{"id":554266,"date":"2025-06-11T11:56:55","date_gmt":"2025-06-11T14:56:55","guid":{"rendered":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/?p=554266"},"modified":"2025-06-11T11:56:55","modified_gmt":"2025-06-11T14:56:55","slug":"paola-minoprio-la-consolidation-dun-institut","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/paola-minoprio-la-consolidation-dun-institut\/","title":{"rendered":"Paola Minoprio: La consolidation d\u2019un institut"},"content":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s 30 ans pass\u00e9s \u00e0 l\u2019Institut Pasteur de Paris, Paola Minoprio, biom\u00e9decin originaire de S\u00e3o Paulo et sp\u00e9cialiste des maladies caus\u00e9es par les protozoaires, s\u2019est vu confier en 2014 la mission d\u2019accro\u00eetre la collaboration entre l\u2019institution fran\u00e7aise centenaire et le Br\u00e9sil. Quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t, elle avait d\u00e9j\u00e0 cr\u00e9\u00e9 un r\u00e9seau de coop\u00e9ration entre l\u2019institut et des universit\u00e9s et institutions de recherche en Argentine, en Uruguay, au Paraguay, au Chili et au Br\u00e9sil. Elle est parvenue en un an \u00e0 formaliser un accord entre Pasteur, l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo (USP) et la Fondation Oswaldo Cruz (Fiocruz), qui pr\u00e9voyait la mise en place d\u2019une plateforme scientifique entre l\u2019institut fran\u00e7ais et l\u2019Universit\u00e9 de S\u00e3o Paulo. Inaugur\u00e9e en 2019, \u00e0 la veille de la pand\u00e9mie, la plateforme a permis de s\u00e9quencer des vari\u00e9t\u00e9s du nouveau coronavirus et de d\u00e9velopper des tests de diagnostic. Forte de son succ\u00e8s, la plateforme est devenue en 2023 l\u2019Institut Pasteur de S\u00e3o Paulo (IPSP), inaugur\u00e9 l\u2019ann\u00e9e suivante.<\/p>\n<p><strong>L\u2019IPSP a ouvert ses portes il y a un an. Qu\u2019avez-vous gagn\u00e9 avec cette nouvelle phase\u00a0?<\/strong><br \/>\nNous avons gagn\u00e9 en visibilit\u00e9. Et nous avons rejoint le r\u00e9seau international de l\u2019Institut Pasteur en France, ce qui permet d\u2019obtenir des financements du groupe pour envoyer des \u00e9tudiants en formation \u00e0 l\u2019\u00e9tranger ou faire venir des chercheurs de l\u2019ext\u00e9rieur pour passer un temps dans notre unit\u00e9. En installant la plateforme puis l\u2019unit\u00e9 Pasteur sur son campus, l\u2019USP a fait avancer les collaborations internationales. En mars 2024, lorsque le pr\u00e9sident Emmanuel Macron est venu \u00e0 S\u00e3o Paulo pour inaugurer l\u2019unit\u00e9 de l\u2019Institut Pasteur, le recteur de l\u2019USP, Carlos Carlotti, a sign\u00e9 un accord pour faire venir le bureau sud-am\u00e9ricain du CNRS [Centre national de la recherche scientifique, la plus grande agence fran\u00e7aise de recherche fondamentale] \u00e0 l\u2019universit\u00e9. Comme Pasteur et le CNRS interagissent d\u00e9j\u00e0 en France, il est possible de cr\u00e9er des chaires et des laboratoires mixtes \u00e0 l\u2019IPSP.<\/p>\n<p><strong>Cela facilitera la coop\u00e9ration scientifique.<\/strong><br \/>\nAbsolument. Avec le passage de la plateforme scientifique \u00e0 l\u2019institut, nous ne d\u00e9pendons plus de l\u2019USP pour r\u00e9gler les questions administratives. D\u00e9sormais, notre \u00e9quipe doit faire face aux obstacles bureaucratiques, passer des accords avec des agences de d\u00e9veloppement et obtenir les autorisations de l\u2019Anvisa [l\u2019Agence nationale de surveillance sanitaire] et du minist\u00e8re de l\u2019Agriculture et de l\u2019\u00c9levage pour fonctionner. Nous avons \u00e9galement d\u00fb mettre en place le conseil d\u2019administration et les comit\u00e9s d\u2019\u00e9thique et de recherche. Comme l\u2019Institut Pasteur de S\u00e3o Paulo est une association priv\u00e9e d\u2019int\u00e9r\u00eat public \u00e0 but non lucratif, nous devons toujours rechercher des fonds pour fonctionner et mener \u00e0 bien nos recherches.<\/p>\n<p><strong>Comment sont organis\u00e9s les \u00e9quipes et les laboratoires\u00a0?<\/strong><br \/>\nNous disposons d\u2019une surface de 2 000 m\u00b2 (m\u00e8tres carr\u00e9s), qui peut accueillir jusqu\u2019\u00e0 10 \u00e9quipes. Elle est \u00e9quip\u00e9e \u00e0 75\u00a0%. Les laboratoires et les appareils sont multi-utilisateurs. Nous avons sept chefs de groupe, dont quatre sont \u00e9galement professeurs \u00e0 l\u2019USP. Dans le cadre de l\u2019accord, ils ont mont\u00e9 une \u00e9quipe de recherche \u00e0 l\u2019IPSP et y consacrent 30 \u00e0 50\u00a0% de leur temps tout en conservant leur laboratoire d\u2019origine. En 2021, l\u2019USP et l\u2019Institut Pasteur ont sign\u00e9 un accord avec la FAPESP pour financer quatre jeunes chercheurs pendant quatre ans. Au terme de cette p\u00e9riode, ils pourront concourir pour un poste permanent \u00e0 l\u2019Institut Pasteur de S\u00e3o Paulo. Deux sont en activit\u00e9 et nous sommes en train d\u2019en recruter un troisi\u00e8me. En ajoutant les techniciens, les doctorants et les stagiaires postdoctoraux, nous sommes presque 45 personnes. Je souhaite atteindre les 80 personnes.<\/p>\n<p><strong>Quels ont \u00e9t\u00e9 les r\u00e9sultats les plus importants pendant ces six ann\u00e9es\u00a0?<\/strong><br \/>\nDurant la pand\u00e9mie, nous avons s\u00e9quenc\u00e9 les variantes du coronavirus (dont l\u2019une pour la premi\u00e8re fois dans le pays) et mis au point des tests de diagnostic. Nous avons aussi cr\u00e9\u00e9 des mod\u00e8les biologiques pour \u00e9tudier des maladies. Nous allons publier quelque chose d\u2019important sur la trypanosomiase africaine, la maladie du sommeil courante en Afrique qui est \u00e9galement pr\u00e9sente au Br\u00e9sil. Comme elle touche aussi le b\u00e9tail, c\u2019est un probl\u00e8me important dans l\u2019\u00e9levage. La vache maigrit, produit moins de lait et fait des fausses couches. Nous n\u2019avions pas de mod\u00e8le pour travailler <em>in vitro<\/em> et \u00e9tudier l\u2019effet de la maladie sur le cerveau. La neuroscientifique Patr\u00edcia Beltr\u00e3o Braga et moi-m\u00eame avons obtenu des \u00e9chantillons de cellules souches bovines aupr\u00e8s de la facult\u00e9 de m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire et de zootechnie du campus de Pirassununga de l\u2019USP, avec la chercheuse Fabiana Fernandes Bressan. Nous avons cr\u00e9\u00e9 des mini-cerveaux bovins en laboratoire, quelque chose d\u2019in\u00e9dit dans le monde. Mais un probl\u00e8me s\u2019est pos\u00e9. Comment infecter les mini-cerveaux si le parasite n\u2019envahit pas les cellules, s\u2019il ne circule qu\u2019\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des vaisseaux sanguins et si nos mini-cerveaux n\u2019ont pas de vaisseaux sanguins\u00a0?<\/p>\n<p><strong>Comment avez-vous r\u00e9solu le probl\u00e8me\u00a0?<\/strong><br \/>\nJ\u2019ai envoy\u00e9 une chercheuse de mon groupe, qui fait un postdoctorat avec le soutien de la FAPESP, suivre un cours sur la n\u00e9ovascularisation en Espagne. Elle est revenue deux semaines plus tard en sachant comment fabriquer des organo\u00efdes de vaisseaux. Elle a ensuite fusionn\u00e9 les organo\u00efdes vasculaires avec les mini-cerveaux bovins. Aujourd\u2019hui, nous avons des mini-cerveaux bovins vascularis\u00e9s. Nous devons publier dans les prochains mois. J\u2019essaie d\u2019\u00e9tablir \u00e0 l\u2019IPSP une culture commune en Europe. Quand on ne sait pas comment faire, on apprend avec ceux qui savent. Comme cela on ne perd pas de temps \u00e0 essayer de r\u00e9pondre \u00e0 des questions scientifiques. Nous incitons \u00e9galement des personnes qui n\u2019ont jamais collabor\u00e9 auparavant \u00e0 travailler ensemble pour r\u00e9soudre des probl\u00e8mes sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<p><strong>Vous avez obtenu des r\u00e9sultats\u00a0?<\/strong><br \/>\nSergio Costa, sp\u00e9cialiste en vaccins, et Lu\u00eds Carlos de Souza Ferreira, qui travaille \u00e9galement sur les vaccins, ont test\u00e9 des formulations de nouveaux immunisants contre le Sars-CoV-2 sur des animaux dans nos laboratoires. Ils ont tr\u00e8s bien fonctionn\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Comment se passent les \u00e9changes avec les autres unit\u00e9s du Pasteur\u00a0?<\/strong><br \/>\nTr\u00e8s bien. Le fait d\u2019appartenir au r\u00e9seau nous permet de participer \u00e0 des appels internationaux pour les pays \u00e0 moyens et faibles revenus. Nous venons de soumettre un projet \u00e0 l\u2019ANRS-MIE (Agence nationale de recherche sur le sida et les h\u00e9patites virales &#8211; maladies infectieuses \u00e9mergentes) en partenariat avec un postdoctorant qui a travaill\u00e9 avec moi et qui est devenu chercheur permanent \u00e0 l\u2019Institut Pasteur de Paris, Guilherme Dias de Melo. Nous voulons \u00e9tudier le r\u00f4le des co-infections par le virus Sars-CoV-2 et le virus de la grippe dans le d\u00e9veloppement de probl\u00e8mes neurologiques tels que les maladies d\u2019Alzheimer et de Parkinson. Vont participer \u00e0 la recherche l\u2019\u00e9quipe d\u2019Anna Pepe, de l\u2019Institut Pasteur de Paris, qui travaille sur la cryomicroscopie \u00e9lectronique, et l\u2019\u00e9quipe de Luiz Roberto Giorgetti de Britto, de l\u2019USP, qui \u00e9tudie la neurophysiologie. Pendant la pand\u00e9mie, nous avons collabor\u00e9 avec les groupes d\u2019immunit\u00e9 et vaccination et neurosciences de l\u2019Institut Pasteur de Paris. En octobre, nous emmenons 15 \u00e9tudiants collecter des \u00e9chantillons d\u2019eau et d\u2019animaux sauvages en Amazonie. Ils viendront ensuite \u00e0 l\u2019IPSP pour les analyser \u00e0 la recherche de virus \u00e9mergents. Nous organiserons ensuite un forum sur la sant\u00e9 mondiale \u00e0 S\u00e3o Paulo avec des chercheurs de l\u2019Institut Pasteur de Paris, du Cameroun, du S\u00e9n\u00e9gal, de la Guyane fran\u00e7aise, de la Guadeloupe et de l\u2019universit\u00e9 de Guyane.<\/p>\n<p><strong>Quels sont les d\u00e9fis pour l\u2019avenir\u00a0?<\/strong><br \/>\nFaire progresser deux de nos nouveaux laboratoires, le laboratoire d\u2019\u00e9co-\u00e9pid\u00e9miologie, diversit\u00e9 et \u00e9volution des virus \u00e9mergents et le laboratoire de surveillance g\u00e9nomique et innovation en mati\u00e8re de vaccins. Dans le premier, Luiz Bentim G\u00f3es \u00e9tudie les virus chez les chauves-souris et les rongeurs de la for\u00eat atlantique br\u00e9silienne, \u00e0 la recherche de vari\u00e9t\u00e9s susceptibles de se propager \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce humaine. Dans le deuxi\u00e8me, R\u00fabens Alves dos Santos travaille au d\u00e9veloppement de nouveaux vaccins \u00e0 ARNm contre la grippe. En collaboration avec les h\u00f4pitaux, nous voulons d\u00e9velopper la m\u00e9decine translationnelle et transformer les r\u00e9sultats de la recherche fondamentale en nouveaux traitements.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"En 6 ans, la biom\u00e9decin de S\u00e3o Paulo a \u00e9quip\u00e9 et mis en \u0153uvre l\u2019unit\u00e9 de l\u2019Institut Pasteur \u00e0 S\u00e3o Paulo","protected":false},"author":16,"featured_media":554271,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1182,1180],"tags":[],"coauthors":[105],"class_list":["post-554266","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-entretien","category-sciences"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/554266","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=554266"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/554266\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":554275,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/554266\/revisions\/554275"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/554271"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=554266"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=554266"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=554266"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistapesquisa.fapesp.br\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=554266"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}