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Lettre de l’éditrice

Les oiseaux d’Amazonie et la science de São Paulo

Nouvelle espèce de grimpar 
à bec en faux

ZIG KOCHNouvelle espèce de grimpar 
à bec en fauxZIG KOCH

Le reportage à la Une de cette première édition internationale de 2014 de Pesquisa FAPESP, présenté à partir de la page 6, décrit simultanément15 nouvelles espèces d’oiseaux de l’Amazonie brésilienne conformément aux articles scientifiques publiés en juin dernier dans un volume spécial du Handbook of the birds of the world, œuvre de référence fondamentale pour les ornithologues, aussi bien amateurs que professionnels. Le travail représente une contribution brésilienne de la plus haute importance pour la connaissance de la biodiversité. Il correspond également à la plus grande découverte de notre ornithologie de ces 140 dernières années. Parmi les nouvelles espèces décrites, 11 sont endémiques du territoire brésilien et quatre existent également au Pérou et en Bolivie. Ensemble, elles représentent une hausse de presque 1% de la biodiversité connue d’oiseaux dans notre pays qui, actuellement, comptabilise environ 1 840 espèces, chiffre à peine inférieur à celui présenté par la Colombie, avec environ 1 900 espèces.

La communication scientifique et la découverte de nouvelles espèces se fait habituellement par des revues spécialisées et non par des livres. Néanmoins, dans ce cas, l’importance et la singularité de l’ensemble décrit a incité les auteurs à réunir leurs découvertes dans l’un des 17 volumes de la collection du Handbook of the birds. Chaque espèce a fait l’objet d’un article scientifique suivant le même modèle que celui destiné aux revues spécialisées, révisé par des pairs et dûment approuvé. Quoique les oiseaux fassent partie du groupe de vertébrés le plus étudié en biologie, les ornithologues affirment qu’il reste encore beaucoup à découvrir. Les musées brésiliens exposent plusieurs exemplaires issus de différents biomes, y compris de la forêt Amazonienne, qui seront certainement décrits au cours des prochaines années.

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Ceux qui affectionnent les études prospectives ou simplement se régalent en se laissant emporter vers le futur au gré de leur imagination ont, grâce à une nouvelle liste des 17 Centres de Recherche, d’Innovation et de Diffusion (Cepids) annoncée par la Fapesp en mai 2013, une matière-première richissime pour tracer des scénarios probables du panorama de la recherche scientifique à São Paulo dans les 10 ans à venir. Il existe, bien sûr, toujours des incertitudes, des impondérables ainsi que de possibles changements de caps économiques et politiquement choisis, si l’on n’utilise pas les premiers efforts entrepris pour percer la brume de ce qui est à venir. Cela dit, les 680 millions de dollars US d’investissements prévus pour ces centres pour les 11 prochaines années, dont 370 millions de dollars US financés par la Fapesp et 310 millions de dollars US assurés par les sièges de ces institutions pour le paiement des salaires des chercheurs et des techniciens impliqués, ébauchent sans doute une partie substantive de la future structure et des grandes lignes de force de la production du savoir scientifique à São Paulo d’ici une décennie.

Ce domaine décentralisé et bouillonnant de production de nouveaux savoirs qui est en cours de construction sur le territoire pauliste, comprend des travaux dans des domaines aussi différents que la neuro-mathématique et la mathématique appliquée à l’industrie, la neuroscience et la neuro-technologie, le développement de nouvelles drogues et les thérapies cellulaires, les maladies inflammatoires, l’obésité et la biomédecine, le verre et les nouveaux matériaux céramiques, l’optique et la photonique, la science et l’ingénierie computationnelle, les études de la métropole et les études sur la violence, pour n’en citer que quelques uns. Tout cela contribue à la richesse et à la diversité du secteur scientifique et technologique de l’état de à São Paulo, articulé avec les grandes tendances internationales de recherche, tout en considérant les problèmes locaux qui doivent être compris et surmontés (comme le phénomène de la violence contemporaine). En ce qui concerne ces centres, leur premier impératif est de travailler à la frontière de la connaissance. Viens, ensuite, leur compromis intrinsèque avec la création du savoir, la production d’innovations qui en découle pour leur effective appropriation et diffusion sociales, hissant les Cepids au rang des meilleures politiques adoptées pour le développement de la culture scientifique brésilienne.

Notons finalement que, d’emblée, 535 chercheurs de São Paulo et 69 de pays étrangers seront mobilisés. Une équipe respectable pour un notable effort de croissance et de maximisation des retombées de la science brésilienne menée à São Paulo. Vous retrouverez davantage de détails dans le reportage présenté à partir de la page 26.

Bonne lecture.

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