{"id":311385,"date":"2019-11-14T11:21:30","date_gmt":"2019-11-14T14:21:30","guid":{"rendered":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=311385"},"modified":"2019-11-14T11:21:30","modified_gmt":"2019-11-14T14:21:30","slug":"automatisation-du-droit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/automatisation-du-droit\/","title":{"rendered":"Automatisation du Droit"},"content":{"rendered":"<p>Le Br\u00e9sil poss\u00e8de plus d\u2019un million d\u2019avocats dipl\u00f4m\u00e9s. En moyenne 12 519 personnes sur 100 000 ont intent\u00e9 une action en justice en 2017. Le pays comptait 80,1 millions de proc\u00e8s judiciaires en cours d\u00e9but 2018, selon la derni\u00e8re \u00e9dition de <em>Justice en Chiffres 2018 \u2013 ann\u00e9e base 2017<\/em>, une \u00e9tude du Conseil National de Justice (CNJ) qui rassemble les statistiques les plus actualis\u00e9es du secteur. Ces chiffres r\u00e9v\u00e8lent le march\u00e9 potentiel existant pour un nouveau groupe de startups qui se d\u00e9veloppent dans le pays et avec une plus forte intensit\u00e9 depuis deux ans et demi, les <em>legaltechs<\/em> ou <em>lawtechs<\/em>, entreprises sp\u00e9cialis\u00e9es dans le d\u00e9veloppement et l\u2019utilisation de technologies appliqu\u00e9es au droit. Le n\u00e9ologisme vient de la jonction des mots droit et technologie en anglais. On ne fait pas de distinction entre ces termes au Br\u00e9sil, alors qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tranger on se r\u00e9f\u00e8re habituellement aux <em>legaltechs<\/em> comme \u00e0 des startups au service de l\u2019ensemble du march\u00e9 et aux <em>lawtechs<\/em> comme \u00e0 celles d\u00e9veloppant des solutions destin\u00e9es exclusivement aux avocats.<\/p>\n<p>Il n\u2019y a pas encore d\u2019estimations officielles sur leur nombre au Br\u00e9sil. L\u2019Association Br\u00e9silienne de Lawtechs &amp; Legaltechs (AB2L) a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e \u00e0 partir d\u2019un petit groupe de chefs d\u2019entreprise qui communiquaient sur WhatsApp pour se transformer ensuite en entit\u00e9 formelle en 2016 en d\u00e9marrant avec 40 membres. L\u2019association situ\u00e9e \u00e0 Rio de Janeiro rassemble aujourd\u2019hui 180 entreprises, y compris dans l\u2019<em>early stage<\/em> qui correspond \u00e0 la phase de validation de la technologie. \u00ab Je pense que d\u2019ici 5 ans une licorne appara\u00eetra dans ce segment\u00a0\u00bb, d\u00e9clare Bruno Feigelson, pr\u00e9sident d\u2019AB2L et de la startup <em>Sem Processo<\/em>, \u00e0 Rio de Janeiro. La licorne est le nom donn\u00e9 aux startups qui atteignent un montant \u00e9gal ou sup\u00e9rieur \u00e0 1 milliard de dollars US avant m\u00eame d\u2019\u00eatre cot\u00e9es en bourse.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il s\u2019agit d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne international. En cinq ans, les \u00c9tats-Unis ont investi 1 milliard de dollars US en capital risque dans des entreprises technologiques d\u00e9di\u00e9es au march\u00e9 juridique\u00a0\u00bb, explique Feigelson. Le travail r\u00e9alis\u00e9 au Center for Legal Informatics (CodeX), de l\u2019Universit\u00e9 de Stanford est un indicateur de ce mouvement. Une \u00e9quipe du CodeX a d\u00e9velopp\u00e9 le Techindex qui a recens\u00e9 1 048 <em>legaltechs<\/em> sur le territoire am\u00e9ricain. Une autre \u00e9tude internationale a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e dans ce domaine au Royaume-Uni. Un recensement de la Legal Geek, qui rassemble plus de 4 000 membres et qui fait partie de l\u2019univers des startups <em>legaltechs<\/em>, en a recens\u00e9 64 en 2017. Toutes ont \u00e9t\u00e9 fond\u00e9es il y a moins de sept ans.<\/p>\n<p>Le Groupe d\u2019Enseignement en Recherche et Innovation (Gepi), branche de la Fondation Getulio Vargas \u00e0 S\u00e3o Paulo (FGV Droit SP), est sur le point de conclure une \u00e9tude sur l\u2019utilisation de ces nouvelles technologies par des cabinets d\u2019avocats au Br\u00e9sil. Les r\u00e9sultats de cette \u00e9tude devraient \u00eatre publi\u00e9s en fin d\u2019ann\u00e9e. L\u2019introduction de technologies num\u00e9riques dans le domaine juridique n\u2019est pas une nouveaut\u00e9, bien qu\u2019elles ne s\u2019appliquent qu\u2019aux processus internes, principalement pour administrer les cabinets d\u2019avocat. \u00ab\u00a0Maintenant le jeu a chang\u00e9, de nombreuses technologies se concentrent sur la finalit\u00e9 m\u00eame de l\u2019activit\u00e9 de l\u2019entreprise. Par exemple, les banques de donn\u00e9es sont automatis\u00e9es en pensant d\u00e9j\u00e0 comment l\u2019avocat pourra fournir de meilleurs services. Nous avons des technologies comme la gestion des proc\u00e8s et des requ\u00eates \u00e9lectroniques qui aident \u00e0 am\u00e9liorer les actions judiciaires dans un tribunal\u00a0\u00bb, souligne Alexandre Pacheco da Silva, professeur \u00e0 la FGV Droit SP et l\u2019un des coordonnateurs du Gepi. \u00ab\u00a0Nous avons encore des champs du secteur juridique qui sont des domaines de fronti\u00e8re, comme la lecture des d\u00e9cisions judiciaires \u00e0 travers des algorithmes qui cat\u00e9gorisent et exportent les donn\u00e9es des proc\u00e8s et ceux qui construisent le profil d\u00e9cisionnel d\u2019un juge sp\u00e9cifique\u00a0\u00bb, dit-il. \u00ab\u00a0Il s\u2019agit de solutions technologiques plus sophistiqu\u00e9es\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les professionnels du droit devraient-ils redouter ces changements\u00a0? \u00ab\u00a0Des fonctions bureaucratiques et r\u00e9p\u00e9titives seront directement affect\u00e9es, alors que d\u2019autres activit\u00e9s seront toujours ex\u00e9cut\u00e9es par les professionnels, comme la relation interpersonnelle avec le client\u00a0\u00bb, indique Alexandre Pacheco da Silva. \u00ab\u00a0Le client d\u2019un cabinet ne sera pas satisfait s\u2019il doit communiquer avec son avocat en utilisant seulement une plateforme num\u00e9rique\u00a0\u00bb. Pour lui, le march\u00e9 et les universit\u00e9s vont devoir repenser le type de formation qui sera offert aux futurs avocats. \u00ab\u00a0Il n\u2019y aura pas de travail pour ceux qui ne poss\u00e8deront pas une formation adapt\u00e9e \u00e0 ce nouveau contexte\u00a0\u00bb, affirme-t-il.<\/p>\n<p>Des organismes comme le Tribunal Sup\u00e9rieur de Justice (STJ), le Tribunal Sup\u00e9rieur \u00c9lectoral (TSE), le Conseil National de Justice (CNJ), entre autres, ont d\u00e9j\u00e0 automatis\u00e9 les requ\u00eates. Les contrats suivent \u00e9galement le m\u00eame processus. \u00ab\u00a0Il est difficile d\u2019exprimer en chiffres les avantages de l\u2019automatisation car les b\u00e9n\u00e9fices sont diff\u00e9rents pour chaque entreprise \u00bb, d\u00e9clare Alexandre Pacheco da Silva. Dans la recherche qu\u2019il coordonne, il y a des t\u00e9moignages de professionnels qui sont pass\u00e9s de deux heures et demies \u00e0 environ 20 minutes pour r\u00e9diger certains types de contrat.<\/p>\n<p>Selon le chercheur, l\u2019\u00e9tude de la FGV qui sera publi\u00e9e indique que la plupart des entreprises qui font appel aux solutions fournies par les <em>legaltechs<\/em> se trouvent dans les r\u00e9gions Sud et Sud-est du Br\u00e9sil. L\u2019une des exceptions est le Cabinet Urbano Vitalino, dans l\u2019\u00e9tat de Para\u00edba, qui a cr\u00e9\u00e9 un robot pour l\u2019automatisation de documents. L\u2019AB2L d\u00e9montre \u00e9galement cette concentration g\u00e9ographique. Parmi les 180 membres de l\u2019association, y compris ceux qui se trouvent encore au <em>early stage<\/em>, 57 sont \u00e0 S\u00e3o Paulo et 13 \u00e0 Rio de Janeiro. Il y a \u00e9galement des cabinets associ\u00e9s legaltech dans les trois \u00e9tats du Sud et ceux de Minas G\u00e9rais, Esp\u00edrito Santo, Goi\u00e1s, District F\u00e9d\u00e9ral, Pernambuco, Amazonas et Amap\u00e1.<\/p>\n<p><strong>Sans financements publics<\/strong><br \/>\nCette g\u00e9n\u00e9ration de startups au Br\u00e9sil se distingue par son autonomie vis-\u00e0-vis des financements publics. \u00c0 titre d\u2019exemple, l\u2019entreprise Tikal Tech, \u00e0 S\u00e3o Paulo, qui a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en 2014 est le fruit d\u2019investissements financ\u00e9s par l\u2019avocat Ant\u00f4nio Maia, de S\u00e3o Paulo. L\u2019entreprise se r\u00e9jouit du fait d\u2019avoir environ 200 000 avocats qui ont d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9 ou qui utilisent encore leurs produits. \u00ab\u00a0Nous avons \u00e9galement plus de 300 000 clients intermittents qui sont des personnes physiques ayant d\u00e9j\u00e0 fait appel \u00e0 nos services\u00a0\u00bb, r\u00e9v\u00e8le Derek Oedenkoven, CEO de l\u2019entreprise.<\/p>\n<p>L\u2019entreprise Tikal Tech a cr\u00e9\u00e9 le syst\u00e8me LegalNote qui utilise des robots d\u2019exploration et dont la fonction est de simuler la navigation sur internet pour contr\u00f4ler, consulter, capturer et stocker des informations sur les proc\u00e8s judiciaires. Le syst\u00e8me a \u00e9galement une capacit\u00e9 d\u2019apprentissage pour que les robots lisent, classent et identifient les informations utiles. Le syst\u00e8me fait des recherches sur internet et identifie tous les proc\u00e8s de l\u2019avocat-usager ayant subi des modifications, en utilisant pour cela le num\u00e9ro d\u2019enregistrement professionnel de l\u2019Ordre des Avocats du Br\u00e9sil (OAB).<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me LegalNote a \u00e9galement commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9pertorier des usagers qui ne sont pas avocats, tels ceux qui saisissent les prud\u2019hommes ou les proc\u00e8s concernant la d\u00e9fense du consommateur et les petites entreprises. Un nouveau service est alors apparu, appel\u00e9 SeuProcesso. Gr\u00e2ce \u00e0 ce nouveau service, la personne suit l\u2019\u00e9volution du proc\u00e8s qu\u2019elle a intent\u00e9 en b\u00e9n\u00e9ficiant \u00e9galement d\u2019une traduction du langage juridique de mani\u00e8re didactique. L\u2019entreprise a aussi cr\u00e9\u00e9 un robot destin\u00e9 \u00e0 l\u2019automatisation juridique dans le pays, appel\u00e9 Eli, et propose en plus une application appel\u00e9e Diligeiro, qui permet aux avocats de trouver et d\u2019entrer en contact avec des coll\u00e8gues sur tout le territoire national.<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me Deep Legal, cr\u00e9\u00e9 il y a un an et demi \u00e0 S\u00e3o Paulo, est \u00e9galement le fruit d\u2019un investissement priv\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 par les avocates Vanessa Louzada et Rosely Cruz, par la publicitaire Isabela Ventura et par les ing\u00e9nieurs Raul Azevedo et Ricardo Rezende. Le syst\u00e8me propose trois solutions. L\u2019usager peut consulter en temps r\u00e9el sur son \u00e9cran ses activit\u00e9s juridiques \u00e0 travers diff\u00e9rents indicateurs comme la saisie, les jugements, le classement de la proc\u00e9dure, les accords et \u00e0 quel stade en est le proc\u00e8s. Par le biais du produit Compare, l\u2019int\u00e9ress\u00e9 peut comparer l\u2019activit\u00e9 juridique de son cabinet ou de son entreprise avec celle de ses concurrents. La solution Predict recueille des informations statistiques sur les chances de perdre ou de gagner les proc\u00e8s qui composent le portefeuille de l\u2019usager, am\u00e9liorant les estimations en termes de r\u00e9sultats. Les avocats peuvent ainsi \u00e9laborer de meilleures strat\u00e9gies en recourant \u00e0 un accord ou en modifiant leur d\u00e9fense. L\u2019\u00e9quipe sp\u00e9cialis\u00e9e dans le domaine juridique valide les technologies d\u00e9velopp\u00e9es par le biais du cabinet d\u2019avocat Neolaw, en utilisant 20 de ses clients pour tester, de mani\u00e8re exp\u00e9rimentale et sans co\u00fbts, les produits cr\u00e9\u00e9s. L\u2019outil sera \u00e0 mis \u00e0 disposition des cabinets et des d\u00e9partements juridiques d\u2019entreprises \u00e0 partir du mois de novembre.<\/p>\n<\/div><div class='overflow-responsive-img' style='text-align:center'><picture data-tablet=\"\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/legaltech-0-tablet.jpg\" data-tablet_size=\"1900x1383\" alt=\"\">\n    <source srcset=\"\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/legaltech-0-desktop.jpg\" media=\"(min-width: 1920px)\" \/>\n    <source srcset=\"\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/legaltech-0-tablet.jpg\" media=\"(min-width: 1140px)\" \/>\n    <img decoding=\"async\" class=\"responsive-img\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/legaltech-0-mobile.jpg\" \/>\n  <\/picture><\/div><div class=\"post-content sequence\">\n<p>Le produit Linte a obtenu un apport de 100 000 dollars US financ\u00e9 par un acc\u00e9l\u00e9rateur d\u2019entreprises de San Francisco, aux \u00c9tats-Unis, pour cr\u00e9er le logiciel \u00e9ponyme. Sa fonction est de combiner l\u2019automatisation de documents avec le software <em>workflow<\/em> (flux de travail). \u00ab\u00a0Nous savons qu\u2019apr\u00e8s l\u2019activit\u00e9 A, nous aurons l\u2019activit\u00e9 B. Le software nous aide \u00e0 organiser notre travail par \u00e9tapes et \u00e0 les automatiser\u00a0\u00bb, explique Gabriel Senra, membre fondateur de Linte, localis\u00e9e dans l\u2019incubateur Cubo de la banque Ita\u00fa Unibanco et du fonds d\u2019investissement Redpoint Eventures, \u00e0 S\u00e3o Paulo.<\/p>\n<p>Certains d\u00e9veloppeurs int\u00e9ress\u00e9s par ce march\u00e9 se lancent dans l\u2019aventure avec leurs propres moyens comme la startup carioca Sem Processo. Fond\u00e9e en janvier 2016, sa plateforme favorise les accords extrajudiciaires en connectant les avocats de citoyens ordinaires aux d\u00e9partements juridiques d\u2019entreprises qui sont ou qui pourraient \u00eatre vis\u00e9es par une action. L\u2019objectif est de gagner du temps et d\u2019\u00e9conomiser de l\u2019argent en favorisant des accords entre les diff\u00e9rentes parties pour \u00e9viter que l\u2019affaire n\u2019aille en justice ou pour que les parties puissent n\u00e9gocier et classer une proc\u00e9dure en cours.<\/p>\n<p>La plateforme a d\u00e9j\u00e0 enregistr\u00e9 plus de 550 affaires concernant diff\u00e9rentes entreprises en moins de deux ans. \u00ab\u00a0Nous avons commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper un module appel\u00e9 contentieux et exploit\u00e9 par les entreprises, les d\u00e9partements juridiques et les cabinets d\u2019avocat. Certaines entreprises poss\u00e8dent 30 ou 40 bureaux juridiques qui travaillent pour elles en utilisant les services de Sem Processo\u00a0\u00bb, d\u00e9clare Bruno Feigelson, l\u2019un des fondateurs de la startup.<\/p>\n<p>La startup de S\u00e3o Paulo Legaltech fond\u00e9e en 2009 par Jos\u00e9 Ant\u00f4nio Milagre a \u00e9galement suivi le m\u00eame chemin. Elle s\u2019occupe de la gestion de la r\u00e9putation on-line par le contr\u00f4le de donn\u00e9es personnelles et de l\u2019image des personnes, des entreprises et des institutions sur internet. \u00ab\u00a0En 2015, nous avons commenc\u00e9 \u00e0 penser au d\u00e9veloppement de robots permettant d\u2019automatiser la recherche de donn\u00e9es personnelles, d\u2019offenses de nouvelles fallacieuses, de faux profils et d\u2019atteintes aux droits d\u2019auteur sur les r\u00e9seaux sociaux\u00a0\u00bb, d\u00e9clare Jos\u00e9 Ant\u00f4nio Milagre. Legaltech peut \u00e9galement automatiser le processus de conservation de preuves en stockant les donn\u00e9es de ceux qui ont post\u00e9 des photos et des textes offensants ou qui cr\u00e9ent de faux profils.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Notre outil contr\u00f4le en moyenne 600 000 \u00e9l\u00e9ments par mois sur les r\u00e9seaux sociaux publics ou priv\u00e9s\u00a0\u00bb, dit-il. Sa technologie utilise l\u2019intelligence artificielle (le web s\u00e9mantique) gr\u00e2ce \u00e0 laquelle la machine interpr\u00e8te l\u2019information et apprend de mani\u00e8re automatique. Toutes ces fonctionnalit\u00e9s sont utilis\u00e9es pour identifier les postages en photos et vid\u00e9os, pour d\u00e9terminer s\u2019il y a eu offense ou non et \u00e9valuer les possibilit\u00e9s de poursuites judiciaires. Si la recherche sur internet enregistre une preuve ayant une valeur juridique, un autre produit entre en action, <em>Minha Imagem<\/em>, qui formule une demande de suppression en interagissant avec les formulaires des r\u00e9seaux sociaux ou en \u00e9laborant le dossier juridique.<\/p>\n<p>Le cabinet Opice Blum, \u00e0 S\u00e3o Paulo, a choisi de cr\u00e9er sa propre legaltech en 2013, dans laquelle travaillent sept de ses cent employ\u00e9s. L\u2019\u00e9quipe a, par exemple, d\u00e9velopp\u00e9 un syst\u00e8me pour contr\u00f4ler les fake news dans un contexte \u00e9lectoral. \u00ab\u00a0Nous pouvons d\u00e9tecter si un postage sur un r\u00e9seau social est une fake news, s\u2019il est beaucoup vu et plus appr\u00e9ci\u00e9 que d\u2019autres postages et s\u2019il doit faire l\u2019objet d\u2019une attention sp\u00e9ciale et imm\u00e9diate en sugg\u00e9rant les mesures que doivent \u00eatre prises par les clients\u00a0\u00bb, explique le membre fondateur du cabinet, Renato Opice Blum.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mais ce travail va encore plus loin car des algorithmes et des mod\u00e8les math\u00e9matiques aident \u00e9galement les avocats \u00e0 d\u00e9montrer en justice, par exemple, l\u2019existence de profils ou d\u2019actions coordonn\u00e9es dans les m\u00e9dias pour commettre des actes illicites\u00a0\u00bb. Le cabinet travaille fortement sur la d\u00e9tection de produits contrefaits vendus dans des magasins virtuels, entre autres actions faisant appel \u00e0 l\u2019intelligence artificielle et les <em>smart contracts<\/em>, tout contrat pouvant \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9 ou s\u2019auto-ex\u00e9cuter, formalisant des n\u00e9gociations ne n\u00e9cessitant pas l\u2019intervention d\u2019un interm\u00e9diaire.<\/p>\n<p>Un autre outil analyse les d\u00e9cisions \u00e9manant de diff\u00e9rentes juridictions, v\u00e9rifiant celles o\u00f9 leurs avocats ont moins de succ\u00e8s. La collecte et le croisement de donn\u00e9es permettent, par exemple, de conna\u00eetre le nombre de professionnels en activit\u00e9 dans des juridictions d\u00e9termin\u00e9es qui poursuivent leurs clients, les chances de conciliation pour \u00e9viter les poursuites judiciaires, le niveau de risque d\u2019avoir une d\u00e9cision contraire \u00e0 leurs clients et s\u2019il est possible de changer la d\u00e9cision en introduisant un recours.<\/p>\n<p><strong>Acc\u00e9l\u00e9ration des startups<\/strong><br \/>\nL\u2019entreprise multinationale Thomson Reuters qui op\u00e8re dans diff\u00e9rents secteurs, y compris juridique, a lanc\u00e9 en juillet le programme Accelerator Day for Lawtechs \u00e0 Campinas, dans l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019\u00e9tat de S\u00e3o Paulo. Neuf entreprises sur les 20 inscrites ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9es. Toutes poss\u00e8dent d\u00e9j\u00e0 une exp\u00e9rience sur ce march\u00e9 ainsi qu\u2019un portefeuille de clients. Leur mission est de cr\u00e9er des projets proposant des suggestions technologiques afin d\u2019augmenter la valeur ajout\u00e9e du Legal One, software juridique d\u00e9velopp\u00e9 et commercialis\u00e9 par le cabinet conseil.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il est assez facile de trouver une solution efficace sur un march\u00e9 complexe comme celui du Br\u00e9sil pour l\u2019appliquer ensuite \u00e0 un autre march\u00e9\u00a0\u00bb, souligne Ralff Tozatti, directeur marketing de la multinationale au Br\u00e9sil et l\u2019un des inspirateurs de l\u2019Acceletaror Day. Les entreprises s\u00e9lectionn\u00e9es re\u00e7oivent des parrainages et des orientations en termes de d\u00e9veloppement de march\u00e9, participent \u00e0 des \u00e9v\u00e8nements et sont certifi\u00e9es par Thomson Reuters. Elles devront parachever la mise au point de leur technologie d\u2019ici le mois d\u2019octobre en utilisant la propre Thomson Reuters comme \u00ab\u00a0laboratoire\u00a0\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Un nouveau type de startups, les legaltechs d\u00e9veloppent des syst\u00e8mes technologiques destin\u00e9s au domaine juridique ","protected":false},"author":655,"featured_media":311392,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1194],"tags":[],"coauthors":[1934],"class_list":["post-311385","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-technologie","position_at_home-sumario"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/311385","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/655"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=311385"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/311385\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":311412,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/311385\/revisions\/311412"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/311392"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=311385"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=311385"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=311385"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=311385"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}