n\u2019y changeaient rien, elle refusait de lui ob\u00e9ir. Il a fini par se dire qu\u2019il avait fait une mauvaise affaire et se d\u00e9barrassa d\u2019elle en la renvoyant \u00e0 Rio de Janeiro. \u00ab\u00a0Cristina \u00e9tait \u00e0 deux doigts de la mort, mais elle a finalement obtenu ce qu\u2019elle voulait\u00a0\u00bb, \u00e9crit la chercheuse. Une autre astuce consistait \u00e0 profiter des inimiti\u00e9s entre les ma\u00eetres. L. H. Oliveira Silva \u00e9voque l\u2019histoire d\u2019une captive dans la province de S\u00e3o Paulo qui, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 rou\u00e9e de coups, s\u2019est enfuie chez les ennemis de son ma\u00eetre. Et le patriarche de cette famille \u00e9tant un juge, c\u2019est lui qui l\u2019a aid\u00e9e \u00e0 racheter sa libert\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Des histoires comme celles-l\u00e0 permettent d\u2019en finir avec les st\u00e9r\u00e9otypes de l\u2019esclave bien sage, qui obtenait la lettre d\u2019affranchissement de son patron comme r\u00e9compense. [\u2026] Mais aussi avec l\u2019image de la r\u00e9volt\u00e9e qui fuyait constamment et donc \u00e9tait condamn\u00e9e \u00e0 \u00eatre esclave toute sa vie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Une fois obtenu, l\u2019affranchissement ne r\u00e9solvait pas tous les probl\u00e8mes. Loin de l\u00e0. Comme elles avaient besoin de l\u2019intervention de tierces personnes pour acqu\u00e9rir leur libert\u00e9, il se cr\u00e9ait souvent des relations de d\u00e9pendance qui pouvaient se traduire par la prestation de services, des relations sexuelles ou des paiements en argent.<\/p>\n<p>Entre 1888 et 1926, une strat\u00e9gie de survie des affranchis de S\u00e3o Paulo \u00e9tait de migrer vers Rio de Janeiro. L\u2019analyse du recensement disponible dans les documents de l\u2019Assembl\u00e9e l\u00e9gislative de S\u00e3o Paulo a permis \u00e0 la chercheuse de constater que l\u2019\u00e9tat de S\u00e3o Paulo poss\u00e9dait le troisi\u00e8me plus grand nombre d\u2019esclaves entre 1888 et 1890. Mais en 1892, la donne change, la population noire est moins \u00e9lev\u00e9e dans la r\u00e9gion\u00a0: \u00ab\u00a0Les exp\u00e9riences des affranchis et des afro-descendants \u00e0 S\u00e3o Paulo \u00e9taient travers\u00e9es par des expectatives d\u2019insertion sociale et des tentatives des ma\u00eetres de maintenir la situation socio-raciale ant\u00e9rieure \u00e0 l\u2019abolition\u00a0\u00bb. Avec la venue des immigrants europ\u00e9ens, le march\u00e9 du travail est devenu encore plus difficile parce que les employeurs pr\u00e9f\u00e9raient embaucher des Blancs.<\/p>\n<blockquote><p>\u00c0 Recife, beaucoup de femmes pr\u00e9f\u00e9raient rester dans la r\u00e9gion pour ne pas voir remise en question leur condition d\u2019affranchies<\/p><\/blockquote>\n<p>D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, Rio de Janeiro fonctionnait comme un espace de convivialit\u00e9 d\u2019esclaves et d\u2019affranchis provenant de tout le Br\u00e9sil\u00a0: \u00ab\u00a0Les quais du port et l\u2019existence de petits travaux urbains faits par la communaut\u00e9 noire facilitaient l\u2019insertion dans la soci\u00e9t\u00e9 locale\u00a0\u00bb. L.H. Oliveira Silva pense que ce mouvement migratoire \u00e9tait d\u00fb au fait que les affranchis voulaient fuir le stigmate de l\u2019esclavage, une marque qui \u00e9tait g\u00e9n\u00e9ralement plus apparente dans les villes moins grandes \u2013 en 1900, S\u00e3o Paulo ne comptait que 240 000 habitants contre 811 000 \u00e0 Rio.<\/p>\n<p>L\u2019historienne Isabel Cristina Ferreira dos Reis, professeure au Centre des Arts, des Humanit\u00e9s et des Lettres de l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale du Rec\u00f4ncavo bahianais (UFRB), observe une diff\u00e9rence avec les anciens esclaves des plantations de canne \u00e0 sucre du Rec\u00f4ncavo (o\u00f9 se situait la plus grande concentration de travail esclave dans la r\u00e9gion). Au contraire des esclaves de S\u00e3o Paulo, ils sont rest\u00e9s \u00e0 proximit\u00e9 des lieux o\u00f9 ils vivaient parce qu\u2019ils voulaient pr\u00e9server les liens familiaux et communautaires.<\/p>\n<p>\u00c0 Recife, beaucoup de femmes affranchies ont choisi de rester dans la r\u00e9gion pour que l\u2019on ne remette pas en question leur condition. Il se trouve que certaines lettres d\u2019affranchissement n\u2019avaient aucune valeur officielle et elles pouvaient \u00eatre poursuivies par la police, qui les confondaient avec des esclaves en fuite. D\u2019apr\u00e8s Val\u00e9ria Costa, historienne et professeure de l\u2019Institut F\u00e9d\u00e9ral du Sert\u00e3o du Pernambuco, \u00ab\u00a0les femmes se d\u00e9barrassaient du stigmate de la captivit\u00e9 en cr\u00e9ant des strat\u00e9gies pour la garantie d\u2019espaces sociaux par le biais du travail, des r\u00e9seaux d\u2019amis ou en s\u2019affiliant \u00e0 des groupes catholiques\u00a0\u00bb. Il y avait une grande circulation de femmes dans les rues, surtout en raison du commerce. Comme partie d\u2019une politique publique hygi\u00e9niste qui voyait la population noire susceptible de provoquer des troubles, des patrouilles municipales interdisaient la circulation d\u2019esclaves et d\u2019affranchis apr\u00e8s 20 heures dans le centre-ville de Recife, en particulier dans le quartier tr\u00e8s commercial de Santo Ant\u00f4nio.<\/p>\n<div id=\"attachment_281297\" style=\"max-width: 1150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/088-091_Escravas_253-3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-281297 size-full\" src=\"http:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/088-091_Escravas_253-3.jpg\" alt=\"\" width=\"1140\" height=\"910\" srcset=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/088-091_Escravas_253-3.jpg 1140w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/088-091_Escravas_253-3-250x200.jpg 250w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/088-091_Escravas_253-3-700x559.jpg 700w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/088-091_Escravas_253-3-120x96.jpg 120w\" sizes=\"auto, (max-width: 1140px) 100vw, 1140px\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">LAGO, Pedro Correa do. Collection Princesa Isabel : Photographie du XIXe si\u00e8cle. Capivara, 2008.<\/span><\/a> Les femmes avec leurs enfants soumis au m\u00eame r\u00e9gime que les autres travailleurs pour la r\u00e9colte du caf\u00e9 dans le sud de l\u2019\u00e9tat de Rio de Janeiro, 1885 : maternit\u00e9 v\u00e9cue de mani\u00e8re dramatique<span class=\"media-credits\">LAGO, Pedro Correa do. Collection Princesa Isabel : Photographie du XIXe si\u00e8cle. Capivara, 2008.<\/span><\/p><\/div>\n<p>\u00c0 Rio de Janeiro, les affranchies venues de S\u00e3o Paulo faisaient le m\u00eame travail qu\u2019avant leur \u00e9mancipation\u00a0: \u00ab\u00a0Les vendeuses de nourriture, par exemple, se d\u00e9pla\u00e7aient beaucoup dans l\u2019espace urbain et pr\u00e9servaient la tradition de pr\u00e9parer des plats populaires tel que l\u2019angu, une sorte de polenta avec des morceaux de viande, comme au temps o\u00f9 elles \u00e9taient esclaves\u00a0\u00bb, explique L.H. Oliveira Silva. Cette derni\u00e8re a constat\u00e9 le processus de migration \u00e0 partir de l\u2019analyse de pr\u00e8s de 300 exemplaires de sept bulletins p\u00e9riodiques de S\u00e3o Paulo lus par la communaut\u00e9 noire entre 1886 et 1926. Ces journaux montraient la frustration des esclaves et des anciens esclaves par rapport \u00e0 la recherche d\u2019emploi et \u00e0 leur reconnaissance en tant que citoyens.<\/p>\n<p>Elle a aussi consult\u00e9 des proc\u00e8s criminels et civils des Archives Nationales, ainsi que 310 fiches de la maison d\u2019arr\u00eat de Rio de Janeiro, \u00e9tablis entre 1880 et 1920. Sur l\u2019ensemble des proc\u00e9dures \u00e9tudi\u00e9es, 275 concernaient des probl\u00e8mes d\u2019ivresse et de d\u00e9sordre. En outre, les femmes noires restaient plus longtemps incarc\u00e9r\u00e9es quand elles \u00e9taient arr\u00eat\u00e9es le soir et la nuit, \u00e0 une heure jug\u00e9e immorale pour les personnes de sexe f\u00e9minin.<\/p>\n<p>Si le fait d\u2019\u00eatre une femme aidait les esclaves affranchies \u00e0 trouver plus facilement du travail, elles n\u2019\u00e9taient pas pour autant \u00e9pargn\u00e9es par la violence. \u00c0 la diff\u00e9rence de ce qui se passait avec la plupart des femmes blanches, les Noires \u2013 qu\u2019elles soient esclaves, n\u00e9es libres ou affranchies \u2013 devaient affronter les rues, travailler pour leurs ma\u00eetres ou pour leur propre survie. \u00ab\u00a0\u00c0 Bahia comme \u00e0 Rio\u00a0\u00bb, observe Isabel Ferreira dos Reis, \u00ab\u00a0elles \u00e9taient expos\u00e9es \u00e0 tous types de harc\u00e8lements et se d\u00e9fendaient comme elles pouvaient\u00a0: elles criaient, se battaient et finissaient par avoir une mauvaise r\u00e9putation\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Maternit\u00e9<\/strong><br \/>\nSi les recherches montrent les esclaves comme des femmes beaucoup moins passives qu\u2019il n\u2019y para\u00eet, le processus d\u2019\u00e9mancipation bas\u00e9 sur le travail domestique \u00e9tait tr\u00e8s pr\u00e9caire. C\u2019est ce qu\u2019affirme \u00e9galement Maria Helena Pereira Toledo Machado, professeure titulaire du D\u00e9partement d\u2019histoire de la Facult\u00e9 de Philosophie, Lettres et Sciences Humaines de l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo (USP). Les patrons exer\u00e7aient un contr\u00f4le sur l\u2019autonomie des femmes affranchies, qui \u00e9taient s\u00e9par\u00e9es de leurs familles et avaient tr\u00e8s peu de jours de cong\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019historienne montre que ces femmes ont v\u00e9cu la maternit\u00e9 d\u2019une mani\u00e8re dramatique \u2013 aussi bien les esclaves en qu\u00eate d\u2019un p\u00e9cule, avant 1888, que les affranchies. La garde des enfants \u00e9tait souvent retir\u00e9e aux femmes affranchies sous pr\u00e9texte qu\u2019elles faisaient preuve d\u2019un comportement moral inadapt\u00e9. Cette situation a conduit Maria Helena P. T. Machado \u00e0 affirmer que l\u2019abolition doit \u00eatre pens\u00e9e comme un processus marqu\u00e9 par le genre\u00a0: \u00ab\u00a0N\u00e9anmoins, cette souffrance n\u2019annule en rien la lutte de ces femmes pour r\u00e9inventer leurs vies et montrer combien leur combat a \u00e9t\u00e9 difficile\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"bibliografia separador-bibliografia\"><strong>Projet<\/strong><br \/>\nDiasporas noires apr\u00e8s l\u2019abolition : affranchis et afro-descendants \u00e0 S\u00e3o Paulo (1888-1930) (<a href=\"https:\/\/bv.fapesp.br\/pt\/bolsas\/76925\/diasporas-negras-no-pos-abolicao-libertos-e-afrodescendentes-em-sao-paulo-1888-1930\/?q=09\/14974-1\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">n\u00b009\/14974-1<\/a>); <strong>Modalit\u00e9<\/strong> Bourse de recherche \u00e0 l\u2019\u00e9tranger; <strong>Chercheuse responsable<\/strong> L\u00facia Helena Oliveira da Silva (Unesp); <strong>Investissement<\/strong> 15 951,30 R$<\/p>\n<p class=\"bibliografia\"><strong>Articles scientifiques<\/strong><br \/>\nSILVA, L. H. O. \u00ab <a href=\"http:\/\/revistas.marilia.unesp.br\/index.php\/orgdemo\/article\/view\/5138\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">A escravid\u00e3o dos povos africanos e afro-brasileiros: A luta das mulheres escravizadas<\/a> \u00bb, <strong>Revista Org&amp;Demo<\/strong>. v. 16, Edi\u00e7\u00e3o Especial, pp. 85-100, 2015.<br \/>\nSILVA, L. H. O. \u00ab <a href=\"https:\/\/repositorio.unesp.br\/handle\/11449\/126811\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Aprendizado da liberdade : Estrat\u00e9gias de mulheres escravizadas na luta pela emancipa\u00e7\u00e3o<\/a> \u00bb, <strong>Mnemosine \u2013 Revista do Programa de P\u00f3s-Gradua\u00e7\u00e3o em Hist\u00f3ria da UFCG<\/strong>. v. 5, n.1, jan.\/jun., 2014.<br \/>\nP. T. MACHADO, Maria Helena. \u00ab <a href=\"https:\/\/portalseer.ufba.br\/index.php\/afroasia\/article\/view\/21212\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Corpo g\u00eanero e identidade no limiar da Aboli\u00e7\u00e3o: A hist\u00f3ria de Benedicta Maria Albina da Ilha ou Ov\u00eddia, escrava (Sudeste, 1880)<\/a> \u00bb, <strong>Afro-\u00c1sia<\/strong> n. 42, pp. 157-93, 2010. <\/p>\n<p class=\"bibliografia\"><strong>Livre<\/strong><br \/>\nSILVA, L. H. O. <strong>Paulistas e afrodescendentes no Rio de Janeiro p\u00f3s-Aboli\u00e7\u00e3o<\/strong> (1888-1926). S\u00e3o Paulo, Humanitas, 2016.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Des femmes esclaves recouraient \u00e0 des strat\u00e9gies pour acheter leur libert\u00e9 et travailler comme des affranchies","protected":false},"author":601,"featured_media":281289,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1188],"tags":[2437,2438],"coauthors":[1600],"class_list":["post-281288","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-humanites","tag-histoire","tag-sociologie"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/281288","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/601"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=281288"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/281288\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":283407,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/281288\/revisions\/283407"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/281289"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=281288"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=281288"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=281288"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=281288"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}