{"id":492596,"date":"2023-10-05T18:19:32","date_gmt":"2023-10-05T21:19:32","guid":{"rendered":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=492596"},"modified":"2025-04-17T14:40:58","modified_gmt":"2025-04-17T17:40:58","slug":"les-sequelles-invisibles-du-viol","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/les-sequelles-invisibles-du-viol\/","title":{"rendered":"Les s\u00e9quelles invisibles du viol"},"content":{"rendered":"<p>\u00c0 la fin de la lecture de ce texte, une femme ou une jeune fille de plus aura \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e au Br\u00e9sil. 56 098 cas ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s en 2021. Un toutes les 9,4 minutes, soit 153 cas par jour, selon le rapport \u00ab\u00a0Violence contre les femmes en 2021\u00a0\u00bb, publi\u00e9 en mars de cette ann\u00e9e par le Forum Br\u00e9silien de S\u00e9curit\u00e9 Publique. Trois victimes sur quatre sont des enfants et des adolescents de moins de 14 ans. Ces statistiques, fournies par la police et les services de s\u00e9curit\u00e9 publique, sont notoirement sous-estim\u00e9es. Selon certaines \u00e9tudes, un seul cas sur 10 est signal\u00e9. Un crime abominable, dont la d\u00e9finition juridique a \u00e9t\u00e9 maintes fois actualis\u00e9e, le viol soumet la victime \u00e0 un niveau de stress si \u00e9lev\u00e9 qu&#8217;il lui laisse des blessures extr\u00eamement profondes tant sur le plan physique que mental.<\/p>\n<p>Pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des filles et des femmes victimes de ce type de violence, avec ou sans p\u00e9n\u00e9tration, d\u00e9veloppent un syndrome appel\u00e9 trouble de stress post-traumatique (TSPT), un trouble psychiatrique extr\u00eamement invalidant qui commence \u00e0 \u00eatre mieux compris par les chercheurs de l&#8217;Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de S\u00e3o Paulo (Unifesp). Un groupe cr\u00e9\u00e9 par le psychiatre Marcelo Feij\u00f3 de Mello \u00e9tudie les transformations psychiques et physiologiques de ces victimes dans la clinique ambulatoire de l&#8217;universit\u00e9, dans le cadre du Programme de Recherche et de Sensibilisation \u00e0 la Violence et au Stress Post-traumatique (Prove).<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il semblerait que le traumatisme caus\u00e9 par la violence sexuelle soit si intense qu&#8217;il entra\u00eene le d\u00e9veloppement d&#8217;un \u00e9tat de stress post-traumatique dont les caract\u00e9ristiques sont diff\u00e9rentes de celles observ\u00e9es dans les troubles caus\u00e9s par d&#8217;autres causes, comme une attaque \u00e0 main arm\u00e9e\u00a0\u00bb, explique la psychiatre Andrea Feij\u00f3 de Mello, \u00e9pouse de Marcelo, coordinatrice du programme Prove, et responsable de l&#8217;essai clinique qui a \u00e9valu\u00e9 deux types de soins, l\u2019un \u00e0 base d\u2019antid\u00e9presseurs et l\u2019autre \u00e0 l\u2019aide de psychoth\u00e9rapie. La diff\u00e9rence r\u00e9side dans le fait que les victimes de violences sexuelles pr\u00e9sentent presque toujours un cadre de d\u00e9pression, qui ne serait pas une deuxi\u00e8me maladie (comorbidit\u00e9), mais une composante de ce type sp\u00e9cifique de TSPT. Une autre particularit\u00e9 vient du fait que ces victimes d\u00e9veloppent une inflammation l\u00e9g\u00e8re et durable, qui peut acc\u00e9l\u00e9rer le vieillissement de l&#8217;organisme, comme le sugg\u00e8re l&#8217;usure des t\u00e9lom\u00e8res (structures charg\u00e9es de stabiliser l&#8217;ADN), qui fonctionnent comme un marqueur du vieillissement des cellules.<\/p>\n<p>Quatre-vingt-six femmes et 31 adolescentes ayant d\u00e9velopp\u00e9 un stress post-traumatique \u00e0 la suite d&#8217;un viol ont accept\u00e9 de participer au Programme Prove, l&#8217;un des rares au monde men\u00e9 exclusivement avec des victimes de ce type de violence sexuelle. Toutes ont \u00e9t\u00e9 accueillies \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital P\u00e9rola Byington, principal centre de r\u00e9f\u00e9rence en sant\u00e9 f\u00e9minine de la ville de S\u00e3o Paulo, o\u00f9 elles ont re\u00e7u une assistance m\u00e9dicale et une m\u00e9dication visant \u00e0 pr\u00e9venir la grossesse et l&#8217;infection par le VIH avant d\u2019\u00eatre dirig\u00e9es vers le programme Prove. Elles ont ensuite pass\u00e9 une batterie de tests psychologiques, d&#8217;analyses sanguines, d&#8217;examens g\u00e9n\u00e9tiques et radiologiques afin d&#8217;\u00e9valuer diff\u00e9rents aspects de leur sant\u00e9 physique et mentale, \u00e0 deux moments, l\u2019un peu apr\u00e8s l&#8217;agression sexuelle et l\u2019autre un an apr\u00e8s le d\u00e9but de l&#8217;\u00e9tude. La plupart d&#8217;entre elles n&#8217;ont pas termin\u00e9 cette \u00e9tude, en raison de l&#8217;\u00e9loignement, de la peur de quitter leur domicile et d&#8217;\u00eatre \u00e0 nouveau violent\u00e9es, ou du malaise ressenti \u00e0 l\u2019id\u00e9e de replonger dans un contexte o\u00f9 elles avaient si souvent parl\u00e9 de cet \u00e9v\u00e9nement traumatique. Malgr\u00e9 ces abandons, les r\u00e9sultats obtenus ont permis d&#8217;identifier les sp\u00e9cificit\u00e9s du stress post-traumatique d\u00e9coulant d\u2019agressions sexuelles.<\/p>\n<p>Sur les 58 participantes qui ont accept\u00e9 de se soumettre \u00e0 la plupart des examens et des tests, 96,5 % souffraient de d\u00e9pression, une alt\u00e9ration de l&#8217;humeur pr\u00e9visible dans pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des cas de TSPT. La psychiatre Ana Teresa D&#8217;Elia, dans sa th\u00e8se de doctorat encadr\u00e9e par Andrea Mello, a \u00e9galement observ\u00e9 chez ces femmes une r\u00e9ponse inhabituelle de deux hormones associ\u00e9es au stress, l\u2019adr\u00e9nocorticotrophine (ACTH), produite dans le cerveau par la glande pin\u00e9ale, et le cortisol, s\u00e9cr\u00e9t\u00e9 par les glandes surr\u00e9nales.<\/p>\n<blockquote><p>Le viol et les diff\u00e9rents types d&#8217;agression sexuelle d\u00e9bouchent souvent sur un stress post-traumatique<\/p><\/blockquote>\n<p>Des situations stressantes, caus\u00e9es par un danger r\u00e9el ou apparent, activent une s\u00e9rie d&#8217;hormones, dont l&#8217;ACTH et le cortisol, qui stimulent les r\u00e9serves d&#8217;\u00e9nergie et pr\u00e9parent le corps \u00e0 combattre ou \u00e0 fuir. Quand la menace s\u2019\u00e9loigne, le cerveau interrompt la production de cortisol. Dans le cas du TSPT, ce syst\u00e8me se d\u00e9r\u00e8gle et le cerveau devient hypersensible au cortisol, restant en alerte m\u00eame avec de faibles niveaux de cette hormone dans le sang. Ana Teresa D&#8217;Elia a cependant observ\u00e9 le contraire chez les femmes victimes de viols et dont le cerveau \u00e9tait devenu insensible au cortisol. Elles pr\u00e9sentaient donc des taux plus \u00e9lev\u00e9s de cette hormone m\u00eame un an apr\u00e8s le d\u00e9but du traitement par antid\u00e9presseurs et\/ou par psychoth\u00e9rapie et l\u2019am\u00e9lioration de leurs sympt\u00f4mes, selon un article publi\u00e9 en 2021 dans la revue BMC Psychiatry. Selon les chercheurs de l&#8217;Unifesp, ce type de d\u00e9s\u00e9quilibre hormonal et la fr\u00e9quence \u00e9lev\u00e9e de cas de d\u00e9pression confirment l&#8217;hypoth\u00e8se qui a surgi ces derni\u00e8res ann\u00e9es selon laquelle le trouble de l&#8217;humeur serait une composante du TSPT caus\u00e9 par une agression sexuelle, et non une maladie distincte qui pourrait survenir simultan\u00e9ment.<\/p>\n<p>Le cortisol, \u00e0 forte dose et pendant de longues p\u00e9riodes, endommage les cellules de diff\u00e9rents organes (y compris le cerveau), qui lib\u00e8rent alors des substances inflammatoires. Un an apr\u00e8s les premiers examens, Teresa D&#8217;Elia a d\u00e9tect\u00e9 dans le sang des victimes des concentrations \u00e9lev\u00e9es de quatre mol\u00e9cules importantes responsables des inflammations. Ces niveaux \u00e9taient plus \u00e9lev\u00e9s que ceux d\u00e9tect\u00e9s chez les volontaires ne souffrant pas de traumatisme sexuel ni de TSPT (groupe t\u00e9moin), d\u00e9clare l&#8217;\u00e9quipe dans un article qui sera publi\u00e9 en novembre dans la revue Journal of Psychiatric Research. D&#8217;autres \u00e9tudes avaient d\u00e9j\u00e0 d\u00e9tect\u00e9 une inflammation dans l&#8217;organisme de personnes souffrant de TSPT, mais pas aussi durable. \u00ab\u00a0Les r\u00e9sultats des travaux actuels sugg\u00e8rent que, d&#8217;une certaine mani\u00e8re, le syst\u00e8me immunitaire de ces femmes a \u00e9t\u00e9 reprogramm\u00e9 pour r\u00e9pondre aux agressions\u00a0\u00bb, affirme la psychiatre br\u00e9silienne Elisa Brietzke, de la Queen&#8217;s University au Canada, qui \u00e9tudie l&#8217;inflammation dans les maladies mentales et qui n&#8217;a pas particip\u00e9 \u00e0 cette \u00e9tude. \u00ab\u00a0Tout indique que le traumatisme sexuel peut avoir un effet \u00e0 long terme, \u00e9ventuellement permanent, sur leur sant\u00e9 physique et mentale\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L&#8217;inflammation persistante, fr\u00e9quente dans certains troubles mentaux et dans des maladies chroniques telles que l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9, le diab\u00e8te, les probl\u00e8mes cardiovasculaires et le cancer, semble acc\u00e9l\u00e9rer le vieillissement de l\u2019organisme. L&#8217;une des mani\u00e8res de v\u00e9rifier ce ph\u00e9nom\u00e8ne est de mesurer la longueur des t\u00e9lom\u00e8res, qui sont les structures situ\u00e9es aux extr\u00e9mit\u00e9s des chromosomes. Les t\u00e9lom\u00e8res sont essentiels pour pr\u00e9server la stabilit\u00e9 du mat\u00e9riel g\u00e9n\u00e9tique, mais ils raccourcissent un peu plus \u00e0 mesure que la cellule se divise. Ainsi, au bout d&#8217;un certain temps, la cellule cesse de se multiplier, r\u00e9duisant ainsi la facult\u00e9 de restauration des tissus.<\/p>\n<p>Dans sa th\u00e8se de doctorat \u00e0 l&#8217;Unifesp encadr\u00e9e par Sintia Belangero, la g\u00e9n\u00e9ticienne Carolina Muniz Carvalho a \u00e9valu\u00e9 la longueur des t\u00e9lom\u00e8res des cellules sanguines de 64 femmes victimes de viols et ayant d\u00e9velopp\u00e9 des TSPT. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, toutes les participantes avaient des t\u00e9lom\u00e8res plus courts que ceux du groupe t\u00e9moin, comme cela avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 dans d&#8217;autres \u00e9tudes. N\u00e9anmoins, cette diff\u00e9rence n&#8217;\u00e9tait statistiquement significative que chez les femmes qui souffraient d\u2019un trouble sp\u00e9cifique appel\u00e9 reviviscence, qui se traduit par le souvenir spontan\u00e9 d&#8217;un \u00e9v\u00e9nement traumatique et des cauchemars r\u00e9p\u00e9t\u00e9s \u00e0 ce sujet. Selon les r\u00e9sultats publi\u00e9s dans la revue <em>Frontiers in Psychiatry<\/em> en mai, la diff\u00e9rence constat\u00e9e dans la longueur des t\u00e9lom\u00e8res a disparu un an plus tard, peut-\u00eatre du fait du traitement ou de la r\u00e9duction significative du nombre de femmes ayant suivi la deuxi\u00e8me \u00e9valuation (seulement 24 sur 64). \u00ab\u00a0L&#8217;hypoth\u00e8se la plus probable est que le TSPT et ses sympt\u00f4mes entra\u00eenent un raccourcissement des t\u00e9lom\u00e8res\u00a0\u00bb, explique Belangero, coordonnatrice du volet g\u00e9n\u00e9tique de l&#8217;\u00e9tude.<\/p>\n<p>Le syndrome de stress post-traumatique, qui figure aujourd&#8217;hui dans les manuels de diagnostic psychiatrique, a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 la fin du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Certains y voient des similitudes dans les descriptions faites par le m\u00e9decin nord-am\u00e9ricain Jacob Mendes da Costa (1833-1900), et d&#8217;autres dans celles du neurologue et psychologue fran\u00e7ais Pierre Janet (1856-1947). Ce trouble se traduit par des souvenirs spontan\u00e9s ou ind\u00e9sirables de l&#8217;\u00e9v\u00e9nement, des cauchemars r\u00e9currents \u00e0 son sujet, un sentiment de culpabilit\u00e9 et un \u00e9tat de vigilance constant, entra\u00eenant une souffrance psychologique intense. Au cours d&#8217;une grande partie du si\u00e8cle dernier, ce trouble \u00e9tait connu sous le nom de n\u00e9vrose de guerre ou de stress du combat et \u00e9tait li\u00e9 aux exp\u00e9riences traumatiques v\u00e9cues par les soldats.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1140\" height=\"600\" class=\"size-full wp-image-492601 aligncenter\" src=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/016-025_capa-estupro_320-1-1140.jpg\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/016-025_capa-estupro_320-1-1140.jpg 1140w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/016-025_capa-estupro_320-1-1140-250x132.jpg 250w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/016-025_capa-estupro_320-1-1140-700x368.jpg 700w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/016-025_capa-estupro_320-1-1140-120x63.jpg 120w\" sizes=\"auto, (max-width: 1140px) 100vw, 1140px\" \/><span class=\"media-credits-inline\">Catarina Bessell<\/span><\/p>\n<p>La migration des ruraux vers les villes et la propagation de la violence urbaine ont fait appara\u00eetre au plus pr\u00e8s un probl\u00e8me que l&#8217;on croyait r\u00e9serv\u00e9 aux situations de guerre. D&#8217;autres formes d&#8217;agression, telles que les enl\u00e8vements, les vols \u00e0 main arm\u00e9e ou les violences domestiques, sont \u00e9galement apparues au fil du temps. La derni\u00e8re version du manuel de diagnostic de l&#8217;Association Am\u00e9ricaine de Psychiatrie (DSM-5), ne consid\u00e8re plus le TSPT comme une manifestation d&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 extr\u00eame et l\u2019a class\u00e9 dans une cat\u00e9gorie sp\u00e9cifique, celle des troubles li\u00e9s aux traumatismes et autres facteurs de stress, y compris les violences sexuelles.<\/p>\n<p>Au Br\u00e9sil, le viol et les autres formes d&#8217;agression sexuelle d\u00e9bouchent souvent sur un stress post-traumatique. Dans le cadre de la premi\u00e8re \u00e9tude \u00e9pid\u00e9miologique visant \u00e0 mesurer la pr\u00e9valence de TSPT dans deux des plus grandes villes du pays, 3 744 personnes issues de diff\u00e9rents niveaux socioculturels et couches socio-\u00e9conomiques de S\u00e3o Paulo et Rio de Janeiro ont \u00e9t\u00e9 interrog\u00e9es en 2007 et 2008. Les donn\u00e9es analys\u00e9es par la psychiatre Mariana Pires da Luz, chercheuse \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de Rio de Janeiro (UFRJ), ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que 44% des victimes de viol et 49% des personnes ayant subi des abus sexuels au cours de leur enfance souffraient de ce trouble. Selon les r\u00e9sultats, publi\u00e9s en 2016 dans la revue <em>Journal of Psychiatric Research<\/em>, ce pourcentage est juste inf\u00e9rieur aux 68% observ\u00e9s chez les rares personnes ayant connu la guerre. \u00ab\u00a0Le traumatisme li\u00e9 au viol semble avoir autant d&#8217;impact que celui v\u00e9cu par ceux qui ont \u00e9t\u00e9 dans les tranch\u00e9es\u00a0\u00bb, explique Marcelo Feij\u00f3 de Mello.<\/p>\n<p>Deux r\u00e9actions involontaires du corps permettent d&#8217;avoir une id\u00e9e de l&#8217;intensit\u00e9 du traumatisme d\u00e9clench\u00e9 par la violence sexuelle. Au cours de l&#8217;agression, 63% des femmes participant au programme Prove ont manifest\u00e9 une alt\u00e9ration de la conscience qui les a momentan\u00e9ment coup\u00e9es de la r\u00e9alit\u00e9. Cette r\u00e9action, connue sous le nom de dissociation, est une forme de d\u00e9fense psychologique. La conscience, face \u00e0 une menace de mort, entre dans un \u00e9tat quasi onirique qui modifie la perception de la r\u00e9alit\u00e9, comme s&#8217;il s\u2019agissait d\u2019un r\u00eave ou d\u2019un cauchemar, et efface parfois de la m\u00e9moire certaines parties de ce qui s&#8217;est pass\u00e9. Selon un article publi\u00e9 en juillet dans la revue <em>Journal of Interpersonal Violence<\/em>, les personnes ayant souffert de dissociation ont pr\u00e9sent\u00e9 par la suite un cadre plus s\u00e9v\u00e8re de TSPT.<\/p>\n<p>Une analyse portant sur 29 de ces femmes a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que 72 % d&#8217;entre elles manifestaient un autre r\u00e9flexe qui se produit en cas de peur extr\u00eame et appel\u00e9 immobilit\u00e9 tonique. Dans des situations o\u00f9 la mort semble in\u00e9vitable, une petite r\u00e9gion du cerveau appel\u00e9e amygdale, charg\u00e9e de coordonner les r\u00e9actions face \u00e0 la peur, d\u00e9clenche des signaux chimiques qui activent d&#8217;autres zones c\u00e9r\u00e9brales et des tissus et conduisent \u00e0 une paralysie musculaire. \u00ab\u00a0Dans ces situations, la personne est m\u00eame, en principe, \u00e9veill\u00e9e, mais les muscles ne r\u00e9pondent pas et le corps peut pr\u00e9senter des signes d&#8217;analg\u00e9sie.\u00a0\u00bb, explique le psychiatre Mauro Mendlowicz, de l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale Fluminense (UFF). \u00ab\u00a0Vous avez beau vouloir crier ou vous enfuir, vous ne pouvez pas le faire\u00a0\u00bb, explique le chercheur carioca, membre d&#8217;une \u00e9quipe pionni\u00e8re dans l&#8217;identification de l&#8217;immobilit\u00e9 tonique chez les victimes d&#8217;\u00e9v\u00e9nements traumatiques.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les femmes qui r\u00e9agissent de cette mani\u00e8re sont tr\u00e8s mal comprises lorsqu&#8217;elles s&#8217;adressent aux commissariats de police et m\u00eame aux services de sant\u00e9 non sp\u00e9cialis\u00e9s\u00a0\u00bb, constate Andrea Mello. \u00ab\u00a0Ceux qui les accueillent estiment parfois \u00e0 tort qu&#8217;elles n&#8217;ont pas r\u00e9agi parce qu&#8217;elles \u00e9taient d&#8217;accord, alors qu&#8217;en v\u00e9rit\u00e9 vous n&#8217;avez aucun contr\u00f4le sur ces r\u00e9actions de d\u00e9fense.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote><p>Le traumatisme li\u00e9 au viol semble avoir autant d&#8217;impact que celui v\u00e9cu par ceux qui ont \u00e9t\u00e9 dans les tranch\u00e9es<\/p><\/blockquote>\n<p>Bien qu&#8217;elles soient victimes, ces femmes ressentent souvent de la culpabilit\u00e9 et une grande honte. C&#8217;est la raison pour laquelle beaucoup se refusent \u00e0 demander de l&#8217;aide ou \u00e0 signaler le probl\u00e8me aux autorit\u00e9s et \u00e0 porter plainte contre ceux qui les ont agress\u00e9es. \u00ab De nombreuses personnes que nous secourons vivent en p\u00e9riph\u00e9rie, dans la m\u00eame localit\u00e9 que l&#8217;agresseur \u00bb, rappelle Mary Yeh, psychiatre du programme Prove. \u00ab\u00a0Dans de nombreux cas, les agresseurs ont recommenc\u00e9 \u00e0 les harceler et \u00e0 les menacer m\u00eame apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9nonc\u00e9s\u00a0\u00bb, dit-elle. D&#8217;autres sont trait\u00e9es avec m\u00e9fiance par ceux qui devraient les accueillir. C&#8217;est le cas d&#8217;une adolescente viol\u00e9e par un homme arm\u00e9 qui a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e dans un bois. Elle a \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9e de marcher nue pour trouver de l&#8217;aide et, dans un premier temps, ni les policiers qui l&#8217;ont prise en charge ni sa propre famille ne l&#8217;ont crue.<\/p>\n<p>Les participantes \u00e0 cette \u00e9tude \u00e9prouvaient plus de difficult\u00e9s \u00e0 comprendre, \u00e0 raisonner et \u00e0 \u00eatre attentives que les femmes et les adolescentes du m\u00eame groupe d&#8217;\u00e2ge qui n&#8217;avaient pas subi ce type de violence et qui ont servi de groupe t\u00e9moin, comme le montre une \u00e9valuation faite par les neuropsychologues Adriana Mozzambani, Nathalia Emygdio, Fernanda Rodrigues Gomes et Tania Camargo. Cette baisse de performance \u00e9tait encore plus accentu\u00e9e chez les femmes qui avaient \u00e9galement des probl\u00e8mes de sommeil, a constat\u00e9 M. Camargo. \u00ab\u00a0On peut supposer que les femmes qui ont des capacit\u00e9s cognitives plus faibles \u00e9valuent moins bien les situations \u00e0 risque et deviennent plus vuln\u00e9rables\u00a0\u00bb, d\u00e9clare M. Gomes.<\/p>\n<p>La neuroscientifique Andrea Jackowski et la psychiatre Ana Carolina Milani ont \u00e9galement constat\u00e9, \u00e0 l&#8217;aide d\u2019images du cerveau en fonctionnement, que les adolescentes souffrant de TSPT manifestaient une certaine d\u00e9sorganisation dans le fonctionnement d&#8217;un r\u00e9seau c\u00e9r\u00e9bral appel\u00e9 \u00ab\u00a0r\u00e9seau du mode par d\u00e9faut\u00a0\u00bb, li\u00e9 \u00e0 la facult\u00e9 d&#8217;une personne \u00e0 se tourner vers son monde int\u00e9rieur, \u00e0 l&#8217;introspection et \u00e0 se souvenir des \u00e9v\u00e9nements importants de sa vie. Le probl\u00e8me semble \u00eatre li\u00e9 \u00e0 une r\u00e9duction de la connectivit\u00e9 entre les cellules de l&#8217;hippocampe, une r\u00e9gion du cerveau li\u00e9e \u00e0 la m\u00e9moire. Dans un article publi\u00e9 cette ann\u00e9e dans la revue <em>Neurobiology of Stress<\/em>, les chercheurs rapportent que gr\u00e2ce \u00e0 des s\u00e9ances de psychoth\u00e9rapie, parfois avec l&#8217;utilisation d&#8217;antid\u00e9presseurs, les sympt\u00f4mes de ce trouble ont diminu\u00e9 et le fonctionnement de ce r\u00e9seau c\u00e9r\u00e9bral est redevenu normal. \u00ab\u00a0Un traitement de six mois a permis d&#8217;aider ces adolescentes \u00e0 reprendre une vie quasi normale \u00bb, affirme Ana Carolina Milani.<\/p>\n<p>\u00ab Nous devons cr\u00e9er des strat\u00e9gies efficaces \u00e0 grande \u00e9chelle dans le r\u00e9seau de sant\u00e9 publique \u00bb, rappelle M. Jackowski. L&#8217;une de ces strat\u00e9gies pourrait concerner l&#8217;adoption d&#8217;une th\u00e9rapie interpersonnelle. Ce type de psychoth\u00e9rapie vise \u00e0 r\u00e9tablir des liens de confiance entre ces femmes et ces jeunes filles et leurs proches et peut \u00eatre appliqu\u00e9 en groupe. Un essai clinique portant sur 74 femmes a montr\u00e9 que la th\u00e9rapie interpersonnelle \u00e9tait tout aussi efficace pour r\u00e9duire les sympt\u00f4mes du TSPT que l&#8217;antid\u00e9presseur sertraline d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9 dans le traitement du stress post-traumatique.<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats obtenus jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent par le groupe de l&#8217;Unifesp permettent \u00e9galement de penser qu&#8217;il est tout aussi important de traiter la souffrance psychologique que le sommeil. Les 74 participantes \u00e0 cette \u00e9tude ont rempli des questionnaires sur l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9, la d\u00e9pression et les troubles du sommeil, qui ont permis de dresser un bilan clinique de la qualit\u00e9 de leurs nuits de repos. Elles ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 passer une nuit \u00e0 l&#8217;Institut du sommeil de l&#8217;Unifesp, aussi bien lors de la premi\u00e8re \u00e9valuation qu&#8217;un an plus tard, pour se soumettre \u00e0 une polysomnographie, un examen permettant d&#8217;enregistrer l&#8217;activit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale, le rythme cardiaque et la respiration pendant leur sommeil. Elles remplissaient toutes plusieurs crit\u00e8res cliniques relatifs aux troubles du sommeil, tels que l&#8217;insomnie et les cauchemars li\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e9v\u00e9nement, selon une \u00e9tude publi\u00e9e en 2021 dans la revue European Journal of Pyschotraumatology. Les donn\u00e9es cliniques ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu&#8217;elles souffraient d&#8217;une insomnie plus grave et d&#8217;un sommeil de moins bonne qualit\u00e9 que les femmes du groupe t\u00e9moin, bien que la polysomnographie n&#8217;ait identifi\u00e9 aucune diff\u00e9rence dans le cycle de sommeil des deux groupes.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un traitement psychoth\u00e9rapeutique et l\u2019usage de m\u00e9dication, celles qui continuaient \u00e0 mal dormir souffraient davantage de sympt\u00f4mes de stress post-traumatique. \u00ab\u00a0Un traitement centr\u00e9 sur le sommeil am\u00e9liore non seulement le sommeil, mais aussi les sympt\u00f4mes du TSPT\u00a0\u00bb, affirme Yeh, coauteur de l&#8217;article. D&#8217;autres \u00e9tudes, men\u00e9es aupr\u00e8s de personnes souffrant de ce trouble, montraient d\u00e9j\u00e0 que celles qui pr\u00e9sentaient le plus de sympt\u00f4mes dormaient moins bien, et qu\u2019un sommeil de mauvaise qualit\u00e9 pouvait favoriser le d\u00e9veloppement de TSPT. \u00ab\u00a0Il faut traiter les deux probl\u00e8mes, car l&#8217;un influence l&#8217;autre\u00a0\u00bb, explique la neurologue Dalva Poyares, coordinatrice du volet sommeil du projet.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes portant sur le suivi d&#8217;un plus grand nombre de participants sur une plus longue dur\u00e9e seront n\u00e9cessaires pour confirmer les effets constat\u00e9s par l&#8217;\u00e9quipe du programme Prove, comme par exemple pour d\u00e9terminer si une inflammation persistante conduit effectivement \u00e0 un vieillissement cellulaire pr\u00e9coce. Ces \u00e9tudes pourraient permettre de d\u00e9couvrir des traitements plus efficaces qui, administr\u00e9s pr\u00e9cocement, \u00e9viteront la progression des troubles. \u00ab\u00a0Nous devons mieux comprendre certains ph\u00e9nom\u00e8nes\u00a0\u00bb, d\u00e9clare Marcelo Feij\u00f3 de Mello\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Nous devons am\u00e9liorer l&#8217;accueil et la prise en charge de ces victimes par le syst\u00e8me de sant\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 publique et augmenter le nombre de services sp\u00e9cialis\u00e9s\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Un autre viol a \u00e9t\u00e9 commis pendant que vous lisiez ce texte.<\/p>\n<p class=\"bibliografia separador-bibliografia\"><strong>Projet<\/strong><br \/>\nTrouble de stress post-traumatique et neuroprogression: Des nouvelles approches pour la compr\u00e9hension de l\u2019effet de la violence sur le fonctionnement mental (<a href=\"https:\/\/bv.fapesp.br\/pt\/auxilios\/88072\/transtorno-de-estresse-pos-traumatico-e-neuroprogressao-novas-abordagens-na-compreensao-do-efeito-da\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">n\u00ba 14\/12559-5<\/a>);\u00a0<strong>Modalit\u00e9<\/strong>\u00a0Projet Th\u00e9matique;\u00a0<strong>Chercheur responsable<\/strong>\u00a0Marcelo Feij\u00f3 de Mello (Unifesp);\u00a0<strong>Investissement<\/strong>\u00a02.967.600,56 reais BRl.<\/p>\n<p class=\"bibliografia\"><strong>Articles scientifiques<\/strong><br \/>\nLUZ, M. P.\u00a0<em>et alii<\/em>.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.sciencedirect.com\/science\/article\/abs\/pii\/S0022395615003003\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Conditional risk for posttraumatic stress disorder in an epidemiological study of a Brazilian urban population<\/a>.\u00a0<strong>Journal of Psychiatric Research<\/strong>. v. 72, pp. 51-7. jan. 2016.<br \/>\nDE MELLO, R. A. F.\u00a0<em>et alii<\/em>.\u00a0<a href=\"https:\/\/journals.sagepub.com\/doi\/abs\/10.1177\/08862605221114151\">Peri-traumatic dissociation and tonic immobility as severity predictors of posttraumatic stress disorder after rape<\/a>.\u00a0<strong>Journal of Interpersonal Violence<\/strong>. 28 juillet. 2022.<br \/>\nD\u2019ELIA, A. T.\u00a0<em>et alii<\/em>.\u00a0<a href=\"https:\/\/bmcpsychiatry.biomedcentral.com\/articles\/10.1186\/s12888-021-03170-w\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Posttraumatic stress disorder (PTSD) and depression severity in sexually assaulted women: Hypothalamic-pituitary-adrenal (HPA) axis alterations.<\/a>\u00a0<strong>BMC Psychiatry<\/strong>. v. 21, n\u00ba. 174. 31 mar. 2021.<br \/>\nD\u2019ELIA, A. T.\u00a0<em>et alii<\/em>.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.sciencedirect.com\/science\/article\/abs\/pii\/S0022395622004812\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Increased immuno-inflammatory mediators in women with post-traumatic stress disorder after sexual assault: 1-year follow-up<\/a>.\u00a0<strong>Journal of Psychiatric Research<\/strong>. v. 15, pp. 241-51. nov. 2022.<br \/>\nCARVALHO, C. M.\u00a0<em>et alii<\/em>.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.frontiersin.org\/articles\/10.3389\/fpsyt.2022.835783\/full\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Shorter telomeres related to posttraumatic stress disorder re-experiencing symptoms in sexually assaulted civilian women<\/a>.\u00a0<strong>Frontiers in Psychiatry<\/strong>. 19 mai. 2022.<br \/>\nCARVALHO, C. M.\u00a0<em>et alii<\/em>.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.nature.com\/articles\/s41386-020-0655-6\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Dissecting the genetic association of C-reactive protein with PTSD, traumatic events, and social support<\/a>.\u00a0<strong>Neuropsychopharmacology<\/strong>. 16 mar. 2020.<br \/>\nSUSSMAN, T. J.\u00a0<em>et alii<\/em>.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.sciencedirect.com\/science\/article\/pii\/S2352289522000169\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">The relationship between recent PTSD secondary to sexual assault, hippocampal volume and resting state functional connectivity in adolescent girls<\/a>.\u00a0<strong>Neurobiology of Stress<\/strong>. v. 17. mar. 2022.<br \/>\nPROEN\u00c7A, C. R.\u00a0<em>et alii<\/em><a href=\"https:\/\/www.ncbi.nlm.nih.gov\/pmc\/articles\/PMC9578463\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">.\u00a0Interpersonal psychotherapy versus sertraline for women with posttraumatic stress disorder following recent sexual assault: A randomized clinical trial<\/a>.\u00a0<strong>American Journal of Psychiatry<\/strong>. v. 13, n\u00ba 2. 14 oct. 2022.<br \/>\nYEH, M. S. L.\u00a0<em>et alii<\/em>.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.tandfonline.com\/doi\/full\/10.1080\/20008198.2021.1934788\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Subjective and objective sleep quality in young women with posttraumatic stress disorder following sexual assault: A prospective study<\/a>.\u00a0<strong>European Journal of Psychotraumatology<\/strong>. v. 12, n\u00ba. 1, 1934788. 24 juin. 2021.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le stress caus\u00e9 par les agressions sexuelles est \u00e0 l&#8217;origine de souffrances psychiques et d\u00e9clenche une r\u00e9action inflammatoire qui peut acc\u00e9l\u00e9rer le vieillissement","protected":false},"author":16,"featured_media":492597,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1177,1188],"tags":[],"coauthors":[105],"class_list":["post-492596","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-couverture","category-humanites"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/492596","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=492596"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/492596\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":550838,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/492596\/revisions\/550838"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/492597"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=492596"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=492596"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=492596"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=492596"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}