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Efforts Articulés

Un ensemble d’initiatives pour rendre la recherche pauliste plus compétitive à l’étranger

Publié en septembre de 2010

La recherche à l’État de São Paulo est en train d’accroître son insertion internationale grâce à une série d’initiatives qui stimulent les collaborations entre les scientifiques paulistes et leurs collègues d’autres pays et tentent d’attirer des talents de l’étranger pour oxygéner l’environnement scientifique brésilien. Un exemple de cette stratégie est la réunion, en août 2010 à São Paulo, de 350 étudiants de 3e cycle brésiliens et étrangers et de 20 spécialistes de diverses nationalités pour rendre hommage au mathématicien nord-américain John Nash et fêter le 60e anniversaire de l’Équilibre de Nash, un théorème qui étaie la théorie des jeux. Parmi les conférenciers se trouvaient quatre Prix Nobel : John Nash lui-même (vainqueur du prix en 1994), l’Allemand Robert Aumann (2005) et les Nord-Américains Eric Maskin et Roger Myerson (récompensés en 2007). L’événement était le quatrième réalisé dans le cadre du programme École São Paulo de Science Avancée (ESPCA), une modalité de soutien de la FAPESP qui vise à augmenter l’exposition internationale de champs de recherche déjà compétitifs mondialement. Inauguré en 2009, le programme donne la possibilité aux chercheurs de São Paulo d’organiser des cours de courte durée – une ou deux semaines – en invitant des professeurs des quatre coins de la planète et de l’état de São Paulo. Le cours doit être suivi par un nombre donné d’étudiants, dont la moitié au moins vient de l’étranger. L’objectif, a précisé le directeur scientifique de la FAPESP Carlos Henrique de Brito Cruz dans une interview à Pesquisa Brasil (programme de radio de Pesquisa FAPESP), “est d’exposer mondialement ces domaines de recherche et d’attirer des étudiants étrangers de différents lieux pour venir travailler comme scientifiques à São Paulo. […] Nous voulons leur montrer ce qu’il y a de mieux à São Paulo. L’appel d’offres prévoit que chaque événement a une session réservée, dans laquelle quelqu’un de la FAPESP va présenter la Fondation et les opportunités de recherche dans l’état de São Paulo. J’ai moi-même fait cette présentation à l’occasion de trois événements et la réceptivité a été très excellente. Beaucoup de questions très intéressées ont été posées par des étudiants de plusieurs endroits du monde, comme le Chili, les États-Unis, la France, la Chine et l’Inde”. Le programme prévoit deux appels d’offres par an.

Pour attirer des chercheurs étrangers, des opportunités de bourses de post-doctorat de la FAPESP sont offertes à travers des annonces mensuelles diffusées dans la revue Nature ainsi que sur le site de la Fondation, en portugais et en anglais. De grandes initiatives de la FAPESP, comme les programmes Biota (étude de la biodiversité de São Paulo), Bioen (recherche en bioénergie) et Recherche sur les Changements Climatiques Mondiaux, promeuvent des workshops et des séminaires avec la participation de chercheurs étrangers, dans le but d’intégrer les chercheurs de São Paulo dans des réseaux internationaux et de les maintenir en contact avec l’état de l’art dans leurs champs de connaissance. Et Brito Cruz de conclure: “Il n’y a pas de balle d’argent pour résoudre les problèmes compliqués, car ils requièrent un grand nombre d’actions. C’est la raison pour laquelle plusieurs initiatives articulées sont nécessaires pour internationaliser davantage la recherche menée à São Paulo”.

La stratégie d’internationalisation de la Fondation articule un ensemble d’autres efforts, à l’exemple des accords de coopération avec des agences, des entreprises et ou des institutions scientifiques d’Allemagne, du Canada, des États-Unis, de France, du Mexique, du Portugal, du Royaume-Uni et de la Suisse (voir la liste des différents accords à l’adresse www.fapesp.br/acordos). Un de ces accords de coopération a été signé en 2004 avec le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) de France pour stimuler l’échange de scientifiques et la réalisation de projets conjoints impliquant des chercheurs français et de São Paulo; 4 appels de propositions ont déjà été effectués et 27 projets examinés. Dans le même genre, la FAPESP possède un accord avec le DFG (Deutsche Forschungsgemeinschaft), agence principale d’aide à la recherche allemande. En 2009, la Fondation a tissé des liens avec la recherche britannique en signant des accords de coopération avec les Conseils de Recherche du Royaume-Uni (RCUK) et avec le King’s College London, qui est devenu la première université anglaise partenaire de la FAPESP.

En 2009, parmi les 3953 nouvelles aides et les 5995 nouvelles bourses de la Ligne Régulière d’Appui de la FAPESP, 1214 se caractérisent comme étant des échanges scientifiques de chercheurs : 904 ont été des aides pour la participation à des réunions scientifiques à l’étranger ; 202, des aides pour la venue de chercheurs visiteurs de l’étranger ; 92, des bourses de la modalité Bourse de Recherche et 16, des bourses dans le cadre des Nouvelles Frontières, programme qui soutient la réalisation de stages de longue durée dans des centres d’excellence à l’étranger, dans des domaines de recherche qui ne sont pas encore bien implantés dans l’État de São Paulo, par des chercheurs qui ont obtenus leur doctorat il y a moins de 10 ans. Sur l’ensemble des projets, 309 concernaient des projets d’échange avec les États-Unis, suivis par d’autres pays d’Europe (170 projets), d’Amérique latine et des Caraïbes (122). En termes de pays, ceux qui ont eu le plus de projets financés ont été, entre autres, le Portugal (100), la France (77), l’Espagne (74), l’Italie (70) et l’Allemagne (61). L’échange avec les pays d’Asie correspond à un total de 79 projets.

L’intérêt des institutions étrangères à établir des partenariats avec les chercheurs de São Paulo ne cesse de croître. En juillet 2010 par exemple, six représentants de l’Académie Chinoise de Sciences (CAS) se sont rendus au siège de la FAPESP à São Paulo dans le but de mettre en place des collaborations scientifiques. Lors de cette première visite du pays, Pan Jiaofeng, secrétaire général de la CAS, s’est expliqué en ces termes: “Nous voulions savoir comment des agences telle que la FAPESP fonctionne. […] Nous sommes tout particulièrement intéressés par la biomasse, la biodiversité et les neurosciences”. Pour Celso Lafer, le président de la FAPESP, “ces personnes souhaitaient savoir comment nous sélectionnons les domaines prioritaires. […] Nous avons évoqué les possibilités de coopération future et décidé d’exploiter le sujet dans quelques temps”.

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