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RECHERCHE EN ENTREPRISE

Une référence mondiale

Des innovations dans le domaine des 
soins féminins et des crèmes solaires 
de l’entreprise Johnson & Johnson 
sont exportées dans le monde entier

Publié en Janvier 2013

Samuel Santos (à droite), vice-président de R&D pour l’Amérique Latine chez Johnson, avec une équipe de chercheurs à São José dos Campos

LÉO RAMOSSamuel Santos (à droite), vice-président de R&D pour l’Amérique Latine chez Johnson, avec une équipe de chercheurs à São José dos CamposLÉO RAMOS

L’entreprise Johnson & Johnson Brésil, considérée comme étant l’une plus grandes filiales hors des États-Unis en termes de production et de ventes, est également devenue une référence en matière de recherche et de développement (R&D). «Aujourd’hui, le centre de recherche mondial de la ligne de produits de soins féminins, composée principalement de serviettes hygiéniques, se trouve ici au Brésil. C’est une décision qui a été prise par le siège social l’année dernière», déclare Samuel Abel Moody Santos, 53 ans, vice-président de R&D pour l’Amérique Latine. Le Centre de Recherche et de Technologie (CPT) de l’entreprise brésilienne Johnson se situe dans un complexe industriel de 910 mille m² de superficie, parmi lesquels 700 mille m² consacrés à des zones vertes, à São José dos Campos, à 72 kilomètres de São Paulo. C’est également le CPT qui centralise la mise au point de crèmes solaires pour l’Amérique Latine, l’Europe et l’Asie, un rôle de premier plan conquis au fil des décennies. À titre d’exemple, Samuel Abel Moody Santos a commencé à travailler chez Johnson en 1975 où il projetait des machines, après avoir terminé ses études secondaires de technicien mécanicien. «À l’époque les équipements pour fabriquer nos produits étaient dessinés et fabriqués ici car le coût de leur importation était très élevé». Le centre de R&D, qui a eu 40 ans en 2012 à São José dos Campos, après avoir été transféré du quartier de la Mooca, à São Paulo, n’a pas été au départ créé pour développer des produits sur le marché brésilien. Son rôle était de trouver des matières premières pour des produits connus à l’étranger qui seraient lancé ici. L’entreprise est arrivée au Brésil en 1933 pour approvisionner le marché brésilien en produits hospitaliers et domestiques comme le coton, la gaze, le sparadrap et les compresses chirurgicales. La serviette féminine Carefree, par exemple, avait comme matériel absorbant une matière première qui jusqu’à aujourd’hui n’est pas fabriquée sur le marché brésilien. Les chercheurs brésiliens ont développé un produit ayant des performances similaires et des avantages supplémentaires en utilisant des matières premières totalement brésiliennes. Le produit est aujourd’hui vendu en Amérique du Nord, en Europe et dans toute l’Asie. Ce développement a, d’une certaine manière, offert à ce centre une crédibilité mondiale que nous n’avions pas encore», déclare Samuel Santos, qui, au terme du cours d’ingénierie de l’Université de Mogi das Cruzes (UMC), avait dessiné une machine pour tester des échantillons dans une usine pilote, ce qui lui avait valu une invitation pour travailler dans le centre de R&D au mois d’octobre 1980.

Analyses de colorant en laboratoire

LÉO RAMOSAnalyses de colorant en laboratoireLÉO RAMOS

En 1994, quand il était déjà directeur de la recherche de l’entreprise Johnson Brésil, il s’est rendu à Shanghai, en Chine, pour diriger la mise au point et le lancement de serviettes hygiéniques sur le marché chinois. Il y est resté un an et demi, période durant laquelle il s’est consacré au développement du produit, à l’identification des matières premières qui seraient utilisées dans la composition du produit et au montage de la fabrique. Il a ensuite été transféré de Shanghai vers le siège social de la compagnie à New Brunswick, dans l’état du New Jersey, aux États-Unis. Il est revenu au Brésil en mai 2011, après plus de 15 ans passé au siège social, pour assumer la vice-présidence de R&D pour l’Amérique Latine. «Notre recherche est divisée en plusieurs secteurs. Nous avons plus de 20 domaines spécialisés car notre but est d’avoir des experts dans chaque domaine». À titre d’exemple, un des groupes de recherche appelé Science du Consommateur a pour objectif d’identifier les besoins et les désirs des consommateurs. Rosana Rainho das Neves, 53 ans, est responsable de ce groupe et directeur sénior de R&D, diplômée de troisième cycle en ingénierie chimique de l’École Polytechnique de l’Université de São Paulo (USP) et travaille depuis trente ans dans l’entreprise. «J’ai inauguré ce secteur au Brésil en 1992, quand il commençait à peine en Asie», déclare Rosana Rainho das Neves. Son travail se focalise sur deux moments bien distincts du processus de développement. L’un d’eux est quand le produit n’existe pas encore. «Nous cherchons à comprendre le consommateur et à capter ses insights pour qu’avec les chercheurs nous puissions à partir de ces observations élaborer de nouveaux produits». Le deuxième moment se situe dans la phase de développement au moment où les prototypes sont testés avec le consommateur jusqu’à arriver à un produit prêt à être lancé sur le marché. Après avoir créé le groupe de Science du Consommateur, où elle est restée neuf ans, Rosana Rainho das Neves a assumé la direction des produits de soins pour la peau (skin care) et il y a huit ans est revenue dans le groupe qu’elle avait créé. «Chaque fois que nous lançons un nouveau produit nous devons connaitre l’opinion du consommateur et c’est pour cela que nous faisons des tests qualitatifs et quantitatifs», déclare Rosana das Neves, qui a suivi un cours de Master of Business Administration (MBA) de 900 heures en gestion d’affaires à l’École Supérieure de Publicité et de Marketing (ESPM), en partenariat avec l’Institut Technologique d’Aéronautique (ITA). Les tests internes sont réalisés à partir d’une base de données répertoriant 1 500 employés qui participent bénévolement. Les tests sont réalisés sur un plus grand nombre de consommateurs externes recrutés par des agences quand l’équipe de recherche arrive à un prototype de produit qui lui semble excellent. La division de la consommation de l’entreprise Johnson Brésil, qui comprend des produits de soins pour la peau, des crèmes solaires, des produits d’hygiène orale, de soins pour bébé et enfants, des soins féminins et des médicaments exonérés de prescriptions médicales, est le deuxième marché de l’entreprise dans le monde juste derrière les États-Unis où se trouve son siège social. «La ligne de soins pour la peau, par exemple, est celle qui globalement vend le plus», déclare Samuel Santos. En 2011, le chiffre d’affaire global de Johnson & Johnson Consommation a été de 14,9 milliards de dollars US. La compagnie est formée de plus de 250 entreprises qui travaillent dans 60 pays et qui emploient environ 118 mille personnes. Le Brésil emploie plus de 5 mille personnes parmi lesquelles 280 qui travaillent dans le secteur de R&D dans toute l’Amérique Latine (Argentine, Chili, Costa Rica, El Salvador, Guatemala, Honduras, Panama, République Dominicaine, Paraguay, Uruguay, Colombie, Venezuela, Équateur, Pérou, Mexique et Brésil. «Sur ce total, 200 ont une formation supérieure et 80 sont des techniciens parmi lesquels 80 % travaillent au Brésil», dit Santos. Les deux principales formations universitaires sont la pharmacie et l’ingénierie chimique, mais des biologistes, des chimistes, des physiciens, des médecins et des dentistes font également partie des chercheurs. Environ 30 % d’entre eux ont un master et 10 % un doctorat. Le groupe de Rosana Rainho das Neves a un canal direct avec le groupe de développement de produits duquel fait partie Paula Scarcelli D’Oliveira Dantas, 37 ans, directrice sénior de R&D dans le domaine des soins pour la peau et diplômée en pharmacie biochimique à l’USP. «Nous partons du point zéro du projet jusqu’ au développement du produit», déclare Paula Scarcelli D’Oliveira Dantas, qui a travaillé dans deux grandes entreprises pharmaceutiques et chez un fournisseur de matières premières pour les médicaments et les cosmétiques avant d’entrer chez Johnson en 2005. «Depuis que je suis ici, j’ai eu de nombreuses opportunités d’apprentissage». Elle a travaillé pensant deux mois sur un projet de cosmétologie dans un grand centre de recherche de l’entreprise près de Princeton, dans le New Jersey, aux États-Unis. «Je suis ensuite restée plus d’un mois au même endroit comme shadow (ombre) d’une personne qui avait de hautes fonctions administratives pour m’en inspirer dans mes projets», déclare-t-elle. Comme elle voulait approfondir ses connaissances dans le domaine de la consommation, elle a fait un MBA en marketing à la Fondation Getúlio Vargas (FGV). En outre, elle a fait une spécialisation en cosmétologie dans le domaine des cheveux, au Conseil Régional de Pharmacie et un cours d’évaluation en toxicologie des cosmétiques en Belgique».

Groupe multidisciplinaire
L’analyse de la sécurité et l’efficacité des produits développés par le CPT est du ressort de l’équipe de Sérgio Luiz de Oliveira, 45 ans, depuis 27 ans dans la compagnie et occupant actuellement le poste de responsable senior des affaires scientifiques, de la recherche analytique et de la recherche microbiologique de R&D. «Comme les analyses réalisées concernent l’aspect chimique, microbiologique et biophysique, notre groupe de recherche est multidisciplinaire», déclare Sérgio Luiz de Oliveira, qui a commencé dans l’entreprise comme stagiaire dans le domaine de la R&D après avoir terminé son cours technique en chimie. Dans l’équipe composée de 30 personnes se trouvent des biologistes, des chimistes, des pharmaciens, des mathématiciens et des biophysiciens. «Nous devons garantir que la formule qui ira sur le marché puisse endurer toutes les variations climatiques après son lancement», dit-il. Sérgio Luiz de Oliveira a étudié les mathématiques à l’Université Vale do Paraíba (Univap), qui avait constitué un consortium avec ITA, et la chimie à la Faculté Oswaldo Cruz de São Paulo. Il a un master à l’Univap, un partenariat avec l’Unicamp dans le domaine de la bioingénierie et un MBA à la FGV en gestion entrepreneuriale.

Outre l’équipe interne de R&D, l’entreprise Johnson a des partenariats avec l’USP, l’Unicamp, l’ITA, l’Univap, l’Institut National de Recherches Spatiales (Inpe) et l’Université fédérale du Rio Grande do Sul (UFRGS). Le secteur de la R&D bénéficie également de chercheurs ayant un grand cursus universitaire qui font le lien avec des professeurs d’odontologie et des spécialistes dans ce domaine, comme c’est le cas du dentiste José Eduardo Pelino, 42 ans, formé par l’Universidade Estadual Paulista (Unesp) de São José dos Campos, où il est également titulaire d’un master dans le domaine de la microbiologie avec sources lumineuses, comme le laser et les DELs, utilisés pour la prévention des caries, un doctorat à l’Université de Californie à San Francisco, aux États-Unis, sur les propriétés optiques des tissus dentaires, un diplôme de troisième cycle dans cette même université en blanchissement des dents, et un doctorat à l’USP avec une bourse de la FAPESP. Outre son métier de dentiste, José Eduardo Pelino donne des cours de master à l’USP et aux Facultés Métropolitaines Unies (FMU) sur le laser en odontologie et il a également été directeur et coordonnateur du cours de troisième cycle en odontologie à l’Université Cruzeiro do Sul (Unicsul). Il travaille chez Johnson depuis 2009 et occupe le poste de directeur des relations scientifiques et professionnelles. «Tout les produits de soins oral qui sont distribués en Amérique Latine passent sous mon crible scientifique», déclare José Eduardo Pelino, qui souligne: «Les différentes lignes de recherche que j’ai conduites tout au long de ma carrière universitaire m’aident aujourd’hui dans l’industrie et me servent de support pour développer des produits». Des spécialistes en optique de l’Univap et de l’Institut de Chimie de l’USP, à São Carlos, collaborent également aux études dans le domaine du soin oral.

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