{"id":492922,"date":"2023-10-05T19:12:12","date_gmt":"2023-10-05T22:12:12","guid":{"rendered":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=492922"},"modified":"2023-10-05T19:14:26","modified_gmt":"2023-10-05T22:14:26","slug":"collections-bresiliennes-brasilianas-du-xxie-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/collections-bresiliennes-brasilianas-du-xxie-siecle\/","title":{"rendered":"Collections br\u00e9siliennes (<em>Brasilianas<\/em>) du XXIe si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"<p>Au cours d\u2019une recherche men\u00e9e pendant les quinze derni\u00e8res ann\u00e9es dans une collection de l\u2019Universit\u00e9 du Texas \u00e0 Austin, Antonio Dimas (Institut des \u00c9tudes br\u00e9siliennes de l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo, IEB-USP) a d\u00e9couvert l\u2019h\u00e9ritage litt\u00e9raire de l\u2019\u00e9diteur nord-am\u00e9ricain Alfred Knopf [1892-1986]\u00a0: Knopf a \u00e9t\u00e9 responsable de la traduction et de la publication, en anglais, des premi\u00e8res \u0153uvres des Br\u00e9siliens Jorge Armado [1912-2001] et Gilberto Freyre [1900-1987]. Les analyses de lettres, de commentaires et de contrats r\u00e9v\u00e8lent notamment que ces auteurs ont \u00e9t\u00e9 bien accueillis par les lecteurs nord-am\u00e9ricains, en particulier parce qu\u2019ils ont pr\u00e9sent\u00e9 des visions alternatives du Br\u00e9sil, li\u00e9es aux cultures noires de Salvador et de Recife (Jorge Armadao est originaire de l\u2019\u00c9tat de Bahia, Gilberto Freyre, de l\u2019\u00c9tat du Pernambuco). \u00ab\u00a0Pr\u00e9sentes dans diverses parties du monde, les collections comme celles de Knopf doivent aussi \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des \u00ab\u00a0brasilianas\u00a0\u00bb, m\u00eame si elles ne sont pas uniquement compos\u00e9es de livres\u00a0\u00bb, affirme Dimas. En proposant d\u2019\u00e9largir le concept initialement limit\u00e9 aux collections d\u2019\u0153uvres du XVI<sup>e<\/sup> au XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle sur le Br\u00e9sil, la r\u00e9flexion de Dimas s\u2019inscrit dans un mouvement qui s\u2019est consolid\u00e9 ces cinq derni\u00e8res ann\u00e9es et qui a \u00e9t\u00e9 le th\u00e8me d\u2019un \u00e9v\u00e9nement organis\u00e9 par la Biblioth\u00e8que Brasiliana Guita e Jos\u00e9 Mindlin (BBM-USP) en f\u00e9vrier.<\/p>\n<p>Le terme \u00ab\u00a0brasiliana\u00a0\u00bb est un n\u00e9ologisme. Selon Marisa Midori, historienne de l\u2019\u00c9cole des communications et des arts de l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo (ECA-USP), son origine est li\u00e9 \u00e0 la bibliophilie, et plus particuli\u00e8rement aux collectionneurs int\u00e9ress\u00e9s par le Br\u00e9sil, \u00e0 l\u2019exemple des voyageurs et des intellectuels qui \u00e9tudient l\u2019Orient et sont connus sous le nom d\u2019orientalistes. \u00c0 partir du XVI<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, surtout en Europe, on a commenc\u00e9 \u00e0 constituer des collections de livres et de documents sur les colonies du Portugal et de l\u2019Espagne dans ledit Nouveau Monde\u00a0: \u00ab\u00a0Les premi\u00e8res collections de ce type ont \u00e9t\u00e9 appel\u00e9es \u2018am\u00e9ricaines\u2019 et la production sur le Br\u00e9sil a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme une de ses sections\u00a0\u00bb. Selon l\u2019historienne, des gouvernants et des institutions ont tent\u00e9 d\u2019identifier et d\u2019organiser ce <em>corpus<\/em> bibliographique d\u00e8s que le Br\u00e9sil s\u2019est structur\u00e9 comme \u00c9tat-nation, c\u2019est-\u00e0-dire apr\u00e8s avoir conquis son ind\u00e9pendance, en 1822. Une \u00e9tape importante de cet effort a \u00e9t\u00e9 l\u2019exposition organis\u00e9e par le m\u00e9decin et philologue Ramiz Galv\u00e3o (1846-1938), alors directeur de la Biblioth\u00e8que nationale, en 1881\u00a0: \u00ab\u00a0Le catalogue de l\u2019\u00e9chantillon, avec un inventaire g\u00e9n\u00e9ral des sources, des livres et des documents sur le pays, de plus de 10 000 entr\u00e9es, a marqu\u00e9 le d\u00e9but de la tradition bibliographique br\u00e9silienne. Mais en d\u00e9pit de la volont\u00e9 de r\u00e9unir et de cartographier des collections sur le Br\u00e9sil, \u00e0 cette \u00e9poque le terme \u2018brasiliana\u2019 n\u2019\u00e9tait pas encore utilis\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 la diff\u00e9rence du Br\u00e9sil, la bibliologue Marina Garone Gravier, de la Biblioth\u00e8que nationale du Mexique (BNM) et de l\u2019Universit\u00e9 nationale autonome du Mexique (UNAM), explique que dans son pays l\u2019id\u00e9e d\u2019une \u00ab\u00a0bibliographie mexicaine\u00a0\u00bb englobe tout mat\u00e9riel imprim\u00e9 ou publi\u00e9 sur le Mexique, y compris la production am\u00e9rindienne, les livres et les documents du XX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle. Il n\u2019existe pas de terme \u00ab\u00a0mexicana\u00a0\u00bb, qui serait l\u2019\u00e9quivalent du concept de \u00ab\u00a0brasiliana\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0Beaucoup de nos imprim\u00e9s de la p\u00e9riode coloniale ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits en langue am\u00e9rindienne\u00a0\u00bb. Le document le plus ancien de la BNM date de 1554. \u00c0 son avis, le concept \u00ab\u00a0brasiliana\u00a0\u00bb est li\u00e9 aux formes de collectionnisme bibliographique du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle aux \u00c9tats-Unis, le pays qui a organis\u00e9 ses fonds en utilisant cette nomenclature. Derri\u00e8re l\u2019accord sur l\u2019actualisation du concept \u00ab\u00a0brasiliana\u00a0\u00bb se trouve l\u2019id\u00e9e selon laquelle \u00ab\u00a0il doit refl\u00e9ter les mouvements internes d\u2019un pays et accompagner les champs d\u2019\u00e9tudes, qui sont toujours en mouvement\u00a0\u00bb.<\/p>\n<div id=\"attachment_492927\" style=\"max-width: 1150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-492927 size-full\" src=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-1-1140.jpg\" alt=\"\" width=\"1140\" height=\"902\" srcset=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-1-1140.jpg 1140w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-1-1140-250x198.jpg 250w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-1-1140-700x554.jpg 700w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-1-1140-120x95.jpg 120w\" sizes=\"auto, (max-width: 1140px) 100vw, 1140px\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">Donaldson Collection\u2009\/\u2009Getty Images<\/span>l\u2019\u00e9diteur nord-am\u00e9ricain Alfred Knopf et sa femme, Blanche, des garants informels d\u2019auteurs br\u00e9siliens dans le monde anglophone<span class=\"media-credits\">Donaldson Collection\u2009\/\u2009Getty Images<\/span><\/p><\/div>\n<p>La biblioth\u00e8que nationale du Mexique est conserv\u00e9e par l\u2019UNAM, qui compte diff\u00e9rents r\u00e9seaux de chercheurs \u00e9tudiant et diffusant sa collection par le biais de l\u2019Institut d\u2019investigations bibliographiques, qui existe depuis plus de 50 ans. Garone Gravier donne des cours au sein m\u00eame de la biblioth\u00e8que \u00e0 des \u00e9tudiants de 3<sup>e<\/sup> cycle de diff\u00e9rents cours de l\u2019UNAM, dont l\u2019histoire, la linguistique, la litt\u00e9rature et les arts\u00a0: \u00ab\u00a0Avec des livres et des documents de toute l\u2019Am\u00e9rique latine, publi\u00e9s depuis le XVI<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, la biblioth\u00e8que nationale du Mexique r\u00e9unit aussi des documents du d\u00e9p\u00f4t l\u00e9gal national\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En ce qui concerne les \u00ab\u00a0Brasilianas\u00a0\u00bb, m\u00eame si les collections ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 partir du XVI<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, la formulation du concept a gagn\u00e9 de l\u2019ampleur dans les ann\u00e9es 1930 avec le mouvement du march\u00e9 du livre. L\u2019historienne Eliana Regina de Freitas Dutra (Universit\u00e9 f\u00e9d\u00e9rale de l\u2019\u00c9tat de Minas Gerais, UFMG) analyse la collection du m\u00eame nom publi\u00e9e par Companhia Editora nacional \u00e0 partir de 1931. La proposition \u00e9ditoriale a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e par le sociologue Fernando Azevedo [1894-1974]. Au cours de son existence, 415 titres d\u2019auteurs br\u00e9siliens et \u00e9trangers ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s\u00a0: \u00ab\u00a0La collection <em>Brasiliana<\/em> publiait des titres rares, comme les chroniqueurs et les voyageurs de la p\u00e9riode coloniale\u00a0; elle r\u00e9\u00e9ditait des ouvrages \u00e9puis\u00e9s et faisait de nouvelles publications sur l\u2019histoire, la formation sociale br\u00e9silienne, l\u2019\u00e9ducation, la g\u00e9ographie, l\u2019ethnologie et d\u2019autres champs de la connaissance. Elle a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re \u00e0 pratiquer le collectionnisme \u00e9ditorial au Br\u00e9sil\u00a0\u00bb. L\u2019ensemble de la collection a \u00e9t\u00e9 num\u00e9ris\u00e9 par le projet <em>Brasiliana Eletr<\/em><em>\u00f4nica<\/em> de l\u2019Universit\u00e9 f\u00e9d\u00e9rale de Rio de Janeiro (UFRJ), sous la coordination de l\u2019historien et ing\u00e9nieur Israel Beloch. En plus de la Companhia Editora Nacional, d\u2019autres maisons d\u2019\u00e9dition ont publi\u00e9 des collections br\u00e9siliennes \u00e0 partir des ann\u00e9es 1930\u00a0: Difus\u00e3o Europeia do Livro (Difel), Jos\u00e9 Olympio, Civiliza\u00e7\u00e3o brasileira et Livraria Martins Editora.<\/p>\n<div id=\"attachment_492943\" style=\"max-width: 1150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-492943 size-full\" src=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-5-1140.jpg\" alt=\"\" width=\"1140\" height=\"860\" srcset=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-5-1140.jpg 1140w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-5-1140-250x189.jpg 250w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-5-1140-700x528.jpg 700w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-5-1140-120x91.jpg 120w\" sizes=\"auto, (max-width: 1140px) 100vw, 1140px\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">Archivo  Nacional<\/span>Constitution de l\u2019Empire du Br\u00e9sil, un des documents expos\u00e9s \u00e0 la Biblioth\u00e8que nationale en 1881<span class=\"media-credits\">Archivo  Nacional<\/span><\/p><\/div>\n<p>\u00c9galement chercheur dans le cadre de ces projets \u00e9ditoriaux, l\u2019historien F\u00e1bio Franzini (Universit\u00e9 f\u00e9d\u00e9rale de S\u00e3o Paulo, Unifesp) raconte que la collection <em>Documentos brasileiros<\/em> [<em>Documents br<\/em><em>\u00e9<\/em><em>siliens<\/em>] (\u00c9d. Jos\u00e9 Olympio) a publi\u00e9 des ouvrages qui sont devenus des classiques de l\u2019historiographie et de la pens\u00e9e sociale du pays. C\u2019est le cas de <em>Racines du Br\u00e9<\/em><em>sil<\/em> [<em>Raizes do Brasil<\/em>], de l\u2019historien S\u00e9rgio Buarque de Holanda [1902-1982], qui a inaugur\u00e9 la collection en 1936, et de <em>Ma\u00ee<\/em><em>tres et esclaves<\/em> [<em>Casa-grande &amp; senzala<\/em>], \u00e9crit par Freyre en 1933 et int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 la s\u00e9rie en 1943. Dans une \u00e9tude men\u00e9e dans la collection de la BBM-USP entre\u00a02019 et\u00a02020, il a analys\u00e9 les pr\u00e9faces de trois \u00e9ditions argentines, deux fran\u00e7aises, une nord-am\u00e9ricaine, une portugaise, une allemande, une v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne et une polonaise de <em>Ma\u00ee<\/em><em>tres et esclaves<\/em>. L\u2019objectif \u00e9tait de comprendre pourquoi un livre consacr\u00e9 au processus de formation sociale du Br\u00e9sil a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans tant d\u2019autres pays, y compris en Argentine et aux \u00c9tats-Unis dans les ann\u00e9es 1940 et en France dans les ann\u00e9es 1950\u00a0: \u00ab\u00a0Dans les pr\u00e9faces \u00e9crites par Freyre pour les \u00e9ditions internationales, il cherche \u00e0 montrer que son interpr\u00e9tation du Br\u00e9sil peut \u00eatre lue de mani\u00e8re universelle\u00a0\u00bb, d\u2019o\u00f9 l\u2019int\u00e9r\u00eat des lecteurs \u00e9trangers pour l\u2019ouvrage.<\/p>\n<p>C\u2019est en 1965, dans le sillage du processus de cr\u00e9ation de collections \u00ab\u00a0brasilianas\u00a0\u00bb par les \u00e9diteurs, que l\u2019historien et bibliophile Rubem Borba de Moraes [1899-1986], dans son ouvrage <em>O bibli<\/em><em>\u00f3<\/em><em>filo aprendiz<\/em> [<em>L<\/em><em>\u2019<\/em><em>apprenti bibliophile<\/em>], a propos\u00e9 pour la premi\u00e8re fois une d\u00e9finition du concept. Selon lui, les \u00ab\u00a0brasilianas\u00a0\u00bb englobent \u00ab\u00a0les livres sur le Br\u00e9sil imprim\u00e9s du XVI<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle \u00e0 la fin du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, et les livres d\u2019auteurs br\u00e9siliens imprim\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger jusqu\u2019en 1808\u00a0\u00bb. Une lettre du marchand et explorateur Amerigo Vespucci [1454-1512], \u00e9crite en 1504, est consid\u00e9r\u00e9e comme le premier jalon de ce recoupement. \u00ab En plus de Moraes, d\u2019autres intellectuels ont \u00e9tabli des d\u00e9finitions\u00a0; par exemple, l\u2019avocat et historien Jos\u00e9 Hon\u00f3rio Rodrigues [1913-1987] a dress\u00e9 des listes de livres qu\u2019il consid\u00e9rait comme fondamentaux pour comprendre le Br\u00e9sil\u00a0\u00bb, d\u00e9taille l\u2019historien Carlos Zeron, directeur du BBM-USP jusqu\u2019au d\u00e9but de cette ann\u00e9e.<\/p>\n<div id=\"attachment_492923\" style=\"max-width: 1150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-492923 size-full\" src=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-0-1140.jpg\" alt=\"\" width=\"1140\" height=\"768\" srcset=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-0-1140.jpg 1140w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-0-1140-250x168.jpg 250w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-0-1140-700x472.jpg 700w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-0-1140-120x81.jpg 120w\" sizes=\"auto, (max-width: 1140px) 100vw, 1140px\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">John Carter Library<\/span>Lettre d&#8217;Amerigo Vespucci \u00e9crite en 1504, consid\u00e9r\u00e9e comme premier jalon des collections brasilianas<span class=\"media-credits\">John Carter Library<\/span><\/p><\/div>\n<p>Par rapport aux premi\u00e8res collections form\u00e9es par des bibliophiles, Thiago Lima Nicodemo, historien (Universit\u00e9 d\u2019\u00c9tat de Campinas) et coordinateur des Archives publiques de l\u2019\u00c9tat de S\u00e3o Paulo, rappelle que le naturaliste allemand Carl von Martius [1794-1868] a \u00e9t\u00e9 l\u2019un des premiers \u00e0 r\u00e9unir une collection de ce type au XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, de m\u00eame que l\u2019historien et voyageur fran\u00e7ais Ferdinand Denis [1798-1890]. Le XX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle a vu cro\u00eetre le nombre de collectionneurs int\u00e9ress\u00e9s par des livres sur le Br\u00e9sil. Moraes et Yan de Almeida Prado [1898-1991] ont \u00e9t\u00e9 parmi les premiers. \u00c0 sa mort, Moraes a laiss\u00e9 pr\u00e8s de 2 300 livres \u00e0 Jos\u00e9 Mindlin [1914-2010], avocat, homme d\u2019affaires et bibliophile, et \u00e0 sa femme Guita [1916-2006]. Pendant plus de 80 ans, le couple a constitu\u00e9 une collection de 32\u00a0000 titres et 60\u00a0000 volumes de livres et de manuscrits sur le Br\u00e9sil. Tous ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9s \u00e0 l\u2019USP en 2005, lors de la cr\u00e9ation de la BBM.<\/p>\n<p>Dans le projet <em>Mem<\/em><em>\u00f3<\/em><em>ria digital<\/em><em>\u00a0<\/em><em>: Arquivo e documento hist<\/em><em>\u00f3<\/em><em>rico no mundo contempor<\/em><em>\u00e2<\/em><em>neo<\/em> [M\u00e9moire num\u00e9rique : archives et document historique dans le monde contemporain], commenc\u00e9 il y a deux ans, Nicodemo travaille avec l\u2019id\u00e9e selon laquelle les \u00ab\u00a0brasilianas\u00a0\u00bb sont importantes pour r\u00e9unir des connaissances afin de soutenir la formulation de politiques publiques\u00a0: \u00ab\u00a0Les \u2018brasilianas\u2019 servent aussi \u00e0 favoriser les projets de modernisation du pays parce qu\u2019elles permettent une meilleure connaissance de sa population et de ses fronti\u00e8res\u00a0\u00bb. Depuis le XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, diff\u00e9rentes institutions ont investi dans ces collections pour tenter d\u2019\u00e9tablir des connexions entre production de la connaissance et interventions dans la r\u00e9alit\u00e9. D\u2019apr\u00e8s Alexandre Soares, le directeur actuel de la BBM, \u00ab\u00a0le concept traditionnel de \u2018brasiliana\u2019 implique des livres produits par des voyageurs \u00e9trangers sur le Br\u00e9sil et des ouvrages d\u2019auteurs embl\u00e9matiques de notre historiographie. Aujourd\u2019hui nous voulons que la production am\u00e9rindienne et la litt\u00e9rature des p\u00e9riph\u00e9ries, par exemple, soient incorpor\u00e9es \u00e0 ces collections, nous devons chercher de nouvelles lentilles pour penser le Br\u00e9sil\u00a0\u00bb.<\/p>\n<div id=\"attachment_492935\" style=\"max-width: 1150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-492935 size-full\" src=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-3-1140.jpg\" alt=\"\" width=\"1140\" height=\"814\" srcset=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-3-1140.jpg 1140w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-3-1140-250x179.jpg 250w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-3-1140-700x500.jpg 700w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-3-1140-120x86.jpg 120w\" sizes=\"auto, (max-width: 1140px) 100vw, 1140px\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">Archives de la famille Mindlin<\/span>L\u2019entrepreneur Jos\u00e9 Mindlin et sa femme, Guita, dans leur biblioth\u00e8que<span class=\"media-credits\">Archives de la famille Mindlin<\/span><\/p><\/div>\n<p>L\u2019id\u00e9e d\u2019\u00e9largir le concept de \u00ab\u00a0brasiliania\u00a0\u00bb propos\u00e9e par Antonio Dimas (IEB) signifie tenir compte de collections \u00e9trang\u00e8res sur la culture br\u00e9silienne, pas n\u00e9cessairement compos\u00e9es de livres. Une de ces collections est celle de l\u2019historienne Simona Binkov\u00e1 de l\u2019Universit\u00e9 Carolina (R\u00e9publique tch\u00e8que), avec des documents iconographiques de la cartographie br\u00e9silienne produits aux XVII<sup>e<\/sup> et XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cles sur la participation de naturalistes tch\u00e8ques \u00e0 une exp\u00e9dition scientifique r\u00e9alis\u00e9e en 1817 dans le pays. Aux \u00c9tats-Unis, il y a les collections du g\u00e9ologue John Casper Branner [1850-1922], avec des manuscrits et des cartes d\u2019\u00e9tudes du Br\u00e9sil \u00e0 la fin du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, et de l\u2019historien Ludwig Lauerhass [1936-2020], qui poss\u00e8de plus de 4\u00a0000 items sur l\u2019histoire, l\u2019anthropologie et la sociologie br\u00e9silienne du si\u00e8cle dernier. Pour Dimas, la collection Knopf, les collections supra cit\u00e9es et d\u2019autres sont encore peu connues et peuvent servir de base pour de nouvelles d\u00e9couvertes scientifiques\u00a0: \u00ab\u00a0Par exemple, en travaillant avec la succession de l\u2019\u00e9diteur nord-am\u00e9ricain, j\u2019ai d\u00e9couvert que Freyre et Amado avaient agi comme des diffuseurs de la culture de notre pays aux \u00c9tats-Unis, et que Knopf \u00e9tait une sorte de garant informel d\u2019auteurs br\u00e9siliens dans le monde anglophone\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Concernant l\u2019id\u00e9e d\u2019incorporer dans des collections \u00ab\u00a0brasilianas\u00a0\u00bb des \u00e9l\u00e9ments allant au-del\u00e0 du livre et du recoupement temporel propos\u00e9 par Moraes, Ana Virginia Pinheiro (\u00c9cole de biblioth\u00e9conomie de l\u2019Universit\u00e9 f\u00e9d\u00e9rale de l\u2019\u00c9tat de Rio de Janeiro) \u00e9met des r\u00e9serves\u00a0: \u00ab\u00a0Une expansion sans crit\u00e8res peut d\u00e9caract\u00e9riser ces collections\u00a0\u00bb. Madame Pinheiro a \u00e9t\u00e9 biblioth\u00e9caire de livres rares \u00e0 la Fondation Biblioteca Nacional (FBN) entre\u00a01982 et\u00a02020. Elle propose d\u2019\u00e9largir le concept \u00e0 des livres qui ont circul\u00e9 dans les anciennes colonies pendant la domination portugaise, tels que les ouvrages utilis\u00e9s par les j\u00e9suites pour l\u2019instruction des \u00e9l\u00e8ves, ou les livres sur les monnaies et timbres portugais\u00a0: \u00ab\u00a0Il existe une importante litt\u00e9rature, par exemple sur l\u2019\u00e9ducation et l\u2019\u00e9conomie qui, m\u00eame si elle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9crite par des Br\u00e9siliens et ne parle m\u00eame pas du Br\u00e9sil, a \u00e9t\u00e9 fondamentale pour sa constitution en tant que nation\u00a0\u00bb. Avec notamment pour origine la Biblioth\u00e8que royale portugaise, la FBN poss\u00e8de des collections de ce type qui n\u2019ont pas encore fait l\u2019objet de recherches\u00a0: \u00ab\u00a0Au Br\u00e9sil, l\u2019int\u00e9r\u00eat pour le livre ancien comme objet d\u2019\u00e9tudes est r\u00e9cent, il a commenc\u00e9 \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970\u00a0\u00bb. Elle d\u00e9fend la cr\u00e9ation de partenariats avec les universit\u00e9s pour susciter des travaux dans des collections peu connues. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment en essayant d\u2019identifier des documents et des livres sans visibilit\u00e9 que Jo\u00e3o Marcos Cardoso, conservateur de la BBM-USP, a d\u00e9couvert en 2015 un trait\u00e9 f\u00e9ministe publi\u00e9 en 1868\u00a0: \u00ab\u00a0Ce document a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit par une femme immigr\u00e9e dans le contexte du Br\u00e9sil imp\u00e9rial et esclavagiste, revendiquant le droit des femmes \u00e0 participer \u00e0 la politique, au march\u00e9 du travail et \u00e0 l\u2019\u00e9ducation\u00a0\u00bb. Le texte en question a fait l\u2019objet d\u2019une recherche dans le cadre d\u2019un master. Publi\u00e9 par la maison d\u2019\u00e9dition du typographe Francisco de Paula Brito [1809-1861], responsable du lancement du premier magazine br\u00e9silien pour le public f\u00e9minin, l\u2019ouvrage a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit par Anna Rosa Termacsics, une Hongroise arriv\u00e9e au Br\u00e9sil \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 7 ans et qui est rest\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 sa mort, en 1886.<\/p>\n<div id=\"attachment_492939\" style=\"max-width: 1150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-492939 size-full\" src=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-4-1140.jpg\" alt=\"\" width=\"1140\" height=\"814\" srcset=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-4-1140.jpg 1140w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-4-1140-250x179.jpg 250w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-4-1140-700x500.jpg 700w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-4-1140-120x86.jpg 120w\" sizes=\"auto, (max-width: 1140px) 100vw, 1140px\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">L\u00e9o Ramos Chaves\u2009\/\u2009Revue Pesquisa FAPESP<\/span>Num\u00e9risation des livres de la BBM-USP: 15% de la collection<span class=\"media-credits\">L\u00e9o Ramos Chaves\u2009\/\u2009Revue Pesquisa FAPESP<\/span><\/p><\/div>\n<p>Aujourd\u2019hui, 15\u00a0% de la collection de la BBM-USP est num\u00e9ris\u00e9e. Saes, le directeur de l\u2019institution, explique que \u00ab\u00a0la BBM poss\u00e8de une r\u00e9serve technique pour acqu\u00e9rir plus de 90\u00a0000\u00a0livres et elle est en train de d\u00e9finir de nouvelles politiques pour baliser l\u2019expansion de sa collection \u00e0 partir de 2023\u00a0\u00bb. Le processus de num\u00e9risation de la collection a d\u00e9but\u00e9 en 2007 gr\u00e2ce au financement de la FAPESP. \u00c0 partir de ce projet intitul\u00e9 <em>Brasiliana digital<\/em>, pr\u00e8s de 4\u00a0000 items r\u00e9unis par Mindlin ont \u00e9t\u00e9 rendus accessibles sur Internet, dont des livres, des gravures, des cartes, des manuscrits et d\u2019autres documents. \u00c0 la FBN, le processus a commenc\u00e9 en 2001 et il concerne des ouvrages rares. Cinq ans plus tard, la collection <em>Brasiliana<\/em> a \u00e9t\u00e9 incorpor\u00e9e au projet.<\/p>\n<p>Consid\u00e9r\u00e9e comme l\u2019une des plus grandes \u00ab\u00a0brasilianas\u00a0\u00bb en dehors du Br\u00e9sil, la biblioth\u00e8que Oliveira Lima, de l\u2019Universit\u00e9 catholique d\u2019Am\u00e9rique, \u00e0 Washington, a termin\u00e9 une partie de la num\u00e9risation de sa collection, qui vient d\u2019\u00eatre mise en ligne gratuitement. L\u2019op\u00e9ration a commenc\u00e9 il y a 10 ans et depuis, 3\u00a0800 publications, lettres et brochures \u2013 soit plus d\u20191\u00a0million de pages \u2013 ont \u00e9t\u00e9 num\u00e9ris\u00e9es. Le livre le plus rare date de 1507. L\u2019astronome Du\u00edlia de Mello, vice-rectrice de l\u2019Universit\u00e9 affirme\u00a0: \u00ab\u00a0Plus qu\u2019une \u2018brasiliana\u2019, la biblioth\u00e8que Oliveira Lima peut-\u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une biblioth\u00e8que ib\u00e9ro-am\u00e9ricaine dans la mesure o\u00f9 elle r\u00e9unit des items li\u00e9s \u00e0 l\u2019expansion portugaise dans le monde et \u00e0 l\u2019histoire des Am\u00e9riques, y compris le travail des j\u00e9suites et l\u2019histoire de l\u2019esclavage\u00a0\u00bb. En raison de cette caract\u00e9ristique, la collection de Manoel de Oliveira Lima [1867-1928], diplomate et historien br\u00e9silien, diff\u00e8re d\u2019autres \u00ab\u00a0brasilianas\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0la prochaine \u00e9tape va consister \u00e0 num\u00e9riser les milliers de pages qui font partie de la vaste correspondance \u00e9chang\u00e9e entre Lima et des intellectuels br\u00e9siliens, comme Machado de Assis [1839-1908]\u00a0\u00bb. Mello \u00e9voque notamment une lettre dans laquelle l\u2019\u00e9crivain br\u00e9silien fait part avec tristesse de la mort de sa femme. D\u2019apr\u00e8s elle, seulement 10\u00a0% de la correspondance a \u00e9t\u00e9 num\u00e9ris\u00e9e. L\u2019autre objectif est de trouver un financement pour faire traduire le site de l\u2019anglais au portugais (<em>voir<\/em> Pesquisa FAPESP <em>n\u00b0\u00a0266<\/em>).<\/p>\n<div id=\"attachment_492947\" style=\"max-width: 1150px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-492947 size-full\" src=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-6-1140.jpg\" alt=\"\" width=\"1140\" height=\"560\" srcset=\"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-6-1140.jpg 1140w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-6-1140-250x123.jpg 250w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-6-1140-700x344.jpg 700w, https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/076-081_brasilianas_317-6-1140-120x59.jpg 120w\" sizes=\"auto, (max-width: 1140px) 100vw, 1140px\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span class=\"media-credits-inline\">Oliveira Lima Library-The Catholic University of America<\/span>\u00c0 gauche, trait\u00e9 f\u00e9ministe de 1868 d\u00e9couvert \u00e0 la BBM-USP. Ci-dessous, deux items de la collection de la biblioth\u00e8que Oliveira Lima, de l\u2019Universit\u00e9 Catholique d\u2019Am\u00e9rique, \u00c9tats-Unis : document de 1657 de l\u2019Ordre des carm\u00e9lites d\u00e9chauss\u00e9es (<em>sur la droite<\/em>) et lettre dans laquelle Machado de Assis parle de la mort de sa femme<span class=\"media-credits\">Oliveira Lima Library-The Catholic University of America<\/span><\/p><\/div>\n<p>La collection de la biblioth\u00e8que Oliveira Lima est majoritairement compos\u00e9e de livres, documents et objets r\u00e9unis par le diplomate lui-m\u00eame au cours de sa vie. Il existe d\u2019autres \u00ab\u00a0brasilianas\u00a0\u00bb importantes aux \u00c9tats-Unis, comme la collection du Lemman Center for Brazilian Studies \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Illinois, et celle de la Biblioth\u00e8que John Carter Brown. \u00ab\u00a0Les collections et les biblioth\u00e8ques des institutions \u00e9trang\u00e8res ont pu b\u00e9n\u00e9ficier des initiatives du premier gouvernement de Get\u00falio Vargas [1882-1954]. Gustavo Capanema [1900-1985], ministre de l\u2019\u00e9ducation de 1934 \u00e0 1945, a mis en place des politiques de donation et envoy\u00e9 des livres publi\u00e9s par les collections br\u00e9siliennes des \u00e9diteurs br\u00e9siliens et par l&#8217;Institut national du livre aux ambassades, aux universit\u00e9s, aux associations d&#8217;artistes et d&#8217;\u00e9crivains du monde entier\u00a0\u00bb, raconte Dutra, de l\u2019UFMG.<\/p>\n<p>Quant aux \u00ab\u00a0brasilianas\u00a0\u00bb europ\u00e9ennes, Midori (USP) observe qu\u2019elles se concentrent sur des \u0153uvres des XV<sup>e<\/sup> et XVI<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle\u00a0: \u00ab\u00a0Des institutions et des collectionneurs de la r\u00e9gion s\u2019int\u00e9ressaient \u00e0 ces travaux pour ce qu\u2019ils r\u00e9v\u00e9laient sur le Br\u00e9sil, mais aussi parce qu\u2019ils mettaient en \u00e9vidence le d\u00e9veloppement de techniques d\u2019impression de cette p\u00e9riode\u00a0\u00bb. C\u2019est le cas par exemple des gravures sur bois \u00e9labor\u00e9es pour les r\u00e9cits de voyages. Dans une \u00e9tude men\u00e9e sur des documents conserv\u00e9s au palais Nostitz, de Prague, elle a identifi\u00e9 des journaux de navigation avec des papiers pli\u00e9s, semblables aux livres pop-up d\u2019aujourd\u2019hui\u00a0: \u00ab Ces documents sont pr\u00e9cieux parce qu\u2019ils montrent les techniques qui existaient pour \u00e9laborer les premiers livres illustr\u00e9s du monde\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"bibliografia separador-bibliografia\"><strong>Projet<\/strong><br \/>\nVers une biblioth\u00e8que <em>brasiliana<\/em> digitale (<a href=\"https:\/\/bv.fapesp.br\/pt\/auxilios\/5175\/por-uma-biblioteca-brasiliana-digital\/?q=07\/59783-3\">n\u00ba\u00a007\/59783-3<\/a>);\u00a0<strong>Modalit\u00e9<\/strong>\u00a0Aide \u00e0 la Recherche \u2012 R\u00e9guli\u00e8re;\u00a0<strong>Chercheur responsable\u00a0<\/strong>Pedro Luis Puntoni (USP);\u00a0<strong>Investissement<\/strong>\u00a0908.042,85 reais BRL.<\/p>\n<p class=\"bibliografia\"><strong>Articles scientifiques<\/strong><br \/>\nDEAECTO, Marisa Midori. <a href=\"https:\/\/www.academia.edu\/74225805\/Uma_Brasiliana_para_o_Leitor_do_S%C3%A9culo_XXI_Da_Sala_de_Leitura_a_um_Projeto_Museol%C3%B3gico_Imponente\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Uma brasiliana para o leitor do s\u00e9culo XXI. Da sala de leitura a um projeto museol\u00f3gico imponente<\/a>.\u00a0<strong>Revista do N\u00facleo de Estudos do Livro e da Edi\u00e7\u00e3o (Nele),<\/strong>\u00a0v. 7\/8. 2019.<br \/>\nDUTRA, E. F. The Atlantic space and global civilization: The history and development of the book in Latin America.\u00a0<strong>L\u00edngua Franca \u2013 The History of the book in translation<\/strong>. v. 7. 2021.<br \/>\nZERON, Carlos. Biblioteca brasiliana Guita e Jos\u00e9 Mindlin. Futuro pret\u00e9rito e pret\u00e9rito futuro.\u00a0<strong>Revista do N\u00facleo de Estudos do Livro e da Edi\u00e7\u00e3o (Nele).<\/strong>\u00a0v. 7\/8. 2019.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La num\u00e9risation et l\u2019incorporation d\u2019objets actualisent les collections qui r\u00e9unissent du mat\u00e9riel sur la culture et l\u2019histoire du pays","protected":false},"author":601,"featured_media":492931,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1188],"tags":[],"coauthors":[1600],"class_list":["post-492922","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-humanites"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/492922","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/601"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=492922"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/492922\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":494582,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/492922\/revisions\/494582"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/492931"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=492922"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=492922"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=492922"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=492922"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}