{"id":311250,"date":"2019-11-14T11:17:35","date_gmt":"2019-11-14T14:17:35","guid":{"rendered":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=311250"},"modified":"2019-11-14T11:17:35","modified_gmt":"2019-11-14T14:17:35","slug":"un-bataillon-de-naissances-precoces","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/un-bataillon-de-naissances-precoces\/","title":{"rendered":"Un bataillon de naissances pr\u00e9coces"},"content":{"rendered":"<p>Depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, le Br\u00e9sil occupe la position inqui\u00e9tante de leader mondial en termes d\u2019accouchements chirurgicaux, ou c\u00e9sariennes. En augmentation depuis les ann\u00e9es 1970, le nombre de c\u00e9sariennes a d\u00e9pass\u00e9 celui des accouchements naturels en 2009 et depuis il ne pr\u00e9sente pas de baisse significative malgr\u00e9 les tentatives du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral et des entit\u00e9s m\u00e9dicales. Sur les 2 903 716 b\u00e9b\u00e9s n\u00e9s en 2015 dans les maternit\u00e9s et h\u00f4pitaux br\u00e9siliens, 1 611 788 sont venus au monde par le biais de c\u00e9sarienne (<em>cf. graphique ci-dessous<\/em>). Ce chiffre excessivement \u00e9lev\u00e9 correspond \u00e0 55,5\u00a0% des accouchements\u00a0; il est seulement inf\u00e9rieur \u00e0 celui de la R\u00e9publique Dominicaine, o\u00f9 56,4 % des 172 000 b\u00e9b\u00e9s naissent chaque ann\u00e9e par c\u00e9sarienne. Un taux \u00e9lev\u00e9 de c\u00e9sariennes br\u00e9siliennes (48 %) semblerait inutile parce que r\u00e9alis\u00e9es avant le d\u00e9but du travail d\u2019accouchement, donc avant que l\u2019enfant soit pr\u00eat \u00e0 na\u00eetre. Ces c\u00e9sariennes, tr\u00e8s souvent d\u00e9cid\u00e9es \u00e0 l\u2019avance par l\u2019obst\u00e9tricien et la femme enceinte, peuvent mettre en p\u00e9ril la sant\u00e9 de la femme et de l\u2019enfant plut\u00f4t que de les prot\u00e9ger.<\/p>\n<p>L\u2019analyse la plus vaste jamais r\u00e9alis\u00e9e dans le pays et publi\u00e9e en ligne le 5 ao\u00fbt dernier dans la revue <em>BMJ Open<\/em>, confirme les suspicions d\u00e9j\u00e0 anciennes d\u2019\u00e9pid\u00e9miologistes, d\u2019obst\u00e9triciens et de p\u00e9diatres\u00a0: les c\u00e9sariennes \u00e9vitables augmentent la proportion de b\u00e9b\u00e9s qui naissent avant la maturit\u00e9 biologique. La conclusion est le r\u00e9sultat d\u2019une \u00e9tude coordonn\u00e9e par le p\u00e9diatre et \u00e9pid\u00e9miologiste Fernando Barros, professeur de l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de Pelotas (UFPel) et de l\u2019Universit\u00e9 Catholique de Pelotas (UCPel). Avec des confr\u00e8res d\u2019Uruguay, du Royaume-Uni et du Minist\u00e8re br\u00e9silien de la Sant\u00e9, il a \u00e9tabli un rapport entre le nombre de naissances au Br\u00e9sil en 2015 et des informations sur le type d\u2019accouchement, l\u2019\u00e2ge gestationnel de l\u2019enfant et le niveau scolaire de la m\u00e8re.<\/p>\n<p>Le croisement des donn\u00e9es a montr\u00e9 que cette ann\u00e9e-l\u00e0 sont n\u00e9s dans le pays 1 130 676 b\u00e9b\u00e9s (39,9 % du total) de moins de 39 semaines, l\u2019\u00e2ge \u00e0 partir duquel les sp\u00e9cialistes en sant\u00e9 materno-infantile consid\u00e8rent l\u2019enfant pr\u00eat pour vivre en dehors de l\u2019ut\u00e9rus. Sur ce bataillon de b\u00e9b\u00e9s pr\u00e9coces, 286 000 sont n\u00e9s avec moins de 37 semaines (pr\u00e9matur\u00e9s), probablement \u00e0 cause de probl\u00e8mes de sant\u00e9 de la m\u00e8re ou de l\u2019enfant, et 844 000 entre la 37<sup>e <\/sup>et 38<sup>e<\/sup> semaine. Tout indique qu\u2019un tiers de ces deux groupes \u2013 soit un total de 370\u00a0000 enfants \u2013 est n\u00e9 avant l\u2019heure \u00e0 cause d\u2019une c\u00e9sarienne qui n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s Barros, \u00ab\u00a0celui qui na\u00eet \u00e0 37 ou 38 semaines est expos\u00e9 \u00e0 un petit risque de complications de sant\u00e9, qui pourraient pourtant \u00eatre \u00e9vit\u00e9es en retardant l\u2019accouchement\u00a0\u00bb. Comme ces enfants repr\u00e9sentent un taux \u00e9lev\u00e9 des naissances, leurs probl\u00e8mes pourraient avoir un impact important sur le syst\u00e8me de sant\u00e9 public. Des chercheurs de l\u2019Institut Karolinska et de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Uppsala en Su\u00e8de ont accompagn\u00e9 pendant pr\u00e8s de 23 ans 550 000 b\u00e9b\u00e9s n\u00e9s entre 1973 et 1979. Dans un article publi\u00e9 en 2010 dans <em>Pediatrics<\/em>, ils affirment que les b\u00e9b\u00e9s n\u00e9s \u00e0 la 37<sup>e <\/sup>ou 38<sup>e<\/sup> semaine de gestation pr\u00e9sentaient, \u00e0 un degr\u00e9 moindre que les pr\u00e9matur\u00e9s, un risque plus grand de ne pas terminer leurs \u00e9tudes universitaires et d\u2019avoir besoin d\u2019assistance de l\u2019\u00c9tat en mati\u00e8re de sant\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ces chiffres sont assez proches de ceux que nous imaginions\u00a0\u00bb, d\u00e9clare l\u2019obst\u00e9tricien Jos\u00e9 Guilherme Cecatti, professeur de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019\u00c9tat de Campinas (Unicamp), sur les naissances pr\u00e9coces au Br\u00e9sil. Cecatti n\u2019a pas particip\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9criture de l\u2019article de <em>BMJ Open<\/em>, mais il y a quelques ann\u00e9es il a identifi\u00e9 un taux plus \u00e9lev\u00e9 de pr\u00e9matur\u00e9s, dont une partie associ\u00e9e \u00e0 la c\u00e9sarienne, dans une \u00e9tude men\u00e9e avec 33 740 femmes enceintes des r\u00e9gions nord-Est, Sud et Sud-Est\u00a0: \u00ab\u00a0Le m\u00e9rite du travail actuel est de montrer ce ph\u00e9nom\u00e8ne avec des chiffres aussi \u00e9lev\u00e9s. Il nous am\u00e8ne \u00e0 en d\u00e9duire qu\u2019une grande partie des c\u00e9sariennes est indiqu\u00e9e avant le bon moment\u00a0\u00bb.<\/p>\n<picture data-tablet=\"\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/prem-fr-0-tablet.png\" data-tablet_size=\"1900x1150\" alt=\"\">\n    <source srcset=\"\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/prem-fr-0-desktop.png\" media=\"(min-width: 1920px)\" \/>\n    <source srcset=\"\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/prem-fr-0-tablet.png\" media=\"(min-width: 1140px)\" \/>\n    <img decoding=\"async\" class=\"responsive-img\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/prem-fr-0-mobile.png\" \/>\n  <\/picture>\n<p>Une donn\u00e9e renforce l\u2019hypoth\u00e8se de c\u00e9sariennes r\u00e9alis\u00e9es sans identification d\u2019un probl\u00e8me m\u00e9dical. Le nombre de c\u00e9sariennes avant le travail de l\u2019accouchement n\u2019a cess\u00e9 de cro\u00eetre avec l\u2019augmentation du niveau d\u2019\u00e9tudes de la m\u00e8re, un indicateur du niveau socio\u00e9conomique. Parmi les 163 000 femmes ayant jusqu\u2019\u00e0 4 ans d\u2019\u00e9tudes, plus pauvres et avec peut-\u00eatre plus de probl\u00e8mes de sant\u00e9, 13,2 % ont eu un b\u00e9b\u00e9 par c\u00e9sarienne avant le travail de l\u2019accouchement. Le taux s\u2019\u00e9levait \u00e0 49,2 % chez les femmes ayant un niveau d\u2019\u00e9tudes universitaires, en principe plus riches, en meilleure sant\u00e9 et mieux inform\u00e9es. Le p\u00e9diatre Marco Antonio Barbieri, professeur de l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo \u00e0 Ribeir\u00e3o Preto (USP-RP), pr\u00e9cise que \u00ab\u00a0c\u2019est le ph\u00e9nom\u00e8ne que l\u2019\u00e9pid\u00e9miologiste britannique Julian Tudor Hart a nomm\u00e9 la \u2018loi inverse des soins\u2019. Ceux qui ont le plus besoin re\u00e7oivent le moins\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La p\u00e9diatre Helo\u00edsa Bettiol, collaboratrice de Barbieri et professeure \u00e0 l\u2019USP-RP, observe\u00a0: \u00ab\u00a0Des \u00e9tudes qui accompagnent des populations sugg\u00e8rent que la naissance anticip\u00e9e est un ph\u00e9nom\u00e8ne qui suivra le mod\u00e8le des c\u00e9sariennes, au d\u00e9but plus fr\u00e9quentes dans les classes plus ais\u00e9es et aujourd\u2019hui communes aussi dans les plus pauvres\u00a0\u00bb. Cet effet est not\u00e9 dans les \u00e9tudes d\u00e9but\u00e9es en 1978 \u00e0 Ribeir\u00e3o Preto (province de S\u00e3o Paulo). Le taux de b\u00e9b\u00e9s n\u00e9s par c\u00e9sarienne \u00e0 la 37<sup>e <\/sup>ou 38<sup>e<\/sup> semaine est pass\u00e9 de 28 % en 1978-1979 \u00e0 54 % en 1994 et 68 % en 2010 selon les donn\u00e9es pr\u00e9sent\u00e9es par Barbieri et Bettiol au Minist\u00e8re de la Sant\u00e9 en 2017. Des ann\u00e9es auparavant, Barros et ses collaborateurs avaient remarqu\u00e9 une association similaire dans les \u00e9tudes d\u2019accompagnement r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 Pelotas.<\/p>\n<p>Dans l\u2019\u00e9tude de la <em>BMJ Open<\/em>, l\u2019influence de l\u2019exc\u00e8s de c\u00e9sariennes sur l\u2019augmentation des naissances avant l\u2019heure est devenue particuli\u00e8rement \u00e9vidente quand Barros et ses collaborateurs ont analys\u00e9 les informations fiables sur les 2,5 millions d\u2019accouchements (82,4 % du total du pays) regroup\u00e9s par communes. Dans les villes o\u00f9 les accouchements par c\u00e9sarienne d\u00e9passaient les 80 %, le nombre d\u2019enfants n\u00e9s entre la 37<sup>e<\/sup> et la 38<sup>e<\/sup> semaine a \u00e9t\u00e9 62 % plus \u00e9lev\u00e9 que dans les communes o\u00f9 les c\u00e9sariennes repr\u00e9sentaient moins de 30 %\u00a0&#8211; qui est quand m\u00eame le double de ce qui est consid\u00e9r\u00e9 sans risque par l\u2019Organisation Mondiale de la Sant\u00e9. La probabilit\u00e9 de na\u00eetre pr\u00e9matur\u00e9 \u00e9tait 22 % plus grande dans le premier groupe de villes que dans le deuxi\u00e8me (<em>cf. graphique<\/em>).<\/p>\n<p>Les obst\u00e9triciens et les p\u00e9diatres ont toujours fait preuve de davantage d\u2019inqui\u00e9tude pour les b\u00e9b\u00e9s qui naissent \u00e0 moins de 37 semaines, les pr\u00e9matur\u00e9s, qui ont plus de chance d\u2019avoir des probl\u00e8mes de sant\u00e9. Cependant, des \u00e9tudes r\u00e9centes indiquent que les b\u00e9b\u00e9s n\u00e9s \u00e0 37 et 38 semaines de grossesse \u00e0 terme pr\u00e9coce ont aussi plus de chance d\u2019avoir des probl\u00e8mes de sant\u00e9 au cours des premi\u00e8res semaines de vie, ainsi que de l\u00e9gers probl\u00e8mes de d\u00e9veloppement cognitif plus tard. Pour Barros, \u00ab\u00a0on ne s\u2019est jamais beaucoup int\u00e9ress\u00e9 aux termes pr\u00e9coces parce qu\u2019on consid\u00e9rait qu\u2019ils \u00e9taient pr\u00eats \u00e0 na\u00eetre. Mais ils tireraient profit d\u2019une ou deux semaines de plus dans le ventre maternel\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Un probl\u00e8me commun chez les b\u00e9b\u00e9s n\u00e9s entre la 34<sup>e<\/sup> et la 37<sup>e<\/sup> semaine est le d\u00e9veloppement inachev\u00e9 des poumons, un des derniers organes \u00e0 arriver \u00e0 maturation. C\u2019est la raison pour laquelle l\u2019enfant a plus de chance de souffrir de probl\u00e8mes respiratoires, d\u2019avoir besoin de suppl\u00e9ment d\u2019oxyg\u00e8ne et m\u00eame de passer quelques heures dans l\u2019Unit\u00e9 de soins intensifs, loin de sa m\u00e8re. Selon la p\u00e9diatre Maria Augusta Gibelli, chef de l\u2019Unit\u00e9 n\u00e9onatale de soins intensifs de l\u2019H\u00f4pital des Cliniques de l\u2019USP, certains de ces b\u00e9b\u00e9s n\u2019ont pas encore d\u00e9velopp\u00e9 la capacit\u00e9 de bien t\u00e9ter et peuvent pr\u00e9senter une r\u00e9duction des niveaux de glucose (sucre) dans le sang, ce qui exige l\u2019administration de pr\u00e9parations \u00e0 base de lait de vache ou de ch\u00e8vre pendant les premiers jours.<\/p>\n<picture data-tablet=\"\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/prem-fr-1-tablet.png\" data-tablet_size=\"1900x1200\" alt=\"\">\n    <source srcset=\"\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/prem-fr-1-desktop.png\" media=\"(min-width: 1920px)\" \/>\n    <source srcset=\"\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/prem-fr-1-tablet.png\" media=\"(min-width: 1140px)\" \/>\n    <img decoding=\"async\" class=\"responsive-img\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/prem-fr-1-mobile.png\" \/>\n  <\/picture>\n<p>Maria do Carmo Leal, \u00e9pid\u00e9miologiste et professeure de l\u2019\u00c9cole Nationale de Sant\u00e9 Publique \u00e0 Rio de Janeiro, a quantifi\u00e9 ces risques entre les termes pr\u00e9coces \u00e0 partir d\u2019informations sur 12 646 b\u00e9b\u00e9s n\u00e9s entre 2011 et 2012 dans 266 maternit\u00e9s et h\u00f4pitaux br\u00e9siliens et accompagn\u00e9s pendant au moins 45 jours. Publi\u00e9e en d\u00e9cembre 2017 dans <em>BMJ Open<\/em>, l\u2019\u00e9tude de cet \u00e9chantillon repr\u00e9sentatif du Br\u00e9sil confirme qu\u2019une ou deux semaines de plus dans le ventre maternel peuvent faire une grande diff\u00e9rence.<\/p>\n<p>M\u00eame s\u2019ils sont en bonne sant\u00e9, les b\u00e9b\u00e9s n\u00e9s pendant la 37<sup>e<\/sup> ou 38<sup>e<\/sup> semaine de grossesse ont pr\u00e9sent\u00e9 un risque faible, mais n\u00e9anmoins sup\u00e9rieur \u00e0 ceux n\u00e9s entre la 39<sup>e<\/sup> et la 40<sup>e<\/sup> semaine, de complications au cours des premi\u00e8res heures ou semaines de vie. 3,9\u00a0% du premier groupe ont eu besoin de recevoir un suppl\u00e9ment d\u2019oxyg\u00e8ne, contre 2,1\u00a0% du deuxi\u00e8me groupe. Une m\u00eame proportion a eu besoin d\u2019une exposition \u00e0 la lumi\u00e8re pour neutraliser l\u2019exc\u00e8s de bilirubine, une prot\u00e9ine toxique pour le syst\u00e8me nerveux central. L\u2019hypoglyc\u00e9mie, r\u00e9duction \u00e9lev\u00e9e des niveaux de glucose, a \u00e9t\u00e9 trois fois plus commune chez les b\u00e9b\u00e9s n\u00e9s entre la 37<sup>e<\/sup> ou 38<sup>e<\/sup> semaine (0,9 %) que ceux n\u00e9s entre la 39<sup>e <\/sup>ou 40<sup>e<\/sup> semaine (0,3 %).<\/p>\n<p>La fr\u00e9quence de complications a \u00e9t\u00e9 beaucoup plus \u00e9lev\u00e9e quand les enfants du premier groupe sont n\u00e9s \u00e0 cause d\u2019une interf\u00e9rence anticip\u00e9e de l\u2019obst\u00e9tricien, en particulier une c\u00e9sarienne, alors que le b\u00e9b\u00e9 comme la m\u00e8re ne pr\u00e9sentaient pas de risques de sant\u00e9. Cette situation qui s\u2019est produite dans un peu moins de la moiti\u00e9 des cas a\u00a0: tripl\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019oxyg\u00e8ne (1,3 % pour les b\u00e9b\u00e9s de 39-40 semaines contre 4,5 % chez les b\u00e9b\u00e9s de 37-38 semaines)\u00a0; plus que doubl\u00e9 la fr\u00e9quence d\u2019hospitalisations en soins intensifs (de 1,5\u00a0% \u00e0 3,6 %)\u00a0; et augment\u00e9 neuf fois le risque (qui \u00e9tait faible) de mourir pendant la premi\u00e8re ann\u00e9e de vie\u00a0: 3 morts sur 10 000 naissances dans le premier groupe contre 26 morts pour 10 000 naissances dans de deuxi\u00e8me groupe. \u00ab\u00a0Au Br\u00e9sil, ces interventions anticip\u00e9es sont surtout communes dans les maternit\u00e9s et h\u00f4pitaux priv\u00e9s\u00a0\u00bb, d\u00e9clare Maria do Carmo qui a publi\u00e9 en 2016 un article sur le sujet dans la revue Plos One.<\/p>\n<p>De l\u2019avis de Fernando Barros, \u00ab\u00a0le droit de la femme de choisir la c\u00e9sarienne ne devrait pas \u00eatre en comp\u00e9tition avec le droit de l\u2019enfant de na\u00eetre \u00e0 39 semaines ou plus\u00a0\u00bb.<\/p>\n<div class=\"box\"><strong>La peau en tant que marqueur du temps<\/strong><\/p>\n<p>Un test a d\u00e9but\u00e9 en octobre avec 790 nouveau-n\u00e9s br\u00e9siliens pour \u00e9valuer l\u2019efficacit\u00e9 d\u2019un \u00e9quipement qui, \u00e0 partir de la lumi\u00e8re refl\u00e9t\u00e9e par la peau, estime l\u2019\u00e2ge gestationnel du b\u00e9b\u00e9 \u00e0 l\u2019accouchement. Semblable \u00e0 une lampe de poche, l\u2019appareil d\u00e9velopp\u00e9 par des chercheurs de l\u2019Universit\u00e9 f\u00e9d\u00e9rale de Minas Gerais (UFMG) utilise des leds pour \u00e9mettre une faible lumi\u00e8re et un capteur pour capter ce qui est refl\u00e9t\u00e9. Ajout\u00e9e \u00e0 la donn\u00e9e sur le poids, cette information est analys\u00e9e par un mini-ordinateur qui calcule le temps pass\u00e9 dans l\u2019ut\u00e9rus \u2013 plus la gestation est longue, plus la peau est \u00e9paisse et plus elle refl\u00e8te la lumi\u00e8re.<\/p>\n<p>Conna\u00eetre le temps de d\u00e9veloppement (\u00e2ge gestationnel) du b\u00e9b\u00e9 est essentiel pour orienter l\u2019action des m\u00e9decins apr\u00e8s la naissance. Pour Zilma Reis, gyn\u00e9cologiste, obst\u00e9tricienne, professeure de l\u2019UFMG et conceptrice avec l\u2019astrophysicien Rodney Guimar\u00e3es de l\u2019appareil baptis\u00e9 Skin Age, \u00ab\u00a0le p\u00e9diatre se base sur cette information, en particulier dans le cas des pr\u00e9matur\u00e9s, pour d\u00e9cider si le b\u00e9b\u00e9 a besoin de support respiratoire, de contr\u00f4le de temp\u00e9rature ou d\u2019une hospitalisation dans une unit\u00e9 n\u00e9onatale. [\u2026] M\u00eame au Br\u00e9sil, o\u00f9 l\u2019acc\u00e8s aux services de sant\u00e9 est gratuit et universel, il n\u2019y a pas toujours d\u2019information fiable sur l\u2019\u00e2ge gestationnel des enfants\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><div id=\"attachment_311257\" style=\"max-width: 910px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/052-055_Prematuros_271-900px-2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-311257 size-full\" src=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/052-055_Prematuros_271-900px-2.jpg\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"675\" srcset=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/052-055_Prematuros_271-900px-2.jpg 900w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/052-055_Prematuros_271-900px-2-250x188.jpg 250w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/052-055_Prematuros_271-900px-2-700x525.jpg 700w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/052-055_Prematuros_271-900px-2-120x90.jpg 120w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">Zilma Reis \/ UFMG<\/span><\/a> La chercheuse de l\u2019UFMG utilise l\u2019appareil qui mesure la lumi\u00e8re refl\u00e9t\u00e9e sur la peau pour estimer l\u2019\u00e2ge gestationnel<span class=\"media-credits\">Zilma Reis \/ UFMG<\/span><\/p><\/div><\/p>\n<p>Reis et Guimar\u00e3es ont d\u00e9but\u00e9 leur recherche sur une fa\u00e7on non invasive de conna\u00eetre l\u2019\u00e2ge du nouveau-n\u00e9 en 2014, alors encourag\u00e9s par un appel \u00e0 projets de la Fondation Bill &amp; Melinda Gates. Ils se sont inspir\u00e9s de l\u2019oxym\u00e8tre, un appareil qui calcule la concentration d\u2019oxyg\u00e8ne dans le sang par le biais d\u2019une lumi\u00e8re qui traverse la peau. Reis explique que \u00ab\u00a0l\u2019objectif \u00e9tait de cr\u00e9er un \u00e9quipement \u00e0 usage simple pour les situations o\u00f9 les examens pr\u00e9nataux ne fournissent pas d\u2019informations ad\u00e9quates sur l\u2019\u00e2ge de l\u2019enfant, ou s\u2019il n\u2019y a pas de p\u00e9diatre dans la salle d\u2019accouchement\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce aux 100 000 dollars US de la Fondation Gates et \u00e0 50 000 dollars US de la Fondation de soutien \u00e0 la recherche de l\u2019\u00e9tat de Minas Gerais (Fapemig), Reis et Guimar\u00e3es ont analys\u00e9 la r\u00e9action de la peau du f\u0153tus \u00e0 la lumi\u00e8re pendant la gestation, d\u00e9velopp\u00e9 les premiers prototypes et fait un test clinique pour valider le concept. Appliqu\u00e9 pendant quelques secondes sur l\u2019avant-bras ou la plante du pied, le Skin Age a calcul\u00e9 l\u2019\u00e2ge gestationnel de 115 enfants n\u00e9s dans deux h\u00f4pitaux de Belo Horizonte avec une marge d\u2019erreur de 11 jours \u2013 selon les donn\u00e9es publi\u00e9es en 2017 dans la revue <em>Plos One<\/em>.<\/p>\n<p>Le groupe de Minas Gerais va d\u00e9sormais tester l\u2019\u00e9quipement, avec une subvention du Minist\u00e8re de la Sant\u00e9, sur 790 enfants de Minas Gerais, Rio Grande do Sul, Maranh\u00e3o et Bras\u00edlia. Zilma Reis veut utiliser les donn\u00e9es \u00ab\u00a0pour am\u00e9liorer l\u2019\u00e9quipement et r\u00e9duire la marge d\u2019erreur \u00e0 7 jours\u00a0\u00bb. Un deuxi\u00e8me essai clinique, financ\u00e9 par Grand Challenges Canada et Fiocruz, aura lieu l\u2019an prochain avec 400 enfants du Br\u00e9sil, du Portugal et du Mozambique.<\/div>\n<p class=\"bibliografia separador-bibliografia\"><strong>Projet<\/strong><br \/>\nFacteurs \u00e9tiologiques de la pr\u00e9maturit\u00e9 et cons\u00e9quences des facteurs p\u00e9rinataux sur la sant\u00e9 de l\u2019enfant\u00a0: multitude de naissances dans deux villes br\u00e9siliennes (<a href=\"https:\/\/bv.fapesp.br\/pt\/auxilios\/2220\/fatores-etiologicos-da-prematuridade-e-consequencias-dos-fatores-perinatais-na-saude-da-crianca-coo\/?q=08\/53593-0\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">n\u00b0 08\/53593-0<\/a>) ; <strong>Modalit\u00e9<\/strong> Projet th\u00e9matique ; <strong>Chercheur responsable<\/strong>\u00a0 Marco Ant\u00f4nio Barbieri (USP) ; <strong>Investissement<\/strong>\u00a0 3 289 922,80 reais BRL.<\/p>\n<p class=\"bibliografia\">Articles scientifiques<br \/>\nBARROS, F. C. <em>et alii<\/em>. \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/bmjopen.bmj.com\/content\/8\/8\/e021538.abstract\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Caesarean sections and the prevalence of preterm and early-term births in Brazil : Secondary analyses of national birth registration<\/a>\u00a0\u00bb, <strong>BMJ Open<\/strong>, 5 ao\u00fbt 2018.<br \/>\nLEAL, M. C. <em>et alii<\/em>. \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/bmjopen.bmj.com\/content\/7\/12\/e017789?utm_term=usage-042019&amp;utm_content=consumer&amp;utm_campaign=alljjs&amp;utm_medium=cpc&amp;utm_source=trendmd\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Burden of early-term birth on adverse infant outcomes : A population-based cohort study in Brazil<\/a>\u00a0\u00bb, <strong>BMJ Open<\/strong>, 27 d\u00e9cembre 2017.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"En 2015, 40 % des b\u00e9b\u00e9s ont quitt\u00e9 l\u2019ut\u00e9rus maternel avant d\u2019atteindre la maturit\u00e9 biologique, en partie \u00e0 cause de c\u00e9sariennes \u00e9lectives","protected":false},"author":16,"featured_media":311261,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1180],"tags":[],"coauthors":[105],"class_list":["post-311250","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-sciences","position_at_home-sumario"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/311250","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=311250"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/311250\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":311269,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/311250\/revisions\/311269"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/311261"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=311250"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=311250"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=311250"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=311250"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}