{"id":492769,"date":"2023-10-05T18:50:53","date_gmt":"2023-10-05T21:50:53","guid":{"rendered":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=492769"},"modified":"2023-10-05T18:52:51","modified_gmt":"2023-10-05T21:52:51","slug":"lamazonie-produit-8-du-methane-de-la-planete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/lamazonie-produit-8-du-methane-de-la-planete\/","title":{"rendered":"L\u2019Amazonie produit 8 % du m\u00e9thane de la plan\u00e8te"},"content":{"rendered":"<p>La production de m\u00e9thane (CH4) en Amazonie a repr\u00e9sent\u00e9 8\u00a0% des \u00e9missions mondiales de ce gaz \u00e0 effet de serre, le deuxi\u00e8me plus important apr\u00e8s le dioxyde de carbone (CO2), et elle s\u2019est maintenue \u00e0 des niveaux stables entre\u00a02010 et\u00a02018. Pr\u00e8s de trois quarts du m\u00e9thane \u00e9mis dans la r\u00e9gion \u2013 qui traverse neuf pays et concentre 60\u00a0% de sa superficie au Br\u00e9sil \u2013 viennent d\u2019un processus naturel de d\u00e9composition de la biomasse, en particulier des arbres et de la v\u00e9g\u00e9tation, dans des zones partiellement ou totalement inond\u00e9es pendant l\u2019ann\u00e9e. Le reste est le sous-produit de deux activit\u00e9s favoris\u00e9es par l\u2019occupation humaine\u00a0: les br\u00fblis (16\u00a0% du total) et l\u2019\u00e9levage du b\u00e9tail (11\u00a0%).<\/p>\n<p>Ces estimations sont pr\u00e9sentes dans un article publi\u00e9 en d\u00e9cembre\u00a02021 dans la revue scientifique <em>Communications Earth &amp; Environment<\/em>. Pour Luana Santamaria Basso, auteure principale de l\u2019\u00e9tude, biologiste en stage postdoctoral au Laboratoire des gaz \u00e0 effet de serre (Lagee) de l\u2019Institut national de la recherche spatiale (Inpe), \u00ab\u00a0l\u2019Amazonie est une source mondiale importante de m\u00e9thane, mais nos donn\u00e9es indiquent que la r\u00e9gion n\u2019a pas contribu\u00e9 de mani\u00e8re significative \u00e0 l\u2019augmentation r\u00e9cente des \u00e9missions de ce gaz\u00a0\u00bb. D\u2019apr\u00e8s l\u2019article, l\u2019Amazonie a \u00e9mis environ 46\u00a0millions de tonnes de m\u00e9thane par an entre\u00a02010 et\u00a02018.<\/p>\n<p>Si pr\u00e8s de 60 % des \u00e9missions de m\u00e9thane en Amazonie ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9es au Br\u00e9sil (conform\u00e9ment \u00e0 la participation du territoire du pays \u00e0 l\u2019\u00e9tendue totale du biome sud-am\u00e9ricain), la partie nationale de la for\u00eat tropicale lib\u00e8re environ 29 millions de tonnes de ce gaz par an. Ce chiffre \u00e9quivaut \u00e0 5 % de toutes les \u00e9missions de m\u00e9thane de la plan\u00e8te. La chimiste Luciana Vanni Gatti, coordinatrice du Lagee et coauteure de l\u2019\u00e9tude, pr\u00e9cise : \u00ab Si l\u2019Amazonie ne peut pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une vilaine dans la question des \u00e9missions mondiales de m\u00e9thane, l\u2019article signale que la lib\u00e9ration de ce gaz due aux activit\u00e9s anthropiques [humaines] dans la r\u00e9gion est plus importante dans les zones les plus d\u00e9bois\u00e9es que dans celles qui sont les plus pr\u00e9serv\u00e9es \u00bb. La chercheuse dirige un projet th\u00e9matique dans le cadre du programme de recherche de la FAPESP sur les changements climatiques globaux (PFPMCG), qui surveille le bilan de ce gaz en Amazonie.<\/p>\n<div id=\"attachment_492774\" style=\"max-width: 1150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-492774 size-full\" src=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/052-055_metano_312-1-1140.jpg\" alt=\"\" width=\"1140\" height=\"641\" srcset=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/052-055_metano_312-1-1140.jpg 1140w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/052-055_metano_312-1-1140-250x141.jpg 250w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/052-055_metano_312-1-1140-700x394.jpg 700w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/052-055_metano_312-1-1140-120x67.jpg 120w\" sizes=\"auto, (max-width: 1140px) 100vw, 1140px\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">Mauro Pimentel\u2009\/\u2009AFP\u2009\/\u2009Getty Images<\/span>Les activit\u00e9s humaines, br\u00fblis&#8230;<span class=\"media-credits\">Mauro Pimentel\u2009\/\u2009AFP\u2009\/\u2009Getty Images<\/span><\/p><\/div>\n<p>Au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies, au moins sept \u00e9tudes men\u00e9es par des groupes internationaux, avec des m\u00e9thodologies diff\u00e9rentes et m\u00eame des donn\u00e9es de satellites, ont obtenu des chiffres tr\u00e8s diff\u00e9rents sur la production de m\u00e9thane en Amazonie. Selon l\u2019article choisi, la quantit\u00e9 de CH4 lib\u00e9r\u00e9e par la for\u00eat tropicale peut varier entre moins de 10 et pr\u00e8s de 50\u00a0millions de tonnes par an. En plus des diff\u00e9rences m\u00e9thodologiques, un autre point rend difficile la comparaison des r\u00e9sultats\u00a0: les \u00e9tudes n\u2019ont pas toujours consid\u00e9r\u00e9 la m\u00eame extension territoriale pour l\u2019Amazonie. L\u2019article de Basso, Gatti et collaborateurs a estim\u00e9 les \u00e9missions pour une zone amazonienne de 7,2\u00a0millions de kilom\u00e8tres carr\u00e9s (km2), la taille la plus accept\u00e9e et qui inclut les neuf pays de la r\u00e9gion. Les \u00e9tudes qui ont consid\u00e9r\u00e9 des extensions territoriales un peu plus petites ou plus grandes, soit entre 6 et 8\u00a0millions de km2, ont obtenu des r\u00e9sultats d\u2019un ordre de grandeur similaire\u00a0: entre 30 et 47\u00a0millions de tonnes de m\u00e9thane produites annuellement. Par contre, l\u2019\u00e9tude qui n\u2019a consid\u00e9r\u00e9 que 3,7\u00a0millions de km<sup>2<\/sup> a estim\u00e9 \u00e0 un peu plus de 9\u00a0millions de tonnes\/an la quantit\u00e9 de CH4 lib\u00e9r\u00e9e par le biome.<\/p>\n<p>Appel\u00e9 autrefois gaz des marais, le m\u00e9thane est produit par la d\u00e9t\u00e9rioration ou la d\u00e9composition de la mati\u00e8re organique dans des processus d\u2019origine g\u00e9ologique ou biologique. Ceux du premier type font partie de la production de p\u00e9trole, de charbon et de gaz naturel. Ceux du deuxi\u00e8me type proviennent de la fermentation de la v\u00e9g\u00e9tation dans les zones inond\u00e9es, de la combustion incompl\u00e8te de la biomasse, de la putr\u00e9faction des d\u00e9chets organiques dans les d\u00e9charges et, surtout, des activit\u00e9s d\u2019agriculture et d\u2019\u00e9levage, comme celles issues de la digestion des aliments par les troupeaux de ruminants et, dans une moindre mesure, de la culture du riz dans les zones inond\u00e9es.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s un relev\u00e9 international publi\u00e9 en juillet\u00a02020 dans la revue <em>Earth System Science Data<\/em>, 62\u00a0% des 580\u00a0millions de tonnes de CH4 \u00e9mises chaque ann\u00e9e sur la plan\u00e8te sont le fruit des activit\u00e9s humaines et notamment de l\u2019\u00e9levage de ruminants, comme les b\u0153ufs, les moutons et les ch\u00e8vres. Durant le processus de digestion, les micro-organismes pr\u00e9sents dans l\u2019estomac des animaux fermentent l\u2019aliment et produisent du m\u00e9thane. En lib\u00e9rant les gaz stomacaux par la bouche, les ruminants expulsent le CH4 dans l\u2019atmosph\u00e8re.\u00a0\u00ab\u00a0Ce n\u2019est pas la flatulence du b\u0153uf qui lib\u00e8re le gaz. C\u2019est le rot\u00a0\u00bb, explique l\u2019ing\u00e9nieur agronome Jean Ometto, de l\u2019Inpe, qui n\u2019a pas particip\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tude de ses coll\u00e8gues Basso et Gatti. \u00ab\u00a0Investir dans l\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 des p\u00e2turages pour le troupeau est un moyen de diminuer la production de gaz par fermentation ent\u00e9rique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<picture data-tablet=\"\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/052-055_metano_312-frances.png\" data-tablet_size=\"670x440\" alt=\"Origini du m\u00e9thane\">\n    <source srcset=\"\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/052-055_metano_312-frances.png\" media=\"(min-width: 1920px)\" \/>\n    <source srcset=\"\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/052-055_metano_312-frances.png\" media=\"(min-width: 1140px)\" \/>\n    <img decoding=\"async\" class=\"responsive-img\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/052-055_metano_312-frances2.png\" \/>\n  <\/picture><span class=\"embed media-credits-inline\">Alexandre Affonso\u2009\/\u2009Revue Pesquisa Fapesp<\/span>\n<p>Dans le nouvel article, la quantit\u00e9 de m\u00e9thane lib\u00e9r\u00e9e en Amazonie a \u00e9t\u00e9 calcul\u00e9e \u00e0 partir d\u2019une base de donn\u00e9es de mesures de concentration de CH\u2084 provenant de 590 \u00e9chantillons d\u2019air obtenus pendant toute la p\u00e9riode de l\u2019\u00e9tude. Des profils verticaux de l\u2019atmosph\u00e8re ont \u00e9t\u00e9 recueillis deux fois par mois avec un petit avion, entre 300 m\u00e8tres (m) et 4,4 kilom\u00e8tres (km) d\u2019altitude, dans quatre r\u00e9gions d\u2019Amazonie\u00a0: \u00e0 100\u00a0km au nord d\u2019Alta Floresta (\u00c9tat du Mato Grosso sud-est de la r\u00e9gion)\u00a0; \u00e0 40\u00a0km au sud de Santar\u00e9m (\u00c9tat du Par\u00e1, au nord-est)\u00a0; \u00e0 300\u00a0km \u00e0 l\u2019est de Rio Branco (\u00c9tat de l\u2019Acre, au sud-ouest)\u00a0; et \u00e0 Tabatinga et Tef\u00e9 (\u00c9tat d\u2019Amazonas, au nord-ouest). Ces m\u00eames profils ont aussi \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s dans d\u2019autres \u00e9tudes du groupe de Gatti pour calculer l\u2019\u00e9mission de CO\u2082 en Amazonie pendant cette p\u00e9riode (<em>voir<\/em> Pesquisa FAPESP <em>n\u00ba 306<\/em>).<\/p>\n<p>De l\u2019avis du biologiste Philip Fearnside de l\u2019Institut national de recherche sur l\u2019Amazonie (Inpa), qui n\u2019a pas particip\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tude coordonn\u00e9e par l\u2019Inpe, \u00ab\u00a0la production \u00e9lev\u00e9e de m\u00e9thane dans les zones inond\u00e9es d\u2019Amazonie n\u2019est pas une surprise. [&#8230;] Ces estimations ont augment\u00e9 r\u00e9cemment, avec la d\u00e9couverte, par exemple, d\u2019\u00e9missions substantielles par les arbres de for\u00eats inond\u00e9es\u00a0\u00bb. Le chercheur rappelle qu\u2019il y a une lib\u00e9ration importante de m\u00e9thane dans les r\u00e9servoirs cr\u00e9\u00e9s par les grandes centrales hydro\u00e9lectriques construites en Amazonie, comme Balbina (Amazonas) et Belo Monte (Par\u00e1), qui ont inond\u00e9 de grandes \u00e9tendues de for\u00eat. Les fleuves de ces r\u00e9gions, dont le d\u00e9bit est contr\u00f4l\u00e9 par les barrages, sont \u00e9galement des sources de ce gaz \u00e0 effet de serre. Des \u00e9tudes indiquent qu\u2019au Br\u00e9sil, la plus grande partie du m\u00e9thane produit par la fermentation ent\u00e9rique des ruminants provient de zones situ\u00e9es en dehors de l\u2019Amazonie, qui concentrent plus de la moiti\u00e9 des 220\u00a0millions de t\u00eates de b\u00e9tail du pays, le plus grand troupeau de la plan\u00e8te. \u00ab\u00a0Mais actuellement, pr\u00e8s de 40\u00a0% du b\u00e9tail br\u00e9silien est d\u00e9j\u00e0 cr\u00e9\u00e9 en Amazonie et ce pourcentage ne cesse d\u2019augmenter\u00a0\u00bb, souligne Gatti.<\/p>\n<p>Si le poids des feux de for\u00eat et de l\u2019\u00e9levage dans la production de m\u00e9thane est encore relativement modeste en Amazonie, ces activit\u00e9s deviennent des sources chaque fois plus importantes au fur et \u00e0 mesure de l\u2019augmentation de la d\u00e9forestation dans un secteur du biome. Dans le sud-est de la r\u00e9gion, qui est plus touch\u00e9 par l\u2019occupation humaine, la production de CH\u2084 issue de l\u2019\u00e9levage et des br\u00fblis repr\u00e9sente 48\u00a0% du total des \u00e9missions du gaz. Dans les zones inondables du nord-est de l\u2019Amazonie, la lib\u00e9ration naturelle de m\u00e9thane est jusqu\u2019\u00e0 trois fois plus importante que pr\u00e9vu.<\/p>\n<div id=\"attachment_492778\" style=\"max-width: 1150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-492778 size-full\" src=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/052-055_metano_312-2-1140.jpg\" alt=\"\" width=\"1140\" height=\"641\" srcset=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/052-055_metano_312-2-1140.jpg 1140w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/052-055_metano_312-2-1140-250x141.jpg 250w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/052-055_metano_312-2-1140-700x394.jpg 700w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/052-055_metano_312-2-1140-120x67.jpg 120w\" sizes=\"auto, (max-width: 1140px) 100vw, 1140px\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">Mauro Pimentel\u2009\/\u2009AFP\u2009\/\u2009Getty Images<\/span>&#8230;et \u00e9levage de b\u00e9tail r\u00e9unis, produisent ensemble un quart du m\u00e9thane qui sort de la grande for\u00eat tropicale sud-am\u00e9ricaine<span class=\"media-credits\">Mauro Pimentel\u2009\/\u2009AFP\u2009\/\u2009Getty Images<\/span><\/p><\/div>\n<p>Le r\u00e9chauffement climatique mondial est provoqu\u00e9 par l\u2019augmentation de la concentration des gaz \u00e0 effet de serre dans l\u2019atmosph\u00e8re terrestre par rapport au taux qui pr\u00e9valait pendant ladite p\u00e9riode pr\u00e9industrielle, au milieu du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle. L\u2019augmentation de ce param\u00e8tre entra\u00eene un r\u00e9chauffement de la plan\u00e8te. Ces gaz absorbent l\u2019\u00e9nergie et retiennent la chaleur dans la couche d\u2019air qui entoure le globe. Depuis la r\u00e9volution industrielle, la temp\u00e9rature moyenne de l\u2019atmosph\u00e8re de la plan\u00e8te a augment\u00e9 d\u2019environ 1,1 degr\u00e9 Celsius (\u00baC). Au cours des 150 derni\u00e8res ann\u00e9es, la contribution cumul\u00e9e du m\u00e9thane \u00e0 l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature moyenne de la plan\u00e8te a \u00e9t\u00e9 environ un tiers inf\u00e9rieure \u00e0 celle du dioxyde de carbone.<\/p>\n<p>C\u2019est pour cette raison, en plus d\u2019autres particularit\u00e9s du CH4, comme sa courte dur\u00e9e de vie dans l\u2019atmosph\u00e8re (environ 12 ans, alors que celle du CO2 atteint 120 ans), que les discussions sur la lutte contre les changements climatiques se sont excessivement concentr\u00e9es sur les objectifs de r\u00e9duction des \u00e9missions de dioxyde de carbone. Mais cette situation a chang\u00e9 r\u00e9cemment et les \u00e9tudes sur le m\u00e9thane occupent d\u00e9sormais de plus en plus de place dans les articles scientifiques et dans les rapports du Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019\u00e9volution du climat (GIEC). Lors de la derni\u00e8re conf\u00e9rence des Nations unies sur le changement climatique, la COP 26 en novembre\u00a02021, le Br\u00e9sil faisait partie d\u2019un groupe d\u2019un peu plus de 100 pays qui se sont engag\u00e9s \u00e0 r\u00e9duire les \u00e9missions de m\u00e9thane de 30\u00a0% d\u2019ici \u00e0 2030 par rapport aux niveaux de 2020. Chaque ann\u00e9e, le pays est le cinqui\u00e8me \u00e9metteur de m\u00e9thane de la plan\u00e8te, derri\u00e8re la Chine, la Russie, les \u00c9tats-Unis et l\u2019Inde.<\/p>\n<p>Ometto estime qu\u2019\u00ab\u00a0investir dans la r\u00e9duction des \u00e9missions de m\u00e9thane peut avoir des impacts plus rapides sur la lutte contre le r\u00e9chauffement de la plan\u00e8te et les changements climatiques\u00a0\u00bb. L\u2019explication est simple. Sur une courte p\u00e9riode, par exemple deux d\u00e9cennies, 1\u00a0kg de m\u00e9thane g\u00e9n\u00e8re 80 fois plus de chaleur dans l\u2019atmosph\u00e8re que la m\u00eame quantit\u00e9 de dioxyde de carbone. \u00ab\u00a0Le CH4 a un impact \u00e9norme dans les premi\u00e8res ann\u00e9es suivant l\u2019\u00e9mission, mais il reste peu de temps dans l\u2019atmosph\u00e8re. Le CO2, quant \u00e0 lui, a un l\u00e9ger effet chaque ann\u00e9e, mais il dure environ 10 fois plus longtemps\u00a0\u00bb, explique Fearnside. Le probl\u00e8me est qu\u2019apr\u00e8s avoir connu une p\u00e9riode de stabilit\u00e9 entre\u00a01999 et\u00a02006, les \u00e9missions mondiales de m\u00e9thane sont reparties \u00e0 la hausse. En septembre\u00a02021, elles ont atteint la plus grande concentration de l\u2019histoire, soit<br \/>\n1 900 parties par milliard. \u00ab\u00a0En plus des sources connues, il doit y avoir des processus pas tr\u00e8s bien compris associ\u00e9s \u00e0 la production de m\u00e9thane. Dans notre \u00e9tude, nous avons vu, par exemple, qu\u2019il doit y avoir une importante source encore non identifi\u00e9e de m\u00e9thane dans le nord-est de l\u2019Amazonie. Mais nous n\u2019avons toujours pas d\u00e9couvert de quoi il s\u2019agit\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise Basso.<\/p>\n<p class=\"bibliografia separador-bibliografia\"><strong>Projet<\/strong><br \/>\nVariation interannuelle du bilan de gaz \u00e0 effet de serre dans le bassin amazonien et contr\u00f4les dans un monde touch\u00e9 par le r\u00e9chauffement et les changements climatiques &#8211; Carbam\u00a0: \u00c9tude \u00e0 long terme du bilan de carbone de l\u2019Amazonie (<a href=\"https:\/\/bv.fapesp.br\/pt\/auxilios\/97938\/variacao-interanual-do-balanco-de-gases-de-efeito-estufa-na-bacia-amazonica-e-seus-controles-em-um-m\/?q=16\/02018-2\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">n\u00ba16\/02018-2<\/a>)\u00a0; <strong>Modalit<\/strong><strong>\u00e9<\/strong> Projet th\u00e9matique\u00a0; <strong>Programme<\/strong> Recherches sur les changements climatiques mondiaux\u00a0; <strong>Chercheuse responsable<\/strong> Luciana Vanni Gatti (Inpe)\u00a0; <strong>Investissement<\/strong> 4\u00a0436 420,43 reais BRL.<\/p>\n<p class=\"bibliografia\"><strong>Articles scientifiques<\/strong><br \/>\nBASSO, L. S. <em>et al<\/em>. \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.nature.com\/articles\/s43247-021-00314-4\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Amazon methane budget derived from multi-year airborne observations highlights regional variations in emissions\u00a0<\/a>\u00bb. <strong>Communications Earth &amp; Environment<\/strong>. 29 nov. 2021.<br \/>\nSAUNOIS, M. <em>et al<\/em>. \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/essd.copernicus.org\/articles\/12\/1561\/2020\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">The Global Methane Budget 2000-2017<\/a>\u00a0\u00bb. <strong>Earth System Science Data<\/strong>. v. 12, n.\u20093. juill.\u00a02020.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Les zones inond\u00e9es lib\u00e8rent encore la plus grande partie du gaz du biome, mais l\u2019avanc\u00e9e de l\u2019\u00e9levage et des br\u00fblis stimule les \u00e9missions associ\u00e9es \u00e0 l\u2019occupation humaine","protected":false},"author":13,"featured_media":492770,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1180],"tags":[],"coauthors":[101],"class_list":["post-492769","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-sciences"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/492769","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=492769"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/492769\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":492795,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/492769\/revisions\/492795"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/492770"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=492769"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=492769"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=492769"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=492769"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}